01 février 2012

Sénateur Boisvenu: «Moi, je dis toujours...»

Voilà les mots avec lesquels le sénateur Boisvenu a débuté sa déclaration d'aujourd'hui lors d'un point de presse impromptu avant un caucus conservateur, déclaration que l'on peut entendre clairement à la télé, mais qui est tronquée dans les reportages écrits. (ici et ici)

«Moi,  je le dis toujours, dans le fond,  il faudrait que chaque assassin (ait) le droit à sa corde dans sa cellule. Il décidera de sa vie.» Une déclaration qui a le mérite d'être clair, non?

Eh bien, non parce que le sénateur affirme qu'il est contre la peine de mort par principe, mais que, dans certaines circonstances, on pourrait «rouvrir le débat» tout en s'assurant que l'État fournisse une corde aux détenus pour qu'ils puissent se pendre (plus facilement, j'imagine).

Devant le brouhaha provoqué par sa déclaration, à sa sortie du caucus, le sénateur a indiqué que ses propos avaient dépassé sa pensée en ajoutant: «C'est un commentaire que je n'aurais pas dû faire. Je m'en excuse.»

Comment des propos peuvent dépasser notre pensée quand on les commence par «Comme je dis toujours...»? Doit-on en conclure que ses propos dépassent toujours sa pensée? C'est peut-être trop demander à quelqu'un qui est pour la vie, pour la peine de mort, contre l'avortement,  pour fournir des cordes aux assassins, contre la criminalité, pour la possession de certaines armes à feu sans permis et j'en passe.


En plus d'être animé par l'instinct de vengeance que l'on sait, M. Boisvenu est définitivement un piètre menteur. Mais il est aussi un couard parce qu'il a refusé toute demande d'entrevue pour défendre ou clarifier ses propos qu'il dit toujours...


Une dernière chose: ce sénateur a avancé l'argument économique pour défendre la peine de mort en indiquant que les couts de détention des meurtriers étaient élevés en faisant référence à la récente affaire Shafia. Or, il est généralement admis qu'il coute plus cher exécuter un meurtrier, aux États-Unis par exemple, que de le garder en prison à vie. Il y a bien sûr des exceptions. Peut-être M. Boisvenu est-il un émule du système de justice chinois où même la balle qui a servi à abattre le condamné est facturée à la famille de celui-ci...


Pendnat que ce bouffon distrait les foules avec des propos ne concernant que quelques criminels, les véritables bandits, les gros narcotrafiquants ou les fraudeurs patentés en cravate poussent à la pauvreté et à la mort bien plus de gens que n'en ont tué tous les meurtriers en série canadien. Mais ceux-là, on évite de les déranger.

28 commentaires:

lacoste a dit…

J'ai entendu monsieur Boismenu dire qu'il regettait ses propos. Cependant ceci est une belle illustration du danger des référendums d'initiative populaire. Sous le coup de l'émotion du moment il peut arriver que l'on remettre en question les progrès de notre société. Même si c'est tentant et source de défoulement, il ne serait pas si difficile de convaincre sur le coup de l'émotion une majorité de la population de réinstaller la peine de mort. Ce serait vraiment dommage.

Le professeur masqué a dit…

Lacoste: effectivement, l'émotion et les votes donnent parfois de droles de mélanges. Je ne crois pas que M. Bienvenu regrette vraiment ses propos, en passant. Il parle d'une déclaration malhabile, qu'il n'aurait pas dû faire publiquement....

gilles lacoste a dit…

Je vous donne raison sur le fait que ce n'est pas un hasard que ces paroles soient sorties de sa bouche.

Anonyme a dit…

... et Martineau qui en rajoute une couche.

http://martineau.blogue.canoe.ca/2012/02/01/boisvenu_et_les_hypocrites

LeProf

Le professeur masqué a dit…

Plus débile encore, le commentaire de Johanne Marcotte sur Cyberpresse:

«Éric Duhaime affirme qu’il faut laisser les familles et proches des victimes décider du sort des meurtriers. Il a raison et il est en accord avec les principes de la liberté.»
Criss... c'est un des principes de la charia!


Et le Duhaime qui ajoute: «Cessez de vous acharner sur cet homme-martyr. Vous êtes comme ceux qui attaquait Dreyfus».

Ceux qui attaquaient Dreyfus étaient animés d’un antisémitisme notoire et préconisaient des valeurs bien loin de ceux qui s’en prennent aux propos de M. Boisvenu. Dreyfus a été victime d’une erreur judiciaire et certains politiciens de l’époque – aux allures de M, Boisvenu – étaient même déçus que la peine de mort ait été abolie… Pas fort comme rapprochement. La culture, c’est beau, mais à trop l’étendre…

gilles lacoste a dit…

En visitant quelques blogues avec commentaires, j,ai été estomaqué par le nombre de personnes en accord avec Boismenu. À quelqu'un qui lui demandait son opinion sur la civilisation, Einstein aurait répondu: ce serait une bonne idée...

Le professeur masqué a dit…

Je suis content de ne pas hurler avec les loups.

Croire qu'on sauverait de l'argent en frais de détention avec la peine de mort est une fausseté. Aux États-Unis, les procès et les appels concernant des causes menant à la peine capitale coutent plus cher que la simple détention. Et on ne parle pas d'erreurs judiciaires.

Comme le souligne un intervenant: «Si je comprends bien, le Sénateur Boisvenu aurait placé une corde dans la cellule de David Milgaard, qui a purgé 23 ans d’emprisonnement pour un meurtre qu’il n’avait pas commis, pour l’inciter au suicide. Ou alors, dans celle de Michel Dumont, qui passé 34 mois en prison pour un viol qu’il n’a pas commis. Ou pourquoi pas dans la cellule Guy-Paul Morin, condamné à tort en Ontario pour le meurtre d’une fillette.»

Loulou a dit…

Je vous lis tous, j'ai entendu Boisvenu. Je suis sacandalisée, inquiète...
Lorsqu'on lit les commentaires de la page Facebook du téléjournal, on peut y lire des commentaires qui bêtement, ma foi, appuient ses propos.
Comme dirait le responsable de ce blogue on est à un poil de la charia.
Pourquoi est-ce toujours ceux qui condamnent qui sont les premiers à créer le problème?

Marc St-Pierre a dit…

"La culture, c’est beau, mais à trop l’étendre…"

En fait, PM, la culture c'est un peu comme les confitures: moins on en a, plus on l'étend !

Anonyme a dit…

Boisvenu!!!!!!!!! Il a avancé que la peine de mort dans ces cas-là serait alors désirable pour des raisons économiques. ECONOMIQUE!!! Une vie humaine=Économie. Bravo pour l'équation!!!! Combien ça nous coute d'avoir un sénateur aussi idiot que ça!!! En v'la une autre équation. Nous (Canada et le Québec) avons choisit une société civilisé en choisissant la réhabilitation. Comparez les pays qui ont des propos tel que BOIVENU; les USA, la Chine, le Moyen Orient etc. Et comparez vous avec ceux qui ont choisi une société civilisé; l'europe.... Une société civilisé est libre; il y aurait toujours des lacunes, des drames mais elle(la société) sera toujours libres Maintenant Monsieur Boisvenu je vous suggère de faire votre deuil chez vous et non au sénat CONSERVATEUR. MM

Anonyme a dit…

Félicitations PM !

Pour une rare fois, vous avez bien écrit le nom du sénateur. Il ne lui reste qu'à avoir des propos si sensés que vous ne serez plus tenté d'en parler.

Le professeur masqué a dit…

Anonyme: Ouaip. J'ai fait un effort... :)

La mère qui s'pense meilleure que les autres a dit…

Eh bien je vais être la seule emmerdeuse du lot je crois bien...

Car moi, je fais partie des non-scandalisées et de ceux qui, nombreux, croient que la peine de mort a sa place, dans des cas rarissismes et exceptionnels, mais sa place tout de même.

Et je crois, comme cet abruti monstrueux de Duhaime, qu'en effet, la seule vraie justice serait d'octroyer, par tribunal, le droit aux proches des victimes de décider du sort d'un criminel: passage à tabac pendant quelques heures, vie, mort. Dans des cas rarissimes et exceptionnels. Alors si le père et la mère d'une petite fille violée, filmée et assassinée par un monstre décident qu'ils veulent passer, avec les oncles de la petite fille, quatre heures seuls à seul avec le monstre, ce serait justice. Et si, après ces 4 heures, le monstre est mort, soit. On n'embête pas la famille. Et si, au contraire, ils le laissent en vie, soit. On le ship alors en prison pour le reste de ses jours.

Je crois que ce serait beaucoup plus humain, ça, que ce que doivent endurer actuellement les familles des victimes dans de trop nombreux cas: l'impression tenace que le salopard qui a ruiné leur vie n'a jamais payé pour ça, et que nous n'avons jamais pu évacuer notre rage, à ses dépens. Je me demande quand on pourra évaluer le nombre de morts que cette injustice aura faite chez les familles de victimes, rendues malades par la colère et le ressentiment, à vie.

Pour ce qui est du suicide, je ne vois pas de quel droit on interdit aux détenus de mettre fin à leur jour s'ils en ont envie. On fait tout pour qu'ils ne puissent pas le faire! La mode des pantalons qui tombent aux genous, elle vient de là, vous savez: les détenus se font confisquer leur ceinture, en prison, parce qu'ils pourraient l'utiliser pour se pendre (ou "suicider" leur voisin). Alors les détenus ont les pantalons tombant.

Devrait-on interdire la vente de corde dans toutes les quincailleries du monde pour éviter les suicides??? On est pas en train de virer un peu débiles à force de vouloir sauver la morale??

Le professeur masqué a dit…

Mère: le problème avec M. Harper est qu'une fois qu'il ouvre une porte, il l'ouvre toute grande.

Ainsi, depuis l'arrivée au pouvoir des Conservateurs, notre gouvernement a pour politique à l'étranger de ne plus «solliciter automatiquement la clémence pour les Canadiens condamnés à mort, surtout pas pour des meurtriers en série, à la suite de procès qui sont tenus dans des pays démocratiques.» C'est en se basant sur cela que le Canada a retiré son soutien à Ron Smith, qui a tué deux personnes aux États-Unis. Or, gouvernement démocratique n'est pas gage d'efficacité judiciaire, surtout quand on pense au tas d'erreurs judiciaires dans ce pays... Je ne défends pas les gestes posés par Ron Smith, mais on est loin d'une série quand on parle de deux... Voilà un exemple très clair de la façon de penser du gouvernement Harper.

De plus, mettre une corde dans la cellule des assassins (propos de M. Boisvenu - et pas uniquement dans le cas des meurtriers en série) est une incitation au suicide, ce qui est un crime. Et je ne suis pas un criminelle. Il y a un monde de différence entre souhaiter la mort de quelqu'un et lui fournir la corde! Il est paradoxal de voir des partisans de la loi et l'ordre contrevenir à ce qu'ils prêchent. C'est bien parce que c'est la justice de vengeance qui les anime et non pas la justice basée sur le droit tel qu'on le connait habituellement.

D'ailleurs, n'est-il pas paradoxal de savoir que M. Boisvenu, qui siège sur un comité du Sénat sur le projet de loi C-10, ne pourrait même pas siéger dans un jury. Il serait déclaré inhabile à le faire en raison de son passé, de ses déclarations intempestives... Encore un écart entre le discours prôné (loi et ordre) et le comportement (irrespect de la loi).

Mère, votre justice du Talion rend simplement la famille semblable au présumé coupable. Elle oublie simplement que l'erreur st possible. Il existe des cas connus d'erreurs judiciaires au Canada. Pensons à Miche Dumont, Réjean Hinse, David Milgaard et bien d'autres ont été reconnu coupables de meurtre. Ces gens auraient pu être votre mari, votre frère, votre enfant. Cela aurait pu être vous! Vous accepterez que notre société mette une corde dans la cellule d'innocents généralement dépressifs parce que reconnus coupables d'un crime qu'ils n'ont pas commis? Dans tous les cas cités, le système judiciaire était convaincu de culpabilité de ces individus au point même d'inventer des preuves. Vous accepteriez qu'on donne le droit de battre ces êtres humains pour ensuite découvrir leur innocence?

La colère n'est jamais bonne conseillère. Elle fait commettre elle aussi des erreurs irréparables. Je crois difficilement à la réhabilitation de certains types d'individus, mais je n'ai pas envie de me venger et de leur ressembler en ayant, à cause d'eux, de la colère et la mort d'innocents sur la conscience.

Quant à votre dernière phrase, vous conviendrez avec moi qu'elle est un peu... Il y a un monde de différence entre la vente lire d'une corde et la fournir à des individus dans une cellule. Si ça peut apaiser la colère et la vengeance de M. Boisvenu, il y a déjà des détenus qui se suicident sans qu'on leur fournisse la corde. Quant à moi, cet homme est un dangereux malade. Quant à Duhaime, vous avez raison, c'est un «abruti monstrueux». Il a une morale à géométrie variable.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2011/04/14/001-hinse-indemnisation-victime.shtml

http://www.radio-canada.ca/regions/alberta/2012/02/04/001-ron-smith-famille.shtml

La mère qui s'pense meilleure que les autres a dit…

Ces histoires de possibles erreurs, une chance qu'elles existent! sinon, il ne resterait pas grand chose comme argument. Ça revient constamment, parce que, bien sûr, c'est arrivé. Il y a eu des erreurs judiciaires, eh oui.

Mais justement, prof Masqué, quand on parle de rarissimes cas, on parle, de nos jours, des cas où l'on a des preuves vidéos (ces monstres qui violent des enfants en se filmant pour pouvoir continuer à se masturber sur leurs images, par après, et marchander d'autres images sur internet!). Je sais pas, mais si je vois ces images, je ne vois VRAIMENT PAS ce qui pourrait me faire croire qu'on risque de faire erreur en le pendant haut et court, ce monstre. Il y a aussi de nos jours quelque chose que l'on appelle l'ADN et qui est franchement une révolution, permettant de ne plus faire les erreurs qu'on a faites dans le passé, et qui ont même souvent permis de corriger des erreurs commises.

Alors je ne vois pas comment on peut continuer à s'opposer à la peine de mort en parlant de ces possibles erreurs judiciaires. C'est le "dernier recours". S'il n'y a pas ce genre de preuves, béton, irréfutables, alors c'est simple! on ne zigouille pas! mais si on a des preuves aussi solides que l'ADN ou la vidéo, franchement, ça ne m'émeut pas tellement qu'on brandisse le spectre de la possible terrible erreur judiciaire.

Quant à la colère qui est supposément une si mauvaise conseillère, ça aussi, à mon avis, c'est un non-argument. Quand va-t-on respecter l'incommensurable douleur de parents qui ont perdu leur enfant assassiné? Oui, leur opinion mérite sérieusement qu'on s'y attarde, aussi dérangeante soit-elle. Il faut les écouter. Et pour deux parents qui souffrent le martyre, combien d'autres, quand ils entendent les nouvelles, en souffrent aussi? à répétition? pour chaque injustice et pour chaque crime odieux impuni de façon vraiment sévère?

Non, non plus, je ne considère pas du tout qu'il soit juste de mettre sur un pied d'égalité une famille qui vengerait leur mort et le monstre qui a tué. Ce n'est tellement pas pareil! Je n'ai aucune envie d'émasculer un étranger juste pour le plaisir de le voir souffrir. Mais si un monstre devait s'attaquer à mes enfants, les agresser, les tuer, alors là, aucun doute possible: je voudrais, de mes propres mains idéalement, l'émasculer...

Si des gens en arrivent à parler comme je le fais (et il y en a beaucoup! encore faut-il fréquenter les blogues et les sites du "vrai monde"), c'est parce que nous avons de la colère accumulée, sur des années. De la colère contre tous les gens qui nous ont agressé d'une manière ou d'une autre et qui s'en sont sortis indemnes, et de la colère contre tous les monstres qui ont été libérés ou qui ont reçu des sentences bonbons.

La santé psychique du peuple, il faut s'en soucier. Chaque fois qu'un Guy Turcotte s'en sort avec une claque dans le dos, combien de gens comme moi creusent un peu plus leur colère? et cette colère, à long terme, que fait-elle à notre santé?

La vengeance, le sentiment que celui qui a fait du mal a payé, c'est nécessaire à notre santé psychique.

Boivenu n'est pas un dangereux malade. Celui qui était un dangereux malade, c'est celui qui a tué sa fille. Boivenu, c'est un homme qui souffre, et qui en a tous les droits, et dont l'opinion vaut la peine d'être écoutée à ce titre-là.

Quant à Duhaime, je ne le connais pas suffisement pour me prononcer. Mais il est de droite, ce qui, pour beaucoup, suffit à en faire un abruti monstrueux...

Le professeur masqué a dit…

M. Boisvenu est un dangereux malade parce que c'est malade qui s'ignore et qui a du pouvoir. Il n'écoute que sa vengeance et ne tient compte d'aucun argument. Il parle des économies reliées à la peine de mort alors que tout le monde d'un peu équilibré et honnête sait que c'est un mythe. Son argumentation dans le cas des Shafia était d'une bêtise... Il a réussi à monter contre lui bien des gens du système judiciaire québécois. Il faut le faire.

Quant à Duhaime, c'est un clown qui se prend au sérieux. Argumentation à géométrie variable.

En passant, avez-vous le film Avatar? Je l'ai écouté en vidéo. Pourtant, il n'existe pas de petits bonshommes bleus. La science réduit l'erreur: elle ne l'élimine pas. La peine de mort tue à 100%. La justice ne peut prétendre à cette efficacité.

Vous semblez désolée que les erreurs judiciaires existent et empêchent l'application de la peine de mort. Moi, je suis désolé que des crimes existent et qu'on songe à la peine de mort.

En plus du risque d'erreur judiciaire, je ne crois pas à la délivrance par la vengeance. Je ne crois pas à la loi du Talion. Je ne veux pas m'abaisser au niveau de la bête que je combats, ni lui ressembler. J'aurais alors perdu parce que je l'aurais rejoint dans son enfer, dans ses ténèbres. Mon éthique morale s'y refuse même si je comprends la colère.

La mère qui s'pense meilleure que les autres a dit…

Vous savez, les gens qui ne peuvent pas vous opposer d'arguments suffisament solides pour vous faire changer d'avis, ils se tairont, et garderont pour eux leurs vraies pensées. C'est tout. Ce n'est pas en culpabilisant les gens qui ressentent le besoin de se sentir vengé que vous allez les faire changer d'avis.

Les risques d'erreurs sont infimes, minimes, de nos jours. La science et la technologie ont permis cela. Pour en arriver à condamner un type à mort, il faudrait ces preuves irréfutables là. Et des preuves de ce genre, on en a eues archi souvent.

Quant aux frais entourant la peine de mort, je n'en sais strictement rien. Mais j'ai comme l'impression que si on ne laissait pas poireauter les condamnés à mort pendant 10 ou 15 ans dans les prisons, ça coûterait pas mal moins cher...

"Il a réussi à monter contre lui bien des gens du système judiciaire québécois. Il faut le faire."

Eh bien moi, j'ai entendu parler de beaauuuucoup de sympathie à l'égard de Boisvenu et de ses propos. C'était clairement maladroit, mais c'était aussi, très clairement, le reflet de l'opinion de beaucoup de monde. Y compris de gentils québécois bien élevés.

La mère qui s'pense meilleure que les autres a dit…

Ajout: la pression qu'exercent les élites et les bonnes gens sur les personnes qui ont vécu un drame, pression de pardonner, de ne pas vouloir se venger, la culpabilisation en leur disant que vouloir se venger c'est s'abaisser au niveau du criminel (ce qui est totalement différent), c'est selon moi, leur manquer de considération en ajoutant au poids de leur souffrance. Car en plus de devoir vivre avec la souffrance chaque jour de leur vie, ils doivent maintenant composer avec la honte que vous leur faites ressentir de vouloir voir souffrir le coupable, désir pourtant profondément humain.

On se rend malade à vouloir atteindre cet idéal tibétain. On se gruge de l'intérieur.

Les proches de victimes de crimes odieux ont droit à leur colère, et ont droit à leur vengeance. Idéalement, ça sert à ça, les tribunaux.

Le professeur masqué a dit…

«Ce n'est pas en culpabilisant les gens qui ressentent le besoin de se sentir vengé que vous allez les faire changer d'avis.» Alors, on fait comment? On leur dit: La vengeance est un beau sentiment qui résoud tout. Pourquoi ne pas enseigner la vengeance à l'école tant qu'à y être?

«Pour en arriver à condamner un type à mort, il faudrait ces preuves irréfutables là. Et des preuves de ce genre, on en a eues archi souvent.» Tellement souvent que des états américains songent à renoncer devant les erreurs que la justice fait. Tant mieux si archi souvent vous suffit. Allez en parler à Milggard, Hinse et compagnie. Ils appartiennent à la quantité négligeable que vous êtes prête à sacrifier. Oups! On s'excuse. On a tué votre mari par erreur. Je ne ferai pas de l'État un meurtrier qui tue des innocents.

«Mais j'ai comme l'impression..» Dépassez le stade des impressions et allez du côté des faits. Un détenu condamné à mort aux États-Unis coute trois fois plus cher qu'un détenu «normal.» Il faut environ 15 ans pour les jugements et les appels menant à la peine capitale. Faites le calcul. Là encore, pour des raisons d'économie, des États-Unis songent à renoncer à la peine capitale. Le sénateur Boisvenu qui est grassement payé devrait le savoir. Ou il ne fait pas ses devoirs ou il est malhonnête.

«Eh bien moi, j'ai entendu parler de beaauuuucoup de sympathie à l'égard de Boisvenu et de ses propos.» Ce «beaucoup de monde» n'a aucun lien avec le monde judiciaire. Quand le ministre de la Justice du Québec, les porte-paroles de toutes les oppositions canadienne et québécoise, le Barreau du Québec, des regroupements d'avocats estiment que M. Boisvenu se met souvent les pied dans les plats...

Sur ce, On jase. Bonne fin de soirée.

Le professeur masqué a dit…

Personnellement, pendant qu'on parle de corde et d'assassin, les criminels en cravate continuent à empocher des millions de dollars et les fraudeurs gouvernementaux ne sont pas inquiétés alors qu'on manque d'argent pour les écoles et les hôpitaux.. Et là-dessus, le sénateur ne fait rien.

Le professeur masqué a dit…

«Les proches de victimes de crimes odieux ont droit à leur colère, et ont droit à leur vengeance. Idéalement, ça sert à ça, les tribunaux.»

Désolé, les tribunaux servent à rendre la justice, pas la vengeance. Du moins, dans les nations civilisées. La Charia, par contre, plairait bien à M. Boisvenu.

Marc St-Pierre a dit…

La vie est sacrée. Tuer quelqu'un est le pire des crimes. Le pire des crimes doit être puni et la peine de mort doit être appliquée. Comme injonction paradoxale, difficile de faire mieux. À ce compte-là, battons les enfants violents, menaçons et harcelons sans relâche les intimidateurs.

Je pense bien que c'est Gandhi qui disait que nous devions, dans nos vies, être le changement que nous voulons pour le monde. Ohhh boy....

Le professeur masqué a dit…

M" St-Pierre: je ne pourrais être éducateur et pour la peine de mort.

La mère qui s'pense meilleure que les autres a dit…

Je ne sais pas si vous êtes croyants. Moi, je ne le suis pas, mais je l'ai déjà été.

La majorité des croyants croient que dans la vie d'après, tous ceux qui ont commis des crimes et fait souffrir des gens vont payer pour. Ils croient que c'est Dieu qui va les punir, et que c'est Dieu qui va les faire souffrir, les faire payer. C'est tellement rassurant de croire qu'un salopard qui s'en tire ici, va se faire rattraper de l'autre bord. Combien de croyants se raccrochent encore et toujours à cet espoir? J'en ai entendu toute ma vie, des gens, de bonnes gens, des "contre-la-peine-de-mort-parce-que-c'est-inhumain" dire "Dieu va s'occuper de lui, et il va payer cher, de l'autre bord." Et ouf, que ça fait du bien de croire à ça! Ouf! je me souviens de moi-même, à une autre époque, quand j'y croyais. Ça soulageait.

De nos jours, il y a beaucoup moins de croyants. Comme moi.

La vengeance et l'impression que les gens qui commettent des crimes souffrent et payent pour ce crime, on la veut ici, sur terre. Pas dans un haut-delà auquel on ne croit même plus.

Est-ce plus humain de souhaiter que les assassins payent de l'autre bord?

"Les tribunaux servent à rendre la justice." Et c'est quoi, la justice si ce n'est s'assurer qu'un criminel vivra des moments pénibles en paiement de ce qu'il a fait vivre à d'autres?

La justice, ce n'est pas la réhabilitation. La justice, c'est une vengeance organisée par la société. Mais cette vengeance est de moins en moins satisfaisante pour une importante proportion des électeurs. Alors même s'ils ne sont pas des gens des milieux judiciaires, comme vous dites, Prof Masqué, leur opinion va compter quand même.

Je crois qu'on en serait pas arrivé à voir un tel retour de la popularité de l'idée de peine de mort si la vengeance du peuple (la justice) avait été à la hauteur. Mais désolée, notre justice est une parodie. Une blague. Les criminels sont mieux traités que leurs victimes. Félicitations, bien-pensants de gauche.

La mère qui s'pense meilleure que les autres a dit…

Prof Masqué, sauf vot' respect, les deux cas que vous me donnez en exemple ne tiennent pas la route.

Milgaard et Hinse. Ont-ils été condamnés à mort? Ni l'un ni l'autre. Alors pourquoi dites-vous que je serais prête à les "sacrifier"?

Deuxio: ce sont deux condamnations pour des crimes qui ont été commis AVANT que la science de l'ADN ne soit utilisée. D'ailleurs, Milgaard a été INNOCENTÉ grâce à l'ADN. Si je suis votre logique: devrions-nous considérer que nous avons peut-être fait erreur en l'innocentant?

Tertio: Si nous risquons de faire des erreurs en envoyant en prison des criminels, suggérez-vous que nous n'ayons plus de prisons? car des erreurs comme celles que vous me citez, si elles sont toujours possibles aujourd'hui, peut-être ne devrions-nous plus condamner personne à la prison...

On jase là...

Le professeur masqué a dit…

À propos des preuves scientifiques:

http://www.cyberpresse.ca/sciences/decouvertes/201202/27/01-4500234-demasques.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B2_sciences_265_accueil_POS1

Unknown a dit…

Je m’oppose à la peine de mort comme supposé punition.
Je m’oppose également au Gouvernement Harper et à son larbin le sénateur Boisvenu.

De tout temps, on a cru que de tuer un prisonnier réglait un problème ou pouvait servir d’exemple.

De nos jours cette peine est remise en question. Pas pour favoriser les criminels mais parce qu’elle est injuste, souvent raciste et discriminatoire.

Dans un monde civilisé, on doit baser nos choix et nos décisions en fonction des statistiques et des spécialistes. Pas en fonction de nos impressions ou de notre ressentiment.

Le tribunal n’est pas là pour la vengeance mais pour la justice. Le sénateur Boisvenu en a gros sur le cœur et avec raison. Toutefois son statut l’oblige à un devoir de retenu. Sa position l’oblige à parler au nom de la raison appuyé par la science et pas par son cœur. S’il ne peut pas le faire alors il doit démissionner. Ses gestes nuisent tant aux victimes qu’aux criminels. Le Canada, et particulièrement au Québec, a fait un choix de réhabilitation. Les résultats sont là et prouvent que le choix est correct.

Peut-on faire mieux? Oui! Mais pas par la répression !

Au lieu de bâtir des prisons, construisez des hôpitaux et soignez les 20% de malades mentaux en prison (Québec Science novembre 2011).

Au lieu de bâtir des prisons, agissez sur la pauvreté qui est source de criminalité!

Au lieu de bâtir des prisons, assurez-vous que toutes personnes en détresses puissent trouver de l’aide facilement.

Personnellement, j’aime mieux savoir que la peine de mort n’existe pas et que nos criminels sont biens traités en vue d’une réhabilitation que de voir l’un de mes fils ou de mes proches injustement enfermés et privés de ces droits.

La mère qui s'pense meilleure que les autres a dit…

Je ne suis pas d'accord avec vous. Bien sûr.

Malgré vos hôpitaux pour soigner, malgré l'éradication de la pauvreté, et malgré l'aide qui serait disponible pour tous ceux qui en auraient besoin (juste d'écrire ça, vous ne réalisez pas à quel point vos idées sont déconnectées de la réalité???), malgré ce monde rose idéal que vous imaginez dans vos rêves, vous n'arriveriez jamais à éradiquer la criminalité, car il n'y a aucune façon de garantir un monde sans blessure, sans peine, sans frustration, sans maladie.

Je crois que de refuser la répression comme vous le faites est manquer de respect pour l'être humain, carrément. À force de rêver et de chercher à atteindre des idéaux de plus en plus éloignés de l'humain, on finit par en arriver à un modèle de société plus dangereux encore, et plus criminogène, justement, alors que c'est ce qu'on cherchait à éviter...