23 décembre 2006

Les étudiants en enseignement maîtrisent mal le français

Grande nouvelle: les étudiants universitaires en enseignement maîtrisent mal ce qui est souvent leur langue maternelle... Grande nouvelle? Rien de plus faux puisque cette situation dure depuis des années.

Il faut également savoir que les facultés des sciences de l'éducation recrutent parmi les cégépiens les plus faibles: en effet, ces futurs enseignants sont ceux qui ont la cote R la plus basse. De toute façon, qui voudrait se faire suer à endurer des petits monstres mal élevés sinon des crétins, m'a déjà confié un ami... Bref, rien de bien flatteur pour la profession qui est déjà mise à mal par les médias et le gouvernement.

De plus, ce constat d'échec est très éclairant quant à la qualité de l'éducation au Québec. Tout d'abord, il faut réaliser que tous les futurs enseignants recalés ont pourtant obtenu un DES et un DEC. Que faut-il en déduire sur leur formation antérieure? Ensuite, ces étudiants seront les profs de demain, ceux qui enseigneront à nos jeunes. Décourageant! Et ce ne sont sûrement pas un ou deux cours de mise à niveau qui régleront le problème.

«Le français se porte mal. Les étudiants écrivent et lisent de moins en moins. Ils sont plus paresseux», déplore Pierre Sercia, qui enseigne aux futurs profs. Le chargé de cours à l'Université de Montréal s'inquiète de voir que les étudiants ne prennent plus au sérieux la qualité de la langue. (Journal de Montréal) Là encore, peut-on voir un lien avec le fait que le cinquième de ces jeunes enseignants décroche après quelques années de métier? On serait tenté de le croire.

7 commentaires:

Marchello a dit…

Où sont nos bonnes vieilles Maitresse d'école qui n'avait souvent qu'une douxième année mais qui arrivaient à corriger 34 copies dans la même semaine. En plus des retenues, où trouvaient-elles tout ce temps. De plus elles se souciaient de leur Français écrit et fallait être attentifs pour les prendre en défault d'orthographe. Autre temps, autre moeurs qu'on dit....

Patrick a dit…

@marchello

En effet autre temps, autres moeurs qu'on dit.

Aujourd'hui il est de plus en plus fréquent d'entendre et de voir des élèves qui n'ont pas eu le temps de faire leurs devoirs/projets parce qu'il avait un loisir plus important. Le pire, certains parents supportent ça!

Les priorités ne sont plus à la même place.

le professeur masqué a dit…

Bonjour Patrick!

Au risque de vous paraître quelque peu bizarre, je crois peu à la notion de devoirs tels qu'on les connaît, tout au moins au secondaire. Il existe de nombreuses études à cet effet et quelques blogues que je peux vous indiquer abordent ce sujet épineux.

Au primaire, la réalité est différente et je suis convaincu que les bons vieux exercices co0nventionnels peuvent jouer un rôle utile. Seulement, cette forme d'apprentissage n'est pas très «réforme» et est de plus en plus délaissée avec les résultats qu'on commence à constater.

Au secondaire, je préfère les travaux longs et exigeants qui obligent l'élève à creuser, à faire des liens et à se poser des questions. Cela demande plus d'encadrement de ma part, mais le résultat en vaut généralement la peine.

Puisqu'on parle d'encadrement, je partage votre opinion lorsque vous constatez le peu de suivi qui existe de la part de certains parents. On se demande parfois ils ont fait des enfants tellement ils se moquent, à leur manière, de leur devoir... parental.

Philippe a dit…

Je pose la question directement:

Pourquoi les étudiants en enseignement (et les autres) maîtrisent-ils mal le français?

Le professeur masqué a dit…

M. Philippe,

Il y a plusieurs réponses à votre question.

La première est que ces futurs enseignants sont le produit d'un système éducatif de piètre qualité. Tous ces futurs enseignants ont réussi leur formation secondaire et collégiale quand on y pense.

La deuxième est que la carrière en enseignement n'attire pas des candidats de qualité. En effet, la cote R des élèves universitaires en enseignement est la plus faible de tous les jeunes qui fréquentent nos universités.

La troisième est peut-être que, bien qu'il existe d'excellents candidats en enseignement, on accepte n'importe qui comme enseignant, même les plus cancres...

Dans tous les cas, le constat est triste et les causes, déprimantes.

Philippe a dit…

La première réponse est ma préférée ;-)

Alors qu'est-ce qui fait que notre système d'éducation soit de piètre qualité? :-P

Vous me faites rappeler que j'avais pour prof d'économie en cinquième secondaire un ancien propriétaire de bar!

Ça nous donnait l'impression que l'enseignement était sa deuxième carrière. Malgré les apparances, c'était un bon prof qui était intéressant à écouter.

Le professeur masqué a dit…

Philippe demande: Pourquoi notre système d'éducation...?

Mon dieu, les réponses seraient nombreuses! Y'a la gestion des écoles et des commissions scolaires, les programmes d'enseignement conçus par le MELS, la formation des profs, les valeurs de notre société...

En fait, la véritable question que je me pose est la suivante: comment font-ils tous les bons enseignants pour continuer de travailler dans un tel désastre?