La direction de mon école a remis la main sur les deux oeuvres de Patrick Senécal qu'un technicien avait retirées des tablettes de la bibliothèque, soit Le vide et Aliss. Le gag, c'est qu'elle les a feuilletées et a décidé qu'elles ne seraient pas accessibles aux yeux des chastes et purs élèves. Depuis quand, je vous le demande, on veut une direction qui sache lire...Cette situation est purement aberrante puisque, loin de les encourager, Senécal dénonce certains comportements et amène les jeunes à réfléchir. Quand je pense à la décision de ma direction, on dirait un curé qui interdit des planches anatomiques parce qu'on y voit des corps nus. C'est à se demander ou se trouve le vide finalement.
Puisqu'elle a fait la preuve qu'elle sait lire (mais peut-être pas d'apprécier une oeuvre littéraire), je songe donc à soumettre à la direction de mon école toute une série de titres pour qu'elle se prononce sur leur validité. Si j'avais déjà mentionné quelques écrits scandaleux et pornographiques, je suis toujours ouvert à vos suggestions. Dire que pendant ce temps-là, on peut continuer à faire voir en classe aux élèves des cochonneries sexistes ou abrutissantes sans trop de problème.
Plus hilarant enfin, un collège secondaire privé situé pas trop loin de mon lieu de travail a les mêmes titres interdits de Senécal dans sa bibliothèque et songe à faire venir cet auteur en classe.
Censurer au lieu d'éduquer. Belle mentalité.
Devinez quelles oeuvres on retrouvera dans ma bibliothèque de classe l'année prochaine? Sûrement pas des Picsou et des Sylvie hotesse de l'air. Quoique...
Mais surtout, vite, vite, vite! il va falloir que je recommande à certains de mes élèves de lire rapidement le roman C'est pas moi, je le jure! de Bruno Hébert dont je leur ai prêté un exemplaire avant que la censure ne s'abatte aussi sur cette oeuvre. En passant, celle-ci remporte actuellement un franc succès auprès de mes lecteurs assidus et me vaut quelques belles discussions avec eux.