10 janvier 2008

Virginie est morte! Vive Virginie!

On apprend dans La Presse et le Journal de Montréal que Chantal Fontaine ne sera plus de la distribution de l'émission Virginie à la fin de la présente saison. On est triste, hein?

En passant, si on parle d'enfants Passe-Partout, peut-on aussi parler de parents Virginie?

Education : quand le Devoir publie n'importe quoi

Le Devoir publiait samedi un texte sur lequel j'aimerais revenir. Appelons cela une longue colère contenue. Celle-ci sera peut-être trempée dans le vitriol et je m'en excuse... à peine. Je vous invite à la lire au complet pour constater à quel point on méprise à l'occasion les pauvres d'esprit que nous sommes.

Dans cet article, on retrouve les propos de trois chercheurs universitaires sur l'état actuel de l'éducation au Québec. Je me permets d'analyser plusieurs paragraphes de ce texte pour relever à quel point ce quotidien est parfois journalistiquement complaisant et obnubilé par un certain «universitarisme».

Réseau - La réussite scolaire inscrite parmi les priorités des chercheurs

Favoriser la réussite scolaire, abolir les subventions aux écoles privées, reconnaître les professeurs à leur juste valeur, accompagner le corps enseignant dans le cadre de la réforme et ne plus manipuler les programmes au gré des caprices politiques sont autant de thèmes chers à d'éminents chercheurs qui ont accepté l'invitation du Devoir de faire le point sur notre système d'éducation à l'aube d'une nouvelle année.

Immédiatement, on remarque qu'aucun chercheur opposé au Renouveau pédagogique n'a été rencontré par le journaliste Thierry Haroun. Quand on sait que le monde de l'éducation est divisé sur ce sujet, faut-il y voir un effet du hasard? J'en doute.

De plus, pourquoi s'intéresser seulement à l'avis d'universitaires? Détiennent-ils à eux seuls la vérité? Sont-ils les seuls à savoir? Il est consternant de remarquer qu'on n'a retenu que le point de vue de ces intervenants en éducation. Appelons cela un texte qui a beaucoup d'envergure et peu de sources.

Demandez à Claire Lapointe, professeure titulaire en administration scolaire à l'université Laval et directrice du Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire (CRIRES), si la réussite scolaire est véritablement inscrite au coeur des préoccupations du ministère de l'Éducation, elle vous répondra sans hésiter par l'affirmative, et ce, depuis sa création il y a plus de 40 ans. «Il est question au sein du ministère de l'Éducation de réussite scolaire pour tous appuyée par une vision d'équité. Il est question d'assurer des chances égales aux garçons et aux filles, et déjà à cette époque-là, dans les années 1960, il était question de réussite scolaire pour les communautés ethniques. Ces principes fondateurs sont encore vivants aujourd'hui.»

Ouf! Nous voilà rassurés: le MELS a à coeur la réussite des élèves. Si Claire le dit, ça doit être vrai. Remarquez qu'elle occupe quand même une fonction qui lui permet d'intervenir sur ce dossier. Sauf que...

On ne peut nier qu'au Québec, la réussite scolaire est une préoccupation importante du MELS, mais de quelle réussite parle-t-on? Comment la définit-on et la mesure-t-on? Encore, là, je doute de ce discours quand je le confronte à la réalité de mes classes. «Réussite» pour un élève de cinquième secondaire qui écrira un texte truffé d'erreurs relevant de notions du primaire? «Réussite» pour un jeune qui peinera à décoder un texte?

Il ne s'agit pas ici de cas particuliers, mais d' adolescents dont le parcours scolaire est tout ce qu'il y a de plus standard. Ils ont passé plus dix ans à l'école, ont suivi des centaines et des centaines d'heures de cours de français, ont réussi tous les examens auxquels ils ont été soumis. Qu'ils soient de la réforme ou non, plusieurs élèves présentent un niveau de connaissances et de maîtrise de compétences tout simplement inacceptable.

Il existe plusieurs formes de réussite, plusieurs types d'élève dans nos classes. Cependant, je considère que le mot «réussite» au Québec est souvent une appellation frauduleuse qu'on emploie à tort et à travers pour se gargariser l'égo national et que certains fonctionnaires utilisent pour masquer l'inefficacité de leur travail. A-t-on déjà vu un sous-ministre en éducation, par exemple, faire un mea culpa quant à l'implantation improvisée de certaines mesures pédagogiques? Mais non: on se cache, on nie des évidences, on dénature les faits et tout va bien dans Le meilleur des mondes possibles. «Réussite», vraiment?
Il me semble ici que le journaliste du Devoir a survolé le sujet de façon désolante, surtout si l'on considère toutes les critiques formulées à l'endroit du système scolaire québécois au cours de la dernière année.

Mieux, ajoute Mme Lapointe, qui a travaillé en Afrique notamment, «on nous répète qu'on est une référence au Canada. On nous dit aussi qu'il existe au sein de notre système d'éducation un dynamisme porté par un projet de société. Nous sommes l'envie du monde. Notre système d'éducation public doit être amélioré, certes, mais il faut reconnaître que c'est un des meilleurs systèmes scolaires au monde où l'on retrouve un des plus forts taux de réussite».

Tout d'abord, ici, on semble confondre systèmes scolaires québécois et canadien. Sont-ils si semblables? Si l'Afrique n'est pas un grand pays, il est un peu indélicat de parler d'un système scolaire canadien quand on connaît nos deux solitudes. Ah! nos charmants problèmes identitaires.

Qui plus est, quand on prend connaissance des arguments justifiant l'implantation du Renouveau pédagogique au Québec et qu'on relit cet extrait, il y a quelque chose qui passe mal. On a réformé l'ensemble du système d'éducation. Il n'y a pas une pierre qui n'a pas été retournée. Méthodes pédagogique, programmes disciplinaires, évaluation: tout y est passé. Si notre réseau scolaire est si bon, pourquoi l'avoir tant chambardé? Pas un mot là-dessus.

Des votes dans les livres

Mais hic il y a. Mme Lapointe rappelle que nos gouvernements brouillent les cartes quand ils décident de mettre leur nez dans les programmes scolaires à des seules fins politiques et électoralistes. «Ce qui arrive aujourd'hui, c'est que l'éducation est un sujet dont on se sert à l'échelle politique. Des décisions sont prises selon les intentions de vote. En médecine, par exemple, on n'arrêtera pas un type de traitement parce qu'il ne plaît plus aux gens. On n'interfère pas en médecine.»

Alors que, selon elle, le corps politique interfère allègrement en matière de programmes scolaires. «Les programmes sont basés sur la recherche, mais une fois mis dans le réseau, [le gouvernement en place] décide de faire marche arrière au gré des réactions négatives de certains électeurs. On ne peut pas affirmer [en campagne électorale] que: "Si je suis élu je vais changer telle approche pédagogique" ou encore faire ceci et cela. On ne peut pas se permettre ça.» En agissant ainsi, dit-elle, «on fragilise notre système d'éducation en l'utilisant comme un bonbon politique».

Je ne connais pas Mme Lapointe mais, ici, elle erre quelque peu: oui, le gouvernement interfère en médecine, parfois à la demande même de la population. Allons-y avec un exemple: les maisons de naissance. Au Québec, pendant longtemps, les accouchements se faisaient à l'hôpital. Aujourd'hui, il est possible d'accoucher avec l'accompagnement d'une sage-femme. Il s'agit d'un service que le réseau de la santé refusait d'accorder et que des citoyens ont obtenu à force de réclamations et de lutte politique auprès de différents gouvernements provinciaux.

De façon plus générale, Mme Lapointe semble, en quelque sorte, nier aux politiciens, qui sont les représentants élus du peuple, le droit d'intervenir dans les questions relatives aux programmes scolaires. À tout le moins, elle questionne leurs actions sans réaliser la portée de ses propos.

On peut ne pas apprécier les récentes prises de position de la ministre Courchesne ou de Mario Dumont ou encore déplorer qu'elles soient de nature électoraliste, mais cela ne doit pas nous empêcher de réaliser l'apport, parfois bénéfique, de la politique au monde de l'éducation. En 1960, le rapport Parent aura-t-il vu le jour sans formation politique pour en être le porteur? En 1997, le Renouveau pédagogique aura-t-il été mis de l'avant sans l'appui du Parti québécois? On est loin de la manipulation des «programmes au gré des caprices politiques» à laquelle fait référence le journaliste au début de son texte, je crois.

Plus encore, on peut constater ici cette prétention insoutenable et horripilante à l'effet qu'un programme scolaire, parce qu'il est basé sur la sacro-sainte recherche universitaire, est intouchable. Pourtant, plusieurs programmes disciplinaires sont porteurs de valeurs personnelles ou sociales importantes. Il est sain qu'ils puissent faire l'objet de débats puisque l'école, en tant que substitut des parents, transmet ces visions du monde aux enfants. On peut être choqué, en tant qu'universitaire, que notre action soit limitée par d'autres intervenants, mais on doit absolument tenir compte de ces derniers si on ne veut pas vivre dans une utopie.

Derrière ce reproche à peine voilé aux politiciens actuels, on peut constater l'important manque de recul critique de cette universitaire au sein du réseau de l'éducation. Pour paraphraser Mme Lapointe, si c'était cette dernier qui fragilisait notre système d'éducation en l'utilisant comme un bonbon personnel? Si c'était cette pédagogue qui était incapable de pédagogie pour bien expliquer ses idées? Même Dieu peut se faire des reproches à l'occasion...

Quant à moi, l'intervention des politiciens en éducation, et particulièrement en ce qui a trait à des aspects pédagogiques, est un signal clair que quelque chose ne fonctionne pas dans ce merveilleux monde et que les intervenants traditionnels (fonctionnaires, universitaires, chercheurs, directions, enseignants, parents, syndicats, etc.) n'arrivent pas à développer un consensus autour de certaines décisions importantes.

Toujours à l'échelle politique, Jean-Yves Lévesque et Nathalie Lavoie, professeurs chercheurs au département des sciences de l'éducation de l'UQAR, sont d'avis que le retour au bulletin chiffré «a été une décision strictement politique». D'autant, déplorent-ils, que les enseignants n'ont pas été consultés dans cette prise de décision.

Je ne commenterai pas le retour au bulletin chiffré, mais peut-on avoir l'honnêteté d'indiquer qu'il s'agissait d'une décision politique qui n'a pas été prise dans le vide, mais à la demande de bien des parents qui ne comprenaient rien au bulletin précédent? Il est indécent, quant à moi, de commenter cette action sans tenir compte du contexte complet dans lequel elle s'est effectuée.

On peut s'interroger sur le geste de Mme Courchesne, mais que celui-ci relève d'un politicien le dénature-t-il automatiquement et lui enlève-t-il toute légitimité? Faut-il être un médecin être ministre de la Santé, un camionneur pour être ministre des Transports et un mineur pour être ministre des Ressources naturelles? Élit-on des spécialistes ou des individus en qui on place notre confiance?

À la différence des universitaires et des fonctionnaires, les politiciens sont redevables devant la population et l'on peut juger leurs actions à chaque élection. Ils ont le mandat d'encadrer le travail de ceux qui oeuvrent sous eux et portent la responsabilité de ce que font ces derniers. En limitant les actions d'un ministre, on limiterait à la fois sa responsabilité ministérielle (un principe démocratique important) et on conférerait à d'autres individus non redevables un pouvoir important. Je préfère de loin un système démocratique aux décisions contestables qu'une tyrannie bureaucratique parfaite.

Je ressens un malaise quand je mets en parallèle ces commentaires des professeurs Lévesque et Lavoie avec ce qui se passe avec les commissions scolaires du Québec. On reproche aux commissaires d'être peu représentatifs, de travailler sans faire preuve de transparence, mais on n'hésite pas à blâmer une ministre élue parce qu'elle exerce publiquement son droit de décider. En bout de ligne, veut-on revenir avant les années 70, à l'époque ou les commissaires scolaires étaient nommés par le clergé et le gouvernement et ou avant les annèes 60 ou l'éducation relevait des congrégations religieuses? C'est Monseigneur Turcotte qui va être ravi! Est-on en train de remplacer un religion par une autre? Hors de la pensée des chercheurs point de salut?

Enfin, toujours par rapport aux propos des universitaires Lévesque et Lavoie, leur argument à l'effet que les enseignants n'ont pas été consultés quant au retour du bulletin chiffré en est un de piètre qualité. Ces derniers n'ont pas été plus consultés sur le Renouveau pédagogique, à ce que je sache. De toute façon, depuis quand consulte-t-on véritablement les enseignants sur des changements pédagogiques? De grâce, faites preuve d'imagination dans votre argumentaire!

J'arrête ici ma lecture de ce texte du Devoir. Ce n'est pas tant le manque de vigueur de ma colère : c'est plutôt la lassitude.
Cependant, je m'en voudrais de ne pas relever le côté téteux de ce quotidien qui, parfois, en beurre un peu épais. Ouvrir un texte en caractérisant des gens interviewés d'«éminents chercheurs», ça manque un peu de neutralité. Un peu de retenue aurait été bienvenue. Imaginez le tollé si on avait la même chose avec Stephen Harper...

09 janvier 2008

La qualité du français et le rapport Ouellon (re-modifié)

Le Journal de Montréal et le quotidien Le Soleil nous livraient ce matin ce qu'ils affirmaient être quelques recommandations du rapport Ouellon. On se rappelera que la ministre Courchesne a demandé à un comité d'experts, formé de neuf professeurs et didacticiens et présidé par Conrad Ouellon, de lui faire part de divers moyens afin d'améliorer la qualité de l'enseignement du français dans nos écoles.
Or, dans les faits, il pourrait s'agir davantage de commentaires personnels de la part de deux des membres de ce comité que du contenu même du rapport. Prudence, donc.

Resserrer les critères de réussite

Un des commentaires publiés indique qu'il faudrait resserrer les critères de réussite des élèves en français. «Si on veut que les choses s'améliorent, il faut que les exigences à l'école soient resserrées. C'est sûr qu'il y en a qui vont frapper un mur, mais il va falloir vivre avec ça, indique M. Ouellon. Si le professeur n'exige rien des élèves, il n'aura rien, insiste ce dernier. Peut-être que les exigences des profs ne sont pas assez grandes.» Resserrer, je le veux bien, mais comment? De quelles façons?

On peut, par exemple, augmenter la sévérité des grilles de correction en ce qui a trait à la maîtrise de la langue et ajouter des examens de fin de cycle communs et uniformes, à condition bien sûr que ces derniers représentent une part importante de ce que sur quoi doit se base un enseignant pour établir son jugement professionnel. De la sorte, on mettrait et les élèves et les enseignants devant une obligation de résultats. Mais en même temps, on irait aussi à l'encontre de l'esprit de la Réforme. Enfin... attendons avant de nous réjouir même s'il s'agit, quant à moi, d'un premier pas dans la bonne direction.

Par contre, s'il est évident que cette mesure inciterait sûrement plusieurs élèves négligents à accorder davantage d'importance à la qualité du français, elle ne peut cependant suffire à elle seule. Si certains élèves feront plus attention à la langue française, pour d'autres, c'est davantage de soutien et d'appui que de contraintes qu'ils ont besoin. À cet égard, le risque est que ce soit les enseignants qui doivent mettre les bouchées doubles pour parvenir à aider ces jeunes.

À ce sujet, je ne crois pas que l'ajout de moyens extérieurs à la classe soit toujours une bonne idée. On peut bien doubler le nombre de spécialistes si l'on veut... Selon moi, c'est davantage dans la classe et sur l'enseignant qu'on doit investir. On peut ainsi réduire le nombre d'élèves par classe ou même le nombre de groupe par enseignant. Comment être efficace avec quatre groupes de 32 élèves en cinquième secondaire? C'est d'ailleurs un point que souligne Arlette Pilotte, membre de ce comité et présidente de l'Association québécoise des professeurs de français: «Il y a une énorme différence dans le suivi qu'on peut faire si on a 90 élèves plutôt que 120 .»
Ne vaut-il pas mieux aussi former les enseignants à utiliser des stratégies gagnantes avec les élèves ayant des difficultés que d'embaucher des spécialistes? Ne pourrait-on pas, par exemple, former un super prof par niveau ou par école et ensuite le libérer pour qu'il puisse apporter soutien et son aide à ses confrères?

Également, on peut se questionner à savoir comment cette mesure sera reçue dans la population. Tout le monde est pour la vertu, mais je doute que les parents dont les élèves seront en échec à la suite de ce changement seront très heureux. Les Québécois ont l'hypocrisie bien portante quand il s'agit de la langue française.

L’importance du français à l’école

Dans un autre commentaire, un membre du comité Ouellon estime que l'importance du français doit être reconnue dans toutes les matières. Il aura une belle grosse surprise quand il constatera que le Renouveau pédagogique empêche l’évaluation du français dans d’autres matières, par exemple en histoire comme je l’ai mentionné dans ce billet. L’évaluation de cette langue est plutôt reléguée aux limbes des compétences transversales.

Par contre, il a bien raison de souligner qu'on ne devrait pas couper les heures consacrées à l'enseignement du français pour créer des projets spéciaux.

Resserrer la qualité des enseignants

Un autre commentaire d'un des membres du comité Ouellon propose d'améliorer la qualité de la langue française des enseignants. Je déteste ce postulat qui veut implicitement que ces derniers soient responsables du mauvais français de nos jeunes. Oui, il est souhaitable que les profs s’expriment et écrivent mieux, mais doivent-ils être les seuls dans le réseau de l’éducation qu’on pointe ainsi du doigt? Je connais quelques directeurs d’écoles et intervenants dont le français gagnerait à s’améliorer.

De plus, il faut avoir avoir une certaine méconnaissance des réalités du monde l’éducation quand on propose de mieux sélectionner les futurs enseignants à l’université. Depuis, dix ans, le Québec est en pénurie d’enseignants. Les facultés universitaires ne suffisent pas à la demande. Qui plus est, quelle université va se priver de l’apport financier d’étudiants dans un programme aussi peu coûteux que l’enseignement? Déjà, on préfère admettre un peu n’importe qui, quitte à lui donner des cours de rattrapage par la suite.

Améliorer les conditions de travail

Dans la même veine d’idée, M. Ouellon croit que l’éducation «n'attire pas toujours les meilleurs candidats possible», suggérant de peut-être revoir les conditions de travail des profs, entre autres en ce qui a trait à leur salaire.

En discutant avec des collègues, ce n’est pas tant le salaire que la rapidité à progresser dans l'échelle salariale qui les irrite. Il n’est pas normal qu'il faille autant d’années pour un jeune enseignant pour se rendre au maximum de l'échelle alors qu'un jeune policier touche le salaire maximum en beaucoup moins de temps.

Par ailleurs, ce sont davantage les conditions de travail au quotidien qui démotivent ceux avec qui j’ai discuté : lourdeur de la tâche, manque de matériel approprié, locaux défraîchis ou inadéquats, élèves mal classés, intégration sauvage des élèves en difficulté, etc.

Un peu d’utopie

Enfin, il est illusoire d'affirmer, comme l'a fait M. Ouellon, que l’adoption de diverses mesures pourrait améliorer la qualité du français de nos élèves en moins de deux ans.

Tout d'abord, la bureaucratie éducative québécoise digère mal les changements rapides.

Ensuite, il faut implanter progressivement cette mesure pour laisser le temps aux élèves et aux enseignants de s'y ajuster. On ne gagnera rien à brusquer les gens. On l'a vu avec la réforme. Il y a évidemment le risque que certains en profitent pour torpiller ce resserrement avec le temps.

Et puis, honnêtement, il serait injuste de demander à un jeune de troisième secondaire, qui peut depuis le début de son parcours scolaire écrire autant de fautes qu'il le veut dans un texte et réussir malgré tout, de se conformer à un seuil de réussite d'une faute aux 50 mots, par exemple.

Pour ma part, je demeure convaincu que la ministre Courchesne accueillera plusieurs de ces suggestions avec plaisir. Seulement, ce sont les impacts financiers de certains changements qui la limiteront dans ses décisions.
En terminant, je suis prêt à parier que la ministre n'aura pas apprécié avoir l'impression qu'une partie du contenu de ce rapport ait été dévoilé dans les journaux par deux des membres du comité Ouellon avant qu'elle ne le rende elle-même public. Quelqu'un va se faire taper sur les doigts...

08 janvier 2008

Prof, j'ai besoin de ton aide!

Bon, j'ai le moral dans les talons. Déprime du retour à l'école? On ne parle pas des élèves, mais de tout le reste. Tout ce reste pesant et lourd. Heureusement, il y a les jeunes.

Dans ce temps-là, par contre, je manque remarquablement de tact ou d'écoute. Vous en voulez une preuve?
Ce matin, une de mes élèves, appelons-la Maude, vient me voir entre deux périodes. C'est une belle enfant qui a toujours le sourire et des yeux si expressifs. Elle a ses défauts, c'est évident, mais mon rôle comme prof est de l'amener à obtenir son maudit diplôme, à cesser de détester le français et à l'aider à grandir comme être humain.

À quelques reprises cette année, j'ai pris le temps de l'écouter et de discuter avec elle. Maude n'a pas une vie facile et elle a toute mon admiration tant elle est persévérante et courageuse. Je l'ai guidée vers les ressources psychologiques de l'école et elle semble prendre du mieux.

Toujours est-il qu'elle est appuyée sur le cadre de porte de ma classe et qu'elle me dit:

- Prof, j'ai besoin de ton aide.

Moi, gros con insignifiant, je lui réponds en blaguant:
- Quoi? Tu es enceinte?

J'ai un don comme ça. Je suis comme un test de grossesse ambulant.
...

J'ai comme le sentiment que le reste de la semaine va me demander plus de délicatesse. Ce genre de situation n'est pas toujours facile. Je ne crois pas que Maude voudra poursuivre sa grossesse. J'essaierai donc d'accompagner mon élève dans ses choix et ses décisions. Elle n'en parlera pas à ses parents et comme j'ai l'impression d'être un adulte signifiant pour elle...

Ce genre de situation vient toujours me chercher à la fois parce que je ne peux pas être insensible à la détresse humaine de mes élèves, mais aussi comme parent. Tout d'abord, Fille masquée a vu le jour dans un contexte non désiré et cette situation me rappelle que l'avortement n'est pas un geste gratuit et sans conséquence. Ensuite, parce qu'un jour, Fille masquée vivra peut-être une situation similaire et j'espère alors que je saurais être là pour elle.

Des vidéos pas pertinents en classe?

Grosse nouvelle ce matin dans le Journal de Montréal : des enseignants auraient projeté des vidéos de films au contenu douteux en classe!

Des élèves d'une polyvalente de Laval ont débuté leurs vacances de Noël à l'avance cette année. La semaine précédant le congé, des jeunes de 13 ans ont visionné en classe trois films à la valeur académique douteuse, comme Les Simpsons et Fausses blondes infiltrées. (...)

«Les enseignants nous disent que c'est une sorte de récompense pour les élèves. Je veux bien si tous les élèves réussissaient, mais il y a une partie d'entre eux qui ne passent pas», déplore Céline Clément, présidente de deux conseils d'établissements, dont celui de Poly-Jeunesse.

Chasuble! Si elle savait... Trois films avant Noël, c'est dans la moyenne.

Dans la même veine, j'ai des collègues qui vont jouer au billard avec leurs élèves tous les vendredi après-midi pour les récompenser d'avoir bien travaillé durant la semaine. Cette méthode doit être efficace: ils vont au billard TOUS les vendredis depuis deux ans.

J'en connais d'autres qui les font quitter 10 minutes avant la fin d'une période parce qu'ils ont bien travaillé. Il y a aussi les chanceux qui vont à La Ronde parce que l'un des buts de l'école est la socialisation des élèves. Et je ne parle pas des enseignants qui présentent des vidéos violents et sexuellement assez explicites... à des élèves qui mangent de la malbouffe en classe et qui écoutent leur lecteur I-Pod. Enfin, je me souviens de ce cas célèbre d'un enseignant qui avait laissé son groupe seul pendant quelques minutes pour aller louer un DVD au club vidéo en face de l'école!

«Ce sont des activités-récompenses», disent-ils. Plutôt du pognage de beigne institutionnalisé dans certains cas de la part de profs qui n'ont rien à envier à Homer Simpson.

J'ai beaucoup de difficulté avec le fait de récompenser des élèves parce qu'ils ont «bien travaillé». L'effort n'est-il pas porteur de sa propre récompense? N'est-il pas contradictoire de récompenser des élèves en leur disant: «Maintenant que vous avez fait (et c'est bien relatif) ce pour quoi vous êtes ici, on va vous récompenser avec des affaires vraiment le fun qu'on ne fait pas à l'école!»? N'est-on pas en train justement de dévaloriser et l'effort et l'école?

Je serais d'accord avec ce type d'émulation si les activités offertes étaient rattachées clairement au contenu d'un cours ou si elles ne pouvaient pas se vivre à la maison ou sous la supervision des parents. Déjà, amener les élèves au théâtre, c'est jouer un rôle qui appartient aux géniteurs de nos élèves. Mais bouffer des chips au ketchup en regardant le film Blade en classe, on nage dans le délire!

J'ai passé une année à côté d'une classe qui fonctionnait à la récompense du vendredi après-midi. Essayer d'enseigner les notions d'effort et de dépassement quand, systématiquement, le groupe d'à-côté ne fait strictement rien est éreintant. «Pourquoi nous, on travaille et pas eux?», me demandaient mes élèves.

07 janvier 2008

Rentrée tranquille

Je soupçonne la direction de mon école de lire mon blogue. Aucune rencontre. Rien. Nada. Je n'ai donc pu mettre en oeuvre, comme prévu, ma résolution de me taire lors de réunions. Que voulez-vous: on n'a pas tous le bonheur d'avoir des journées pédagogiques comme Safwan!

En passant, j'ai montré mon «Cahier de gribouillage pour les adultes qui s'ennuient au bureau» (éditions du Panama, 2006) à mes collègues. Certains étaient jaloux. Quel vilain défaut!

J'ai hâte de l'utiliser mercredi matin. On a une réunion...

06 janvier 2008

Noël sanglant

Je l'avais promis dans un billet le 24 décembre dernier: voici comment je me suis ramassé à l'urgence en installant mon premier sapin de Noël il y a vingt-cinq ans.

Tout d'abord, il faut savoir que je venais de fuir quelques semaines plus tôt un foyer familial assez dysfonctionnel. Ma mère était décédée depuis plusieurs années et mon père était très violent verbalement. Après un charmant échange de coups de poing de part et d'autre, une première dans la maison, j'avais décidé que je ne voulais pas de ce genre de relation entre lui et moi. Conscient que je ne pourrais le changer et que je ne changerais pas non plus, je suis donc parti voler de mes propres ailes.

Mon premier appartement était un magnifique demi-sous-sol en préfini rustique et, par les fenêtres de celui-ci, j'avais une vue impénétrable sur le doberman du propriétaire. Bouclant les fins de mois de peine et de misère (vive le foie de veau et le Kraft Dinner!), j'avais dormi plus d'un mois sur le plancher avant de pouvoir me procurer un lit.

Bref, Noël arrive et je me refuse à le passer dans mon morne ordinaire, d'ou la folle idée de me procurer un sapin pour égayer mon intérieur locatif et psychologique. Encore fallait-il trouver le résineux festif et le ramener dans mon logement par mes propres moyens, c'est-à-dire à pied.

Une fois celui-ci entré dans mon logis, un constat s'imposa immédiatement: il était trop grand. Il me fallait donc me résoudre à le couper, mais avec quoi? Je me munis alors du plus grand couteau avec des dents que je possédais et je m'attelai à la tâche. Bêtise incommensurable: j'avais pris un couteau à pain, pas à sapain, et ce qui devait arrivé arriva: je me coupai profondément entre le pouce et l'index.

Je vous passe les détails sanglants, mais tout cette scène me rappelait mes cours de dissection en biologie, à la différence que j'étais maintenant la bébitte charcutée.

Après quelques heures d'attente à l'hôpital, la preuve que rien n'a bien changé depuis, je me suis résolu à retourner chez moi et à me ratisfioler tout seul. Plus chanceux qu'autre chose, je ne garde aucune séquelle de cet incident ni de mon traitement maison, sinon qu'à chaque Noël, quand vient le temps de couper le sapin pour qu'il soit de la bonne taille, la scie dans mes mains tremble un peu...

C'est l'émotion du temps des Fêtes, j'imagine.

04 janvier 2008

Une histoire d'horreur

Tiens, ce soir, on m'a raconté une drôle d'histoire d'horreur. Je la crois vraie, même si je n'ai pas encore tout vérifié.

Il y a dix ans, un directeur d'une école secondaire montréalaise qui ne jurait que par le progrès et l'informatique a fermé la bibliothèque de l'établissement dont il avait la responsabilité. Fermé. Y'en n' a pu! Disparue! Il a tout transformé en labo informatique. À quoi bon le papier quand Internet existe et permet d'avoir accès à une multitude d'informations.

Tous les livres ont été mis en boîte et dormaient depuis dix ans dans un obscur sous-sol. Pourquoi «dormaient dix ans»? Parce que le directeur en question a été remplacé par un nouveau. Et parmi les décisions que ce dernier a prises, on retrouve celle de réouvrir la bibliothèque, avec des livres.

Cette histoire me laisse sans voix et sans mot. Et vous?

03 janvier 2008

Mes résolutions professionnelles 2008

Chaque année, il est de bon ton de prendre des résolutions afin d'améliorer l'enseignant perfectible que nous sommes tous. J'en ai quelques-unes en tête et je voudrais bien les partager avec vous. Si vous voulez me faire des pistes de suggestion, n'hésitez pas. Vacheries acceptées. Et si vous voulez y aller des résolutions professionnelles que vous avez prises, n'hésitez pas non plus!

1- Cesser de repousser la correction au surlendemain.

Je déteste corriger. Boire un grand verre d'huile de foie de morue me semble plus réjouissant. C'est pour cette raison que je repousse toujours le plus loin possible ce moment pénible de vie avec pour effet que je dois corriger sous pression. Je devrais apprendre à corriger un peu chaque jour. Sauf que ce n'est pas parce que tu manges un plat une bouchée par jour qu'il goûte moins mauvais.

2- Fermer ma gueule durant les réunions à l'école

Quoi de plus inutile qu'une réunion de travail à l'école, surtout s'il s'agit d'une rencontre entre collègues du département de français! Les réunions, j'y reviendrai, sont trop souvent une perte de temps. Croire qu'elles peuvent produire des effets efficaces, c'est s'imaginer que George Busch puisse faire preuve d'intelligence.

Madame Masquée m'a offert un magnifique cahier intitulé «Cahier de gribouillage pour les adultes qui m'ennuient au bureau» (éditions du Panama, 2006). Ne pas hésiter à l'avoir avec moi dans ces moments-là pour occuper l'hyperactif que je suis et surtout bien le montrer aux collègues pour qu'ils soient tous jaloux....

3- Cesser de m'imaginer qu'une direction puisse répondre efficacement à mes demandes

Je sais naïf: il est temps pour moi de changer. J'attends depuis deux mois l'accord de ma direction pour acheter des matériaux pour terminer ma bibliothèque de classe. Coût des matériaux: 40$. Montant des livres mis à la disposition des élèves: sans prix.

4- Continuer de ne pas appliquer le code de vie comme le font plusieurs de mes collègues

Oui, oui, je sais: l'enseignant doit être un modèle de rigueur et de cohérence. Mais quand tout le monde se fout du règlement, tu te fais suer à être un des seuls à l'appliquer et cela m'a valu parfois des moments pénibles avec certains élèves qui ne sont pas de mes classes.

Continuer dans cette voie d'abnégation professionnelle

5- Saluer mes élèves au début de chaque cours et les vouvoyer

Au secondaire, on est souvent une usine à remplir le cerveau des élèves. À quatre période par jour, on prend rarement le temps de les saluer personnellement à leur entrée en classe ou encore de jaser une ou deux minutes au début du cours avant d'attaquer le contenu au programme

Continuer ce moment d'accueil important et ne pas cesser de les vouvoyer. J'aime ça leur donner du «monsieur» et du «madame»! Et au diable les arguments de Gooba!

6- Moins me négliger pour des raisons reliées au travail

Je discutais avec une amie récemment. J'ai découvert qu'elle dormait la nuit au lieu d'apporter du travail à la maison et qu'elle prenait le temps de dîner correctement chaque midi au lieu de faire de la récupération. Ce fut un choc! Il est possible de ne pas travailler 15 heures par jour et d'enseigner efficacement?

Je vais donc tenter, cette année, de m'occuper un peu plus de moi et de trouver des façons de parvenir aux mêmes résultats avec moins d'efforts. De la paresse naît le génie. Il est temps que j'accouche! Quand on passe la quarantaine, on n'est plus une jeunesse fringante.

7- Moins négliger mes proches pour des raisons reliées au travail

Cette résolution est sûrement l'une des plus importantes. Il est ridicule de ne pas prendre d'aimer les gens qui m'entourent parce que le boulot envahit ma vie privée. Rentrer fâché à la maison parce que la journée s'est mal déroulée? À éviter!

8- Surveiller mon langage en classe

J'aime trop illustrer, de façon spontanée et colorée, à mes élèves qu'il existe plusieurs niveaux de langage. Restreindre celui-ci à un niveau correct ou soutenu. Chasuble que ça ne sera pas facile!

9- Saisir les occasions de changement qui se présentent

Une autre résolution difficile... Les enseignants sont souvent conservateurs. Ils transmettent des normes et finissent parfois par être des normes. Il ne faut pas avoir peur du changement, en autant que celui-ci soit réaliste et s'appuie sur des moyens permettant sa réalisation. Ce qui élimine pas mal ce qui vient du MELS ou de ma CS...

10- Aller au centre Bell

Ça, c'est une autre histoire dont je vous parlerai un jour avec celle du sapin de Noël qui m'a mené à l'hôpital!

En passant, il existe des calendriers 2008 à imprimer sur Internet. Ça peut être utile, question de noter les jours ou vous n'avez pas respecté vos résolutions...

01 janvier 2008

Lecture des Fêtes

La période des vacances des Fêtes est l'occasion pour le Prof masqué de se changer les idées et de lire un peu, beaucoup... en attendant de se taper la pile de correction qui traîne dans un coin.

Voici donc le compte-rendu des romans qu'il a lus récemment.

La trahison Tristan (Robert Ludlum) : sous les allures d'un playboy, Stephen Metcalf est en fait un espion américain dont les actions influenceront le cours de la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi celui, bien des années plus tard, de la révolution Gorbatchev. Très bon récit d'espionnage qui nous ramène à l'Allemagne d'Hitler et à la Russie de Staline. Un élément de l'intrigue est cependant plutôt faible parce que trop facile à découvrir. (8,0 sur 10)

Temps mort (Harlan C0ben) : Myron Bolitar est de retour. Agent oeuvrant dans le monde sportif, il s'occupe de ses joueurs d'une façon qui l'amène parfois dans des situations périlleuses. Cette fois-ci, il doit veiller sur une jeune joueure de basketball, mais son enquête aura des répercussions dévastatrices. Du grand Coben! Son meilleur depuis longtemps. Au-delà de l'intrigue policière, l'auteur réussit à décrire une région, une société et à rendre son personnage principal bouleversant d'émotions. (8,5 sur 10 facile!)

L'étoile du diable (Jo Nesbo) : vous connaissez mon plaisir de lire cet auteur. Ce roman a été à la hauteur de mes attentes. Quant à moi, l'inspecteur Hole est un hit. (8,5 sur 10)

Le pic du diable (Deon Myer) : en Afrique du Sud, Thobela Mpayipheli connaît pouvoir mener une vie tranquille lorsqu'un incident survenu au fils qu'il a adopté le ramène au coeur de l'action. Si le tiers du roman semble mener nulle part et qu'on s'impatiente un peu, l'auteur met en place les morceaux d'une histoire qui s'avérera très efficace. Un bon Meyer (8,0 sur 10 et peut-être un peu plus...)

Le jour ou la mort nous sépare (collectif) : diverses nouvelles littéraires policières choisies par Harlan Coben et dont l'intrigue tourne autour d'un couple. Idéal pour sublimer quand on est mal assorti. La qualité des textes est inégale et on a plutôt l'impression de lire un reuceil formé à la va-vite. (6,5 sur 10)

Typhon sur Hong Kong (John Burdett) : deux mois avant d'être rétrocédé à la Chine, Hong Kong est le théâtre de trois meurtres qui pourraient nuire à cette manoeuvre politiques. On tente alors d'écarter l'inspecteur Chan qui mène l'enquête sur cette affaire. Son détermination légendaire pourrait avoir des répercussions politiques non désirées. Un policier à la fois politique et exotique. Si le style d'écriture et les rebondissements de l'histoire sont efficaces, le dépaysement vaut à lui seul la lecture de ce roman. (8,0 sur 10)

Le bibliothécaire (Larry Beinhart) : on cherche à éliminer un bibliothécaire, engagé par un milliardaire excentrique. Celui-ci serait en possession d'un secret bien compromettant concernant l'élection frauduleuse du prochain président américain. Amateur de complot politique, ne pas s'abstenir. Ce récit a des allures de campagne présidentielles déjà vues. Si le début comprend quelques longueurs, la suite se lit comme une mécanique infernale. (8,5 sur 10)

Les héritiers du soleil noir (James Twining) : 60 ans après la dernière guerre mondiale, la ferveur nazi n'a pas livré ses derniers secrets et deux jeunes héros doivent, un peu malgré eux, partir à la recherche du Train d'or qui contiendrait bien des trésors accumulés lors de pillages par les forces allemandes. L'idée est originale, mais le traitement de cette dernière est un peu commun. Le livre est un bon divertissement, sans plus. (7,0 sur 10)

L'homme délaissé (C.J. Box) : un garde-chasse remplace un confrère qui s'est suicidé de façon inexplicable. il tente alors de découvrir les raisons qui ont poussé ce dernier à s'enlever la vie. Si ce livre est intéressant quant à la vie des gardes-chasses américains, il n'en demeure pas moins qu'il s'écoule beaucoup de temps avait que l'intrigue s'amorce. Trop, à mon avis. (7,0 sur 10)

Le mystère des dieux (Bernard Werber) : Michael Pinson est un humain devenu un dieu et il doit sauver les croyants dont il a la garde. Si j'ai adoré Les fourmis du même auteur, je sens dans ce roman une certaine redondance dans le style et un propos philosophique qui finit par être agaçant. Quelques passages savoureux portent à réflexion et soutirent quelques sourires, mais un certain «déjà-lu» rend cette lecture moins stimulante. (7,0 sur 10)