30 août 2012

Anglais intensif: le PQ et la CAQ en défaveur

Tant la CAQ que le PQ ont indiqué aujourd'hui que l'instauration obligatoire de l'anglais intensif en sixième année du primaire n'était pas une mesure qu'ils partageaient. Pour les deux formations politiques, il revient à chaque école de statuer en la matière. Bref, le 5 septembre au matin, les probabilités sont grandes que le prochain gouvernement, qui ne sera pas libéral, mette la hache dans cette idée.

Le Soleil rapportait également que le critique en éducation du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, n'était pas surpris d'apprendre que «des enseignants veulent déserter la sixième année.»

Pffff... ça fait des mois qu'on le mentionne ici, tsé.



28 août 2012

CAQ et éducation: des précisions

En entrevue, le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, a voulu préciser quelques éléments de la plateforme de cette formation politique.

1- Le salaire des enseignants «ne dépendra pas de l'évaluation.» VRAI 

2- «Les enseignants vont tous avoir un minimum d'augmentation de salaire de 10 %, mais ça va pouvoir aller jusqu'à 30 %, a-t-il expliqué. C'est clair que les salaires seront les mêmes pour les enseignants de la même école. Il y aura des salaires plus élevés dans les milieux défavorisés, il y aura des salaires plus élevés pour les mentors, qui aideront d'autres enseignants, mais ça, ce sera dans la convention collective.» EN PARTIE VRAI

Je rappelle qu'on est parti ici d'une augmentation de 20% pour en arriver à une augmentation de 20% en moyenne. La plateforme de la CAQ précise: «Chaque enseignant verra son salaire augmenter de façon significative, mais les augmentations varieront en fonction de certains paramètres, incluant le profil socioéconomique de l’école, le nombre d’années de scolarité de l’enseignant, son implication dans les activités parascolaires et s’il fait du mentorat auprès d’enseignants plus jeunes.»

Qu'arrivera-t-il avec un collègue d'une école favorisée oeuvrant dans un programme régional pour élèves en difficulté? Qu'arrivera-t-il avec un collègue avec une classe de doubleurs dans une école favorisée? 

Personnellement, je crois que cette idée attirera davantage les gens intéressés par l'argent dans les milieux défavorisés. À la fin de ma carrière, un petit 20% de plus, pourquoi pas? Et les enseignants oeuvrant dans des programmes performants, le PEI par exemple, auront-ils une augmentation de salaire pour toutes les activités parascolaires qu'ils organisent?

3- Le chef de la CAQ a aussi promis l'embauche de 2500 professionnels pour aider les élèves en difficulté. ON RÊVE?

Premièrement, il existe une pénurie de certains de ces professionnels en milieu scolaire. Deuxièmement, le salaire et les conditions de travail incitent ces derniers à se tourner vers la pratique privée.

27 août 2012

Les osties de...

Bon, ils ne sont pas tous comme ça, mais avouez que ça fait du bien de se défouler un peu.

Ce matin, au secrétariat général de mon école, une mère de banlieue avec son ado de fille chix, la casquette vissée sur la tête. J'indique à la jeune prépubère déjà exhibitionniste qu'elle doit se découvrir comme le demande le règlement de l'école.

«Ben, là, tsé, l'école est même pas commencée», me répond... la mère.

Après m'être tourné sept fois la langue dans la bouche, je n'ai pu m'empêcher de lui répondre: «Merci de votre soutien comme parent quant à la mission de notre école, madame. Il n'y a rien de mieux pour amener votre fille à respecter l'école que de contester un enseignant devant votre enfant.»

Et après avoir tourné la langue, j'ai tourné les talons.

26 août 2012

Bulletins et admission au cégep: quand le MELS s'en mêle

Lorsque le MELS a décidé que l'année scolaire serait découpée en trois bulletins distincts, on se doutait bien que ce choix poserait des difficultés pour les élèves de la cinquième secondaire quant au processus d'admission au cégep (ici et ici). En effet, la date d'émission du deuxième bulletin retenue par le ministère pouvait aller jusqu'au 15 mars, soit deux semaines après l'envoi des demandes des finissants du secondaire. Il en résultait alors que les jeunes n'étaient parfois évalués que pour une seule étape durant moins de 60 jours et souvent que pour un seul volet dans certaines matières (par exemple, en français, il pouvait s'agir d'un des trois volets suivants:  lecture, écriture ou oral). Dans d'autres matières, comptant un plus petit nombre de périodes à l'horaire, certains enseignants se demandaient ce que pouvait signifier une note alors qu'il n'avait vu leurs élèves qu'une douzaine de fois.

Certaines écoles, soucieuses que leurs élèves de cinquième secondaire soient évalués sur un plus grand nombre de jours (environ 50 de plus) et sur un plus grand nombre de volets, ont alors adapté leur calendrier scolaire pour que les notes du deuxième bulletin soient remises par les enseignants avant le 1er mars afin que les finissants puissent soumettre les notes de deux bulletins complets lors de leur demande d'admission au collégial.

Mais voilà: la manoeuvre ne semble manifestement pas plaire à quelqu'un puisqu'en juillet dernier, durant les vacances estivales, le MELS annonçait qu'il interdisait que les résultats du deuxième bulletin, émis par certaines écoles à la mi-février, soient transmis à tout organisme externe. Entre les branches, on me dit que même les organismes responsables de traiter les demandes d'admission au collégial auraient été surpris de cette décision. Donc, finie la possibilité pour nos jeunes de soumettre lors de leur admission au cégep un portrait plus juste et plus complet de leur valeur. Seules les notes du premier bulletin émis au plus tard le 20 novembre comptera.

Le choix de certaines écoles de permettre à leurs élèves de cinquième secondaire de soumettre les notes des deux premiers bulletins n'était pas anodin. II faut savoir que les notes recueillies durant cette première partie de la cinquième secondaire valent uniquement 20% de cette année d'étude mais autant que celles de toute la quatrième secondaire dans le processus d'admission au collégial. On se retrouve donc aujourd'hui dans une situation où les notes de 60  jours d'école de cinquième secondaire et 20% d'un bulletin vaudront autant que les notes complètes de 180 jours de la quatrième. On se retrouve aussi avec des enseignants qui devront enseigner pour évaluer et surtout évaluer à la hâte pour remettre des notes pourtant grandement déterminantes dans le choix de vie de certains jeunes.

Honnêtement, comme éducateur, toute cette situation est un gâchis pédagogique incroyable. On nie la valeur des efforts et des progrès que pourraient effectuer certains jeunes. De plus, pensons qu'une fois un jeune admis dans un programme collégial après seulement 60 jours d'école de cinquième secondaire, sa candidature ne sera plus remise en question même si, lors des 120 jours restants, ses résultats connaissent une baisse importante. Au moins, autrefois, avec deux bulletins, non seulement on donnait une chance aux élèves plus faibles ou connaissant des difficultés scolaires ou personnelles de se rattraper et de persévérer, mais on exigeait également un effort plus long et constant de la part des autres.

Quand on parle de décrochage scolaire et de moyens de le contrer, voilà une situation où il conviendrait d'agir. Avec cette nouvelle mesure, certains jeunes de cinquième secondaire qui échoueront au premier bulletin de novembre ne verront plus l'utilité de  travailler pour se rattraper au second de février, car celui-ci ne comptera plus dans l'admission du programme de leur choix. Ceux qui seront admis, eux, auront encore plus de temps pour se la couler douce. Ce sera encore à ces jeunes, à leur école et à leurs enseignants de compenser pour des décisions illogiques prises par des décideurs qui gagneraient à enseigner dans une classe quelques semaines.

Le plus ridicule dans toute cette situation est aussi que plusieurs écoles n'ont pas le choix de publier un deuxième bulletin en février si elles veulent mettre en branle l'opération des classements temporaires  des élèves pour l'année suivante, des choix de cours ainsi que du processus d'affectation des enseignants et de l'attribution de leurs tâches. Mais qu'on se le dise: il sera impossible d'utiliser les notes de ce deuxième bulletin pour les fins du premier tour d'admission au collégial, même si elles existent!

Il y a enfin une question d'iniquité qui demeure toujours en suspens. Actuellement, lors du premier bulletin, si un enseignant de français évalue ses élèves à l'oral, il les avantage comparativement à un autre qui le ferait pour l'écriture, l'oral étant habituellement plus facile à réussir. Alors que les écoles avaient trouvé le moyen de permettre l'évaluation de plusieurs volets sur deux bulletins, certains décideurs auraient voulu qu'on évalue au minimum tous les finissants en écriture dès la première étape, sans tenir compte du fait que ce volet demande beaucoup de temps et des énergies considérables en un si court laps de temps et qu'il désavantage certains élèves moins habiles à l'écrit. L'idée a heureusement été reléguée aux oubliettes, mais on craint qu'elle ne soit ramenée avec cette récente décision du MELS.

Quand, à la base, une décision est mal foutue, les solutions pour la corriger le sont souvent tout autant. Il est tout à fait regrettable qu'on empêche les écoles de remédier à ce problème avec une solution somme toute efficace et on peut se demander s'il ne vaudrait pas simplement mieux alors pour nos finissants de reporter la date d'envoi des demandes d'admission au cégep de deux semaines, par exemple.

22 août 2012

M. Legault oublie les filles

François Legault serait notamment préoccupé par le décrochage scolaire chez les garçons avant la 5e secondaire. Trois garçons sur dix décrochent au Québec. Il fait quoi avec les deux filles sur dix qui décrochent elles aussi?


Maudite vision parcellaire du décrochage.

Plateforme électorale du PLQ

Après avoir analysé la plateforme électorale de la CAQ (ici et ici) et celle du PQ (ici) en matière d'éducation préscolaire, primaire et secondaire, allons jeter un coup d'oeil sur celle du Parti libéral du Québec. Coup d'oeil parce que les engagements sont plutôt minces.

Après nous avoir rappelé son bilan en matière d'éducation, le PLQ y va des engagements suivants:
  • les parents d’élèves qui fréquentent une école primaire publique pourront compter, dès la rentrée de 2013, sur une aide financière de 100 $ par enfant, non imposable, pour l’achat d’articles scolaires. J'ai déjà commenté cet engagement ici en notant, ente autres, que cette mesure n'aurait pas dû être universelle mais s'adresser seulement aux familles moins bien nanties et être élargie aux élèves du secondaire.
  • bonification du programme d'aide aux devoirs, notamment en doublant son financement actuel. Correct. Mais a-t-on déjà mesuré l'efficacité d'une telle mesure concrètement?
  • ajout d'un cours Sensibilisation à l’entrepreneuriat qui sera donné à tous les élèves de 4e et 5e secondaire. Comme dans le cas de la promesse de la CAQ d'ajouter un cours portant sur l'économie, les finances personnelles et l'entrepreneurship en quatrième secondaire, la question demeure: quel autre cours écopera dans la grille-matières?
  • ajout de 10 heures d'engagement communautaire bénévole à la réussite du cours Monde contemporain de la cinquième secondaire. J'imagine que les penseurs libéraux n'ont aucune idée de la charge de travail que représente de superviser comme enseignant ce genre de bénévolat si l'on veut qu'il soit fait de manière sérieuse.
Bref, cinq engagements moyens.

21 août 2012

La non-vérité de François Legault

En débat, ce soir, M. Legault a affirmé vouloir augmenter le salaire des enseignants de 10 à 30% le salaire des enseignants. Je rappelle ceci: voici les chiffres de cette formation politique concernant cette augmentation.

2013-2014 : 0            
2014-2015:  0             
2015-2016:  120 M$ 
2016-2017:  290 M$  
2017-2018:  410 M$

En 2018, il y aura donc une augmentation cumulative de 820 M$ par rapport à aujourd'hui. Si l'on regarde ces chiffres, on est en deça du milliard de dollars prévu annuellement selon cet article:

Selon les informations qui ont circulé dans les médias hier, les membres de la Coalition pour l'avenir du Québec, dirigée par François Legault, proposeront d'augmenter de 20 % à 30 % la rémunération des enseignants, une mesure qui serait financée en haussant les tarifs d'hydroélectricité. Or, cette augmentation pourrait représenter des dépenses supplémentaires allant jusqu'à 1 milliard $, puisque la masse salariale des enseignants est d'environ 5 milliards $, en tenant compte des avantages sociaux

Si on sait qu'il y a environ 100 000 enseignants au Québec (primaire, secondaire secteur jeunes adultes et formation professionnelle), on en arrive aux augmentations de salaire annuelles suivantes:

2013-2014 : augmentation annuelle moyenne:  0,00$
2014-2015:  augmentation annuelle moyenne:  0,00$
2015-2016:  augmentation annuelle moyenne:  1 200,00$
2016-2017:  augmentation annuelle  moyenne: 2 900,00$
2017-2018:  augmentation annuelle moyenne:  4 100,00$

Si on se base sur le salaire moyen d'un enseignant québécois en 2007-2008 (soit 58 430$), une augmentation de 20% aurait dû se traduire par 11 686$ de plus. Ici, la CAQ propose d'augmenter le salaire moyen des enseignants de 14% (soit 8 200,00$) à la cinquième année de sa prise du pouvoir. Cet écart devrait être plus grand si j'avais eu sous la main des chiffres plus récents.

20 août 2012

Éducation: chronique exaspérante d'un exaspéré

Dans le JdeM, on laisse la parole à Égide Royer qui se questionne sur la place des engagements électoraux des différents partis pour ce qui est d'augmenter le taux de diplomation. Selon lui, la campagne passe complètement à côté des véritables enjeux. Mais n'est-ce pas là le but de certains politiciens: éviter les véritables enjeux? Il vaut la peine malgré de lire les réponses des candidats aux questions de M. Royer pour constater les lacunes de certaines plateformes électorales.

Regardons chacune de ces réponses.

1 - Que prévoit votre parti pour prévenir les troubles de lecture et de comportement chez les enfants de 3 à 5 ans, pour faire du dépistage et les accompagner jusqu’à la maternelle ?

CAQ › Des ressources supplémentaires seront octroyées pour permettre de dépister les problèmes avant la scolarisation.
PQ › Pour que le dépistage commence tôt, nous proposons la prématernelle aux plus de 4 ans à temps plein pour les parents qui le souhaitent.
PLQ › Nous proposons un projet expérimental pour former des groupes scolaires en milieu défavorisé chez les 4 ans et plus.
CAQ: position vague.  Combien? Comment?
PQ: Rien ne garantit que du dépistage sera effectué durant cette période et que des services suivront. Mais, au moins, certains cas problèmes pourraient être identifiés.
PLQ: un projet-pilote alors que cette réalité est assez bien documentée?
Avantage PQ, mais avec des réserves.

2 - Que prévoit votre parti pour accorder un suivi systématique des lecteurs débutants et une intervention continue auprès de ceux qui éprouvent des difficultés en lecture ?

CAQ › Notre parti croit à l’autonomie des établissements et plus particulièrement au jugement professionnel des enseignants pour accorder ce suivi systématique.
PQ › Nous proposons l’embauche de 600 professionnels supplémentaires pour accompagner les élèves dans la réussite scolaire.
PLQ › On le fait déjà ! La lecture, c’est la clé. Nous avons un plan d’action dont je n’ai pas les détails.
CAQ: on refile la patate aux autres. L'autonomie des établissements a le dos large. Comme si les membres d'un CE étaient des spécialistes en éducation. Le jugement professionnel des enseignants? La CAQ entend réduire leur présence sur les CE, donc on comprend qu'il s'agit d'une phrase creuse. L'avis d'un enseignant ne vaut rien sans une direction ouverte et des ressources adéquates. Et on manque de professionnels pour assurer un suivi systématique.

PQ: 600 professionnels pour 2 800 écoles? Et il faudra les trouver, ces professionnels comme on peut le lire dans ce billet.
PLQ: réponse malheureuse. Ne jamais parler d'un plan qu'on ne connait pas.  Ça mine sa crédibilité.
Zéro à tout le monde.

3 - Que prévoit votre parti pour augmenter les exigences académiques pour être admis au baccalauréat en éducation et créer un ordre professionnel des enseignants ? 
CAQ › La CAQ veut mettre en place un ordre professionnel qui s’assurera d’encadrer les exigences de cette profession.
PQ › Nous ne croyons pas qu’un ordre professionnel soit utile; nous croyons à un système de mentorat entre anciens et jeunes enseignants.
PLQ › Plus de formation c’est bon. La voie choisie est la formation continue. Un ordre professionnel est quelque chose dont nous devrons discuter avec les enseignants, mais nous ne rejetons pas l’idée.
Question annulée. Question abordant deux volets distincts. Très mauvais méthodologiquement. Ici, la question de M. Royer est biaisée puisque celui-ci croit aux vertus d'un ordre professionnel. Implicitement, il favorise donc les positions de la CAQ. De plus, M. Royer est quelque peu dans le champ. Il est difficile d'augmenter les exigences académiques pour être admis en éducation quand les programmes qui y sont reliés ne remplissent pas leur contingent et qu'on est en pénurie d'enseignants.  Notons que la CAQ aurait pu indiquer qu'elle compte attirer des candidats de meilleure qualité en augmentant le salaire des enseignants. Une occasion manquée de ploguer son propre programme.

4 - Que prévoit votre parti pour porter une attention particulière à l’échec scolaire des garçons en intervenant très tôt et pour valoriser la contribu­tion des hommes en éducation ?

CAQ › Donner plus d’autonomie à une école lui permettra de faire les choix de ressources et de projets répondant mieux aux goûts des garçons; on donne aussi davantage de pouvoir et d’intérêt à la profession d’enseignant.
PQ › Un crédit d’impôt pour une activité sportive est un facteur qui peut soutenir la réussite scolaire. Et l’embauche de 600 professionnels supplémentaires peut y contribuer.
PLQ › Bien sûr la lecture est un élément important. C’est dans notre stratégie globale de 2009. Nous croyons qu’il faut valoriser globalement la profession des enseignants, autant hommes que femmes.
Question annulée. Question abordant deux volets distincts. Très mauvais méthodologiquement. Ici, le propos implicite de M. Royer soulève des questionnements. Tout d'abord, il accorde une importance plus grande au décrochage des garçons qu'à celui des filles alors que l'un devrait être aussi préoccupant que l'autre. Que deux filles sur dix décrochent devrait interpeler autant un chercheur universitaire que le fait que trois garçons sur dix décrochent. Ensuite, cette question réduit la problématique du décrochage aux garçons et montre, quant à moi, que M. Royer, que je respecte, a une mauvaise perception de ce problème et des solutions pouvant le régler. Ensuite, rien n'indique qu'une plus grande contribution des hommes en éducation ait un impact sur le décrochage des garçons. Il existe des pays où on retrouve autant, sinon plus, de femmes en éducation et les garçons réussissent tout aussi bien que les filles, sinon mieux. Si le sexe de ceux qui enseignent à nos enfants avait une influence sur leur réussite, il faudrait encore plus se questionner sur la réussite «toute relative» des filles avec une présence si massive des femmes en enseignement. Suivant la logique de M. Royer, aucune fille ne devrait décrocher avec toutes les femmes qu'on retrouve dans nos écoles!
CAQ: théoriquement, donner plus d'autonomie aux écoles ne garantit pas automatiquement une baisse du décrochage. Si l'on comprend mal ce phénomène, les CE risquent de se contenter de recettes magiques. Par contre, certains projets peuvent avoir des effets bénéfiques par leur caractère mobilisateur et non pas par leur caractère intrinsèque.
PQ: équation sexiste (sport égale garçon) et ne correspondant pas toujours à la réalité.  Encore les 600 professionnels fantômes...
PLQ: propos vagues et creux. Comment comptez-vous valoriser davantage la profession d'enseignant?

5 - Que prévoit votre parti en vue d’une intervention intensive, dès la première secondaire, auprès des jeunes qui arrivent avec des retards d’apprentissage et des problèmes de comportement ?

CAQ › Par des ressources professionnelles accrues telles que l’orthopédagogie, l’orthophonie, la psychologie, l’ergothérapie et le soutien par les techniciens en éducation spécialisée.
PQ › Encore une fois, l’embauche de 600 professionnels supplémentaires peut contribuer à soutenir un personnel essoufflé.
PLQ › Cibler ceux à risques qui arrivent et faire un suivi est tout à fait correct. Ça se fait déjà beaucoup dans les écoles et nous avons les moyens de le faire.
CAQ:  pensée magique. On manque de certains professionnels et il n'est pas intéressant pour eux de travailler dans les écoles québécoises.
PQ: même constat. Encore les 600 professionnels fantômes...
PLQ: manifestement, ce candidat vit dans une autre réalité quand il déclare: «Ça se fait déjà beaucoup dans les écoles et nous avons les moyens de le faire
Zéro à tout le monde.

6 - Que prévoit votre parti pour utiliser la période estivale pour combler les retards scolaires, plutôt que le redoublement ou la promotion automatique ?

CAQ › Ce choix doit appartenir à l’équipe-école qui déterminera les meilleures façons de faire pour répondre aux besoins des élèves et des parents.
PQ › Nous n’avons pas d’opinion arrêtée là-dessus; nous visons la réussite.
PLQ › Nous ne favorisons pas le redoublement, mais c’est le choix des parents et de l’école. Utiliser l’été n’est pas mauvais en soi; il faudrait voir comment aménager tout ça.
La question de M. Royer traduit une certaine incompréhension de la réforme ou de la réalité scolaire. De même pour les réponses de tous les candidats. Il est incompatible d'utiliser la période estivale pour combler des retards académiques si on entend respecter les préceptes du Renouveau pédagogique. Les cours d'été, reconnaissons-le sont des mises à niveau ressemblant parfois à du bourrage de crâne.
CAQ: on refile encore la patate aux autres. Il y aura autant d'écoles que de solutions. Vaut mieux inscrire son enfant à la bonne alors! Tiens, en passant, les cours d'été, ce sont encore les centres régionaux de services qui vont devoir s'occuper de cela. L'autonomie de l'école a donc ses limites.
PQ: Zzzzzzzzzzzzzzzzzz...
PLQ: Je ne l'écoute plus.
Zéro à tout le monde.

7 - Que prévoit votre parti pour rendre la fréquentation scolaire obligatoire jusqu’à 18 ans, comme c’est le cas en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Allemagne et dans 21 États américains, tel que souhaité par le président Obama.

CAQ Non ce n’est pas prévu. Il ne s’agit pas d’obliger les élèves à rester à l’école jusqu’à 18 ans, mais plutôt de les intéresser à y demeurer en améliorant les parcours scolaires.
PQ Nous sommes prêts à l’examiner; nous voulons consulter, voir la faisabilité et les coûts engendrés.
PLQ › Ce n’est pas dans nos projets. Notre politique est de mettre tous les incitatifs en place pour maintenir les jeunes à l’école.
Question annulée. M. Royer parle d'une mesure trop précise et il sait pertinemment qu'elle ne fait pas partie des plateformes électorales des trois formations. Par contre, il s'agit d'une idée que je partage entièrement.
CAQ: réponse de politicienne. Une occasion manquée encore de ploguer sa plateforme en parlant des activités parascolaires dans le cadre de l'engagement concernant les cinq heures de plus par semaine à l'école secondaire.
PQ: cette idée est soulevée depuis au moins deux ans. Cette réponse est une preuve que le PQ ne suit pas l'actualité à ce sujet ou manque d'initiative.
PLQ: J'entends une voix...

8 - Que prévoit votre parti pour permettre à tous les jeunes du secondaire, handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, de fréquenter les écoles privées ou à vocation particulière ?

CAQ › La CAQ veut rendre le réseau public plus performant. En y ajoutant plus de services, nous favorisons nécessairement la réussite d’un plus grand nombre.
PQ › Nous voulons modifier le financement des écoles privées pour intégrer et soutenir les élèves en difficulté. Nous allons forcer leur intégration dans ces écoles.
 PLQ › Nous avons déjà demandé aux écoles privées d’intégrer les enfants en difficulté. Notre message est passé; on m’informe qu’un colloque sera organisé là-dessus. 
CAQ: a-t-on bien compris toute la question ici? On parle entre autres des écoles privées. «Plus de services», c'est encore vague.
PQ:  a-t-on bien compris toute la question ici? On parle entre autres des écoles à vocation particulière.
PLQ: «on m'informe que...» Donc, ce candidat ne le savait pas avant? Crédibilité nulle.
Zéro à tout le monde.
Total:
CAQ: 0 sur 5 avec mention «capable de meilleurs résultats».
PQ:    1 sur 5 avec mention «on ne se pète pas les bretelles».
PLQ:  0 sur 4 avec mention «cancre».

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Si l'actualité se calme, je propose sous peu de publier ma plateforme électorale en matière d'éducation préscolaire, primaire et secondaire ainsi que de répondre à ces huit questions. On va rigoler et vous pourrez vous payer ma gueule.






19 août 2012

Le débat et l'éducation


Le débat des chefs à la SRC a peu abordé le thème de l'éducation préscolaire, primaire et secondaire. Voici les quelques «lignes» lancées par les chefs.

CAQ
  • On va réduire les dépenses des commissions scolaires. (Réduire? La CAQ veut les abolir)
  • Les écoles secondaires ouvertes jusqu’à 17 heures. (Faux. Certaines écoles.)
PLQ
  • Changer des structures ne crée pas de l’emploi mais des chicanes.
  • Vous n'avez pas cru à la pensée magique des gains d’efficacité à l’époque.
QS
  • Si les tâches demeurent les mêmes, on ne fait pas d’économie.
  • Trop de parents paient pour envoyer leurs enfants à l’école. 

On n'aura décidément pas appris grand-chose.

18 août 2012

Politico-fiction: la CAQ prend le pouvoir et...

Chaque école devient...

Chaque école devient une entité autonome et régie par un CE qui détient les pouvoirs d'un conseil d'administration. Ce conseil est dorénavant formé majoritairement de parents. Ces derniers sont élus pour des mandats de deux ans. Malheureusement, comme d'habitude, après un engouement passager de vouloir affirmer leur nouveau pouvoir en matière scolaire, peu de parents participent à l'élection de leurs représentants lors de l'assemblée générale de début d'année. Lentement, on s'aperçoit que certains CA sont noyautés par des individus partageant une idéologie commune en matière d'éducation et il s'ensuit de fréquentes contestations de leadership.

L'embauche de directions d'école connait quelques ratés. On se rend à l'évidence: on manque d'individus compétents pour accomplir tous les nouveaux mandats dévolus aux 2 795 directeurs d'écoles publiques autonomes. Pour attirer les meilleurs candidats, on en vient à offrir des primes diverses comme dans le secteur privé et une formation en pédagogie n'est plus requise pour occuper ce poste. On s'aperçoit également que certains directions d'école, pour être réembauchées, sont devenues davantage d'habiles politiciens que des gestionnaires efficaces.

La gestion des écoles québécoises connait de nombreuses disparités et le MELS met sur pied une équipe d'inspecteurs pour s'assurer du respect de certaines normes minimales. Dans certains cas, le MELS doit même intervenir et mettre sous tutelle des écoles dont la gestion les pousse à connaitre déficit sur déficit ou qui ne respectent pas des normes minimales. Les élèves éprouvant des difficultés scolaires sont, par exemple, perçus comme étant un poids financier et certaines écoles s'arrangent pour ne pas les compter parmi leurs élèves.

Chaque région devient...

On assiste à des luttes importantes entre des écoles de diverses régions en décroissance pour attirer la faible clientèle scolaire qu'on y retrouve. Comme il n'existe plus de bassin d'élèves préétablis, certaines petites écoles estiment se faire «voler» des élèves par des écoles plus grandes ayant plus d'élèves, de ressources et d'équipement pour instaurer des programmes particuliers plus attrayants et vendeurs. C'est la loi de la concurrence qui s'applique, ne l'oublions pas.

À moyen terme, devant les luttes entre chaque école et pour des raisons d'équité, le MELS se résout à interdire les programmes particuliers aux allures régionales et instaure des bassins de clientèle fixes.

À l'extérieur des grands centres urbains, des petites écoles doivent immédiatement se regrouper pour avoir une direction commune. Les rivalités et les disparités locales sont autant de sources de conflits entre les parents. On observe des tensions entre les parents des différents CE.

Les centres de services régionaux qui, au départ, devait être des coopératives de services imposent de plus en plus leurs normes aux écoles utilisatrices. Le valet se transforme lentement en maitre. La mise en commun des ressources des écoles crée plusieurs conflits entre elles et on assiste ici aussi à des alliances politiques entre certains établissements au détriment d'autres.  Les couts de transition entre les commissions scolaires et ces centres soulèvent de nombreuses controverses et se traduisent à court terme, du moins on l'espère,  par une diminution des services offerts aux écoles.

De nombreux employés des commissions scolaires ont réussi à se replacer dans des écoles mais d'autres, plus astucieux, ont flairé la bonne affaire et ont fondé leur propre entreprise de services, notamment en ce qui a trait au service de la paie, du soutien informatique et de l'entretien des immeubles. À moyen terme, les couts reliés à ces services sont plus importants qu'à l'époque des commissions scolaires. D'autres employés, et pas nécessairement des cadres, sont au chômage.

Les enseignants et le personnel deviennent...

Au sein des conseils d'établissement, la place des membres du personnel et des enseignants est proportionnellement réduite comparée à maintenant. Ceux-ci sont maintenant perçus comme des employés.

Si chacun est régi par une convention nationale globale, chaque école a une convention locale et un syndicat distinct. Un ordre professionnel est instauré malgré la volonté des enseignants. La précarité dans ce secteur d'emploi devient plus grande. La sécurité d'emploi est dorénavant abolie et on fonctionne maintenant sous la forme de contrats de trois à cinq ans.

Le milieu scolaire devient moins attirant pour les jeunes candidats. Le début de l'augmentation de salaire - de 20% en moyenne et étalée sur six ans - a été reporté à la suite de la crise économique qui secoue maintenant le Québec. La pénurie d'enseignants se maintient donc, avec les conséquences que l'on sait.

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Voilà un scénario parmi tant d'autres. J'aurais pu verser dans l'apocalyptique avec une version hard ponctuée de débrayages et de lois spéciales. Mais chose certaine, je ne crois absolument pas à la version Petite pouliche rose qu'on essaie de nous vendre.

Pourquoi? Beaucoup trop de changements prévus. Beaucoup trop d'acteurs concernés. Pas assez de concertation entre eux. Et pas assez de planification avant d'avoir lancé de telles idées.