30 novembre 2012

Dans la pause 8: enterrement pour deux cercueils

Nous étions les sept enfants assis côte à côte sur le même banc dans cette église où nous avions presque tous été baptisés et confirmés. Peut-être un jour y célèbrerions-nous aussi nos funérailles hypocritement catholiques romaines. Pour les gens qui nous observaient, mes frères, mes soeurs et moi formions un mur uni dans la douleur et sourd dans le silence. Une mère décédée du cancer, un mari éploré, des enfants maintenant orphelins: l'image était l'exemple parfait de la photographie en noir et blanc qui aurait pu servir à illustrer un deuil, une future première page du magazine Time  qui aurait été inscrite en compétition pour un obscur prix la révélant au regard du monde entier. Un exemple parfait, à une nuance près.

Les journées qui ont suivi la mort de ma mère avaient été parmi les plus étranges de ma jeune vie. Mon père était devenu soudainement très présent. Un peu comme si l'ogre se transformait en agneau doucereux. Sa présence était plus qu'inquiétante: elle était même suspecte. Que nous voulait-il? Pourquoi semblait-il s'intéresser à nous? Depuis quand savait-il même sourire? Comment lui faire confiance quand aucun lien positif ne nous unissait?

Pour la première fois, nous mangions tous au restaurant en famille. Même à la maison une telle chose était exceptionnelle et réservée à des événements annuels comme Noël et le Jour de l'An. Et encore. Cette mort maternelle ressemblait paradoxalement au début d'une nouvelle vie, à un second souffle. Autour de moi, les gens se pressaient, m'écoutaient, me regardaient. Je me sentais presque coupable de toute l'attention qu'on m'accordait, de ces émotions partagées, de ces regards compatissants et appuyés. Le décès de ma mère, devenu un moment merveilleux et rassembleur, n'avait qu'un seul défaut: il ne pouvait se reproduire. Et j'étais cependnat trop naïf pour le comprendre et gouter pleinement tout ce qu'il entrainait, l'espace de quelques jours, avec lui. Le temps passant, son effet s'estomperait et les membres de mon entourage passeraient à d'autres chapitres plus intéressants de leur vie, qu'ils en aient vraiment eu une ou pas.

Au salon funéraire, le couvercle du cercueil de ma mère demeura fermé, emportant avec lui une dernière possibilité de me recueillir auprès de celle qui n'existait pas. À quoi bon s'agenouiller ou prier devant une boite de bois abstraite et froide? Ce lieu fut néanmoins l'occasion de nombreux miracles. Ma mère décédée, des morts ressuscitaient de partout. En effet, une famille élargie, nombreuse et inconnue, fit son apparition, le temps d'offrir des sympathies d'une main molle. Des oncles, des tantes, des cousins, des cousines dont je ne connaissais ni l'existence ni les noms... Mon père, s'étant chicané avec sa famille et celle de ma mère, avait créé un vide autour de lui et de nous. Je réalisais que mes frères et soeurs étaient des pestiférés dont on ne s'approchait plus depuis des années.

C'est également au salon funéraire que j'ai appris à réciter mes premières phrases rationnelles et absurdes. Elle était tellement malade.  J'étais, au fond et au-dessus, ni plus ni moins un perroquet bien dressé par un entourage qui ne savait pas exprimer ses émotions et encore moins les vivre. C'est mieux pour elle. Je répétais sans cesse les clichés et les lieux communs avec l'aisance d'un politicien en campagne électorale qui sait sincèrement qu'il ment sincèrement. Elle est plus heureuse là où elle est. Après tout, de quel droit aurais-je brisé cette belle et toute neuve harmonie familiale? C'est mieux comme ça. Bien sûr, à douze ans, on accepte la mort de sa mère avec sérénité et philosophie. C'est un peu comme une libération.

Aux funérailles de ma mère, mes frères, mes soeurs et moi formions un mur uni dans la douleur et sourd dans le silence. Une mère décédée du cancer, un mari éploré, des enfants maintenant orphelins: l'image était l'exemple parfait de la photographie en noir et blanc qui aurait pu servir à illustrer un deuil, une future première page du magazine Time  qui aurait été inscrite en compétition pour un obscur prix la révélant au regard du monde entier. Un exemple parfait, à une nuance près: aucun des enfants ne pleurait. Aucun larme. Aucune émotion apparente. Lorsque j'ai senti les sanglots monter en moi, une voix me rappela alors durement à l'ordre: «Ne braille pas. Si tu brailles, on va tous brailler aussi.» Sois solidaire et tais-toi. J'aimais ma famille plus que je ne m'aimais.

Une chape de ciment venait de s'abattre sur ce que je pouvais ressentir. J'étais un réacteur nucléaire en fusion enfermé dans un sarcophage tchernobylien. Ma mère et moi: chacun sa boite. Alors, je me suis tu. Et c'est à partir de ce moment que je me suis aussi lentement tué.

27 novembre 2012

(Un pas hors de la pause) Tableau interactif : Pensée magique et inexactitudes


 Le 24 novembre dernier, La Presse publiait la lettre d’une enseignante, Marie-Ève Archambault, consternée par la suspension par le gouvernement Marois du programme d’achat de tableaux interactifs dans les écoles. Cette dernière défend ce programme d’une façon qui illustre bien la pauvre qualité des arguments de certains de ceux qui se disent en faveur de cet outil technologique.

Tout d’abord, contrairement à ce qu’affirme cette enseignante, qui se base surtout sur son expérience personnelle, il n’existe aucune étude indépendante exhaustive qui conclut aux effets positifs de l’utilisation des tableaux interactifs sur la réussite scolaire (ici).

Mme Archambault associe également les TBI à l’«évolution de la vie» et au «monde moderne».  Or, cet argument des supposés bienfaits du progrès technologique est souvent un leurre qui relève de la pensée magique Combien de fois avons-nous vu des supposés nouveaux outils technologiques ne pas tenir leurs promesses ou encore se révéler carrément des méfaits?

Un autre aspect de l’argumentation de Mme Archambault, qui montre bien la faiblesse de celle-ci, est lorsqu’elle affirme que les tableaux interactifs sont plus écologiques. Ainsi, ces tableaux génèreraient moins de documents imprimés. Or, a-t-elle tenu compte de l’empreinte écologique des TI avant d’affirmer une telle chose? Tient-elle compte des ressources nécessaires en énergie pour alimenter de tels appareils? Sait-elle que seulement 8% des appareils électroniques au Québec sont recyclés? Quant à son idée que les TI n’occasionnent aucune poussière de craie associée aux tableaux conventionnels, «ce qui améliorerait la qualité de l’air», qu’attend-on pour déclarer toutes les écoles québécoises comme étant des zones sinistrées devant un tel danger pour l’environnement?

Contrairement à ce qu’affirme Mme Archambault, ce qui est inquiétant pour le Québec, ce ne sont pas quelques enseignants qui auraient «peur du changement» et «ancrés dans leurs vieilles habitudes,» mais bien ceux qui démontrent un si faible sens de l’analyse et de l’argumentation devant les choix qui s’offrent à eux comme éducateurs.  Voilà la véritable menace qui plane sur le réseau de l’éducation.

Il est enfin très indicatif, selon moi, que cette jeune enseignante termine sa lettre en s’interrogeant sur le genre d’avenir qu’on veut «pour nos enfants et nos futurs travailleurs». Pour ma part, ayant l’esprit moins programmé par le «progrès technologique» et la «marchandisation de l’éducation», je me préoccupe davantage de l’avenir de ceux que je considère comme nos citoyens de demain.

23 novembre 2012

En direct de la pause 7: Sur la route

Mon père n'avait pas rêvé d'être un chauffeur particulier en livrée assis sur la banquette avant d'un véhicule de grand luxe, reconduisant un personnage important à l'arrière qui daignait à peine le regarder ou un ambassadeur trop affairé pour même réaliser qu'il existait. Pourtant, systématiquement, la plupart de mes frères et soeurs s'asseyaient sur la banquette arrière de la voiture familiale, le laissant seul à l'avant. Isolé. Ignoré. Mais pas inoffensif.

En fait, dès qu'on le pouvait, on évitait tous d'être à ses côtés. Le geste était symbolique. Une protestation silencieuse. Rosa Park sans la négritude et le racisme. Un reproche sourd, méchant, quasi cruel. Il s'agissait là d'une des seules façons de lui montrer notre haine mais aussi notre peur malgré ses invitations et ses sourires. En était-il malheureux? Je le crois. Mais qu'importait sa peine: nous nous protégions et ne croyions plus à ses promesses de cessez-le-feu depuis longtemps.

Mon père, c'était aussi l'ancêtre préhistorique du concept de la rage au volant, de l'orage au violent et du slogan «La vitesse tue ». Dire qu'il conduisait mal relève de l'euphémisme routier. Chaque trajet effectué avec lui tenait du derby de démolition et du stock car. Les angles morts portaient si bien leur nom qu'il manquait de nous tuer chaque fois qu'il changeait de voie. Je me souviens encore de cette collision à 60 km/heure avec un véhicule complètement immobilisé sur l'autoroute. Il avait réussi - je ne sais comment - à percuter une voiture effectivement impossible à manquer à un kilomètre de distance. Un objet, projeté de l'habitacle arrière de la voiture familiale, avait presque réussi à me décapiter. Dans les faits, je n'arrive pas à compter les accidents dans lesquels il a été impliqué et dans lesquels il nous a impliqués. Chose certaine, chacun de ceux-ci venait résolument appuyer cette phrase terrible qu'il criait lorsqu'il était en colère alors que nous étions tous les sept enfants bien serrés à bord d'un rutillant station wagon de l'année: «Si vous continuez, je vais tous nous tuer en pognant le premier poteau que j'vois.»

La menace, répétée des dizaines de fois mais jamais exécutée, demeurait néanmoins crédible alors que tout aurait dû me faire comprendre le contraire. Cela tenait sans doute du lavage de cerveau ou d'un procédé subliminal relié à ces images de carosseries tordues  qui hantaient mes cauchemars.  Plus simplement, je ne doutais pas, je crois, de la volonté meurtrière de mon père. Il était impressionnant de colère et de folie. Sitôt les funestes paroles prononcées, un silence mortuaire régnait si pesamment dans la voiture qu'il aurait fallu repeindre en noir tellement elle prenait des allures de corbillard. Il roulait à tombeau ouvert et nous demeurions prostrés à nos places, figés, attendant l'impact final qui nous enverrait, un peu comme les membres de l'Ordre du temple solaire, rejoindre la constellation d'Orion. À la différence près que nous n'étions pas les disciples d'un leader charismatique nous promettant une vie meilleure..

19 novembre 2012

En direct de la pause 6: L'enfant de l'ogre

Je ne me cache ni sous la couette du lit ni dans le garde-robe de ma chambre. Je ne place pas non plus les mains sur mes oreilles. C'est inutile. Où que je sois dans cette maison, qui ne sera jamais assez grande pour me permettre de les fuir, je les entends, ces cris. Je les vois aussi. Ils s'abattent sourdement sur mon corps d'enfant. Du moins, c'est ce que je souhaite: sur moi, pas sur ma mère.

Mon père la menace. Il la bat. Il veut la tuer. Comme d'habitude. Comme chaque jour. Comme chaque semaine. Chaque fois est aussi dévastatrice que la première, que la seconde, que la vingtième et que toutes les dizaines d'autres qui suivront. Pourtant, je ne m'y ferai jamais. Il aura détruit bien des choses, cet homme à qui j'ai pardonné, mais pas cette partie d'humanité en moi.

Elle pleure, évite ses coups mais si mollement. On la dirait soumise, même dans la violence conjugale. Surtout dans la violence conjugale. «Pour le meilleur et pour le pire», avait précisé le curé. Savait-elle ce que serait ce pire? Si elle semblait s'y résigner en épouse fidèle aujourd'hui, aurait-elle dit «Oui, je le veux!» si on lui avait révélé qui elle marierait et l'avenir qui l'attendait de poings fermes?

Une fois, à la fin de sa vie, un peu avant que le cancer ne finisse par l'assassiner plus rapidement mon père, elle rebellera. En vain. Une tentative de divorce tuée dans l'oeuf, à grands coups de promesses cette fois-ci. Un soir, il est rentré du travail et la maison était morte. Silencieuse. Vide. Plus d'enfants à menacer et de femme à battre. L'ogre se retrouvait devant  la table de la cuisine couverte de mots d'avocat. Du papier timbré. Des mises en demeure remise à la demeure. Une séparation à venir. Cruauté mentale. Un motif comme un autre. Légal. Timbrée, comme mon père la qualifiait. Folle, comme la colère qu'il a dû avoir en lisant le tout.

Pour ma part, on m'avait caché chez une de mes soeurs, partie dès ses 18 ans. J'acquérais soudainement le statut de réfugié familial. Un statut pas encore défini par l'ONU, mais ça viendra, j'en suis sûr.  Ma soeur avait fui comme elle avait pu les horreurs de la guerre, en appartement dans le quartier Villeray.  Moi, je continuais à aller à l'école, faisais mes devoirs et mes leçons. Par contre, là s'arrêtaient les similitudes avec ma vie d'avant. Il n'y avait plus cris, plus douleur.  Il restait cependant la peur. Qu'il me retrouve. Qu'il m'arrache à cet endroit si tranquille. Qu'il me kidnappe pour me ramener à son monde de haine.

Cette peur et toutes les peurs qui seront sa descendance empoisonnée ne partiront jamais. Elles prendront différentes formes, différents visages, me grugeront de l'intérieur et guideront mes choix pour des années à venir. En fait, elles seront moi jusqu'à tout récemment. Sauf que, pour l'instant, ma soeur et sa colocataire Manon me donnaient un amour et une attention comme je n'en avais jamais connues.

Le Paradis a duré trois jours. Trois longs jours si courts. Mon père connaissait l'état de ma mère. Il savait le peu de temps qui lui restait à vivre. De toute façon, il aurait répondu ce qu'il fallait pour la convaincre de laisser tomber ses recours judiciaires, maladie ou pas. Mais là, il avait sa bonne conscience pour lui: il évitait à ses enfants une rupture inutile. Ma famille dysfonctionnelle revenait à la normale.

Alors que je suis dans ma chambre, ma mère ne fait que pleurer, résister aux assauts violent de mon père à coups de larmes. Puis, surviennent ces hurlements, aigus, stridents, pas plus rassurants. Ceux de mes soeurs. Elles défendent ma mère du mieux qu'elles le peuvent contre cet ouragan paternel de haine et de colère. J'ai déjà voulu intervenir de mes faibles poings de six ans, mais on m'a renvoyé dans ma chambre. Ma place n'est pas là, sauf que la violence, elle, est partout, me rejoint, peu importe où je suis. Je ne bouge donc pas. À quoi cela servirait-il? Je deviens une statue immobile qui ne pleure pas. Qui ne réagit pas. Qui ne vit pas. Mais qui entend, imagine et pense. Terriblement. Une roche nerveuse et sans vie qui trésaille au moindre vent.

Soudain, la paix tombe sur la maison. Aussi brutalement que les coups plus tôt. Sans autre raison qu'un rapport de force qui a changé temporairement de camp, à moins que les combattants ne soient épuisés. Ils reprennent leur souffle, je l'imagine, et moi, je retiens le mien. De quel côté ira la tempête?

Cette paix est une paix lourde. D'une violence insidieuse. Où rien n'est réglé. Le calme recouvre les cris qui résonneront pendant des années dans ma tête, mais d'un manteau pesant, rouge sans être sanglant. Un oeil exercé verrait. Les cicatrices qui n'existent pas sur mon corps. La peur de déplaire. La recherche d'être aimé. La persévérance même dans l'absolue démence. La dépendance. Est-ce que je me sens coupable, assis sur le lit de la pièce qui vibre encore des cris que j'ai entendus? Non. Simplement, je sais déjà que tout cela n'est pas normal. Enfin, une partie de l'enfant que je suis le sait. Mais l'autre, plus grande, ignore quoi faire.

Est-ce que je me sens coupable de vivre dans cette violence, de manifestement ne pas être aimé, de ne pas être aimable? Non. Bien sûr que non. Je suis aimé. Je suis aimable. Et surtout, je suis un enfant qui se ment pour survivre. Parce que c'est le seul moyen qu'il ait trouvé pour ne pas complètement mourir. Ou devenir fou. Et craquer à jamais.

10 novembre 2012

En direct de la pause 4: autre temps, autre deuil


Il y a 36 ans, on ne gérait pas les deuils comme c’est le cas aujourd’hui. La mort, la maladie étaient des sujets généralement tabous. Il est encore plus facile alors de comprendre qu’on les cachait aux enfants. On estimait que ceux-ci n’avaient ni la maturité ni la solidité d’être confrontés à de telles réalités. On croyait à tort les protéger en les éloignant de ces situations douloureuses. De toute façon, comment espérer que les adultes de l'époque puissent accompagner des jeunes dans un tel processus quand ils n’arrivaient souvent pas à le gérer pour eux-mêmes? Voilà ce qui explique rationnellement certaines des séquelles reliées au décès de ma mère. Ni méchanceté ni complot. Simplement la maladresse. Cela explique mais ne guérit pas.

Aujourd’hui, tant au niveau familial que dans le milieu scolaire, on ne gère plus les deuils de la même façon. Je le sais. À 12 ans, un de mes amis est mort devant mon école, à la sortie des classes.  Rapidement, on s’est efforcé de cacher le tout et de passer à autre chose.

Il y a à peine quelques années, un de mes élèves est décédé durant la fin de semaine. Les images de son décès ont fait les médias et le retour en classe fut un des moments les plus exigeants de ma carrière.

Les élèves de mes groupes ont alors été encadrés par une équipe de spécialistes et de psychologues. Pourtant, au delà des plans d’intervention et d’urgence, ils se sont tournés vers un collègue et moi pour demander de l’aide et de l’accompagnement. Je me souviendrai toujours de ce grand frisé qui, armé de son courage tout adolescent, répondit au directeur qui lui demandait ce dont il avait besoin: «Pouvez-vous nous laisser seuls avec notre prof, s’il vous plait?» Ce deuil, nous l'avons vécu en groupe et j'en ai tenu des mains et j'en ai soutenu des âmes.

En font-on trop? Peut-être. Contamine-t-on parfois des élèves inutilement avec des interventions de groupe? Peut-être. Mais je préfère pécher par prudence que d’ignorer un seul enfant blessé. Je préfère trop que pas assez dans des cas comme ceux-là.

Encore aujourd’hui, je suis surpris d’avoir su poser les bons gestes, prononcer les bonnes paroles et me taire aux bons moments. Les expériences que j’ai vécues, la mort de mon père entre autres, m’ont appris comment me comporter en pareille situation.  Ironique, non? Capable de gérer le deuil des autres et savoir les aider mais incapable de gérer le deuil le plus significatif de sa propre vie. Là encore, rationnellement, les choses s'expliquent.

Un bon enseignant doit avoir vécu, quant à moi. J’ai beaucoup de difficulté avec ces jeunes profs ou même ces jeunes intervenants scolaires qui en connaissent peu de la vie et qui côtoient des élèves en détresse ou en difficulté. Sans généraliser, et peut-être à tort, j’ai parfois l’impression qu’il leur manque un certain quelque chose. Je suis venu à l'enseignement sur le tard et cela m'a beaucoup aidé... à aider.