05 août 2007

Fantasme ferroviaire

Demain, le Professeur masqué va réaliser un de ses fantasmes: il va faire un tour de train à vapeur. Tchou! Tchou! Et comme il est drôlement convaincant, Madame et Fille masquées sont du voyage. Quand tu amènes trente adolescents à lire certains des romans poches qu'on a sur les tablettes de mon école, tu peux convaincre n'importe qui de n'importe quoi.

Je vous reparlerai de cette expédition dans le temps et dans l'Outaouais. Deux hics à l'horizon: passages nuageux demain et, selon les photos, les organisateurs de cette activité semble prévoir des musiciens à bord des wagons. Ce n'est pas que je n'aime pas l'accordéon mais, quant à moi, il pourrait bien finir dans la soute à charbon..

En terminant, deux éléments.

Le premier est très personnel: j'apprends à apprendre... à me faire plaisir. Et selon le type d'éducation qu'on a reçue, c'est un processus très difficile. On peut bien rigoler, mais il y a des gens, comme moi, oui oui ça existe! qui se culpablisent sytématiquement quand ils font quelque chose de jouissif pour eux, des gens qui achètent toujours des cadeaux pratiques aux autres, des gens qui ont toujours des stratégies pour être plus efficaces...

Le deuxième est plus existentiel : pourquoi les gars aiment ça les trains, pis manifestement moins les filles?

03 août 2007

Enfin, elle est arrivée!

Parents, réjouissez-vous: la télé pour bébés est enfin arrivée au Canada (ici et ici)!

En effet, BabyFirstTV, une chaîne américaine, est disponible depuis le 25 juillet dernier au poste 562 pour les abonnés de Bell ExpressVu et 233 pour ceux de Rogers.
Pour l'instant, BabyFirstTV diffusera des émissions pédagogiques conçues spécialement pour nos charmant ti-prouts. Elles seront sans publicité et en anglais. Les chanceux!
Je ne sais pas, mais j'ai comme un frisson d'horreur qui me traverse le dos.

Quelques chiffres en passant:
  • Heures de télévision quotidienne regardées par les enfants de 6 mois à 6 ans: 2.
  • Enfants de moins de 2 ans qui regardent la télévision tous les jours: 4 sur 10 .
  • Heure de télévision quotidienne recommandée par l'American Academy of Pediatrics pour les enfants de moins de 2 ans: 0 .
  • Pourcentage d'enfants de 6 mois à 6 ans qui ont un téléviseur dans leur chambre à coucher: 33%.
  • Parmi les parents qui ont mis une télévision dans la chambre de leur enfant de 6 ans ou moins, pourcentage de ceux qui disent se servir de la télévision pour garder leur enfant occupé pendant qu'ils travaillent dans la maison: 39%.
  • Pourcentage des bébés de 1 an et moins qui regardent le petit écran durant une journée typique: 61%.

Sources: American Academy of Pediatrics

Savoir compter?

Je ne peux pas m'en empêcher. Ne pensez pas que je les déteste ou que je m'amuse à les descendre intentionnellement. Ça adonne comme ça. Je respecte le travail du Journal de Mouréal et de ses affiliés mais, là, c'était trop drôle! Surtout quand tu dois relire trois ou quatre fois la manchette parce que ça te semble impossible.

Trouvez l'erreur (...) dans cette nouvelle publiée sur le site Internet Canoe ce matin:

150$ par mois
La fontaine fait des sous

Le Journal de Québec
03/08/2007 09h33
Les gens ayant pris l'habitude de lui lancer de la monnaie, la fontaine de Tourny amasse 150$ par semaine en petites pièces.

02 août 2007

Pourquoi suis-je devenu prof?

Dans un récent billet, madame Dobby demandait aux enseignants de la blogosphère pourquoi ils avaient choisi cette profession. Cette heureuse initiative psychanalytique nous a valu des réponses fascinantes. Et c'est à mon tour aujourd'hui de répondre - peut-être un peu trop longuement - à cette interrogation. «Alors, docteur... quand j'étais jeune...»

L'école refuge

J'ai toujours aimé l'école. Il faut comprendre que, pour le jeune enfant que j'étais, c'était pour moi ni plus ni moins qu’un refuge, qu’un oasis de paix et de tranquillité. Oh! bien sûr, je me faisais traiter de fif à l'occasion parce que j'aimais bien les cours et mes profs. J'ai même dû apprendre à me battre pour me défendre contre les petits teigneux qui voulaient régler leur complexe d'infériorité en s'en prenant aux plus grands (j'appelle ce comportement le complexe de Curley - du personnage du roman Des souris et des hommes de John Steinbeck), mais rien n'empêche: je m'y sentais apprécié et valorisé par les adultes, ce qui tranchait avec mon milieu familial plutôt dysfonctionnel. Je repense entre autres à madame Campion qui me permettait de sécher avant le dîner, question que je puisse aller lui chercher un repas à la boulangerie du coin. On n'était pas loin du détournement de majeure tellement j'y mettais tout mon coeur.

J'étais excessivement curieux. Je m'intéressais à tous les cours, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Il n'en demeure pas moins cependant que ma matière préférée était le français et que j'écrivais chaque semaine des petits récits sans trop savoir pourquoi. La pulsion d'écrire, j'imagine.

Je me voyais déjà...

C'est au secondaire que mon avenir professionnel s'est réglé, du moins je le croyais: je serais journaliste. Déjà, en deuxième secondaire, je devenais le rédacteur en chef du prestigieux journal étudiant de mon école. Et qui journalisme dit alcool. C'est sûrement pour cette raison que j'imprimais les pages de ce dernier avec une ivresse débordante.

Mon intérêt pour ce métier s'est poursuivi au cégep ou je collaborais au journal étudiant. Accessoirement, j'étais inscrit en Arts et Lettres. Côté assiduité scolaire, j'avais tout du fantôme. Ma photo était sur toutes les bouteilles de bière entrées en fraude dans cet établissement scolaire: «Recherché – Missing».

Mon âme était ailleurs, errait en d'autres pays bien plus vivifiants. Avec un collègue, nous avons redonné un ton à une publication qui faisait mourir ses lecteurs d'ennui. Cela nous a valu des menaces assez sérieuses de la part de la direction qui n'appréciait pas notre humour incisif et méchant. Avec le temps, je suis toutefois convaincu que nous avons fait plus pour la cause étudiante avec certains textes trempés dans le vitriol que l'association étudiante avec certaines grèves...

Puis vint le bac en communication à l'UQÀM. Si l'on oublie les cours théoriques ou l'on nous enseignait ad nauseam la théorie de la communication de Jacobson, je m'éclatais en journalisme écrit. Et j'avais aussi la chance de rencontrer des monuments du métier, monuments qui n'étaient pas toujours reposants : Pierre Bourgault (ici et ici)m'avait sacré dehors de son cours pour j'aille faire publier mes textes tandis que Jacques Larue-Langlois (ici et ici) me dénichait mes première piges sans mon consentement. Messieurs, je pense à vous encore aujourd'hui!

Ma formation universitaire terminée, je suis devenu pigiste pour quelques publications et je travaillais comme adjoint à un magazine qui a fermé ses portes depuis. Je me shootais à ce métier: les incessants coups de téléphone pour débusquer la bonne information, le rush des textes qui n'entrent pas, les heures stressantes ou il faut boucler les pages au montage, le travail en équipe sous pression. Et, au risque de paraître prétentieux et puéril, la satisfaction de voir mon travail reconnu. Les textes que je signais m'étaient payés! Mes mots valaient quelque chose!

La crise de la vingtaine
Sauf qu'au bout de quelques années, si j'appréciais toujours cette vie énergique en dents de scie, je m'apercevais qu'il me manquait un élément pour être heureux et c'était l'équilibre. On ne rappellera jamais assez à quel point la vie de pigiste est difficile! J'avais besoin de stabilité, de projets à long terme. J'en avais assez aussi de courir après des patrons pour qu'ils me paient alors qu'ils roulaient en voiture de luxe et sortaient au Friday's.

J'ai alors décidé de me réorienter et j'ai choisi l'enseignement du français. Pourquoi? Parce que c'était une matière dans laquelle je réussissais bien et que je croyais, à tort, que cela serait suffisant pour bien l'enseigner. Il y avait aussi la mère de Fille masquée qui travaillait dans ce domaine... sauf que cette dernière ne me croyait pas assez discipliné pour tenir plus de deux semaines. Il faut dire qu'à l'époque, je vivais fréquemment au rythme du fuseau horaire de l'Australie et que je travaillais fort chaque jour à grossir ma collection de réveille-matin brisés.

Je me suis inscrit au bac en enseignement du français. Ce fut l'un des moments les plus pénibles de ma vie. Moi qui pondais des textes de dix pages en une soirée, j'étais entouré d'étudiants râleurs qui se plaignaient au moindre travail. Et je ne parle pas de la qualité de leur français écrit... Il y avait aussi ces profs qui enseignaient ce qu'ils ne faisaient même pas en classe avec nous. Misère!

Après un an, j'ai voulu tout laisser tomber, écoeuré. J'avais reçu une bourse pour travailler à Québec dans un domaine relié aux communications. Mais prudemment, j'ai décidé de jumeler études et stage. Mon patron l'ignorant, je me tapais trois cours à l'UQÀM le vendredi. L'enseignement demeurait ma roue de secours, ma porte de sortie au cas...

La révélation faite au mécréant

C'est après que j'ai connu les stages et que tout s'est placé dans ma tête. Mon maître associé était Laurel et j'étais Hardy: «Tu observes quand tu veux, tu enseignes quand tu veux...» Génial! On se complétait magnifiquement bien.

J'ai enseigné dès le deuxième jour et j'ai compris que j'étais fait pour ce métier. J'aimais l'interaction avec les jeunes, j'aimais faire briller leur regard, j'aimais leur donner l'occasion d'être intelligents, j'aimais les écouter et avoir le privilège d'être une personne significative pour eux. Plus que tout, je sentais que j'avais un héritage à leur transmettre: celui que mes profs m'avaient légué.

Mes doutes sont disparus et j'ai fini mon bac en faisant mes stages avec le même prof, ce qui contrevenait formellement à la politique de mon université. Dès la fin de mes études, je me trouvais un emploi. L'année suivante, il y a 14 ans de cela, j'étais embauché à l'école ou je travaille encore aujourd'hui et j'enseigne toujours au même niveau.

À la blague, je dis souvent, pour faire enrager mes collègues, que j'ai délaissé le journalisme pour l'enseignement, un métier pépère et sans pression. Inutile de dire qu'ils me trouvent cinglé.

Post scriptum

Je m'en voudrais de ne pas ajouter à ce portrait un point important.

Aujourd'hui, dans la quarantaine, je me remets beaucoup en question professionnellement. Je manque de défis mais, surtout, je sens que le milieu de l'éducation se dégrade au Québec, bien qu'on fasse tout pour nous faire croire le contraire. Je me sens incapable honnêtement de participer à une telle supercherie et je me sens mal devant les élèves à qui l'on ment souvent quant à leur réussite et leurs réels apprentissages.

Combien de temps encore serais-je capable de maintenir la tête hors de l'eau? Je ne sais pas. Chose certaine cependant, il faudra bientôt que je me redéfinisse à l'intérieur ou à l'extérieur de ce métier.

01 août 2007

Le matériel scolaire du Journal de Mouréal

Un peu comme si Safwan pouvait influencer le contenu du Journal de Mouréal, cette semaine, le distingué quotidien de la rue Frontenac y allait d'une série d'articles sur les achats reliés à la rentrée scolaire (1, 2 et 3).
Honnêtement, on ne peut pas dire que celui-ci a fait preuve d'une grande rigueur journalistique. Pour démontrer qu'il en coûtait cher aux parents, Philippe-André Piette a évalué à combien se montaient les articles scolaires demandés par quatre écoles choisies au hasard. Selon son enquête, il pourrait ainsi en coûter jusqu'à 230$ par enfant! Aux armes, citoyens! Vite, faisons la révolution!

On verra que, dans les faits, ce montant n'est pas exagéré, sauf que la façon de parvenir à celui-ci est plus que discutable.

Un certaine méconnaissance du dossier

Premièrement, le journaliste a inclus dans les quatre écoles qu'il a retenues deux collèges privés (Beaubois et Saint-Alexndre) qui ne sont pas tenus de limiter les frais exigés aux parents. Il n'est pas étonnant d'ailleurs que ce soit eux dont la facture est la plus élevée.

Deuxièmement, ce journaliste ne semble pas savoir que les écoles publiques ne peuvent pas exiger certains items des parents, par exemple les sacs à dos, les boîtes à lunch, les dictionnaires et autres ouvrages de référence. Mais, pour étayer son plaidoyer, il cite les propos d'une maman qui manifestement envoie son enfant dans une école privée, ce qui n'est pas le cas de la majorité des parents québécois : «Il faut que je prévoie 300 $ de plus pour des manuels et un autre 300 $ pour du matériel et des activités», soupire Mme Gendron.

Troisièmement, M. Piette a effectué ses achats dans un «magasin d’articles de bureau», ce qui n'est pas toujours le lieu propice aux aubaines, on en conviendra. Pas étonnant qu'il ait acheté une règle de 30 cm à 4,99 $...

Quatrièmement, M. Piette semble manifestement ignorer le coût d'un dictionnaire. En effet, pour montrer que tout coûte cher, il cite encore Mme Gendron qui se plaint du prix d'un dictionnaire: «Pour Le Petit Larousse, j’attends de voir ailleurs, ils le vendent 40 $ ici!» À ce prix, elle aurait mieux fait de l'acheter parce qu'elle faisait une bonne affaire, je crois.

Cinquièmement, nulle part, ce journaliste abordre la question des cahiers d'exercices. Pourtant, ils constituent une bonne partie de la facture reliée à la rentrée.

Des conseils mal avisés

Mais heureusement, le Journal de Mouréal prend soin de préciser à ses lecteurs qu'il est possible de déroger à ces «fameuses listes» en interviewant Charles Tanguay, de l'Union des consommateurs: . «Les enfants ne seront pas expulsés de l'école parce qu'ils n'ont pas la bonne marque de stylo.» Quel dommage! Avez-vous pensé aux manchettes qu'un pareil incident aurait faites?

Toujours pour en rajouter, M. Thibault, qui semble n'avoir jamais enseigné, «insiste sur le fait qu'il n'est pas nécessaire de suivre à la lettre les listes d'effets scolaires». Il y va d'ailleurs du judicieux conseil suivant: «Ça peut même valoir la peine d'attendre jusqu'après la rentrée, pour profiter des meilleurs spéciaux.» Fiston aura juste à poireauter en classe pendant que les autres travailleront.

Pour ma part, il aurait été intéressant d'indiquer qu'il existe des organismes communautaires qui donnent gracieusement du matériel scolaire à la rentrée, que les écoles peuvent offrir des délais pour le paiement de certains effets indispensables, etc., sauf que cela ne faisait peut-être pas assez sensationnaliste.

Un montant assez juste malgré tout

Malgré les nombreuses erreurs que recèlent les différents textes de M. Piette, il n'en demeure pas moins que le montant de 250$ auquel il parvient est assez près de la réalité si je me base sur ce que mon école exige des parents. Seulement, tant qu'à semer la tempête, peut-on être un peu plus rigoureux?

D'ailleurs, dès le lendemain, dans le courriel des lecteurs du JdeM, certains émules de Gilles Proulx n'y allaient pas de main morte. Un d'entre eux se demandait même pourquoi tout cela n'était pas gratuit comme en Ontario. Gratuit en Ontario? Quelqu'un peut-il m'indiquer si cette affirmation est vraie ou a-t-on publié n'importe quoi?

Enfin, je ne peux m'empêcher de relever que le journaliste Piette a conclu un de ses textes par la phrase moralisatrice suivante: «L’enquête éclair du Journal met en doute l’efficacité des mesures annoncées par le gouvernement Charest en novembre 2005» afin de limiter les frais exigés aux parents.

Moi, c'est son enquête dont je doute.

Maudit hiver!

Tout l'hiver, certains d'entre vous ont râlé: «Maudit qui fait frette! Blablaba, blablabla, blablabla!» Alors, juste pour leur indiquer qu'il faut apprécier notre beau pays de froidure et de neiges éternelles, Environnement Canada a émis un avertissement de chaleur et d'humidité accablante. Pour jeudi, on prévoit des températures d'au moins 30 degrés Celsius et un indice Humidex qui atteindra ou dépassera même les 40 degrés.

Que j'en vois un se plaindre de l'hiver... Moi, je retourne à ma piscine pacifique! Peace!

30 juillet 2007

Fin du match de ping-pong

Dans le cadre de cette tague ping-pong, Magrah me pose une question assez difficile, je dois l'avouer: Pouvez-vous nous décrire les membres de votre famille?

Pour moi qui ai le verbe facile, il m'est extrêmement difficile d'y répondre sans en être remué. En effet, je viens d'une famille que j'estimerais dysfonctionnelle et qui m'a fait comme je suis: frondeur, fort en gueule, travaillant, peu confiant, sensible, parfois écorché à vif, compliqué et parfois complexé.

Mon père

Mon père est décédé il y a quelques années et je lui voue un respect que certains comprennent encore mal. C'était un homme d'une autre époque qui n'a pas su s'ajuster au nouveau monde qui voyait le jour au Québec dans les années 60 et 70. Ouvrier dans la construction, il a appris à travailler dur et n'a jamais su profiter de la vie. Souvent absent à cause de son emploi parce qu'il voulait donner le meilleur à sa famille de sept enfants, il faisait figure du père autoritaire, froid, parfois violent dans ses paroles et dans ses gestes. Il était grand, juste, volontaire, autoritaire, déterminé, fort, mais pas assez fort pour changer.

Avec le temps, j'ai appris à comprendre qu'il était une victime malheureuse de son éducation rigide. Je l'ai vu pleurer, j'ai dû le consoler, je l'ai même nourri à la cuillère lorsqu'il a été opéré au coeur. Et il fallait voir ses yeux fiers et heureux quand il regardait ma fille!

N'empêche que j'ai souvent eu de la colère et de la rage à son égard. Aujourd'hui, je suis incapable de lui en vouloir pour le mal qu'il a fait et je préfère me concentrer sur le bien qu'il a tenté de donner autour de lui même s'il était parfois insoutenable et intolérable. J'apprends à lui ressembler pour ses qualités et à éviter de répéter ses défauts.

Ma mère

Ma mère est décédée alors que j'avais 14 ans. Cancer au cerveau inopérable. Son deuxième. Crises d'épilepsie fréquentes. Parfois confuse. À sa manière, elle aussi était absente. Mais Dieu qu'il en fallait du courage pour affronter la maladie et mon père dont elle a tenté de divorcer quelques mois avant son décès! Je me souviens encore de cet épisode ou nous avions tous déserté l'infernal foyer familial, qui chez une tante, qui chez un oncle. Mon père, qui savait que ma mère n'en avait plus pour longtemps à vivre, je crois, avait tout promis, tout accepté pour que nous revenions à la maison.

Dans sa jeunesse, ma mère était une femme belle, bien mise, fière d'avoir marié un homme travaillant. Puis, la relation s'est détériorée et je me souviens encore tout jeune de devoir séparer mes parents alors que mon père tentait d'étrangler ma mère.

Il y a des images qui marquent. Je rêvais d'être adopté par les parents de mes amis, de devenir pensionnaire au collège de Rigaud. J'évitais de recevoir mes camarades de classe chez moi, de crainte qu'ils découvrent, qu'ils sachent... J'avais honte.

Mes frères et sœurs

Par un hasard génétique, mes parents ont conçu dans l'ordre trois garçons, trois filles et moi! Petit dernier au statut ambigu (...), tout jeune, j'ai développé peu de liens avec mes frères à cause de notre différence d'âge. Le plus vieux d'entre eux était à l'université que je terminais à peine mon éducation primaire. Mes deux soeurs les plus vieilles avaient déjà fui la maison familiale quand j'entrais dans l'adolescence.

Reste la plus jeune avec qui j'ai appris à tout faire dans une maison à la suite du décès de ma mère. Prof masqué est aussi Prof ménager et Prof bricoleur! Mais la vie étant parfois mal faite, elle s'est brouillée avec toute la famille pour des raisons qui lui appartiennent. Le chaînon entre les plus vieux et moi est devenu manquant.

Aujourd'hui, les membres de ma famille proche se résument à trois frères et deux soeurs avec qui j'ai peu en commun. On se voit aux Fêtes, aux enterrements, dans certaines circonstances spéciales. Mais il est difficile de se sentir près de ceux-ci: dès mon enfance, ils avaient déjà leur vie et je commençais la mienne. Nous avons eu chacun nos chemins, simplement.

Je suis parfois triste à cause de cette situation. Pour moi, une famille doit être un nid, un refuge, un lieu d'amour, de partage et de protection. Il nous a été difficile d'être cela les uns pour les autres. Tout au moins, il leur a été difficile de l'être pour moi. Alors, simplement, j'ai appris à être seul.

Et aujourd'hui, je regarde tendrement ma fille et je cherche à lui donner et la rigueur et l'amour dont elle a besoin. J'ai longtemps eu peur de l'aimer, de peur de la perdre. Mais ma fille a été plus forte que mes craintes.

Ma fille

Fille masquée est ma véritable famille maintenant, je crois. Même si je ne la vois qu'à temps partiel, j'ai compris, depuis peu, que je suis son père à temps plein. C'est un drôle de numéro! Elle a 14 ans, débute sa cinquième secondaire, réussit bien à l'école mais, plus que tout, elle a su combiner le meilleur de ses deux parents qui ne sont jamais demeurés ensemble. Vive, intelligente, cultivée, curieuse, affectueuse, mature: elle aime lire, est passionnée de hockey et maniaque de sciences! La qualité de nos échanges me surprennent chaque fois. Madame masquée est parfois surprise de tout ce dont nous pouvons discuter ensemble!

Voilà, Magrah, une longue réponse à une question difficile.

29 juillet 2007

Document choc: le plus mauvais coup que j'ai fait!

Victime de la «question ping-pong» (un concept jovialiste et souriant inventé par Forsythia), je dois donc répondre à l'interrogation suivante provenant de J. Raffe: «Monsieur le Professeur masqué, quel est le plus mauvais coup que vous ayez jamais fait (enfant ou adulte, peu m'importe)?»

J'ai longuement réfléchi avant de répondre à cette dernière. Pourquoi J. Raffe pense-t-elle que je puisse avoir commis de pareilles actions infâmes? Et sur un enfant en plus! Ai-je l'air si terrible que cela? Mes écrits traduisent-ils une pensée refoulée dénotant un esprit vengeur et machiavélique? Et puis, pourquoi écrit-elle «peu m'importe»? Se soucie-t-elle vraiment de ma réponse si elle semble se moquer de sa propre question? Deux Ativan accompagnés d'un gros gin plus tard, je me suis mis à penser à autre chose...

Revenu à notre abrupte et déchirante réalité après quelques heures stimulantes de coma nirvanesque (j'entendais même la voix de Kurt Cobain, c'est peu dire!), j'ai pensé tout d'abord à tort que je n'avais jamais vraiment fait de mauvais coups de ma vie. Jamais. Après tout, n'ai-je pas été servant de messe, scout et préposé à la cafétéria lors d'un emploi d'été?

Puis, lentement, subrepticement, insidieusement, discrètement, furtivement, sourdement, souterrainement, anonymement, clandestinement, finalement, je me suis souvenu de la fois où:
  • j'ai servi à ma fille assoiffée un délicieux et incolore verre de vinaigre;
  • j'ai caché des sardines sous les poignées de porte de la voiture d'un de mes profs distraits au secondaire;
  • j'ai posé une pellicule de plastique sur la bolle de la toilette des gars dans un gymnase;
  • j'ai lancé adroitement dans la piscine de mon voisin mal éduqué et négligent les excréments que son horrible chien jappeur venait avec tant de délicatesse déposer sur le parterre devant chez moi;
  • j'ai simulé, avec quelques collègues du cégep, une panne de son lors d'un enregistrement d'une émission de télé;
  • j'ai corrigé le travail d'un collègue analphabète harcelant haineux en m'assurant de le truffer d'erreurs grossières;
  • j'ai laissé copier un voisin indiscret et cancre toutes mes mauvaises réponses avant de les changer à la dernière minute lors d'un examen important;
  • j'ai ...

Une fois ce pénible constat établi, j'ai vite compris que j'étais, au fond, en période profonde de déni et que je devais m'accepter tel que je suis. Donc, voici mon pire mauvais coup jamais fait de TOU-TE-MA-VI-E!

*********

À l'école où je sévis et enseigne occasionnellement (une fois par deux semaines, soit le jour de la paie), je côtoyais un charmant collègue aussi procrastinateur que moi qui entrait dans la salle des profs 30 secondes avant le début des cours le matin pour ramasser son cartable à anneaux où il consignait mot à mot le contenu de ses cours soporifiques ainsi que quelques accessoires utiles pour passer le temps pendant que ses étudiants tentaient de ne pas s'endormir en remplissant des pages et des pages d'exercices inutiles et fastidieux.

Un beau matin, avec l'aide d'un confrère pénitent et bientôt incorrigible, nous avons donc caché ledit cartable, ce qui nous a valu une tempête d'insultes et de menaces quant à notre intégrité physique personnelle et intime. «Le prochain qui touche à ma planif su mon bureau, j'y arrache la tête», nous a confié avec douceur et émotion notre camarade pédagogue émérite.

Aussi, dans un souci de respecter ces sainte paroles d'Évangile à la lettre, le jour suivant, nous avons tout simplement caché le bureau complet ainsi que tous les accessoires appartenant à notre colérique et apprécié collègue...

Deux jours plus tard, cet être perfide et vengeur kidnappait le sapin de Noël installé dans ma classe mais, grâce à certains de mes élèves qui ont vu la joyeuse verdure odorante se promener à travers les fenêtres des portes de classe de mon école, j'ai pu retrouver la piste du résineux décoré!




*********

Maintenant que j'ai répondu à la pernicieuse question de J. Raffe, je dois tout d'abord lui en reposer une en lien avec ma réponse: Madame J. Raffe, vous êtes-vous déjà fait kidnapper un sapin de Noël? Euh... pas sûr.
Allons-y plutôt avec: Madame J. Raffe, avez-vous déjà bu un verre de vinaigre? Euh... pas mieux, je pense.
Ok! Madame J. Raffe, avez-vous déjà eu l'envie de trucider quelqu'un?
Ensuite, je dois poser une question différente à une autre personne qui doit suivre les étapes et poursuivre cette spirale ennivrante. La personne désignée est Magrah et la question à laquelle elle devra répondre est la suivante: Madame Magrah, quel objet avez-vous perdu et qui vous tenait le plus à coeur? Moi, je pencherais pour son carnet de potins, mais ce n'est qu'une intuition féminine, comme ça.
C'est à suivre...

27 juillet 2007

Ce matin, le journal La Presse nous apprend que les maisons d'édition québécoises ont pilonné et mis au recyclage presque tous les manuels scolaires de deuxième secondaire qu'elle avait prêtés aux écoles. Raison de ce choix : «C'est vrai que nous avons fonctionné comme ça. On ne les a pas jetés. On les a recyclés. Mais je ne peux pas vous dire pourquoi», explique Ingrid Siemen, ajointe à l'éditeur du secteur scolaire chez Grafica. On nage donc en plein mystère.

Le journaliste présume que les manuels ont peut-être été détruits pour céder la place à des nouveaux, plus conformes au Renouveau pédagogique. Personne ne veut cependant confirmer cette hypothèse. D'ailleurs, aucune demande de modification n'a été faite par le ministère de l'Éducation.


Quoi qu'il en soit, ne soyez pas en peine pour les pauvres maisons d'édition: elles refileront bien la facture d'une façon ou d'une autre au MELS, c'est-à-dire aux contribuables québécois que nous sommes. La vie est si belle avec un si bon client... Quel bel exemple de gaspillage et de mauvaise gestion!

26 juillet 2007

L'éducation, c'est payant!

Comme dans les vues...
On apprenait ce matin dans La Presse qu'un réseau d'étudiants américains a été arrêté pour avoir falsifié pendant cinq ans des notes sur le serveur informatique de leur université moyennant rénumération.
Chapeau à ces jeunes qui ont saisi l'occasion d'actualiser leur plein potentiel et de mettre en oeuvre les compétences qu'ils ont développées à l'école. Vive l'esprit de libre entreprise! Ils ont su rentabiliser leurs connaissances, mais aussi donner la chance à d'autres peut-être moins doués intellectuellement d'accéder à des institutions universitaires prestigieuses comme UCLA.
Qui a dit que l"éducation et surtout la réussite devaient être gratuites?