25 juin 2013

Les ... grilles de correction

Quoi de plus enrageant que de corriger une production écrite en devant respecter les critères et les contraintes des grilles de correction savamment concoctées par les commissions scolaires et le ministère...

Au niveau du contenu, l'échec est quasi impossible. Si l'élève maitrise la structure demandée et sait rédiger une introduction moyenne, il obtiendra un 40 sur 55 avec un développement très ordinaire.

Au niveau de la qualité de l'écriture, voilà où les grilles de correction pervertissent la réalité. Il faut être un cancre de première pour ne pas obtenir suffisamment de points pour réussir cette épreuve tellement on veut s'assurer de la réussite du plus grand nombre. Là où la chose devient carrément pernicieuse est qu'en normalisant une réalité, on atténue l'écart existant entre les élèves faibles et les élèves moyens. Ainsi, un élève faible obtiendra un 74% tandis qu'un élève moyen ira chercher un 84% alors que, dans les faits, le premier maitrise mal le code grammatical comparé à l'autre.

Il suffit de regarder les paramètres que je dois respecter en ce qui a trait à la langue pour comprendre la mécanique de ce mensonge. Un élève qui commet 36 erreurs en 300 mots (15 en syntaxe et ponctuation et 21 en grammaire et orthographe) aura 27 sur 45. L'élève qui en commet 13 ( 4 en syntaxe et ponctuation et 9 en grammaire et orthographe) aura 41 sur 45. L'élève qui fait 23 fautes de plus aura seulement 14 points que l'autre...  Un élève qui fait 9 fautes de grammaire et orthographe aura deux points de moins que celui qu'il n'en fait... aucune.

J'ai donc corrigé mes groupes avec cette grille et je ne me suis jamais senti aussi con.


syntaxe et        grammaire et
ponctuation      orthographe

0-1       25        0-2       20
2          24        3-6       19
3-4       23        7-9       18

5-6       21        10-11   17       
7-8       20        12-13   16
9-10     19        14-15   15

11-12   18        16-17   14
13        16        18-19   13
14-15   15        20-21   12

16-17   13        22-24   11
18        12        25-27   10
19-20   10        28-30   8

21        8          31        7
22        4          32        5
23 et + 0          33 et +            0

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Et faut expliquer aux parents comment un élève qui a eu 50% toute l'année termine avec 75%... On passe pour les incompétents.

Marâtre

Anonyme a dit…

Avez-vous fait l'exercice de corriger selon votre grille personnelle? Cela pourrait vous donner un argument auprès de votre direction d'école qui elle, pourrait argumenter auprès de la CS qui elle, pourrait ....... Ainsi de suite jusqu'à trouver une oreille compétente attentive mais surtout une oreille compétente attentive ayant un poids ministériel.

Jean-Pierre Proulx a dit…

Que proposeriez-vous en lieu et place de cette grille? Je ne m'y connais peu en mesure et évaluation.Aussi, j'aimerais lire l'opinion du praticien que vous êtes.

Maude Giroux a dit…

Ceci explique donc cela...

J'ai remarqué que l'écriture phonétique était pratique courante au CEGEP (j'étais celle désignée pour corriger tous les rapports de travaux d'équipes, déjà que je me trouve pas fameuse fameuse et que je fais pleins de fautes d’inattention).

Je me suis toujours demandée comment ils (les élèves) ont pu réussir à se rendre jusqu'au CEGEP en écrivant " Come sa là ". Maintenant je comprends....

Selon vous, un élève qui fait 20 fautes dans une production écrite, il mérite combien ;)?

Profquifesse a dit…

Je n'ai malheureusement pas tout compris de vos grilles et calculs. Sachez cependant qu'au cégep, la plupart des profs s'imposent eux-mêmes des grilles semblables par mesure de justification devant les élèves, ce qui aboutit à peu près au même résultat : peu de différences entre les faibles et les forts, très peu d'échecs pour le contenu (harmonisation avec l'EUL, l'épreuve uniforme de langue, où à peine 3% je crois échoue pour le contenu) et un très encourageant taux de réussite.
Pour ma part, je suis souvent gêné de mon taux élevé de réussite, mais c'est ça ou bien vous êtes ostracisé par votre département (vos collègues, la direction) et par les élèves. C'est la pression sociale sur l'école qui est le premier acteur de réussite.

Missmath a dit…

Je me posais les mêmes questions que Madame Giroux. Sapristi, mes classes accueillent parfois des étudiants qui ont du mal à lire et qui ne savent pas écrire. Comment ont-ils pu passer l'examen du ministère ???

Mais n'est-ce pas aussi le cas dans les autres disciplines ? Comment se fait-il que l'on reçoive des étudiants qui sont excessivement brillants et créatifs en mathématique (vive le renouveau) et d'autres qui ne maîtrisent même pas les règles d'algèbre de base du primaire ? Est-ce encore là un problème de grille ? Un problème de quota ?

Et pourquoi n'y aurait-il pas des doubles seuils ?

Jean-Pierre Proulx a dit…

J'attends toujours que quelqu'un écrive sur ce qu'il conviendrait de faire et comment le faire!

Anonyme a dit…

Des grilles qui mettent l'accent sur la connaissance de la grammaire, de la syntaxe et de la ponctuation.

Oui, les idées sont importantes pour écrire, mais avoir de bonnes idées ne devrait pas vous faire passer quand vous ne savez pas votre orthographe...

Et une pondération plus sévère...

En fait, pile ce que dit PM dans son texte...

Marâtre the