30 avril 2008

Tiens, on me censurerait (ajout pour calmer les choses)

En Saignant, dans un billet dont la formule me ravit chaque fois, m'apprend que mon blogue serait inaccessible par le serveur de la CSDM (voir la question 34).

C'est plutôt rigolo quand on pense que deux journalistes m'ont contacté pour des infos supplémentaires à la suite d'un billet publié ici et que Radio-Canada me met en lien pour une analyse du plan Courchesne sur le français.

Il y en a qui auraient la couenne sensible.

Prof masqué et Britney Spears toute nue, même combat, faut croire...

Ajout

Comme le souligne un commentaire, on peut aussi se demander si ce site n'est pas bloqué à cause d'un mot, d'un terme qui activerait un système de sécurité quelconque. Pourtant, je n'avais pas écrit «Britney Spears nue» jusqu'à ce jour.

Il n'en demeure pas moins que ce site et les vôtres sont accessibles de ma commission scolaire. Il faudrait voir pour d'autres CS.

Pour l'instant, appelons cela une curiosité et utilisons le conditionnel. C'est tout.

27 avril 2008

Allo? Y a-t-il quelqu'un qui gère?

On apprend dans Le Devoir que le vérificateur général du Canada a noté que les coûts reliés à l'utilisation du téléphone cellulaire ont explosé dans un ministère fédéral important. En va-t-il autrement en éducation?

La réponse est non. Depuis quelques années, on peut remarquer que les directions d'école ont toutes un cellulaire fourni par la commission scolaire. De même pour les adjoints. Vérifie-t-on l'usage qui est fait de cet appareil et de son utilité en tenant compte des coûts qui y sont reliés? Pas sûr.

Je sais qu'on n'arrête pas le progrès mais, parfois l'appareil crée le besoin, surtout si les communications sont gratuites le soir et les fins de semaine. Je ne vous ferai pas l'apologie du bon vieux temps, sauf que je ne vois pas vraiment les changements que cette technologie a apportés dans mon école.

De même, vous jeterez un coup d'oeil sur les frais de déplacement de nos décideurs scolaires. Il est encore plus intéressant pour eux de se déplacer en voiture que d'utiliser des transports collectifs, par exemple. On m'a rapporté le cas d'un individu en particulier qui payait une partie de son véhicule en comptant sur ses frais de déplacement. Une réunion en région éloignée? Il y allait tout de suite.

Quand on parle de fric en éducation qui ne se rend pas dans les classes, en voilà un bon exemple. Et quand on sait que chaque plan de la ministre Courchesne comprend des comités, des réunions, des rencontres...

24 avril 2008

Tim à la retraite? (ajout à l'ajout)

Moi, je l'aime, Tim.

Tim, c'est le nom du chien de l'ex-policier qui vient à notre école dans le cadre d'un projet cinophile. Tim, parce son maître aime bien le café, j'imagine. En tous cas, c'est plus joli que Dunkin...

Le problème. c'est que l'avenir de Tim est menacé dans nos écoles. Du moins, c'est ce que nous apprend La Presse dans ce texte: «La Cour suprême du Canada déterminera vendredi si l'utilisation par les policiers de chiens renifleurs lors d'une visite aléatoire dans une école secondaire de l'Ontario constitue une perquisition et saisie raisonnable.»
Je sais que, quand on a proposé l'opération Pitou chez nous, j'avais soulevé cette interrogation. Pour moi, il s'agissait d'une perquisition indirecte, en quelque sorte. On m'avait assuré que des avis légaux avaient été obtenus autorisant une telle intervention. Mais c'était sans compter sur la justice.
Il faut savoir qu'il existe des précédents légaux permettant à un directeur d'école ou à son représentant de fouiller le casier d'un élève en se basant sur le fait qu'on doit assurer un lieu d'apprentissage correct aux élèves. Si j'y pense demain, je vous trouverai des infos supplémentaires et je les ajouterai à ce billet demain.
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Les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés de la personne comprennent différentes dispositions visant à protéger les citoyens contre les fouilles, les perquisitions ou les saisies abusives tout comme elles reconnaissent les droits à la présomption d'innocence et de respect de la vie privée. On comprendra l'importance de ces dispositions dans une société démocratique comme la nôtre.
En 1998 (M.R.C. c. Sa majesté la Reine, 26 novembre 1998), la Cour suprême du Canada a été appelée à se prononcer sur la fouille d'un étudiant en milieu scolaire. Pour les juges, les autorités scolaires ont l'obligation (notez le terme) de procurer aux étudiants un environnement sécuritaire, propice aux apprentissages et dans lequel règnent l'ordre et la discipline. Pour y arriver, elles doivent donc disposer de moyens nécessaires et suffisants.
Dans un contexte social où l'on assite à une augmentation de la violence et de la présence de la drogue dans écoles, la Cour croit qu'il y a lieu d'interpréter les les dispositions prévues par les différentes chartes avec une plus grande souplesse et de réduire les attentes à l'égard du respect de la vie privée.
Point important: cette souplesse est cependant bien encadrée. La direction de l'école doit avoir des motifs raisonnables de croire qu'il y a eu un manquement aux règlements scolaires. Elle doit donc se baser sur des sources crédibles pour intervenir. Il lui donc impossible de «partir à la pêche» à la drogue et ce sont ces limitations, je crois, qui pourraient remettre en question l'utilisation d'un chien renifleur dans nos écoles ou ailleurs.
Attendons donc le jugement d'aujourd'hui.
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Et voilà le jugement qui est tombé!
La Cour supême estime que les deux cas de fouille qui ont été présentés étaient illégaux puisqu'ils ne respectaient pas certains principes énoncés plus haut.
«Dans deux décisions complexes, la majorité des juges du plus haut tribunal au pays conclut qu'une fouille réalisée avec un chien renifleur ne peut pas être faite sans qu'il y ait eu des soupçons raisonnables avant la fouille.»
«Les élèves sont dorénavant à l'abri d'une fouille aléatoire menée par des policiers et des chiens renifleurs, mais pas à l'abri de fouilles organisées par les écoles elles-mêmes, sans la participation de policiers, comme celle faite il y a quelques jours dans une école de St-Jérôme, dans les Laurentides. Ces fouilles-là, qui mènent à une suspension de l'école mais pas à des accusations criminelles, n'ont pas encore été contestées devant les tribunaux.»
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On comprend donc que Tim va continuer à avoir du boulot, à la condition que son maître et les autorités scolaires fassent leurs devoirs s'ils veulent utiliser ce moyen.

23 avril 2008

Les tremblements de terre et de coeur

La vie de tout enseignant est parfois marquée de moments ou tout est remis en question. Souvent, ces moments ne viennent pas seuls. Cette semaine confirme la règle.

Tremblement de terre

Tout d'abord, dans le cadre du processus d'affectation des tâches, le Prof masqué a manifesté son intention d'enseigner en première secondaire. Gooba, tu aurais dû être là! Passer de la cinquième à la première, il n'en fallait pas plus pour frapper certains collègues de stupeur.

Les raisons de ce choix sont multiples.

Après 15 années à ce niveau, j'ai l'impression d'avoir tracé une piste autour du jardin tellement j'en ai fait le tour. Monotonie, lassitude... La cinquième ne représente plus aucun défi pour moi et le caractère pédagogiquement amorphe de mon école m'a poussé à réfléchir davantage à mon travail. Côté discipline et vie scolaire, j'ai tout d'abord fait le choix de ne pas changer de milieu de travail, les autres écoles de ma CS n'ayant pas nécessairement une réputation meilleure que la mienne.

J'ai alors fait le choix de vouloir changer à l'intérieur de ma propre école et, comme un poste s'ouvrait en PEI de première secondaire (trois groupes à 24 périodes), j'ai compris qu'une telle occasion de bouger ne s'offrirait pas de sitôt étant donné que nous sommes en baisse de clientèle et qu'on ne prévoit pas de départ à la retraite avant trois ans. Stratégiquement, en passant, ce départ à la retraite pourrait représenter une nouvelle occasion de changer si le choix que je compte faire ne me plaisait pas. Faut penser à long terme: on aime l'enseignement pour la vie!

À défaut de vivre dans un milieu stimulant, j'ai donc décidé de provoquer moi-même le changement, de faire tabula rasa (Bernard Landry, sors de ce corps!) de ce que je connais pour expérimenter du nouveau.

À travers leur surprise, je remarque subtilement que mes collègues estiment que la cinquième est plus exigeante: «Un prof de ton envergure... Tes connaissances en littérature... Ton contact avec les jeunes...»

Oh bien sûr, il y a le contact avec les grands, mais je pense qu'on peut allumer les yeux des plus petits d'une façon tout aussi stimulante. Peu importe la clientèle, c'est là le défi de chaque enseignant, je crois. Côté livre, je rangerais L'Orange mécanique pour Rouge Poison. J'aurai à découvrir un tout nouveau monde littéraire. En PEI, nous aborderons le Moyen-Âge, ce qui risque d'être stimulant. Et puis, avoir la responsabilité d'enseigner à des plus petits des choses tellement évidentes en cinquième, ça me fout la trouille! J'ai peur de m'élever à mon niveau d'incompétence.

Un tel changement demandera des ajustements dans mon langage, dans ma discipline personnelle et de classe. Sauf que... si je suis prêt à assumer ce changement, je dois aussi être prêt à devoir modifier certaines de mes comportements.

Il existe aussi de mauvais raisons pour effectuer ce changement: clientèle sélectionnée, charge de travail moins lourde, moins de pression qu'un prof de cinquième avec un examen du MELS en fin d'année ou de deuxième avec un bilan à la con, possibilité d'un projet d'informatique. J'appelle plutôt cela des avantages quand on a l'intention de donner le meilleur de soi-même encore et toujours. Et bien malin celui qui viendrait m'accuser de vouloir paresser.

Bref, je me sens comme Perrette dans la fable de La Fontaine sauf qu'il y a un hic: le droit de gérance de la direction. Le grand patron pourrait refuser ce changement et m'obliger à demeurer en cinquième. La principale raison est que le prof qui occupe le poste que je convoite le fait de façon temporaire depuis un an. Ce poste appartenait à une collègue qui est devenue directrice adjointe et est donc maintenant libre. Comme ce collègue connaît mieux le programme que moi et a une solide expérience du premier cycle, je ne suis pas convaincu que la direction acquiescera à ma demande.

On nage donc dans le doute. J'ai aussi la peur de changer et l'envie folle de reculer. Sauf qu'il y a une ombre à côté de moi et elle me dit qu'elle est écoeurée de me suivre sur des chemins trop battus.

Tremblement de cœur

Je m'étendrai moins sur ce sujet plus personnel et je vous saurai gré de ne pas insister sur celui-ci, mais Prof masqué a perdu la blonde qui partageait sa vie depuis sept ans.

Observation scolaire no 1: est-ce la saison, mais j'ai remarqué que c'est généralement dans les période de rush, surtout en fin d'année, que les conjoints plaquent leur enseignante moitié, les laissant avec leurs corrections, leurs yeux et leur crayon rouge. Un bon timing, quoi!

Observations scolaire no 2: dans un tel contexte, enseigner devient très pesant et très lourd quand on est un prof émotif qui vit proche de ses élèves. Une journée nous épuise totalement et on revient le soir dans une maison aussi vide que son coeur.

Observations scolaire 3: bien sûr, un ou deux collègues mettent en lien cette épreuve avec ma volonté de changer de niveau. Ils ont tout faux puisque ma réflexion date d'il y a quelques semaines. Mais s'ils croient qu'il faut être dépressif pour aller enseigner en PEI de première secondaire, que puis-je y faire?

Pour le reste, vous comprendrez que je préfère garder une certaine réserve sur ce que je vis.

22 avril 2008

La ministre Courchesne et la violence (suite)

Quelques ajouts sur le plan Courchesne.

Poirier en direct

À RDI, à l'émission Poirier en direct, Robert Cadotte n'y est pas allé avec le dos de la main morte quant à ses commentaires sur ce plan.

Pour lui, il est inutile de faire un portrait de la situation de la violence dans nos écoles puisqu'elle est déjà bien connue et documentée. C'est à la fois du temps et de l'argent dépensés inutilement.

Ensuite, il juge que le budget consacré à réduire la violence dans nos écoles est «ridicule». Il le compare avec celui que le CSDM a déjà mis de l'avant pour un projet semblable il y a quelques années et en vient à la conclusion qu'il faudrait au moins le double des sommes prévues.

Un autre point intéressant est que M. Cadotte estime qu'en général, les jeunes de 12 à 17 sont plus violents qu'il y a une vingtaine d'années si l'on se base sur des statistiques reliées à la criminalité chez les jeunes. Il admet toutefois que ce comportement ne se traduit pas automatiquement dans les salles de cours.

Enfin, M. Cadotte est d'avis que la violence à l'école est plus marquée dans les pré-maternelles et les écoles primaires. Il regrette que des programmes comme Vers le Pacifique ne soient pas plus présents dans les institutions scolaires et que les jeunes soient davantage amenés à adopter les comportements violents de certaines idoles médiatisées, par exemple.

Quelques réflexions...

Dans tout ce débat noyé par la victoire du Canadien et les célébrations qui s'en sont suivies (violence à l'école, hein...), diverses réflexions m'animent.

Tout d'abord, on travaille actuellement peu à la prévention de la violence dans les écoles. Il y a souvent peu d'activités afin de favoriser l'émergence de modèles autres que la violence pour régler des conflits entre les jeunes, par exemple.

L'application des codes de vie est aussi parfois très discutable. Quand j'écoute des collègues autour de moi, on sent qu'ils trouvent qu'on applique une discipline assez laxiste dans nos écoles. Il ne s'agit pas tant de tout mener comme si on était à l'armée que de faire preuve de cohérence avec les règlements qu'on s'est donnés, par exemple.

À cet égard, il conviendrait de favoriser davantage la concertation entre les enseignants, mais ce type d'intervention est parfois mal vu par certaines directions. Un exemple parmi tant d'autres: lorsque les enseignants de mon secteur se réunissaient, il nous était interdit par un adjoint de parler de cas spécifiques d'élèves de crainte de «stigmatiser» ces derniers. En échangeant en grand groupe de la sorte, on risquait en effet d'«étiqueter» un jeune et de lui nuire. Résultat: ce manque de concertation a permis à des élèves de se faufiler adroitement entre les grosses mailles du système et d'écoeurer le peuple pendant quatre années. Dans certains cas, ces comportements agressifs ou déplacés nuisaient à d'autres élèves, mais étaient aussi le signe d'une détresse psychologique. Bref, en ne voulant pas encadrer certains jeunes, on a nui à tout le monde, victimes comme agresseurs.

Les écoles ratent aussi parfois le bateau en matière de sécurité. Chez nous, il manque définitivement de surveillants dans l'école et ceux-ci ne sont pas toujours respectés par les élèves parce qu'ils ne sont pas assez soutenus dans leurs interventions.

Il est également parfois difficile d'identifier qui commet des mauvais coups parce que le système de caméras de surveillance dont nous disposons est désuet et incomplet. Certains élèves agissent donc en toute impunité. Loin de moi de souhaiter une ère de Big Brother, mais un jeune qui se surveille est un jeune plus prudent... On déplace le comportement violent à l'extérieur, me direz-vous, mais, au moins, l'école devient une aire protégée.

Enfin, et là je vous invite à penser à cet événement survenu aujourd'hui, nos écoles ne sont pas protégées contre la violence extérieure. Bien qu'il y ait eu les drames de l'École polytechnique, du Collège Dawson, de Virginia Tech, il est toujours aussi facile de pénétrer à l'intérieur de certaines institutions scolaires avec des intentions malveillantes. Chez nous, aucun obstacle n'empêche un parent furieux ou un fou avec une arme d'entrer par la dizaine de portes non sécurisées de mon école. Il n'y a rien de facile, croyez-moi! On n'a tiré strictement aucune leçon des événements passés.

Réponse à Sylvain

En réaction à mon dernier billet, Sylvain me demande:

Ma question est donc la suivante : que faire alors ? Le décentralisé tablette et le centralisé fait empocher les étages supérieurs. Dan un cas comme dans l'autre, il ne se passe véritablement rien à la base pour solutionner le problème. Que pouvons-nous alors faire ?

Je crois honnêtement que les enseignants auraient intérêt à se concerter davantage dans une école. Chez nous, c'est après des réunions informelles auxquelles la direction n'était pas invitée que nous avons dressé une liste d'élèves problématiques. Après quelques semaines, nous avons soumis à nos patrons un dossier suffisamment étayé pour leur demander de prendre des moyens pour amener ces jeunes à corriger leur comportement. Remarquez aussi qu'il a fallu deux profs en burn out pour que certains allument... Il faut toujours des victimes, semble-t-il.

Là ou je suis découragé cependant, c'est du peu d'écoute de nos gestionnaires. Un exemple: depuis quatre ans, nous soulignons le manque de sécurité dans notre école. Un vrai moulin!

La question a été abordée en Conseil d'établissement, en Comité de participation des enseignants, rien n'a été corrigé. La commission scolaire est actuellement en train de changer les fenêtres de nos classes (en pleine année scolaire), mais elle n'a pas d'argent, semble-t-il, pour installer des portes sécurisées. Les économies d'énergie sont plus importantes.

21 avril 2008

La ministre Courchesne et la violence

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, dévoilait aujourd'hui sa politique sur la violence à l'école (ici, et ici). Dotée d'un budget de 16,9 millions sur trois ans, celle-ci ratisse large: gangs de rue, taxage, violence amoureuse entre jeunes, homophobie, cyberintimidation, violence dans le transport écolier et violence verbale.

Le plan Courchesne s'oriente selon quatre axe précis: la prévention et le traitement de la violence; la concertation et la formation; la recherche et la documentation; le suivi et l'évaluation du plan. Ces axes semblent logiques, cohérents et bien définis.

De façon plus précise, un premier aspect de cette politique vise à établir un portrait juste de la situation de la violence dans les écoles québécoises d'ici l'automne 2008. Celui-ci est attendu depuis 2005 alors que le vérificateur général du Québec avait alors suggéré au gouvernement de l’époque de brosser un portrait de la situation de la violence dans les écoles du Québec, de poser des actions concrètes afin de l'éliminer de ces lieux et d'évaluer l'efficacité de celles-ci.

Un autre aspect intéressant de cette politique est que chaque école devra se doter d'un plan pour combattre la violence. Le risque réside cependant dans le fait que cet exercice ne dépasse pas le stade du document photocopié. C’est souvent le danger qui guette les actions décentralisées.

Enfin, un comité de concertation interministériel sera formé afin de veiller à la cohérence et à l'efficacité des actions qui seront posées. Il sera formé de représentants du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, du ministère de la Santé et des Services sociaux, du ministère de la Justice, du ministère de la Sécurité publique, du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles, et du ministère de la Famille et des Aînés. Que cette action concertée me semble primordiale puisque la problématique de la violence à l'école ne relève pas uniquement du MELS et interpelle bien d'autres ministères.

Ce que l'on remarque également, c'est que le budget prévu de 16,9 millions sera réparti ainsi:

  • 7 millions seront accordés aux commissions scolaires pour l'ajout de personnes ressources et les interventions à l'école.
  • 5,2 millions $ serviront à créer un service pour accompagner les élèves qui ont été suspendus ou expulsés de l'école, afin qu'ils ne se retrouvent pas à la rue à ne rien faire.
  • 4,1 millions $ iront à la formation du personnel. À ce propos, la question de la violence à l'école devra dorénavant être incluse dans la formation initiale du personnel à l'université.

On ne peut qu'approuver tout projet qui vise à rendre nos écoles plus sécuritaires, permettant ainsi qu'elles soient un meilleur lieu d'apprentissage.

Ma principale crainte est cependant que tout cet argent se perde dans les dédales administratifs des écoles et des commissions scolaires. Nos écoles ont besoin de système de sécurité, de caméras, de surveillants sur le plancher. Or, nos gestionnaires scolaires ont cette fantastique aptitude à réussir à ne pas améliorer certaines situations au quotidien.

Un autre élément est qu’on ne semble pas assez mettre de l’avant des alternatives aux comportements violents, des mesures pour que les élèves puissent déverser leur trop-plein d’énergie dans des activités saines au lieu d’être laissés à eux-mêmes.

Puisqu’on parle de violence à l'école, diverses questions me viennent en tête.

Y a-t-il plus de violence à l'école?

À ma connaissance, aucune étude sérieuse ne s'est penchée sur cette question. Il sera donc intéressant d'analyser les résultats du portrait que le MELS compte terminer en à ce sujet.

Pour Richard E. Tremblay, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le développement de l'enfant, la réponse à cette question est non: «Cela fait depuis la fin des années 1970 que j'étudie ce problème et, à l'époque, les enseignants disaient la même chose! Ce n'est pas vrai qu'il y a plus de problèmes. Dans l'ensemble, au Québec, il y a moins de violence qu'il y a 20 ans.»

Cependant, pour Égide Royer, codirecteur de l'Observatoire canadien pour la prévention de la violence à l'école, ce phénomène gagne en importance, notamment auprès des enfants de la maternelle: «Il y a des jeunes qui portent des vêtements griffés et qui mènent le diable en maternelle. On est à côté de la plaque si on dit que ça survient uniquement en milieu défavorisé.» Pour plusieurs experts, ces comportements seraient attribuables à un manque de discipline et d'encadrement parental.

Ce que l'on remarque également, c'est que le nombre de plaintes effectués par les enseignants montréalais a doublé depuis un an, passant de 127 en 2005-2006 à 245 en 2006-2007. Faut-il alors en déduire comme le fait le journal La Presse que «La violence augmente à un rythme vertigineux» et que «La terreur gagne même la maternelle» ? Je ne sais pas.

Une bonne partie de cette augmentation est davantage attribuable, selon moi, au fait que les comportements violents sont moins tolérés par les professeurs et c'est tant mieux parce que la meilleure façon de mettre fin à la violence, c'est tout d'abord de la dénoncer.

Il est d’ailleurs ironique qu’un des moyens de pressions adoptés lors des négociations entourant la dernière convention collective ait été de ne plus tolérer la violence au travail. Pourquoi en avoir fait un moyen de pression, une action ponctuelle en quelque sorte, alors que cela devrait aller de soi en tout temps?

Pour revenir à l’idée de dénoncer la violence, l'enseignant victime de celle-ci est un être humain et il aura souvent honte d'avouer à ses confrères ou à la direction ce qu'on lui aura fait subir. Il aura peur de passer pour un faible ou de montrer qu'il n'a pas l'étoffe des héros. Et parfois, il préfère naïvement acheter la paix.

Cela, c'est sans parler de toute la lourdeur de paperasse administrative qui accompagne une démarche visant à sanctionner un élève. Parfois, c'est à se demander si l'enseignant n'est pas coupable de ce qui lui arrive jusqu'à preuve du contraire. De même pour l’adjoint qui attendra toujours d’avoir le meilleur dossier au monde avant d'intervenir, de crainte d'un éventuel recours de la part des parents concernés.

Enfin, puisqu'on parle de ces derniers, il y a aussi une situation qui est, quant à moi, assez récente: celle des parents harceleurs ou violents qui veulent régler les problèmes de leur enfant avec le professeur. Juste à mon école, deux événements violents du genre ont été portés à ma connaissance en trois ans. Et je ne tiens pas compte de toutes les joutes verbales agressantes et de l’intimidation verbale. C’en est même rendu que certains collègues ne téléphonent aux parents qu’en présence d’un témoin!

Bref, l'un dans l'autre, il est bien difficile pour l'instant de déterminer si la situation s'est dégradée. Il faut alors se baser sur des témoignages et des commentaires bien personnels.

Un surveillant d'école, qui oeuvre en milieu scolaire depuis 24 ans, m'a indiqué qu'il estimait que le niveau de violence est plus bas aujourd'hui qu'autrefois. De même pour quelques vieux enseignants et amis qui m'ont confié leurs souvenirs de jeunesse et de carrière.

Si je repense à mon vécu scolaire, je me souviens que je n'étais pas un ange et je ne peux compter combien de fois je me suis battu au primaire et au secondaire. J'étais le plus grand: un petit nerveux m'essayait presque chaque semaine. J'étudiais dans une école de garçons et il s'agissait d'un milieu aisé mais parfois dur. Malheur à celui qui avait l'air d'un fif. Et je ne parle pas de des Anglais de l'école voisine avec qui on se pognait à l'arrêt d'autobus.

Je me souviens également de ces profs que nous avons épuisés professionnellement par notre attitude en classe. La discipline était pourtant sévère, mais il faut croire que nous avions besoin d'être cons et de dépasser les limites.

La perception idéalisé qu'on peut avoir du passé vient peut-être faussé le regard que nous jetons sur l'école d'aujourd'hui.

Cependant, il faut reconnaitre que la violence est maintenant plus médiatisée qu'autrefois. Il y a des bagarres dans les écoles qui font les premières pages des journaux. Le phénomène You Tube vient fort possiblement amplifier cette perception

Il y a aussi le fait que cette violence origine parfois de groupes criminalisés comme les gangs de rue. Avec les Blood et les Crisp, on est loin des menaces du genre: «On va t'attendre au rack à bécycles à trois heures.»

Ce qui a peut-être le plus changé, c'est davantage le manque de respect à l'égard des enseignants et d'une certaine autorité. Les interventions disciplinaires sont parfois plus difficiles à effectuer. Certains élèves contestent davantage lors d'une intervention ou sont carrément impolis. Au quotidien, c'est ce manque de savoir-vivre qui devient quasiment agressant.

Et, au fond, est-ce si important de savoir si la violence a augmenté dans les écoles? S'il y en a, c'est déjà le signe qu'il faut agir.

Le personnel est-il formé pour faire face à des incidents violents?

La réponse à cette question est non. Au niveau universitaire, les étudiants ne reçoivent actuellement aucune formation à cet effet. Dans les écoles, je n’ai entendu parler qu’une fois d’une formation de ce genre et j’ai 14 années d’expérience dans le milieu scolaire.

Pas étonnant alors que bien des enseignants fuient les situations conflictuelles et ferment les yeux. Il y a aussi le fait qu’un enseignant qui interviendrait de façon inadéquate pourrait être sanctionné.

Les écoles ont-elles les ressources pour mieux prévenir et encadrer la violence?

Soyons honnête : les écoles ne se donnent pas les moyens de le faire. La salle de conférence de la direction de mon école montre ou sont certaines de ses priorités. On manque peut-être d’argent, mais on effectue des choix douteux aussi.

Comme je l’ai indiqué, le risque est que l’argent neuf que le MELS prévoit verser ne se rende pas sur le plancher, dans les classes.

C’est donc un dossier à suivre, comme dirait l’autre.

20 avril 2008

Franchement, comme hypocrisie... (ajout)

Dans le Journal de Montréal d'aujourd'hui, on apprend que le CRTC a blâmé la chaîne spécialisée ARTV d'avoir diffusé en heure de grande écoute le film Mourir à tue-tête. Ce dernier comporte, de par la nature même de son propos, des scènes de violence sexuelle explicite puisqu'il montre le destin tragique d'une femme victime d'une agression sexuelle particulièrement sordide.

ARTV a plaidé qu'elle était une chaîne qui s'adressait à des adultes et que des mises en garde accompagnaient la diffusion de cette oeuvre. Rien n'y fit: selon le CRTC, ARTV a manqué à ses obligations en ne diffusant pas cette émission comportant des scènes de violence entre 21 h et 6 h : «Le Conseil est d'avis qu'ARTV aurait dû être plus attentive au fait qu'en diffusant Mourir à tue-tête avant 21 h, elle risquait d'exposer des enfants à une programmation délibérément dérangeante»

Non, mais quelle hypocrisie! Des émissions violentes sont diffusées à toute heure du jour et de la nuit au Canada. Et je ne parle pas de Playboy Channel et compagnie!

Non, le vrai problème avec Mourir à tue-tête est justement qu'il s'agit d'un docudrame dérangeant. De la porno soft, des viols scénarisés et banalisés, de l'hémoglobine coulant à flots, pas de problème! Mais sitôt qu'on diffuse un film qui aborde une dynamique sociale et psychologique de façon crue, directe et sans artifices, voilà qu'on monte aux barricades en ignorant toutes les autres émissions dont les effets sont encore bien plus insidieux et dévastateurs.

D'ailleurs, ce n'est pas la première fois que Mourir à tue-tête soulève la controverse à cause du traitement du sujet qu'on y aborde. C'est sans doute le signe qu'il s'agit d'une oeuvre marquante.

Quant au fait que cette production aurait dû être diffusée après 21 h, on vit dans la pensée magique de croire que nos jeunes sont couchés à cette heure.

J'espère que le citoyen qui s'est plaint au CRTC le fera aussi pour toutes les autres émissions dérangeantes qui sont diffusées sur les ondes. Mais permettez-moi d'en doutez: la porno soft, les viols scénarisés et banalisés, l'hémoglobine coulant à flots, c'est devenu banal.
PS: une question m'empêche de dormir: ajoint jaunâtre a-t-il déjà travaillé au CRTC?

18 avril 2008

L'heure juste

Avez-vous l'heure? Celle-ci varie bien évidemment selon le fuseau horaire ou vous vous situez. Elle peut aussi dépendre de celui qui vous la donne: est-il un individu précis ou nage-t-il dans l'imprécision? Et puis, il y a aussi l'heure politique, celle qu'on impose, celle du changement ou celle du grand bond en avant.

Cette entrée en matière pour vous indiquer qu'un regroupement de différents intervenants en éducation (voir la liste à la fin de ce billet) vient de lancer un bulletin d'information pour les parents et que ce dernier s'intitule, vous l'avez deviné, L'heure juste.

Sa mission: «mettre en valeur les bons coups de l’école d’aujourd’hui.» L'équivalent de la bonne nouvelle GM en quelque sorte... à la différence près que GM n'essayait pas de nous fourguer ses citrons pendant celle-ci.

Je vous cite quelques extraits pour vous dérider quelque peu:
  • Le nouveau programme en vigueur est exigeant pour les élèves. Les contenus ont été améliorés afin de donner aux élèves une formation enrichie et de les aider à devenir des citoyens actifs, avertis et responsables.
  • La rigueur et le sens de l’effort seront toujours valorisés à l’école et nous sommes convaincus que c’est là le meilleur chemin pour atteindre la réussite.
  • Le fait que l’école québécoise évolue au rythme du 21e siècle n’empêche en rien de poursuivre l’enseignement traditionnel. Les dictées et l’apprentissage des tables de multiplication, par exemple, sont toujours présents à l’école. La différence, c’est que maintenant les élèves ont en plus la possibilité d’utiliser leurs connaissances dans une grande variété de situations.
  • Un élève qui sait n’est peut-être pas compétent, mais un élève compétent est toujours un élève « qui sait ».
Vous ai-je indiqué que les seuls intervenants qu'on ne retrouve pas à l'origine de la publication de ce bulletin de désinformation sont le MELS lui-même et les enseignants.

Pourquoi ai-je la douceureuse impression qu'on gaspille notre fric à essayer de nous manipuler?

Les membres du regroupement responsable de la publication de L'heure juste sont:
Association des cadres scolaires du Québec (ACSQ)
Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ)
Association des directeurs généraux des commissions scolaires (ADIGECS)
Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES)
Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ)
Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ)
Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE)

16 avril 2008

Se mentir à soi-même et aux autres

Les administrateurs du site Atheex.com ont écrit à propos de mon billet précédent. Je recopie ici leur message. Comme il est accessible sur Internet, je ne crois pas enfreindre quelque règle de bienséance que ce soit envers ces joyeux étudiants qui viendraient du collège Durocher de Longueuil.

Le prof masqué nous fait part de son opinion

Le prof masqué qui tient un blog ou il émet ses opinions sur l'éducation, entre autres. Suite à la sortie de l'article dans le Journal de Montréal il a, comme on pouvait s'y attendre, donné critique à ce dernier.

Je tiens à souligner que nous apprécions tout commentaire par rapport au contenu de notre site. Qu'il soit positif ou négatif. Je crois seulement que plusieurs personnes ne comprennent pas l'essence du site qui est de créer une banque de donnée accessible aux élèves afin de leur donner tous les outils pour leur réussite.

Nous ne demandons pas de tricher ou de plagier, le site et ses fichiers sont là pour donner des exemples, des exercices et non des travaux fait et prêts à être remis au professeur. D'ailleurs, les professeurs sont aussi invités à visiter le site afin de contrer le plagiat avec les fichiers du forum. Les trucs pour tricher ne sont qu'une infime partie de ce forum, les enseignant peuvent aussi s'en servir afin de détecter les tricheurs.

Prière de nous faire part de votre opinion en vous efforçant d'être constructifs et non-haineux.

p.s. Nos parents nous ont très bien élevé, nous sommes par contre un peu trop vieux pour être punis. (Prof Masqué)

Tout d'abord, mettons une chose au clair: je n'ai pas écrit à ces jeunes. J'ai publié un billet sur mon blogue, billet ou je traitais en partie de leur site. Le titre de leur billet est donc, à tout le moins, inexact. Mais quelle importance!

Quoi qu'il en soit, rempli de bonne volonté, je suis donc aller survoler leur site. Et si le Journal de Montréal s'était trompé...?

Voici quelques-uns des éléments que j'y ai trouvés et qui montrent hors de tout doute que «l'essence de ce site (...) est de créer une banque de donnée accessible aux élèves afin de leur donner tous les outils pour leur réussite.»

Ici, les auteurs du site montrent comment éviter des retenues en forgeant de faux documents ou en imitant la signature de certains profs.

Ici encore, les auteurs du site montrent comment sécher un cours en forgeant de faux documents.

Même procédé. C'est lassant.

Enfin un peu de variété! On montre ici comment tricher avec la traditionnelle efface mais, technologie oblige, avec un cellulaire, un lecteur I-Pod, une calculatrice. Cette phrase a elle seule est très révélatrice: «Il existe des milliers de trucs, mais je voulais vous en dire certains. Partager vos expériences ou d’autres trucs pour tricher (je vais les ajouter sur la page).»

Horreur! une telle chronique est impensable si on lit les nobles intentions des créateurs de ce site. Mais on retient leur conseil: «Ensuite, vérifier sur internet pour être sur que votre travail n’est pas retraçable.»

Allez constater par vous-même...

Je crois qu'il est inutile d'en rajouter. Je le répète: quant à moi, les parents de ces deux jeunes manquent une bonne occasion de les éduquer. Je n'ai pas écrit «punir».

On leur souhaite donc beaucoup de bonheur!

15 avril 2008

Trichons sans problème à l'école (ajout)

Hier et aujourd'hui, le Journal de Montréal a publié quelques textes sur le phénomène du plagiat à l'école, dont un sur lequel je reviendrai à la fin de ce billet.

Il ne faut pas se leurrer: les jeunes trichent amplement en classe. Et il ne faut pas croire que les nouvelles façons d'évaluer les jeunes propres à la réforme les empêcheront de continuer cette pratique qui remonte au moins à Charlemagne! Aujourd'hui, le plagiat est simplement plus facile qu'autrefois. Une bonne recherche sur Internet, un copier-coller et le tour est joué.

On peut toujours vouloir contrer ce phénomène en utilisant des logiciels de recherche afin de dépister les éventuels fraudeurs, mais il n'en demeure pas moins que le plagiat est d'abord et avant tout une question morale et d'éthique.

Pour ma part, j'incite mes élèves à utiliser Internet, à y chercher des informations qu'ils pourront utiliser dans leurs travaux, dans la lecture de leurs romans. Je ne leur demande que deux choses: d'indiquer leurs sources et de ne pas citer les propos de quelqu'un d'autre à moins de les placer entre guillemets.

Je leur recommande aussi de demeurer très critique quant aux informations qu'ils recueillent et je dois avouer que je n'ai pas besoin d'échanger très longtemps avec eux sur ce point: ils sont bien au courant des limites des sources qu'ils peuvent consulter. Même Wikipédia ne trouve pas nécessairement grâce à leur regard.

Un autre élément dont je discute avec mes élèves par rapport au plagiat, c'est bien sûr le respect de la propriété intellectuelle. Une idée, une phrase peut appartenir à quelqu'un. Ce concept est assez simple à comprendre pour eux quand on le met en relation avec le piratage de chansons ou de films, par exemple.

Plagier est une question morale et éthique, je l'ai dit. Là ou je décroche, c'est quand je lis ce texte du Journal de Montréal portant sur «le premier site québécois d'échange de notes de cours, de résultats d'examens et de trucs pour tricher pour les élèves du secondaire.»

Ce site regrouperait «quelque 300 documents pour toutes les années d'études, dont des notes de cours, des résultats d'examens et des laboratoires. Un blogue, un forum, des trucs pour tricher et même des modèles de billets de retard pour remettre aux professeurs sont également en ligne.»

Mis sur pied par deux élèves d'un collège privé de la Rive-Sud (l'éducation ne va pas toujours de pair avec l'argent), le site atheex.com a été consulté 30 000 fois par quelque 5 000 internautes au cours des derniers mois. Ce nombre devrait exploser sous peu avec la belle publicité gratuite, gracieuseté du JdeM. (D'ailleurs, le site a connu une hausse spectaculaire visite aujourd'hui si on se base sur tout le monde en blogue.)

Les deux parents de nos joyeux lurons sont au courant des activités de leurs enfants. «Du bout des lèvres, Paul et Jean avouent toutefois que leurs parents n'appuient pas leur démarche. «Ils ne sont pas nécessairement d'accord. Ils trouvent qu'il y a de bonnes choses dans le site, mais ils n'approuvent pas les trucs pour plagier.»

Plagier est une question morale et éthique. Je connais les parents de deux enfants qui manquent une bonne occasion de les éduquer. En cautionnant cette culture de la tricherie dans leur propre maison, j'espère qu'ils se plaindront pas le jour ou leurs charmants bambins leur mentiront à propos d'un accident de voiture, de la rougeur de leurs yeux, du vol d'un billet dans un portefeuille...

D'ailleurs, dans la même veine, je songe à ouvrir un site: «Mentez_a_vos_parents.com» Après tout, si je me base sur cet autre texte du Journal, «Mentir serait inévitable et même essentiel au développement des enfants.» Je ne voudrais quand même pas brimer notre jeunesse.