14 mai 2012

Démission de Line Beauchamp (ajout)

La question mérite d'être posée: Line Beauchamp a-t-elle démissionné parce qu'elle était écoeurée de la politique ou parce que le PM l'a-t-il en quelque sorte poussée vers la sortie?

Honnêtement, je penche pour une hypothèse hybride. C'est-à-dire qu'elle a réalisé qu'elle n'avait plus la confiance du premier ministre et qu'elle a décidé de tout lâcher.  Que Mme Beauchamp cède son poste de ministre de l'Éducation, c'est une chose. Qu'elle quitte son poste de députée, c'en est une autre et c'est très révélateur de quelque chose de plus profond, de majeure comme décision.

Sans me livrer à une analyse du passage de Mme Beauchamp à l'éducation, on ne peut pas dire qu'elle aurait marqué celui-ci. Et les dernières semaines du conflit étudiant auront laissé un gout amer dans l'air, notamment quant à la personnalisation de cette crise. Qu'on pense à la saga des lunettes brisées dans le bureau de comté de la ministre. Elle a beau blâmer les leaders étudiants pour l'échec des négociations actuelles, je crois que c'est davantage vers son chef et le gouvernement auquel elle appartenait qu'elle aurait pu adresser ses plus sévères critiques.

Pour ma part, j'ai immédiatement pensé au retour de Mme Courchesne à cette fonction. Elle connait le MELS, elle a assisté aux négociations avec les étudiants, elle est responsable du Conseil du Trésor. Trois bons points pour elle qui est appelée en relève dans un climat catastrophe. Reste à savoir quelle ligne de conduite le premier ministre lui demandera de suivre. Je parie pour la ligne dure.

Chose certaine: dans une crise aussi profonde, je n'ai jamais vu autant d'amateurisme gouvernemental. Que les étudiants et leurs leaders «échappent» le ballon peut être compréhensible sans être acceptable. Que des ministres et un premier ministre soient si incapables, j'en suis pantois.

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En passant, quelle photo incroyable! L'ancienne qui se passe la main dans les cheveux,  le regard au loin, symbole de liberté et de décontraction, et la nouvelle, stoïque, le regard vers la bas, qui se dévoue pour son chef.

En passant, j'ai mis un nouveau sondage sur ma page.

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Denis Lessard, de La Presse, sous-entend que la ministre manquait d'appui dans un cabinet de faucons presser d,en finir avec la crise...

9 commentaires:

Anonyme a dit…

J'espère sincèrement que Mme Beauchamp a sacré son camp par manque d'appui du PM. J'ai hâte de voir ce que fera Mme Courchesne devant les étudiants.

P ;)

Pops a dit…

Il est fou de constater qu'une minorité puisse brimer à ce point une majorité et même contrevenir à un ordre de la cour.

Il est fou de constater que la plupart des médias, des syndicats, des groupes de pressions, des professeurs ne s'en offusquent même pas!

Bref, on voit bien de quel bord ça penche et qu'il y a une certain caution de la violence. On envole le message qu'il faut négocier avec des violents... On voit une certaine nostalgie d'une époque [heureusement] révolue (mai 68).

On parle beaucoup de démocratie. Rien n'est démocratique dans l'attitude des étudiants anarcho-communiste bloquant les institutions académiques et prônant la violence.

À ce sujet, Margaret Thatchet répond parfaitement à cela, ce qui nous fait cruellement défaut :

http://youtu.be/Uhsl0QHSDWE?t=43s

Pour madame Beauchamp, son attitude est lâche. Ou alors, elle démontre qu'elle n'avait pas la trempe d'un vrai leader. Aller hop! À la première "vraie" "crise", elle jette l'éponge. Et dire qu'elle était vice-première ministre. Je n'ose imaginer un scénario farfelue à l'époque de la crise d'Oka. Le premier ministre meurt et l'intérim est assuré par la v-p Beauchamp. Qu'aurait-elle fait devant les indiens armés? Elle aurait abdiqué?

Jonathan Livingston a dit…

Problème de Pops-up?

Peut-on insinuer de la grosse mise en scène dans cette annonce? Enfin, je repense au mot de Ghandi qui disait à cette dame qui lui posait une question sur ce quel devrait faire. Il ne savait pas. Jusqu'au moment, ou un peu plus tard ayant passé par une expérience semblable, il put lui dire son opinion. (j'ai oublié les détails, mais bon).

Pour ma part, et cette photo justement va dans ce sens, si j'avais mal dormi et mal vécu avec tout le battage de cette longue aventure qui n'en finissait plus, je serais peut-être aussi assez content d'aller voir ailleurs si j'y suis! Il est évident qu'elle vivait mal le conflit depuis un certain temps... Et si, en plus, dans l'équipe on ne me faisait plus confiance...

Le professeur masqué a dit…

Je m'attends à une position plus dure. Les leaders étudiants s'illusionnent s'ils pensent que Courchesne sera plus conciliante. Il fallait ramasser leurs gains avant qu'un des joueurs se retire de la table. Plusieurs de leurs revendications, dont je ne conteste pas la légitimité, relèvent plus d'une élection générale. Le mouvement s'essouffle tout en se radicalisant. Ça pourrait être laid...

Jonathan Livingston a dit…

On a vu Legault, avant-hier, dire à tout le monde que le gouvernement avait une très mauvaise stratégie de communication de ses concessions faites aux étudiants et, effectivement, je ne trouve pas grand chose sur le Net au sujet des ajustements de l'aide financière que le gouvernement aurait consenti.

Je n'ai pas suivi à chaque pas le conflit. Quelqu'un connait une bonne synthèse de ce qui est exactement sur la table en ce moment à la veille d'une loi spéciale?

Siocnarf a dit…

Cher Pops,

Actuellement, notre gouvernement n’essaie pas sérieusement de résoudre ce problème. Il tente d’utiliser ces forces policières et judiciaire pour judiciariser un conflit social.

Le gouvernement n’a pas carte blanche pour faire tout ce qu’il veut. En tout temps, il doit rendre des comptes et il se doit d’être à l’écoute. Les médias font croire que la population est derrière le gouvernement mais ce que j’ai vu, c’était des sondages bidon de 500 ou 600 noms que l’on répartissait à l’échelle provinciale.

Le gouvernement est responsable de cette crise et il tente de le régler par une approche autoritaire. Ce gouvernement se rend compte qu’une portion de la population et plusieurs de ses députés sont partisans d’une telle approche. C’est malheureux car je ne perçois pas notre province ni notre classe dirigeante ainsi.

J’ose croire que nos dirigeants préfèrent la voie facile à celle plus laborieuse de la négociation. Le port des masque est mal alors on l’interdit (a+b=c), les étudiants bafouent notre état de droits alors on amène les injonctions.

Pourtant dans tous les pays lorsqu’une portion de la population se juge injustement traité et que l’écoute n’est pas présente, ceux-ci se tiennent debout jusqu’au bout.

Est-ce que le gouvernement actuel agit différemment avec ses employés ? Absolument par car il a décrété les conditions de travail. Pourquoi négocier alors qu’il est si facile de décréter. Mais ses employés n’ont pas la cohésion nécessaire et ont beaucoup à perdre. Les étudiants n’ont pas grand-chose à perdre. Le gouvernement est puni par là où il pêche.

Il semble actuellement que le gouvernement cherche une fois de plus à radicaliser le débat avec une loi spéciale. C’est un geste malheureux de plus.

Par le passé, nous avons eu un gouvernement qui avait passé une loi de retour au travail et les employés avaient tenu bon. Les chefs syndicaux avaient même été en prison. Mais le gouvernement avait été obligé de négocier. Pourquoi en arriver là ?

François Racine

Anonyme a dit…

Je pense que Line Beauchamp n'a pas eu besoin qu'on lui montre la porte de sortie: elle est assez intelligente pour la prendre elle-même quand elle voit que son patron se sert d'elle comme bouc émissaire. Actuellement elle doit rager en entendant parler d'une loi spéciale promulguée par celui qui l'a sacrifiée.

Profquifesse a dit…

Anonyme : tout au contraire, je pense qu'elle est partie entre autre parce qu'elle refusait d'assumer l'odieux d'une loi spéciale.

Anonyme a dit…

Je pense pour l'hypothèse de Richard Martineau, elle ne voulait pas être associé à la loi spéciale.