Deux textes qui s'intéressent à la relation entre les parents et l'école. Je retiens cette piste qui veut que ces derniers ont une confiance moins grande en cette institution publique parce que, souvent plus éduqués, il leur est très facile de jouer aux gérants d'estrades comparativement aux parents d'autrefois. Ensuite, que l'approche «clientéliste» de l'école a entrainé un surplus de travail pour les enseignants.
J'aime beaucoup cette réaction de Marc Saint-Pierre (qui publie des commentaires ici à l'occasion) qui souhaite que, de clients, les parents deviennent des citoyens. Il touche un point important. Sauf que c'est une autre signe de cette dérive des valeurs de notre société.
À lire.
Le monarque, c'est moi.
Les parents face à l'école - Des clients ou des citoyens
09 février 2013
03 février 2013
Intimidation, violence, parent et hypocrise
Le Journal de Montréal rapportait le samedi 26 janvier dernier un événement survenu dans une école de la Rive-Nord de Montréal. Un jeune aurait été tabassé par un autre élève parce qu'il aurait partagé sur son profil Facebook des propos «désobligeants» à l'égard de sa soeur.
Le père du jeune tabassé accuse l'école d'avoir mal géré l'événement en n'envoyant pas le jeune tabassé immédiatement à l'hôpital en raison des blessures qu'il a subies, de ne pas avoir appelé la police mais aussi d'avoir voulu faire disparaitre des preuves de l'agression. Il songe d'ailleurs à poursuivre la direction au civil.
Honnêtement, il s'agit d'accusations graves, dont une relève possiblement du Code criminel. Il m'a fallu beaucoup de temps avant de décolérer à la suite de la lecture de ce texte. Pas uniquement à cause du comportement du parent dans les médias mais aussi à cause de la façon dont ceux-ci ont rapporté la nouvelle et des limitations auxquelles fait face l'école dans de tels cas.
Dans le présent texte, je travaillerai surtout avec la version papier de cette nouvelle puisque c'est elle qui a été la plus susceptible d'être lue, mais je la mettrai en lien avec une autre publiée en format internet en cours de journée par le même média.
À propos du titre «irresponsable»
Tout d'abord, en version papier, le titre de ce texte est: Une école «irresponsable». Dans une salle de rédaction, un titre ne relève pas obligatoirement du journaliste qui a écrit l'article. Il est donc difficile de savoir qui en est l'auteur, mais celui-ci est particulièrement ambigu.
En effet, on y affirme que l'école est «irresponsable» sans pour autant indiquer qui a fait cette affirmation ou expliquer pourquoi ces guillemets. Normalement, on précise l'auteur d'une citation de façon claire dans un titre. Ici, il est difficile de savoir qui avance cette idée: le journaliste, le journal, un individu concerné par cette histoire? S'il ne lit pas au-delà des manchettes, la perception du lecteur est cependant fortement orientée.
Dans les faits, le mots «irresponsable» a été employé par le parent pour indiquer que le comportement de l'école aurait été «complètement irresponsable» dans le présent cas. Fallait-il étirer sa pensée jusqu'à affirmer qu'il pense que l'école est «irresponsable» ou est-ce une position éditoriale?
Quoiqu'il en soit, on remarquera que ce titre est devenu plus tard sur Internet: «Un adolescent passé à tabac à l'école».
De la responsabilité de l'école
Un des noeuds de cette histoire est ce que le père de l'enfant tabassé reproche à l'école.
Tout d'abord, concernant le fait que la direction n'a pas immédiatement envoyé le jeune en ambulance à l'hôpital en raison de ses blessures, celles-ci ne semblaient pas si importantes, aux yeux du jeune même qui situait la douleur qu'il ressentait à 5 sur une échelle de 10. Il faut savoir également qu'à moins que la vie ou l'intégrité physique d'un enfant soit mise en danger, certaines directions ont adopté comme attitude d'attendre de rejoindre un parent avant d'envoyer un jeune en ambulance à l'hôpital. En effet, il est arrivé que j'ai vu des parents se plaindre qu'on aie envoyé un jeune à l'hôpital en ambulance sans leur autorisation. De plus, si le jeune n'est pas accompagné d'un parent ou d'un adulte responsable, c'est l'école qui doit veiller à ce qu'un membre du personnel suive l'élève à l'hôpital. De telles situation sont déjà arrivées à mon école.
Ici, permettez-moi de le souligner, il a fallu des heures avant de rejoindre un adulte responsable du jeune. Dans un cas de vie ou de mort, c'est l'école qui aurait eu à prendre certaines décisions importantes. Trop de parents sont négligents quand on leur demande des numéros où les joindre ou encore où joindre un parent en cas d'urgence.
Par ailleurs, le père du jeune tabassé accuse la direction de l'école de ne pas avoir porté plainte à la police. Encore une fois, ici, je me dois de préciser que certaines directions ont adopté comme attitude d'attendre de rejoindre un parent avant de poser un tel geste. En effet, il arrive que des parents préfèrent parfois qu'un incident se règle autrement, par le biais d'une rencontre entre les divers intervenants, par exemple. Encore une fois, j'ai vu des parents blâmer une direction qui avait appelé la police dans le cas d'altercations.
Enfin, le père accuse la direction de l'école d'avoir voulu faire disparaitre des preuves concernant l'altercation qui auraient été publiées sur Facebook. Or, il faut savoir que, dans plusieurs codes de vie, une direction a le droit de demander à des jeunes d'effacer des images tournées sans autorisation dans l'école. Si elle l'a fait dans le cas présent, c'est évidemment pour éviter que ces images deviennent virales et engendrent une dynamique difficile à contrôler. Contrairement aux prétentions du parent et à ce qu'a originalement véhiculé le Journal de Montréal, l'école, on le verra plus tard, aurait pris ses responsabilités concernant les preuves entourant cette altercation.
De l'exagération rapportée sans nuance et avec précipitation
Si on analyse maintenant davantage tous les faits que j'ai rapportés à partir de la version papier du texte couvrant cet incident, ce que l'on remarque au départ est la journaliste a publié les propos d'un parent en colère avec un manque navrant de rigueur ou de vérification. Allons-y avec quelques autres exemples pour en rajouter.
Dans la version papier, le père déclare: «Je n'arrive pas à croire que l'école a simplement renvoyé Colin chez lui alors qu'il saignait abondamment.» Ce jeune n'a pas été renvoyé chez lui. On le spécifie même dans le texte: sa grand-mère est venu le chercher! Quelle crédibilité la journaliste doit-elle accorder alors à ce père manifestement frustré? Ensuite, ce parent exagère-t-il un peu quand il dit que son enfant aurait saigné abondamment... pendant des heures?
Dans un autre extrait de la version papier, le père déclare: «La direction de l'école a obligé les élèves à effacer les vidéos de l'agression qu'ils avaient publiés sur Facebook. C'est très frustrant. Clairement, l'école voulait se protéger et avait peur pour sa réputation. C'est inacceptable. On a même refusé de me faire une copie des vidéos.» Ce que ce parent reproche à l'école constitue possiblement une infraction criminelle. Or, on apprend dans le format internet mis en ligne plus tard les faits suivants: «L’école et la CSA n’ont jamais voulu cacher quoi que ce soit, dans cette affaire. La preuve, c’est que la vidéo a été montrée au parent et a été acheminée au Service de police», a précisé un responsable des communications de la commission scolaire concernée. Qu s'est-il passé entre ces deux versions d'une même histoire?
Origine de l'altercation et hypocrisie
Ce qui est paradoxal est que les textes publiés à propos de cette altercation occulte sensiblement ce qui est à l'origine de cet incident: l'intimidation sur Facebook. Ce jeune se serait fait casser la gueule parce qu'il aurait répété des propos désobligeants à l'égard d'une élève. N'est-ce pas ce que certains bien-pensants souhaitent à l'occasion?
«Mon fils aurait répété des injures écrites par les autres et le frère aîné de cette fille-là s'en est pris à mon fils», reconnait le père. Il faut cependant savoir qu'un jeune, qui recopie des propos injurieux sur sa page Facebook, les partage avec tous ses amis et ne fait pas que banalement les répéter. À moins qu'il n'indique qu'il n'est pas d'accord avec ceux-ci, il les cautionne en quelque sorte et et se livre ainsi à de l'intimidation.
Or, si on écoute le père, son fils est une innocente victime. La preuve en est qu'il existe maintenant une page Facebook pour soutenir ce jeune élève et sa famille. On y retrouve même un logo «Stop à l'intimidation» et des intervenants qui le plaignent. Une question: qui se soucie de la jeune fille qui a été intimidée au départ? Qui a remarqué que ce jeune a participé à son intimidation?
«J'aurais aimé qu'il y ait un rapport de police pour donner l'exemple aux jeunes que si l'on se bat, il y a des conséquences», ajoute le père. J'espère que les parents de la jeune fille calomniée useront de la même logique et porteront plainte eux aussi à la police. L'intimidation sur Internet est une chose sérieuse. Des propos blessants laissent parfois des marques aussi importantes qu'une mâchoire fracturée. Mais voilà: pas un mot là-dessus dans aucun des deux textes. La blessure physique alerte les médias qui semblent par contre ignorer la blessure psychologique. Toute la place est occupée par le jeune intimidateur infortuné et son père, mais qu'en est-il de la jeune fille, de son frère, de ses parents? Pourquoi n'est-ce pas ces derniers qu'on retrouve dans les journaux?
Quant au père du jeune concerné, il n'a pas à craindre d'éventuelles poursuites de la part de l'école ou de la commission scolaire. Mais ce dernier y est allé de propos pour le moins imprudents. Celles-ci ne confieront pas à leur service légal le mandat d'exiger des excuses ou d'éventuelles réparations. Même quand elles ont raison de le faire, elles préfèrent plutôt compter sur le temps pour effacer les événements de la mémoire des gens. Ce en quoi elles ont tort, à mon avis. Le monde de l'éducation se laisse trop souvent salir sans réagir.
Qu'on me comprenne bien: je ne cautionne pas le fait que ce jeune se soit fait tabasser. Cette forme de violence est inacceptable. Je trouve cependant incroyable qu'on victimise à outrance un intimidateur qui a reçu une râclée et qu'on oublie les gestes qu'il a posés au préalable, qu'on oublie la victime du geste qu'il a posé. Quant à moi, si ce jeune était mon fils, je me garderai une petite gêne.
À cet égard, tout média devrait se montrer plus prudent en couvrant ce genre d'événement et également ne pas mentionner le nom des mineurs impliqués comme ce fut malheureusement le cas ici.
Le père du jeune tabassé accuse l'école d'avoir mal géré l'événement en n'envoyant pas le jeune tabassé immédiatement à l'hôpital en raison des blessures qu'il a subies, de ne pas avoir appelé la police mais aussi d'avoir voulu faire disparaitre des preuves de l'agression. Il songe d'ailleurs à poursuivre la direction au civil.
Honnêtement, il s'agit d'accusations graves, dont une relève possiblement du Code criminel. Il m'a fallu beaucoup de temps avant de décolérer à la suite de la lecture de ce texte. Pas uniquement à cause du comportement du parent dans les médias mais aussi à cause de la façon dont ceux-ci ont rapporté la nouvelle et des limitations auxquelles fait face l'école dans de tels cas.
Dans le présent texte, je travaillerai surtout avec la version papier de cette nouvelle puisque c'est elle qui a été la plus susceptible d'être lue, mais je la mettrai en lien avec une autre publiée en format internet en cours de journée par le même média.
À propos du titre «irresponsable»
Tout d'abord, en version papier, le titre de ce texte est: Une école «irresponsable». Dans une salle de rédaction, un titre ne relève pas obligatoirement du journaliste qui a écrit l'article. Il est donc difficile de savoir qui en est l'auteur, mais celui-ci est particulièrement ambigu.
En effet, on y affirme que l'école est «irresponsable» sans pour autant indiquer qui a fait cette affirmation ou expliquer pourquoi ces guillemets. Normalement, on précise l'auteur d'une citation de façon claire dans un titre. Ici, il est difficile de savoir qui avance cette idée: le journaliste, le journal, un individu concerné par cette histoire? S'il ne lit pas au-delà des manchettes, la perception du lecteur est cependant fortement orientée.
Dans les faits, le mots «irresponsable» a été employé par le parent pour indiquer que le comportement de l'école aurait été «complètement irresponsable» dans le présent cas. Fallait-il étirer sa pensée jusqu'à affirmer qu'il pense que l'école est «irresponsable» ou est-ce une position éditoriale?
Quoiqu'il en soit, on remarquera que ce titre est devenu plus tard sur Internet: «Un adolescent passé à tabac à l'école».
De la responsabilité de l'école
Un des noeuds de cette histoire est ce que le père de l'enfant tabassé reproche à l'école.
Tout d'abord, concernant le fait que la direction n'a pas immédiatement envoyé le jeune en ambulance à l'hôpital en raison de ses blessures, celles-ci ne semblaient pas si importantes, aux yeux du jeune même qui situait la douleur qu'il ressentait à 5 sur une échelle de 10. Il faut savoir également qu'à moins que la vie ou l'intégrité physique d'un enfant soit mise en danger, certaines directions ont adopté comme attitude d'attendre de rejoindre un parent avant d'envoyer un jeune en ambulance à l'hôpital. En effet, il est arrivé que j'ai vu des parents se plaindre qu'on aie envoyé un jeune à l'hôpital en ambulance sans leur autorisation. De plus, si le jeune n'est pas accompagné d'un parent ou d'un adulte responsable, c'est l'école qui doit veiller à ce qu'un membre du personnel suive l'élève à l'hôpital. De telles situation sont déjà arrivées à mon école.
Ici, permettez-moi de le souligner, il a fallu des heures avant de rejoindre un adulte responsable du jeune. Dans un cas de vie ou de mort, c'est l'école qui aurait eu à prendre certaines décisions importantes. Trop de parents sont négligents quand on leur demande des numéros où les joindre ou encore où joindre un parent en cas d'urgence.
Par ailleurs, le père du jeune tabassé accuse la direction de l'école de ne pas avoir porté plainte à la police. Encore une fois, ici, je me dois de préciser que certaines directions ont adopté comme attitude d'attendre de rejoindre un parent avant de poser un tel geste. En effet, il arrive que des parents préfèrent parfois qu'un incident se règle autrement, par le biais d'une rencontre entre les divers intervenants, par exemple. Encore une fois, j'ai vu des parents blâmer une direction qui avait appelé la police dans le cas d'altercations.
Enfin, le père accuse la direction de l'école d'avoir voulu faire disparaitre des preuves concernant l'altercation qui auraient été publiées sur Facebook. Or, il faut savoir que, dans plusieurs codes de vie, une direction a le droit de demander à des jeunes d'effacer des images tournées sans autorisation dans l'école. Si elle l'a fait dans le cas présent, c'est évidemment pour éviter que ces images deviennent virales et engendrent une dynamique difficile à contrôler. Contrairement aux prétentions du parent et à ce qu'a originalement véhiculé le Journal de Montréal, l'école, on le verra plus tard, aurait pris ses responsabilités concernant les preuves entourant cette altercation.
De l'exagération rapportée sans nuance et avec précipitation
Si on analyse maintenant davantage tous les faits que j'ai rapportés à partir de la version papier du texte couvrant cet incident, ce que l'on remarque au départ est la journaliste a publié les propos d'un parent en colère avec un manque navrant de rigueur ou de vérification. Allons-y avec quelques autres exemples pour en rajouter.
Dans la version papier, le père déclare: «Je n'arrive pas à croire que l'école a simplement renvoyé Colin chez lui alors qu'il saignait abondamment.» Ce jeune n'a pas été renvoyé chez lui. On le spécifie même dans le texte: sa grand-mère est venu le chercher! Quelle crédibilité la journaliste doit-elle accorder alors à ce père manifestement frustré? Ensuite, ce parent exagère-t-il un peu quand il dit que son enfant aurait saigné abondamment... pendant des heures?
Dans un autre extrait de la version papier, le père déclare: «La direction de l'école a obligé les élèves à effacer les vidéos de l'agression qu'ils avaient publiés sur Facebook. C'est très frustrant. Clairement, l'école voulait se protéger et avait peur pour sa réputation. C'est inacceptable. On a même refusé de me faire une copie des vidéos.» Ce que ce parent reproche à l'école constitue possiblement une infraction criminelle. Or, on apprend dans le format internet mis en ligne plus tard les faits suivants: «L’école et la CSA n’ont jamais voulu cacher quoi que ce soit, dans cette affaire. La preuve, c’est que la vidéo a été montrée au parent et a été acheminée au Service de police», a précisé un responsable des communications de la commission scolaire concernée. Qu s'est-il passé entre ces deux versions d'une même histoire?
Origine de l'altercation et hypocrisie
Ce qui est paradoxal est que les textes publiés à propos de cette altercation occulte sensiblement ce qui est à l'origine de cet incident: l'intimidation sur Facebook. Ce jeune se serait fait casser la gueule parce qu'il aurait répété des propos désobligeants à l'égard d'une élève. N'est-ce pas ce que certains bien-pensants souhaitent à l'occasion?
«Mon fils aurait répété des injures écrites par les autres et le frère aîné de cette fille-là s'en est pris à mon fils», reconnait le père. Il faut cependant savoir qu'un jeune, qui recopie des propos injurieux sur sa page Facebook, les partage avec tous ses amis et ne fait pas que banalement les répéter. À moins qu'il n'indique qu'il n'est pas d'accord avec ceux-ci, il les cautionne en quelque sorte et et se livre ainsi à de l'intimidation.
Or, si on écoute le père, son fils est une innocente victime. La preuve en est qu'il existe maintenant une page Facebook pour soutenir ce jeune élève et sa famille. On y retrouve même un logo «Stop à l'intimidation» et des intervenants qui le plaignent. Une question: qui se soucie de la jeune fille qui a été intimidée au départ? Qui a remarqué que ce jeune a participé à son intimidation?
«J'aurais aimé qu'il y ait un rapport de police pour donner l'exemple aux jeunes que si l'on se bat, il y a des conséquences», ajoute le père. J'espère que les parents de la jeune fille calomniée useront de la même logique et porteront plainte eux aussi à la police. L'intimidation sur Internet est une chose sérieuse. Des propos blessants laissent parfois des marques aussi importantes qu'une mâchoire fracturée. Mais voilà: pas un mot là-dessus dans aucun des deux textes. La blessure physique alerte les médias qui semblent par contre ignorer la blessure psychologique. Toute la place est occupée par le jeune intimidateur infortuné et son père, mais qu'en est-il de la jeune fille, de son frère, de ses parents? Pourquoi n'est-ce pas ces derniers qu'on retrouve dans les journaux?
Quant au père du jeune concerné, il n'a pas à craindre d'éventuelles poursuites de la part de l'école ou de la commission scolaire. Mais ce dernier y est allé de propos pour le moins imprudents. Celles-ci ne confieront pas à leur service légal le mandat d'exiger des excuses ou d'éventuelles réparations. Même quand elles ont raison de le faire, elles préfèrent plutôt compter sur le temps pour effacer les événements de la mémoire des gens. Ce en quoi elles ont tort, à mon avis. Le monde de l'éducation se laisse trop souvent salir sans réagir.
Qu'on me comprenne bien: je ne cautionne pas le fait que ce jeune se soit fait tabasser. Cette forme de violence est inacceptable. Je trouve cependant incroyable qu'on victimise à outrance un intimidateur qui a reçu une râclée et qu'on oublie les gestes qu'il a posés au préalable, qu'on oublie la victime du geste qu'il a posé. Quant à moi, si ce jeune était mon fils, je me garderai une petite gêne.
À cet égard, tout média devrait se montrer plus prudent en couvrant ce genre d'événement et également ne pas mentionner le nom des mineurs impliqués comme ce fut malheureusement le cas ici.
Pendant ce temps, en France...
Si vous pensez qu'il n'y a qu'au Québec qu'on se penche sur les vrais problèmes de l'éducation, allons jeter un petit coup d'oeil chez nous cousins.
« "Ecole maternelle". Cette façon d'appeler l'école des 2 à 6 ans ne plaît pas à Sandrine Mazetier, députée socialiste de Paris. Dans une question écrite au gouvernement elle propose de revoir cette terminologie qu'elle juge sexiste. »
Avouez que vous êtes d'accord. Faudrait aussi penser au décrochage qu'engendre l'appellation «école secondaire»...
« "Ecole maternelle". Cette façon d'appeler l'école des 2 à 6 ans ne plaît pas à Sandrine Mazetier, députée socialiste de Paris. Dans une question écrite au gouvernement elle propose de revoir cette terminologie qu'elle juge sexiste. »
Avouez que vous êtes d'accord. Faudrait aussi penser au décrochage qu'engendre l'appellation «école secondaire»...
25 janvier 2013
Dure-dure la vie de directeur d'école?
Comme le montre une étude du professeur Michel Saint-Germain, de la faculté des sciences de l'éducation de l'université d'Ottawa, à laquelle fait référence un article publié dans La Presse cette semaine, il existerait un écart important entre les tâches que les directions d'écoles québécoises effectueraient et ce qu'elles souhaiteraient faire.
Il faut noter cependant que cette étude ne fait pas la nuance entre ce que les directions affirment faire et ce qu'elles font dans la réalité. Mais soyons juste: on ne peut nier que le travail de directeur consiste beaucoup à des tâches quotidiennes, fastidieuses et administratives.
«Tant au primaire qu'au secondaire, les directeurs d'école consacrent une partie importante de leurs journées à répondre aux courriels, rappeler les gens qui ont laissé des messages téléphoniques et remplir des rapports ou des formulaires à la demande du ministère de l'Éducation et des commissions scolaires.
La gestion des conflits avec les élèves, les enseignants ou les parents, ainsi que la mise en place de mesures imposées par Québec, notamment en ce qui concerne les élèves handicapés ou en difficultés d'adaptation et d'apprentissage, occupent aussi une grande portion de la journée.»
Devant cette vision qu'ont les directions d'école de leur métier, plusieurs questionnements. Ne veut-on pas justement des directions imputables et redevables? Répondre à des courriels, rappeler des gens, rendre des comptes aux autorités supérieures, n'est-ce pas normal dans ce genre de fonction? De même pour favoriser l'intégration des élèves en difficulté ou régler différents conflits?
De plus, une direction doit-elle avoir des visions pédagogiques s'il existe déjà un ministère qui prétend s'en occuper? M. Saint-Germain affirme: «Nous avons assisté chez les directions d'école à un transfert de la dimension pédagogique vers la dimension administrative au sens large.» Est-ce vraiment le cas ou s'agit-il d'une illusion nostalgique?
Quoi qu'il en soit, ce dernier aspect m'interpelle particulièrement. Je me méfie de certaines directions trop «pédagogiques». Elles ont parfois tendance à brimer l'autonomie professionnelle des enseignants en voulant leur montrer quoi et comment enseigner. L'exemple le plus extrême est cette direction qui a complètement fermé la bibliothèque de son école parce que tout est disponible sur Internet, paraît-il.
Une collègue a soulevé qu'il existe des directions des services pédagogiques dans les écoles privées. Mais s'occupent-elles davantage des services que de pédagogie?
Enfin, sans être méchant, j'ai franchement ri quand j'ai lu deux passages de cet article:
La recherche de 400 pages réalisée par M. St-Germain montre en effet que les directeurs aimeraient conseiller davantage les enseignants et accroître leurs compétences en participant à des formations ou en échangeant avec des collègues sur leurs pratiques.
N'existe-il pas déjà des conseillers pédagogiques pour appuyer les enseignants? Combien de temps perdons-nous, comme enseignants, à assister à des formations peu pertinentes ou mal structurées? Combien de fois réclamons-nous du temps pour nous rencontrer entre collègues d'une même matière ou d'un même niveau? A-t-on remarqué le manque d'informations quant aux initiatives régionales ou québécoises qui fonctionnent quant au décrochage scolaire, par exemple? L'éducation est un des domaines où l'on peut s'interroger sur l'efficacité de la formation et du partage des informations et les directions d'école sont paradoxalement parfois des acteurs qui limitent parfois celle-ci.
Il serait bon de s'interroger sur la pertinence de tous les formulaires à remplir, suggère d'ailleurs le chercheur au terme de son travail.
C'est bizarre, comme enseignant, je fais le même constat depuis des années à l'égard du MELS mais aussi de certaines directions que j'ai connues. On dirait finalement l'hôpital qui se moque de la charité.
Il faut noter cependant que cette étude ne fait pas la nuance entre ce que les directions affirment faire et ce qu'elles font dans la réalité. Mais soyons juste: on ne peut nier que le travail de directeur consiste beaucoup à des tâches quotidiennes, fastidieuses et administratives.
«Tant au primaire qu'au secondaire, les directeurs d'école consacrent une partie importante de leurs journées à répondre aux courriels, rappeler les gens qui ont laissé des messages téléphoniques et remplir des rapports ou des formulaires à la demande du ministère de l'Éducation et des commissions scolaires.
La gestion des conflits avec les élèves, les enseignants ou les parents, ainsi que la mise en place de mesures imposées par Québec, notamment en ce qui concerne les élèves handicapés ou en difficultés d'adaptation et d'apprentissage, occupent aussi une grande portion de la journée.»
Devant cette vision qu'ont les directions d'école de leur métier, plusieurs questionnements. Ne veut-on pas justement des directions imputables et redevables? Répondre à des courriels, rappeler des gens, rendre des comptes aux autorités supérieures, n'est-ce pas normal dans ce genre de fonction? De même pour favoriser l'intégration des élèves en difficulté ou régler différents conflits?
De plus, une direction doit-elle avoir des visions pédagogiques s'il existe déjà un ministère qui prétend s'en occuper? M. Saint-Germain affirme: «Nous avons assisté chez les directions d'école à un transfert de la dimension pédagogique vers la dimension administrative au sens large.» Est-ce vraiment le cas ou s'agit-il d'une illusion nostalgique?
Quoi qu'il en soit, ce dernier aspect m'interpelle particulièrement. Je me méfie de certaines directions trop «pédagogiques». Elles ont parfois tendance à brimer l'autonomie professionnelle des enseignants en voulant leur montrer quoi et comment enseigner. L'exemple le plus extrême est cette direction qui a complètement fermé la bibliothèque de son école parce que tout est disponible sur Internet, paraît-il.
Une collègue a soulevé qu'il existe des directions des services pédagogiques dans les écoles privées. Mais s'occupent-elles davantage des services que de pédagogie?
Enfin, sans être méchant, j'ai franchement ri quand j'ai lu deux passages de cet article:
La recherche de 400 pages réalisée par M. St-Germain montre en effet que les directeurs aimeraient conseiller davantage les enseignants et accroître leurs compétences en participant à des formations ou en échangeant avec des collègues sur leurs pratiques.
N'existe-il pas déjà des conseillers pédagogiques pour appuyer les enseignants? Combien de temps perdons-nous, comme enseignants, à assister à des formations peu pertinentes ou mal structurées? Combien de fois réclamons-nous du temps pour nous rencontrer entre collègues d'une même matière ou d'un même niveau? A-t-on remarqué le manque d'informations quant aux initiatives régionales ou québécoises qui fonctionnent quant au décrochage scolaire, par exemple? L'éducation est un des domaines où l'on peut s'interroger sur l'efficacité de la formation et du partage des informations et les directions d'école sont paradoxalement parfois des acteurs qui limitent parfois celle-ci.
Il serait bon de s'interroger sur la pertinence de tous les formulaires à remplir, suggère d'ailleurs le chercheur au terme de son travail.
C'est bizarre, comme enseignant, je fais le même constat depuis des années à l'égard du MELS mais aussi de certaines directions que j'ai connues. On dirait finalement l'hôpital qui se moque de la charité.
23 janvier 2013
Fusillade dans les écoles du Québec: peu d'exercices
Dans ce billet publié après la tuerie de Newtwon, je soulevais la question quant au nombre d'écoles au Québec qui tenaient des exercices de confinement barricadé volontaire. Un petit sondage-maison tout à fait non scientifique indiquait que 71% des écoles des répondants (merci à eux!) n'avaient jamais effectué un tel exercice.
En fait, la réalité en bien en-dessous de ce pourcentage si l'on se base sur cet article du Soleil de Québec:
«En septembre 2012, 94 % des quelque 1500 écoles que couvre la SQ ont complété la première étape de ce plan : visionner un DVD et remplir un cartable d'urgence.
Mais seulement 49 % ont participé à un exercice de confinement barricadé avec la direction et le personnel enseignant, un pourcentage qui baisse à 7 % quand l'exercice est réalisé avec les élèves.»
Je reviens néanmoins avec la conclusion de mon billet de l'époque:
«Dans les faits, nos jeunes sont peu en danger dans nos écoles, pas parce que les mesures de sécurité sont suffisantes, mais simplement parce que la menace est faible. Est-ce rassurant?»
En fait, la réalité en bien en-dessous de ce pourcentage si l'on se base sur cet article du Soleil de Québec:
«En septembre 2012, 94 % des quelque 1500 écoles que couvre la SQ ont complété la première étape de ce plan : visionner un DVD et remplir un cartable d'urgence.
Mais seulement 49 % ont participé à un exercice de confinement barricadé avec la direction et le personnel enseignant, un pourcentage qui baisse à 7 % quand l'exercice est réalisé avec les élèves.»
Je reviens néanmoins avec la conclusion de mon billet de l'époque:
«Dans les faits, nos jeunes sont peu en danger dans nos écoles, pas parce que les mesures de sécurité sont suffisantes, mais simplement parce que la menace est faible. Est-ce rassurant?»
17 janvier 2013
Menacer de tuer son prof sur Facebook (ajout)
Dans la catégorie des nouvelles «de notre époque», on retrouve aujourd'hui ces trois jeunes qui ont publié des propos menaçants sur Facebook à l'égard du personnel de l'école où ils sont inscrits.
«Avec tout ce qu'on entend, j'ai décidé de ne pas prendre ces menaces à la légère, a expliqué le directeur de l'établissement concerné. J'ai informé la police de Québec. Je ne pouvais pas traiter cette information comme une banalité.»
Signe qu'on ne badine pas avec la situation actuelle, les trois jeunes «ont été arrêtés et interrogés par des enquêteurs de la police de Québec. Ils sont demeurés détenus au cours de la nuit et ils devraient comparaître au palais de justice de Québec aujourd'hui, en chambre de la jeunesse.» Des accusations de complot pour meurtre pourraient être retenues contre eux.
Il est difficile de se prononcer sur ce cas précis, mais il n'en demeure pas moins que de proférer des menaces de mort est une infraction criminelle, je crois. Bien sûr, parfois, les mots dépassent notre pensée... mais une question demeure: où étaient les parents de ces jeunes de 14, 15 et 16 ans? Une supervision parentale de Facebook?
**********
Je mets en ajout ces deux textes:
- Une blague? Vraiment?
- ... un exemple du fléau des réseaux sociaux
«Avec tout ce qu'on entend, j'ai décidé de ne pas prendre ces menaces à la légère, a expliqué le directeur de l'établissement concerné. J'ai informé la police de Québec. Je ne pouvais pas traiter cette information comme une banalité.»
Signe qu'on ne badine pas avec la situation actuelle, les trois jeunes «ont été arrêtés et interrogés par des enquêteurs de la police de Québec. Ils sont demeurés détenus au cours de la nuit et ils devraient comparaître au palais de justice de Québec aujourd'hui, en chambre de la jeunesse.» Des accusations de complot pour meurtre pourraient être retenues contre eux.
Il est difficile de se prononcer sur ce cas précis, mais il n'en demeure pas moins que de proférer des menaces de mort est une infraction criminelle, je crois. Bien sûr, parfois, les mots dépassent notre pensée... mais une question demeure: où étaient les parents de ces jeunes de 14, 15 et 16 ans? Une supervision parentale de Facebook?
**********
Je mets en ajout ces deux textes:
- Une blague? Vraiment?
- ... un exemple du fléau des réseaux sociaux
16 janvier 2013
Tranche de vie scolaire: ferme ta porte!
En enseignement, on pratique la cohabitation fréquemment, pour ne pas dire toujours. Dans les locaux d'enseignants, parfois d'anciennes classes, il n'est pas rare qu'on nous entasse et qu'on se retrouve avec plus d'une vingtaine de bureaux de profs. Difficile, pour ne pas dire impossible de corriger.
Au secondaire, on partage aussi nos locaux de classe avec d'autres enseignants. J'ai un collègue qui enseigne dans six locaux différents. Une autre, dans trois locaux sur deux étages différents. Il faut la voir, durant les battements, se promener dans les corridors remplis d'élèves avec son «chariot pédagogique» qui lui sert à transporter tout son matériel.
Enfin, un dernier élément de cohabitation est la vie quotidienne: les classes qui nous entourent. Je n'arrive pas à comprendre les collègues qui écoutent des documents vidéo avec un volume si élevé qu'on les entend distinctement dans les classes voisines. Enfin, il y a ces cas particuliers qui écoutent des documents vidéo à tue-tête et qui gardent la porte de leur classe ouverte. Là, je ne comprends pas. Mais vraiment pas.
Au secondaire, on partage aussi nos locaux de classe avec d'autres enseignants. J'ai un collègue qui enseigne dans six locaux différents. Une autre, dans trois locaux sur deux étages différents. Il faut la voir, durant les battements, se promener dans les corridors remplis d'élèves avec son «chariot pédagogique» qui lui sert à transporter tout son matériel.
Enfin, un dernier élément de cohabitation est la vie quotidienne: les classes qui nous entourent. Je n'arrive pas à comprendre les collègues qui écoutent des documents vidéo avec un volume si élevé qu'on les entend distinctement dans les classes voisines. Enfin, il y a ces cas particuliers qui écoutent des documents vidéo à tue-tête et qui gardent la porte de leur classe ouverte. Là, je ne comprends pas. Mais vraiment pas.
14 janvier 2013
Les coupures ont des impacts sur les écoles
La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) s'inquiète des coupures que subit le réeau de l'éducation et de leurs impacts sur le réseau scolaire québécois: dépassement du nombre d'élèves par classe, augmentation de frais facturés aux parents, etc.
La FCPQ a bien raison. La seule chose qui me turlupine est qu'autour de moi, c'est depuis septembre 2011 qu'on me parle des effets de ces coupures. On est en janvier 2013.
La FCPQ a bien raison. La seule chose qui me turlupine est qu'autour de moi, c'est depuis septembre 2011 qu'on me parle des effets de ces coupures. On est en janvier 2013.
07 janvier 2013
Un juge qui a compris quelque chose
Nouvelle d'Allemagne. Je publie au complet. L'enseignant a été blessé, mais il y a au moins un juge qui a compris quelque chose à la vie d'un prof. C'est réconfortant.
Une bataille de boules de neige reconnue comme un accident de travail
La blessure d'un enseignant lors
d'une bataille de boules de neige avec des élèves peut être considérée
comme un accident du travail, a estimé lundi la justice allemande.
Le
tribunal de Fribourg en Brisgau a donné raison à un enseignant impliqué
dans une telle bagarre, alors même que le règlement de son école
interdisait ce genre de jeux.
En arrêt maladie pendant un mois après une opération à l'oeil, l'enseignant, blessé lors de cette bataille, avait porté plainte pour que sa mésaventure soit reconnue comme un accident du travail, ce que lui avait refusé l'administration dans un premier temps.
En sortant de sa salle de classe, l'enseignant avait été attaqué par 15 de ses élèves à coup de boules de neige et y avait riposté. «Il est compréhensible qu'il n'ait pas considéré cette bataille comme une affaire privée», a estimé le tribunal dans un communiqué.
«En raison de son bon rapport avec ses élèves, il avait estimé que ces derniers n'avaient pas agi par méchanceté, mais qu'ils avaient, au contraire, manifesté leur joie de vivre», a-t-il ajouté. «Et il y avait participé, car sinon, il se serait ridiculisé en tant que pédagogue», a continué le tribunal.
En arrêt maladie pendant un mois après une opération à l'oeil, l'enseignant, blessé lors de cette bataille, avait porté plainte pour que sa mésaventure soit reconnue comme un accident du travail, ce que lui avait refusé l'administration dans un premier temps.
En sortant de sa salle de classe, l'enseignant avait été attaqué par 15 de ses élèves à coup de boules de neige et y avait riposté. «Il est compréhensible qu'il n'ait pas considéré cette bataille comme une affaire privée», a estimé le tribunal dans un communiqué.
«En raison de son bon rapport avec ses élèves, il avait estimé que ces derniers n'avaient pas agi par méchanceté, mais qu'ils avaient, au contraire, manifesté leur joie de vivre», a-t-il ajouté. «Et il y avait participé, car sinon, il se serait ridiculisé en tant que pédagogue», a continué le tribunal.
03 janvier 2013
Les collègues ontariens y goutent!
Gel de salaire pendant deux ans, réduction du nombre
des congés de maladie et journées de perfectionnement non payées. Voilà ce que met en vigueur le contrat de travail imposé aux enseignants ontariens des écoles publiques anglaises.
Il faut surtout aller lire les commentaires à la suite de cet article de Radio-Canada pour comprendre à quel point le métier d'enseignant est hautement considéré. Un ramassis de clichés et de lieux communs. Et on parle d'un lectorat supposément plus relevé...
Il faut surtout aller lire les commentaires à la suite de cet article de Radio-Canada pour comprendre à quel point le métier d'enseignant est hautement considéré. Un ramassis de clichés et de lieux communs. Et on parle d'un lectorat supposément plus relevé...
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