15 décembre 2006

Rédaction: savoir utiliser les outils

Bon, l'enfer de décembre est fini. Après un long sprint, j'ai enfin amené mes élèves à affronter leur examen d'écriture d'avant Noël. Plusieurs constats s'imposent.

Le plus important est qu'ils ne savent absolument pas se servir des outils que l'école met à leur disposition depuis des années. Prenons le dictionnaire, par exemple. J'ai des élèves de cinquième secondaire qui cherchaient des verbes conjugués dans les définitions fournies dans cet ouvrage de référence. Rien de moins! «Monsieur, continuera est pas dans le dictionnaire. Je le trouve pas...», s'est lamenté un de mes grands. Comprenez-moi bien: je ne le dénigre pas. Bien au contraire, je l'adore: il travaille, il force et c'est justement ce que je lui demande. Seulement, je me pose des questions. A-t-il dormi durant les 10 dernières années de sa scolarisation? N'a-t-il jamais éprouvé besoin d'ouvrir le dictionnaire avant aujourd'hui? À juger ses notes, il aurait pourtant dû le faire depuis longtemps déjà.

Et je ne parle pas de ces élèves qui ne lisent pas les définitions et qui croient avoir orthographié correctement un mot, comme le mot court dans la phrase suivante: «Mon prof a une voix tranquille alors je dors bien dans mon court de français.» En cinquième secondaire, je vous le rappelle. «Ben là! C'est quoi l'affaire: je l'ai cherché pis y s'écrit de même!», m'a expliqué mon joyeux forçat de l'écriture.

Imaginez si je tentais de leur montrer toute la richesse des définitions du Robert, des informations étymologiques, de la phonétique, etc. J'en aurais pour des cours et des cours. Pourtant, ils ont 10 ans de français dans le corps, ils ont eu des cours de méthodologie, certains viennent même d'une école internationale.

Non, ils sont en cinquième secondaire et j'en vois encore chercher vaillamment le mot ruelle dans les premières pages du dictionnaire. On part de loin, je vous le dis.

Le truc du mois ! (petite musique d’ascenseur s’il vous plaît)


Si vous avez des élèves faibles en orthographe, il est décourageant pour eux de chercher tous les mots du monde dans un dictionnaire français. Pour quoi je dis français? Parce que les anglophones ont compris que la recherche des mots était plus facile si les sections consacrées à chaque lettre étaient clairement indiquées sur le côté du dictionnaire. Pour contrecarrer les lacunes de votre Larousse ou de votre Robert, placez des becquets pour indiquer où débute les définitions de chaque lettre. Vos élèves gagneront un temps fou. Efficace même avec les dyslexiques et leur fameux dictionnaire électronique. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point dans un prochain billet.

4 commentaires:

Sylvain a dit…

Un excellent dictionnaire en ligne (qui permet la saisie phonétique sans s'encombrer de l'alphabet phonétique international;-) est le Trésor de la langue française informatisé. (Taper "trésor langue française" dans Google : plus simple à retenir !

C'est par ici pour la recherche de mots : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv4/showps.exe?p=combi.htm;java=no;

ou par ici pour la page de démarrage : http://atilf.atilf.fr/tlf.htm

le professeur masqué a dit…

Merci M. Sylvain pour vos informations!

On parle souvent des élèves dyslexiques à l'école. Or, je m'aperçois que les services qu'ils reçoivent laissent parfois place à amélioration. Par exemple, j'ai un élève dyslexique qui travaille avec un dictionnaire électronique. Cependant, celui-ci ne permet pas la saisie de données sous mode phonétique... Bref, un outil inutile.

Il existe des dictionnaires phonétiques format papier, mais existe-t-il des dictionnaires électroniques (pas des logiciels ou des sites internet) qui permettent de retrouver l'orthographe correcte de mots en se basant sur l'alphabet phonétique?

La mégère a dit…

Puis-je?

Je voudrais commenter votre dernier commentaire - celui portant sur Monsieur Zouf Guay - But il semble ne pas y avoir de piton É"Commentaire(s)"?
J'utilise donc votre billet précédent pour le faire.

Le monsieur Zouf en question ne veut pas le 8 secondes de gloire qu'on lui accorde. C'est un twit et c'est tout. Il y en a tant de par cette vaste province.

Chacun est totalement libre d'exprimer sa hargne, son insignifiance ou son raisonnement de lacet de bottine .. et nous avons le liberté de nous en tamponner le popotin. Ce qui fait toute la beauté de l'affaire. Hé.

Tel le disait mon ex-ce-salaud: "On ne gaspille pas de savon à laver les oreilles d'un âne."

Hébinvoilà.

:-))

le professeur masqué a dit…

Désolé, chère mégère, de n'avoir pas su «pitonner» correctement mon dernier billet, ce qui vous a empêché de laisser votre commentaire à l'endroit qui aurait convenu.

Quant à votre propos, il est juste et fort à propos. Votre «ex-ce-salaud» avait un excellent sens du proverbe imagé...