16 février 2012

Censure de «L'Hymne à l'amour»: 2+2=5 (ajout)

En réaction à ce prof de musique qui a écourté la chanson de «L'Hymne à l'amour» d'Édith Piaf parce qu'il ne voulait pas aborder le thème de Dieu.

Non seulement vous êtes un joyeux tarla mais que dire du porte-parole de votre commission scolaire!

«Il ne voulait pas aborder de thème religieux dans ce cours-là, d'où sa modification à la finale de la chanson,
a dit Éric Choinière, de la Commission scolaire, au réseau radiophonique Cogeco Nouvelles. Je ne suis pas mal à l'aise qu'on ait enlevé un petit bout pour ne pas aborder cette question dans un contexte laïque.» Un petit bout... Il y en a à qui il manque un petit bout, il faut croire.

Faque moi, suivant cette logique, je coupe la finale «2+2=5» du roman 1984 de George Orwell parce que j'enseigne le français.... et que je ne veux pas avoir affaire aux maths.

Non, mais quels crétins! Et ça enseigne et travaille auprès des jeunes.


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La vérité commence à sortir du sac si on lit cette citation d'une porte-parole de la commission scolaire en question. 

« Il faut comprendre que le contexte actuel dans lequel les enseignants exercent leur profession, où tout ce qui entoure les débats sur les accommodements raisonnables n'est pas pour l'instant balisé ou encadré, plusieurs éducateurs marchent sur des oeufs lorsque confrontés à ces questions. Il n'existe en effet pas, pour le moment, de manuel, de guide ou de texte légal permettant à l'enseignant d'orienter sa décision sur un sujet aussi délicat », explique encore la commission.

Je ne sais pas si quelqu'un à cette commission sait que l'école où a eu lieu cette entreprise de rectitude politique s'appelle Saint-Gabriel-Lalemant. SAINT-Gabriel-Lalement. Et cette chanson devait souligner la SAINT-Valentin.

Vite! Soyez logiques et bannissez-moi le mot «saint» au plus sacrant...

19 commentaires:

Jonathan Livingston a dit…

Le prof doit être jeune et plein de convictions! Les athées sont parfois fort militants. Moi, je trouve la situation assez marrante!

alairlibre a dit…

J'peux pas croire, J'peux pas croire, j'peux pas croire!!!!! Quand est-ce qu'on va arrêter de s'aplatir bon sang!!! La référence à 1984 est tellement pertinente qu'elle en fait peur.

Mais d'où vient cette psychose?? Pourquoi a-t-on si peur de parler de religion, même dans un contexte de poésie??? Pourquoi a-t-on gagné notre liberté d'expression si c'est pour se mettre soi-même un baillon???

Sans foi ni voix.

Gen la vilaine a dit…

Quand j'ai vu l'article hier sur le Web, j'ai bien dû le relire 2 ou 3 fois pour croire ce que je lisais... C'est d'un ridicule consommé. Qu'on sabote noël pour accommoder tout le monde, c'était déjà ben moyen comme idée mais là, si c'est rendu qu'on trafique des classiques de la chanson, je pense que ça frôle l'hystérie collective!

Anonyme a dit…

Respirons par le nez... On peut faire une erreur sans être imbécile!

gillac a dit…

Dire qu'il faudra aussi modifier l'hymne national car il n,est plus question de "porter la croix"...

Jonathan Livingston a dit…

On pourrait aussi couper le 2+2=5 parce que c'est faux!

Le professeur masqué a dit…

Anonyme: au risque de vous choquer, écourter une oeuvre trop longue, ça passe. Mais retirer un passage parce que tu ne veux pas aborder un thème religieux montre que tu es paresseux ou incompétent. Au pis, choisis une autre chanson au lieu de te mettre dans la merdouille.

Profquifesse a dit…

Il n'est nullement question de laïcité ici, comme l'indique votre ajout, mais de bête rectitude politique. Et je rajoute une couche en affirmant que c'est pire que de l'imbécillité, c'est de l'ignorance.

Pops a dit…

Tronquer une oeuvre, c'est un manque de respect à l'auteur.

Prof Malgré Tout a dit…

Come on. Le gars ou la fille change quelques mots dans une chanson et on en fait un plat. Y a ben le droit de faire ce qu'il veut. La job, c'est prof de musique. Pendant que tu te justifies et que tu es traîné sur la place publique, tu ne mets pas ton énergie à la bonne place : sur l'enseignement de la musique.

Quand je fais chanter aux élèves "le vieux dans le bas du fleuve", je change "calvaire" par "joualvert".

Ça rime, ça sonne et c'est moins de trouble et surtout, on en à rien à cirer. L'important, c'est le sujet, la signification de la chanson et surtout, par-dessus tout, la musique.

Ils tomberont un jour ou l'autre sur l'original.

Pops : Je ne suis pas d'accord, surtout quand ça vise des enfants. Ils auront bien le temps de connaître l'oeuvre dans son intégralité. On le fait régulièrement. Je peux initier les enfants à la Flûte enchantée de Mozart sans insister sur le fait que Monostatos (un noir!) veut violer Pamina... Vous considérez ça comme un manque de respect à Mozart?

Et pourtant, je me fais un plaisir d'expliquer or, myrrhe et encens aux petits musulmans.

Faut pas chercher des poux. J’adhère au premier commentaire de Jonathan : jeune prof...

Le professeur masqué a dit…

PMT: en soi, qu'on modifie une oeuvre, je m'en balance. Ça arrive. On fait ça tous les jours et la réaction de nos deux ministres éducatives et culturelles étaient aussi insignifiantes que les propos de la CS. «On ne touche pas à une oeuvre»... Pfff! Ben voyons donc. Et les remix? Et les covers? Et les pastiches?

Ce sont les raisons qui ont poussé le prof à enlever ce passage qui sont intéressantes. Il ne l'a pas fait pour la rime, la durée ou l'actualiser. Plus on en apprend, plus on comprend qu'il voulait éviter un débat religieux et offenser une minorité quelconque. C'est là, la bêtise. Modifier parce qu'on a peur.

leirum a dit…

S'il y en a qui pensent que cette situation est plutôt drôle, imaginez si ce n'était que le commencement.C'est complètement idiot de vouloir éliminer le mot Dieu d'une chanson. Et après ? va-t'on dire aux gens de ne pas aller dans les musées parce qu'on y voit des oeuvres saintes. Est-ce-que la multi-culturalité empris des ses droits d'accomodation (dé)raisonables va s'offuquer de cela aussi ?
Que fait ce professeur dans une école catholique dont le nom est SAINT Gabriel de l'Allemand ? ne devrait-t'il pas insister à un changement de nom pour cette école...DuH !!!

Prof Malgré Tout a dit…

PM :Il a préféré ne pas chercher le trouble. Sa job, c'est prof de musique. Il a peut-être voulu se concentrer sur la musique. Je sais, il aurait pu choisir une autre toune... Mais c'est fait. Je trouve qu'on fait un plat avec pas grand chose. Il me semble que c'est son choix et qu'on n'a pas à le juger. Laissons le faire son travail. Il y a des profs qui dénigrent les élèves, sont haineux, sont blasés.. Laissons le gars qui a changé quelques paroles en paix.

Prof Malgré Tout a dit…

Je viens d'écouter la chanson. Si le prof les accompagne au piano, il y a quelques mesures instrumentales avant la dernière phrase ( Dieu réuni ceux qui s'aime). Ça peut faire un creux avant la finale de la chanson, si on n'a pas l'orchestre ou des arrangements vocaux solides et cette dernière phrase peut être assez difficile à chanter et il y a risque que ça fausse et que ça s'écrase sur les dernières notes tenues. Les deux notes les plus importantes d'une interprétation devant un public de monsieurs et madames tout le monde sont la première et la dernière. Du méchant niaisage. Les parents qui se sont plaint pour ça doivent mener une vie très palpitante...

Le professeur masqué a dit…

PMT: tout ce que tu avances est intéressant, mais on ne sera pas d'accord. Le gars semble s'être écrasé devant la peur. Ça va être quoi le prochain truc: je ne ferai pas lire certains romans en classe parce qu'un personnage est un curé? Ça va être quoi la prochaine oeuvre autocensurée? Tu connais mon amour de la religion et du prosélytisme (...)

Le problème est qu'il a coupé l'oeuvre parce qu'il a eu la trouille. Ce qu'il y a d'aussi pire que le «terrorisme religieux» et les sectaires, ce sont ceux qui s'agenouillent quand on ne leur a rien demandé. Quand tu intègres et fais tien ce genre de comportement, tu as un méchant bout qui s'apparente à un colonisé de l'esprit. Tu n'asssumes pas, tu te nies.

Prof Malgré Tout a dit…

On présume qu'il a eu peur. La plainte des parents est venu après la prestation, non? De toute façon, je suis d'accord avec vous sur le fond. Par contre, je trouve que le champs de bataille est bien mal choisi. Le type a enlevé la dernière phrase d'une chanson, bordel. En plus, c'est une espèce de codetta, une rallonge. On ne connaît pas ce prof, ni ses intentions. Peut-être veut-il simplement enseigner la musique en paix? SI je monte un toune avec des élèves et qu'on me demande d'enlever un passage, j'ai le droit d'accepter. Faire plaisir à l'autre, ça ne veut pas dire piler sur ses principes. Ce n'est qu'une chanson, bordel. Tu ne veux pas la phrase sur dieu? Ben on l'enlève, c'est tout. Choose your fights. Gardons ça pour les vraies choses de la vie. Ce n'est qu'une chanson. La musique dans un contexte scolaire, c'est aussi un cadeau qu'on offre aux parents.

On peut mettre de l'eau dans notre vin, parfois. La musique devrait unir les gens et non la diviser. C'est un fait artistique et non politique. Si on me demandait dans le cadre de mon travail de ne pas chanter cette dernière phrase, j'accepterais sans problème. Que la demande viennent d'un enfant, d'un parent ou de mon boss. On n'est pas en présence d'un artiste qui livre son message, bordel!

J'ai deux chats qui m'aiment et j'adore jouer du Aerosmith avec le disque en buvant un verre de scotch. Mes enfants sont en santé et j'aime ma blonde.

Pourquoi s'accrocher à quelques paroles de chanson qui ne sont même pas de nous?

Le professeur masqué a dit…

PMT: le prof a décidé de couper le passage honni après discussion avec collègues et direction et avant la représentation. C'est l'aspect religieux qui posait potentiellement problème. Je ne sais pas: son école s'appelle Saint-Gabriel-Lalement. Ça, tout ce beau monde l'assume, par exemple. S'il avait dit qu'il avait fait la coupure pour des raisons musicales, on gage que ça aurait passé?

Tu vois, moi, ce qui m'embête, ce sont les gestionnaires et les cons qui décident de ne plus appeler Noël Noël, de ne pas mettre de décorations pour ne pas offenser les gens à l'édifice Guy-Favreau alors que personne ne s'était plaint de cela.

On a peur de ce qui n'existe même pas. On est trop et pas assez.

La coupure de ce passage est révélatrice. C'est comme les tôtons qui sont prêts à bazarder le primaire pour enseigner l'anglais à nos enfants quand ils ne savent même pas mettre les USA sur une carte et écrire leur langue maternelle.

Du grand n'importe quoi.

Prof Malgré Tout a dit…

Peu importe. D'utiliser un simple prof comme champ de bataille, c'est poche. Les élèves concernés ont 10 et 11 ans.

Y a une comédie musicale qui s'appelle Don Juan et qui massacre les originaux et le mythe. Personne ne dit rien. Mais là, c'est une p'tit prof, dans une p'tite école, avec des p'tits enfants et on pogne les nerfs.

Je ne suis pas d'accord avec Beauchamp et Saint-Pierre.

Il y a quelques années, les profs de musique au primaire ont reçu un document pédagogique sur la chanson québécoise. Dans le répertoire à chater, il y avait "le petit roi" de Ferland. Mes élèves du primaire avec les hormones qui s'éveillent n'ont pas chanté : "Je ne fais plus l'amour de la même manière".

Ça va, ou bien? Ils ont chanté : "je ne vois plus l'amour de la même manière" et je suis très fier de ma décision et je l'assume. J'ai d’ailleurs expliqué aux élèves le changement et pourquoi.

Come on... c'est un cour de musique au primaire, pas un champ de bataille. Même Dieu trouverait ça con.

Bon.. c'est l'heure des bains.

Profquifesse a dit…

Maille gode ! Intense échange ! Le pire, et malgré ce que j'en ai dit auparavant, je suis plutôt d'accord avec PMT. Je maintiens que la frilosité du prof est triste et relève de la sottise, et je serais sensible à l'argument de la codetta (la phrase incriminée est une deuxième finale rajoutée, et dont on peut se passer) si on s'était contenté d'appuyer la décision sur cet argument-là, argument musical, qui est le domaine du prof, et qui est donc son privilège. Mais je suis surtout renversé du ton dramatique et emphatique des réactions à cette coupure et j'ai les oreilles qui chauffent de tout le tintoin qu'on a fait autour de cette histoire somme toute anodine.