15 juillet 2011

À propos du dernier sondage

Petit sondage kamikaze terminé. Je reviendrai sur les résultats mais, tout d'abord, je dois vous avouer que je suis totalement fibberglasté que 78 personnes y aient répondu. Chaque deux mois à peu près, je remets en question la pertinence de ce blogue en me disant que je radote, que je ne suis pas lu. Enfin, n'importe quoi! Vos réponses ont constitué une réponse surprenante à mes pensées suicido-termino-finalito-niochonne.

Voilà. Je me devais de l'écrire.

Les résultats de ce sondage sont assez clairs: près des deux-tiers des gens oeuvrant en éducation pensent à leur boulot en vacances. Ma volonté de vous interroger est venu à la suite de la lecture de ce billet d'Un autre prof qui se demandait si elle devait rebaptiser son blogue durant la période estivale. Je lui avais alors répondu qu'on demeurait un prof même l'été.


Cet été:
vous prévoyez consacrer un peu de temps à penser à votre boulot.
  25 (32%)
 
vous prévoyez consacrer moyennement de temps à penser à votre boulot
  19 (24%)
 
vous prévoyez consacrer beaucoup de temps à penser à votre boulot
  6 (7%)
 
vous oublierez complètement votre boulot.
  28 (35%)
 

Nombre de votes jusqu'à présent : 78 

14 juillet 2011

Sénateur Boisvenu: où êtes-vous?

Il y a quelques jours de cela, on pouvait entendre le sénateur Boisvenu faire la morale aux Québécois à l'effet qu'ils étaient trop laxistes et tolérants en matière de justice. Se fondant sur le procès de Guy Turcotte, ce dernier affirmait même:


«Toujours est-il que l'écart de la non-responsabilisation criminelle entre le Québec et les autres territoires canadiens doit nous interpeler. Cette distinction nous questionne, d'autant plus que notre championnat n'est pas unique à ce domaine; pensons au décrochage scolaire chez nos garçons, aux accidents routiers commis par les jeunes. Bref, un dénominateur commun: personne n'est responsable de nos déboires.»


Or, aujourd'hui, quelle n'est pas ma surprise d'apprendre que le gouvernement de Stéphen Harper est prêt à ouvrir les frontières canadiennes aux touristes américains ayant commis des crimes non violents ou conduit en état d'ébriété. «Ce ne sera pas pour des récidivistes. Ça pourrait s’appliquer pour des gens qui ont commis une erreur de jeunesse il y a 25 ans et qui ont par la suite démontré qu’ils sont d’honnêtes citoyens», a affirmé le ministre de l’Immigration, Jason Kenney.


Sénateur Boisvenu, que faites-vous? Où sont vos valeurs et votre philosophie conservatrice? Celles-ci sont, quant à moi, clairement résumées dans ce passage:


«Depuis des années, l’industrie touristique se plaint des restrictions qui empêchent des Américains ayant un casier judiciaire de venir visiter le Canada et y dépenser leurs dollars.»

13 juillet 2011

Commissions scolaires et déficit

Quand la ministre de l'Éducation a demandé aux commissions scolaires de se serrer la ceinture, immédiatement, celles-ci ont affirmé que cela serait impossible et qu'il fallait prévoir une réduction des services offerts aux élèves. Pas de réflexion, d'étude sérieuse, de plan de rationalisation. Tout de suite, on part en guerre!


Aujourd'hui, on apprend que de nombreuses CS annoncent qu'elles feront un déficit. Il faut cependant lire les propos de la présidente du conseil des Commissaires de la CS des Grandes-Seigneuries, Marie-Louise Kerneï: «L’administration d’une commission scolaire n’est pas une créature qui se nourrit d’elle-même. En pigeant dans nos surplus, nous avons réussi à équilibrer notre budget. Mais c’est dangereux. C’est comme payer son épicerie avec sa carte de crédit ».


Pas une créature qui se nourrit elle-même? J'ai un doute. Mais là où je me questionne, c'est comment peut-on avoir fait des surplus alors que le décrochage au Québec atteint des proportions élevés? On demande aux enseignants de viser la réussite de 100% des jeunes qu'ils ont dans leur classe, mais que font les CS? Souvent, on répond aux profs qu'il n'y a pas d'argent pour des projets spéciaux alors qu'il y a des surplus?


 Par ailleurs, Marie-Louise Kerneï n'a pas le sens de la comparaison. Payer des dépenses avec un surplus budgétaire n'a rien à voir avec payer son épicerie avec une carte de crédit. Un surplus, c'est de l'argent comptant en quelque sorte. Une carte de crédit, c'est de l'argent emprunté. Il y a de quoi se poser des questions.


Je termine en vous rappelant deux éléments. 


Le premier est qu'au cours des dernières années, les CS de Montréal ont perdu 35 millions $ en jouant avec des «papiers commerciaux». C'est toujours charmant de voir le Comité de gestion de la taxe scolaire de l'île de Montréal se risquer à la bourse avec de l'argent destiné à l'éducation


Le second a trait à cet extrait du texte publié dans le JdeM:  «Furieuse, cette dernière (Marie-Louise Kerneï) prépare un plan pour sensibiliser les parents au rôle des commissions scolaires, estimant que ces institutions ont plutôt mauvaise presse par les temps qui courent. «Nous sommes trop centrées sur les services aux élèves. Nous oublions de parler ce que nous faisons. »  Rappelons que les CS ont déjà un organisme dont il s'agit d'une des missions: la Fédération des commission scolaires du Québec qui paie sept employés  en matière de communication et a un budget annuel d'environ 4 millions payé à même les taxes scolaires et l'argent versé par le MELS. Ce n'est pas déjà suffisant?

12 juillet 2011

Boisvenu strikes again (ajout)

Dans les réactions entourant l'affaire Turcotte que j'ai préféré ne pas commenter, de nombreux individus se sont cru obligés de faire part de leur opinion. Évidemment, l'inimitable sénateur Boisvenue ne pouvait pas rester coi (ici). Ainsi, pour lui, en se basant sur le verdict rendu par le jury dans cette affaire, le Québec est laxiste et trop tolérant en matière de justice si on le compare au reste du Canada.


Qu'on se le dise, au Québec, on est donc incapable d'un bon jugement comme les gens de l'Ouest canadien, par exemple. J'espère que M. Boisvenu ira répéter ses propos, non seulement aux différents jurys ayant traité des causes majeures au Québec, mais aussi à l'ensemble de la magistrature québécoise qu'il traite à mots couverts d'incompétente.


Pour cet homme intellectuellement aveuglé, quant à moi, par une justice punitive et vengeresse, le système judiciaire canadien doit être «plus près de la philosophie des conservateurs». Voilà! le chat est sorti du sac: M. Boisvenu parle en termes de valeurs et non pas d'efficacité.


Ce qu'omet sciemment de dire cet homme, c'est que c'est au Québec que le taux de criminalité et de récidive est parmi les plus bas en Amérique du Nord et, au Canada, c'est dans l'Ouest canadien où il est le plus élevé. Si on prend le modèle de justice américain, il produit davantage de criminels qu'autre chose. Le sénateur conservateur n'a donc pas l'honnêteté de dire que c'est dans la Belle Province que le système judiciaire est parmi les plus efficaces. Et si je parle d'honnêteté, c'est parce qu'il connait ces faits admis par un très grand nombre d'observateurs.


M. Boisvenu ne veut pas une société où les citoyens sont en sécurité, mais bien un monde où les criminels seront davantage punis, quitte à augmenter la criminalité, et où des familles vivront un drame comme il a connu personnellement. Trouvez la logique. À cet égard, il est un dangereux irresponsable.


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Dans une lettre publiée dans La Presse, M. Boisvenu en dit encore plus sur sa pensée, mêlant allègrement criminalité, décrochage scolaire et conduite automobile:


«Toujours est-il que l'écart de la non-responsabilisation criminelle entre le Québec et les autres territoires canadiens doit nous interpeler. Cette distinction nous questionne, d'autant plus que notre championnat n'est pas unique à ce domaine; pensons au décrochage scolaire chez nos garçons, aux accidents routiers commis par les jeunes. Bref, un dénominateur commun: personne n'est responsable de nos déboires.»
 

Avouez que le monsieur ratisse large, tellement qu'on comprend qu'il dit un peu n'importe quoi. On sent même un mépris latent pour le Québec actuel. Surtout qu'il omet de parler des succès québécois en matière de non-récidive et de réhabilitation. Sa croisade personnelle (pas une fois il n'oublie de rappeler qu'une de ses filles a été tuée par un récidiviste) est malsaine parce déséquilibrée en regard des faits et de la réalité.


Sa vision de la justice est faussée par le regard qu'il lui porte en tant que parent victime d'un acte criminel. Pour lui, les victimes sont oubliées par la justice parce qu'on ne sanctionne pas les coupables. De là à parler de vengeance, il n'y a qu'un pas.


«La justice n'a qu'un but dans une société, ne pas camoufler la vérité au détriment de la procédure judiciaire. La vérité n'a qu'un fondement?: responsabiliser les hommes des crimes qu'ils ont commis. Les excuser n'est pas responsable, c'est oublier les victimes.»


Pour ma part, la justice a pour but de sanctionner des comportements menaçant la société, mais aussi de s'assurer de prévenir de tels comportements. Or, c'est la réhabilitation et l'encadrement qui demeurent les deux pistes préférables pour prévenir les récidives. Oui, je crois que la justice canadienne et québécoise peut faire mieux en ce qui a trait aux victimes d'actes criminels et les actions de M. Boisvenu sur ce point sont tout à fait fondées: meilleur droit de parole aux victimes dans le cadre de poursuites judiciaires, indemnisations plus adéquates, services de soutien plus efficaces. Mais croire que ces dernières seront mieux servies et plus heureuses avec des peines plus sévères données aux criminels est un leurre. Un leurre extrêmement dispendieux en établissements pénitenciers et forces de l'ordre alors qu'il est démontré que la meilleure façon de réduire la criminalité est ailleurs.


Je termine en disant que je n'ai jamais entendu ce chantre de la justice se prononcer sur les fraudes économiques qui engendrent pourtant son lot de détresse et de violence. Pas un mot non plus sur les fraudes électorale. Fait-il partie aussi de ces sénateurs qui ont indiqué ne pas partager l'avis du premier ministre Harper en matière de réforme du Sénat afin de conserver leurs privilèges actuels? 

06 juillet 2011

Tiens, un sondage kamikaze!

Kamikaze parce que je pense que certains vont vouloir me lancer des roches. Vous travaillez en éducation, peu importe le poste que vous occupez? Alors, n'hésitez pas à lui répondre.

Moi, c'est fait et je suis convaincu que vous connaissez ma réponse.

05 juillet 2011

Projets d'été

Les vacances sont l'occasion de réaliser des projets enfouis dans les affres de notre travail de l'année. Parmi ceux qui me tentent, il y a bien sûr des projets de lecture.

Déjà, je me suis tapé le dernier Michael Connelly, Les Neufs Dragons. Un bon roman? Un Connelly, ni bon ni excellent. Le tout se lit bien, mais il n'en reste pas grand chose. Je lorgne aussi du côté du dernier James Lee Burke, La Nuit la plus longue, en espérant qu'il ne se soit pas essoufflé comme son homologue. Enfin, je compte relire La Grande Aventure de la langue française. J'ai beaucoup de difficulté à comprendre que cet ouvrage ne soit pas obligatoire au bac en enseignement du français tellement il est pertinent.

Pour le reste, on verra. Selon ma santé.

04 juillet 2011

Le chapeau de Kate pour Montréal

On s'est extasié devant la visite de certains membres de la famille royale canadienne à Montréal. Voici en exclusivité le chapeau que voulait porter la «belle Kate» en hommage à celle ville:

29 juin 2011

Comment ma CS me rend inefficace

L'année scolaire se termine par trois journées pédagogiques où je devrais normalement planifier ma prochaine année scolaire. Sauf que vous me voyez en train de me chercher du travail autre à effectuer parce que ma commission scolaire a réussi à me rendre totalement inefficace. Comment y est-elle parvenue? Rien de plus simple: en se mêlant de gérer mon contenu d'enseignement.

En effet, en 2011-2012, en première secondaire, il y aura possiblement des examens de fin d'année. Or, je ne saurai pas avant la fin août, au plus tôt (et les méchantes langues diront: de quelle année?) si cela sera effectivement le cas. Comme il est toujours préférable de voir vers la fin de l'année le type de discours écrit évalué en examen final, par exemple, j'en suis réduit à attendre et à perdre un temps précieux que je pourrais consacrer à déjà planifier mon année ainsi qu'à organiser de façon logique mes séquences d'enseignement (par exemple, il est préférable de voir la ponctuation reliée aux conjonctions en même temps que le discours explicatif plutôt que narratif).  

Bon, dans les faits, je ne perds pas mon temps. Je répare de vieux dictionnaires, mets de l'ordre dans mes ordinateur. Mais devinez qui va rusher à la rentrée? Et encore, cela, c'est si ma CS se branche rapidement sur ce qu'elle veut que je fasse. Ce qui sera loin d'être le cas, croyez-moi.

Improvisation à la manière de Kafka ayant pour thème: on ne sait pas ce qui sera évalué en fin d'année
Durée: une année scolaire
Nombre de joueurs: un enseignant et ses élèves

Ce sont juste des enfants... (ajout)

Ce matin, un article du JdeM relate quelques événements où des enseignements ont été agressés ou faussement accusés par des élèves. Vous remarquerez: on parle très peu de ces cas.

Tout d'abord, les commissions scolaires font tout pour que ces cas ne deviennent pas publics pour des raisons d'image. Ensuite, il y a souvent l'âge des élèves impliqués qui limitent le battage publicitaire qu'on peut accorder à de telles histoires. Enfin, et je le sais pour avoir discuté avec certains enseignants faussement accusés, ceux-ci ne veulent pas de publicité autour de ce qu'ils ont vécu. Ils ont déjà assez souffert et, dans certains cas, un acquittement ne marque pas toujours l'arrêt des regards soupçonneux qu'on pose sur eux. Alors, aussi bien se faire oublier si on n'a pas encore parlé de soi...

Un enseignant accusé est souvent renvoyé à la maison, parfois sans salaire. Il arrive aussi qu'il doit cesser de travailler et ne reçoit que 75% de son salaire. Dans tous les cas, il est financièrement pénalisé. S'il veut récupérer son salaire perdu, il devrait poursuivre les parents de l'élève concerné. Une chouette bataille juridique en vue...

À première vue, on a l'impression que certains jeunes peuvent se comporter en toute impunité. Ainsi, deux élèves qui ont injustement accusé un enseignant d'éducation physique d'agression sexuelle pour se venger que celui-ci les avait expulsées de son cours parce qu'elles ne portaient pas la tenue obligatoire. Il a fallu des pressions syndicales sur la commission scolaire pour qu'elles soient changé d'école. Vous en connaissez des situations où une victime doit continuer à côtoyer ses agresseurs?

L'école est un milieu qui semble vivre en dehors de la réalité. Dans la vie de tous les jours, on n'accepterait jamais une telle situation dans un milieu de travail normal. Comment expliquer une telle situation? Peut-être dans cette citation du directeur de la commission scolaire des Appalaches, Camil Turmel: «Dans certains cas, il a été question d'agressions armées, mais en bout de ligne, c'est un enfant qui a donné un coup de crayon dans le dos de l'enseignant.» Et l'enseignant, lui, c'est quoi? Un mannequin...

Si ce n'est pas banaliser la violence, je ne sais pas ce dont il s'agit ici. Quand un DG de CS se fera agresser à coups de crayon ou accuser d'agressions sexuelles, combien on parie que la réaction sera différente?

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Une dernière chose: nos syndicats sont très bons pour appuyer différentes causes, écologique, féministe et autre, mais qu'attendent-ils pour améliorer avec autant de moyens et d'ardeur les conditions de travail parfois violentes dans lesquelles oeuvrent certains enseignants? Je sais qu'on peut mâcher de la gomme et marcher en même temps, mais parfois il faut laisser tomber la gomme et marcher avec plus d'énergie.

Je me souviens que, lors d'une précédente négociation collective, un des moyens de pression proposé par mon syndicat avait été de ne plus tolérer les actes violents à notre égard. Comme si, en dehors de cette période, la chose était plus acceptable...

24 juin 2011

Quand La Presse laisse passer une lettro-pub

On connait tous les infos pub. Il s'agit d'émissions publicitaires déguisées en émissions d'informations pour mieux nous vendre un produit quelconque.


Deux individus ont appliqué ce genre à une lettre aux lecteurs publiée dans La Presse cette semaine en versant dans une autopromotion un peu dérangeante de l'école privée. Sous le titre de «L'activité physique favorise la réussite scolaire», cette lettre vante implicitement à plus d'une reprise un collège privé de la région nord de Montréal.


Les auteurs, qui sont également les fondateurs et directeurs de ce collège, affirment ainsi: «nous croyons humblement avoir su, au collège Boisbriand, développer certains projets et programmes qui ont du succès.»


Dans les faits, quand on lit attentivement cette épitre, on apprend qu'il s'agit d'un «collège privé non subventionné, sans aucune sélection de ses élèves et qui réunit aujourd'hui plus de 320 élèves du 1er au 5e secondaire.» Donc, les parent paient une somme importante pour y inscrire leur enfant: une facture de 6800 $ au lieu de 2800 $ pour un collège privé subventionné. Or, faut-il rappeler que le statut socio-économique des parents est un des critères les plus importants dans la réussite scolaire d'un jeune? Qui plus est, quand on l'inscrit dans un collège non subventionné avec les couts que cela engendre, on peut être certain que ces mêmes parents effectueront un suivi attentif de l'évolution scolaire de leur enfant. Par ailleurs, avec seulement 320 élèves, on comprend aussi que la dynamique de cette école n'a rien à voir avec la très grande majorité de celles du Québec.


Oui, un encadrement plus attentif et davantage d'activités parascolaires peuvent exercer une influence positive sur la réussite des jeunes. Mais quand les auteurs de cette lettre affirment que «L'heure n'est plus au débat entre le public et le privé mais plutôt à la synergie de notre système. Notre province accepte que la santé soit supportée par le privé et que nos routes soient développées par l'entreprise privée dans le but de satisfaire le public et leur offrir des services de qualité. Il est temps d'appliquer ce modèle de collaboration à l'éducation de nos enfants», on comprend très bien où ils veulent en venir.


À ce propos, une petite recherche (ici, ici et ici) nous apprend tout d'abord que ce collège n'existe que depuis septembre 2009, soit depuis une année scolaire complète. Les auteurs de cette lettre auraient dû avoir l'humilité de reconnaitre que leur «succès» est en partie celui des autres institutions que leurs élèves ont fréquenté pendant la majeure partie de leur parcours scolaire. Il faut aussi se garder une petite gêne quand on écrit que «Chez nous, le taux de réussite est une bouffée d'espoir. 100% de nos finissants sont admis au cégep, le taux de décrochage est de 0% et seulement 4,8% de nos élèves accusent une année de retard scolaire et ce avec une clientèle à 65% masculine.» On parle d'une école qui n'existe que depuis un an.


Par ailleurs, on ne peut être que troublé quand on découvre que ces mêmes auteurs dénoncent sur d'autres tribunes le fait le MELS refuse de subventionner leur collège. Vantent-il véritablement un meilleur éducatif pour les jeunes ou tentent-ils de faire la promotion du financement par le MELS de leur propre établissement? On doit avouer que tout cela est dérangeant quand on remet les choses dans leur contexte.


Enfin, sans verser dans la méchanceté, quand les auteurs de cette lettre parlent de leur collège qui a remporté des bannières sportives, les seules dont j'ai pu avoir confirmation étaient de niveau cadet B. À ma modeste école publique, on compétitionne seulement dans le A et le AA... Le B est une catégorie résolument trop faible pour nos jeunes.  Ça aussi, c'est un symptôme de manque de modestie.