25 janvier 2011

100 000 façons d'écoeurer un prof

En parallèle à ce billet sur l'anonymat, il existe bien des moyens d'éteindre un enseignant qui dérange par sa volonté d'exercer sa liberté d'expression. Pour paraphraser Félix Leclerc, il existe 100 000 d'écoeurer un prof. En voici quelques-unes.

1- Lui attribuer un local d'enseignement abominable, de préférence près du système de chauffage, des toilettes ou sans fenêtre.
2- Lui attribuer un nombre incalculable de locaux situés loin les uns des autres. Faisons-le marcher, courir d'une classe à l'autre.
3- Lui concevoir un horaire de travail décourageant. Par exemple, s'assurer qu'il doive rentrer tous les matins à la première première et quitter tous les soirs à la dernière.
4- Lui attribuer des surveillances d'examen dans des groupes d'élèves difficiles ou qu'il ne connait pas.
5- Lui concevoir une tâche comportant de nombreux niveaux ou de nombreuses préparations. Si possible, lui refiler des groupes de doubleurs ou des matières pour lesquelles il existe peu de matériel pédagogique.
6-Lui imposer des compléments de tâche dont personne ne veut, par exemple s'occuper du club d'échecs alors qu'il déteste ce jeu.
7- Lui faire surveiller des activités ennuyantes et où il ne connait personne.
8- Intervenir dans sa pédagogie et son évaluation.
9- L'obliger à suivre des formations dont il n'a pas besoin ou qui sont carrément insignifiantes.
10- L'obliger à assister à des rencontres inutiles.
11- Ne pas le soutenir dans des cas d'élève.
12- Refuser systématiquement ses projets sans aucune justification.
13- Ignorer l'enseignant quand il vous salue lorsqu'il vous croise dans l'école.

Voilà pourquoi un prof apprend à se taire parfois. Parce que, dans son quotidien, 180 jours par année, on peut le faire suer.

8 commentaires:

Lud. a dit…

«5- Lui concevoir une tâche comportant de nombreux niveaux ou de nombreuses préparations. Si possible, lui refiler des groupes de doubleurs ou des matières pour lesquelles il existe peu de matériel pédagogique»

Tellement vrai... À l'école où je ferai mon stage, j'ai rencontré les collègues de mon maître-associé. Tout le monde a des bouts de tache et est multi-niveau: à l'intérieur du champs univers social. Pas question de donner un niveau par prof, NON (alors que ça aurait très bien pu se faire)! Il s'agit de l'art de faire chier tout le monde, de manière juste. Ainsi, le climat de l'école est uniforme: tout le monde a un horaire «à chier», mais au moins tout le monde est ÉGALEMENT dans la "marde". Quel sens de la justice! Waw.

bobbiwatson a dit…

"14 - Ne pas lui fournir la chaise ergonomique qu'il demande depuis des mois."

C'est un autre bon point à ajouter, non?

Anonyme a dit…

Les points 11, 12 et 13 pourraient facilement être associés à du harcèlement psychologique. Il y a déjà tellement d'embûches, d'imprévus, de changements auxquels nous devons nous adapter comme enseignant s'il faut en plus se faire écoeurer...

Prof Malgré Tout a dit…

J'suis pas certain de bien comprendre la #3. Vous ne devez pas être là pendant toute l'amplitude?

Le professeur masqué a dit…

Lud: je reviendrai avec une anecdote un jour là-dessus.

Bobbi: je ne me sens pas particulièrement écoeuré chez moi, mais la chaise n'est pas toujours là.

Anonyme: effectivement.

PMT: On ne fait pas du 9 à 5, mais un nombre d'heures précises par semaine. Il peut théoriquement arriver qu'en aménageant son horaire, on arrive à pourvoir quitter une journée sur neuf à 13h30 en serrant le tout ailleurs.

cafardages a dit…

on doit être un peu cons mais la question qu'on se pose c'est : y a t-il une vie après l'école ?

isamiel a dit…

Difficile pour moi de concevoir l'étendue de tout ce que tu écris ici parce que le secondaire n'est pas ma réalité... Par contre, il y a des similitudes avec le primaire où on se doit d'être spécialiste dans 9 domaines, gérer 27 compétences de front, l'inétgration scolaire, des directions qui sont peu au fait de certaines assises pédagogiques, de travailler collègues qui choisissent de ne pas faire le pas en avant, de s'actualiser et qui parfois enseignent des éléments totalement erronés...:(

Pour moi aussi, c'est irritant de constater à quel point on est souvent considérés comme des salariés et pas assez comme des professionnels.

Anonyme a dit…

Nous ne sommes pas de professionnels.
Nous sommes des élèves avec un petit salaire précaire et partiel dans bien des cas. Nous pouvons changer nos conditions et notre salaire. La prochaine négo: demandons la moyenne canadienne comme les spécialistes. Sinon, on ne rentre pas...le bordel des parents ne pourraient pas durer et finalement tout le monde serait gagnant.