10 novembre 2009

Journal de l'année de la Peste - jour 9: un peu de littérature

Sur le front scolaire, rien de nouveau. À part le fait que tous les élèves malades de la grippe sont revenus, les vrais comme les faux.

Le plaisir est davantage dans l'actualité et dans la littérature.

Il y a tout d'abord Jean de Lafontaine qui revient dans l'actualité avec sa fable Les animaux malades de peste. Il suffit de penser à tous ces membres de conseil d'administration des hôpitaux, ces donateurs généreux qui ont pu se faire vacciner alors que ce n'était pas à leur tour.

Ce matin, c'est le sympathique Claude Dubois qui a doublé la ligne d'attente pour recevoir sa dose (désolé, mais cette vacherie, il la mérite). M. Dubois a tenté de couvrir sa conduite en mentant de façon éhontée en prétextant qu'il avait déjà un rendez-vous pour un vaccin relié à un voyage. Or, on ne donne pas ce type de vaccin à l'établissement ou il s'est présenté.

Comme un million de gens, mon Claude? Désolé, mais un trou du cul demeure un trou du cul.

07 novembre 2009

L'amour au temps du choléra

Je m'excuse pour le titre: j'ai des lettres malgré moi (et même des mots...). Donc, toujours est-il: l'amour de votre vie se met à tousser. Rien de grave. Sauf qu'on ne peut jurer de rien (encore un titre!) en ces temps incertains.

Faque, que faites-vous?
- vous le mettez en quarantaine?
- vous le frenchez pour lui donner vos anticorps?
- rien, les toussotements font partie de votre vie de couple.

En passant, j'ai décidé de faire un sondage A-H1N1. Si vous avez la piqûre.

06 novembre 2009

Journal de l'année de la Peste - jour 5: à la maison!

Ça y est: je suis contaminé! Je suis atteint. Je souffre...

Grosse toux grasse. La tête dans un aquarium. Je n'entends rien. J'ai de la difficulté à respirer. Mais pas de fièvre. Donc, ce n'est qu'un rhume d'homme. Mais un vrai.

Et il y a de la correction qui m'attend sur mon bureau. Ça me tente, c'est incroyable.

Des volontaires pour m'aider?

04 novembre 2009

Journal de l'année de la Peste - jour 3: relève ta manche!

On a appris aujourd'hui que les services de la santé de ma région offriront aux jeunes d'être vaccinés dans leur école. Je souris un peu quand on nous écrit que «Une priorité leur est ainsi accordée.» Cette vaccination prioritaire commencera le 17 novembre et se terminera pour certains ... le 3 décembre.

Honnêtement, on ne peut pas dire que le système de santé réagit très rapidement à cette «crise» pourtant prévisible et attendue. Il faudra plus d'un mois pour vacciner des jeunes en priorité. Et cela est encore plus enrageant quand on sait que, dans ma région, deux centres de vaccination de masse seront ouverts du lundi 9 novembre jusqu’au samedi 5 décembre. Heureusement que le virus n'a pas muté et ne s'est pas transformé en bébitte plus dangereuse.

Un des risques de cette lenteur, en plus du fait que certains jeunes ne soient pas vaccinés à temps, est que certains élèves, croyant à tort avoir eu le A-H1N1, ne se fassent plus vacciner et l'attrapent par la suite!

Ah oui: gros privilège relié à ma fonction: «Le personnel et la direction des écoles où se tiendront les cliniques de vaccination pourront être vaccinés en fin de journée seulement dans la disponibilité des vaccins restants.»

Je vous rappelle qu'à mon école, on nage toujours autour de 25% d'absents. Mes collègues - parfois à tort parfois à juste titre - prennent leur température et guettent les signes de la grippe.

03 novembre 2009

Journal de la Peste - jour 2: les simulateurs

C'est officiel: il y a 25% d'absents dans mon école. On retardera même la remise des notes au bulletin afin de permettre la reprise de certains travaux ou examens.

Ce qui est frustrant, c'est de voir certains élèves qui en profitent un peu pour se voter quelques jours de congé. On n'exige pas de papier médical pour justifier leur absence en classe ou à un examen. Les cliniques médicales et les urgences sont débordées. Ils toussent, se plaignent de douleur aux muscles, disent qu'ils font de la fièvre. On leur a expliqué tous les symptômes de la grippe: ils les connaissent bien. Leur dossier disciplinaire est sûrement plus épais que leur dossier médical, mais bon. On doit faire confiance.

On appelle alors les parents des jeunes et on les retourne à la maison pour une dizaine de journées. Espérons que l'école les obligera à rester à la maison. À la fois pour faire suer leurs parents et pour ne pas prendre de chance au cas où.

Personne n'évoque cependant la fermeture de l'école. Celle-ci doit être décidée par les autorités de santé publique et il n'est pas sûr qu'il soit plus efficace de laisser tous ces jeunes passer leur temps ensemble au centre d'achats ou dans les arcades. En fait, on fermera seulement si on manque de profs.

02 novembre 2009

Journal de l'année de la Peste - jour 1

Ce titre fait référence à une oeuvre de DeFoe que j'avais bien aimé. Elle traitait de la Grande Peste de Londres. Loin de partir en peur cependant, je l'ai choisie comme titre de ce qui sera mes chroniques A-H1N1.

Aujourd'hui donc, il manque le quart des élèves dans ma classe. C'est le nombre le plus élevé d'absents jusqu'à présent. Les parents les ont retenus à la maison. Quatre facteurs peuvent expliquer ces absences.

1- Ces élèves ont contracté la grippe A-H1N1 ou, du moins, le supposent.
2- L'envoi d'une lettre par l'école aux parents quant aux symptômes et la conduite à adopter quant au A-H1N1 a soulevé des inquiètudes ou conscientisé des parents.
3- La tenue de la fête de l'Halloween à notre école a répandu le microbe, ce dont je doute. Quel est le temps d'incubation de la «bébite» au fait?
4- Les élèves ont passé l'Halloween sous la pluie, se sont gavés de bonbons et sont en mauvais état ce matin.

L'un dans l'autre, on ne saura jamais laquelle ou lesquelles de ces raisons sont les plus justes. On est dans le domaine de l'hypothèse.

Cela étant dit, les adjoints sont passés dans les classes évaluer le nombre d'absences. Ils décideront de la marche à suivre par la suite.

Pour ma part, j'ai discuté avec mes élèves de la grippe. Ils semblent penser que leurs parents capotent un peu. Je leur ai aussi expliqué la nuance entre une saine vigilance et la panique. Se laver les mains, éviter de porter celles-ci à sa bouche ou près des yeux. On verra pour la suite des choses.

Par ailleurs, je ne vois beaucoup de ménage hors de l'ordinaire dans l'école. Pas de lavage de poignées de porte, etc. De plus, le Purell est disponible seulement dans les espaces du personnel.

01 novembre 2009

Des directeurs trop stressés (ajout)

Voilà le titre d'un article du Journal de Montréal. On dirait que ce dernier semble avoir adopté leur cause. On compatit, mais on dirait vraiment qu'on joue «Je fais pitié!»

En plus de les empêcher de faire leur travail adéquatement, la bureaucratie dénoncée par les directeurs d'école du Québec depuis une semaine est une «importante source de stress» qui pourrait nuire à leur santé, prévient un chercheur de l'Université de Montréal.

Une recherche effectuée au printemps dernier par Emmanuel Poirel dans le cadre de son doctorat en psychopédagogie conclut que les «contraintes administratives» imposées aux directions d'école du Québec constituent leur «principale catégorie de stress.»

«Il semble que le poids des responsabilités soit moins dérangeant que les tracas de type administratif auxquels les directions doivent faire face dans leur quotidien», analyse le chercheur, dans son rapport.

«Ce qui les dérange, c'est d'être constamment empêchés de faire leur travail par des réunions, qui sont principalement commandées par la commission scolaire, ou par des rapports à produire», explique M. Poirel, en entrevue au Journal.


En passant, ce chercheur dit cette bureaucratie pourrait nuire à leur santé, sauf qu'il ajoute que «Je n'ai pas pu en faire la démonstration dans ma recherche, mais tout porte à croire que ça accentue les risques.»

Personnellement, ce qui m'horripile, c'est toute la bureaucratie imposée par le MELS, les CS et les directions d'école. J'aimerais bien faire mon travail, mais il y a toujours quelqu'un au-dessus de moi pour me dire quoi faire, comment enseigner, etc.

Et vous savez quoi? Mon syndicat n'a pas fait d'étude là-dessus. De plus, côté santé, allez vous renseigner sur les avantages sociaux des directions d'école quant au volet santé. Elles sont plus avantageuses que celles des profs.

(AJOUT) En passant, comme c'est étrange, mais je n'ai jamais entendu une direction se plaindre des rencontres au Château Bromont ou encore les dénoncer...

30 octobre 2009

Tout un titre!


Voici comment le Journal de Montréal annonce la venue du prince Charles au Québec: «Le public pourra voir le prince Charles au Biodôme».

Je savais qu'il était laid mais de là à ce qu'il soit exposé au Biodome.

29 octobre 2009

Grippe: on capote!

On ne parle que de la grippe A-H1N1. Un jeune hockeyeur meurt en Ontario et voilà qu'on se bouscule dans les centres de vaccination au Québec. Un détail: on ne sait pas encore si le jeune en question est mort des suites de cette grippe. On évoque aussi une possible méningite. Ailleurs, au Québec et aux États-Unis, des écoles seraient infectées, mais on ne déplore aucun décès. Mais ça, on l'oublie...

Cela étant écrit, une personne très près de moi a possiblement contracté la grippe A-H1N1. Je dis possiblement parce qu'on ne saura pas si elle l'a effectivement eue: il était inutile de la tester. Elle présentait des symptômes clairs de la maladie: son médecin, qu'elle devait voir la semaine dernière pour d'autres raisons, lui a dit de demeurer à la maison et d'attendre que les choses se tassent. Elle faisait de la fièvre et avait des douleurs musculaires intenses. Athlète reconnue, elle se sentait comme si un train lui avait passé dessus.

À mon école, on a assisté possiblement au premier cas d'élève grippé aujourd'hui. Il a été placé en retrait. On lui a donné un masque pour éviter que ses expectorations contaminent d'autres personnes et on a tenté de rejoindre ses parents. Il a fallu une heure avant d'y arriver.

Un détail: toute la direction de mon école était en réunion à l'extérieur et c'est une secrétaire qui a dû gérer le cas durant son heure de diner. Efficacité administrative.

Tout cela pour dire qu'il ne faut pas exagérer les choses et paniquer. On n'est plus au temps de la grippe espagnole. Les conditions de vie et les conditions sanitaires dans lesquelles on vit se sont améliorées. Et puis, il suffit de porter attention à quelques règles d'hygiène assez simples. Pour le reste, on attend de se faire vacciner.

27 octobre 2009

Un Halloween sans bonbon (ajout)

Tiens! Voilà la commission scolaire des Patriotes interdira les bonbons à l'école pour l'Halloween. Chez nous, c'est tout à fait l'inverse. Vive la cohérence!

À la place, on offrira aux élèves «du popcorn ou des croustilles de maïs, des jujubes à base de jus de fruit ou des muffins maison.»

Du pop corn, c'est santé? Des jujubes à base de jus de fruit, ce n'est pas bourré de sucre? Des muffins maison, quand on utilise des préparations commerciales, ce n'est pas bourré de gras?

PS Il y a toujours les muffins au «pot» qui pourraient mettre de la joie dans le coeur des enfants...

 
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