14 janvier 2007

Les étudiants en enseignement (la suite)

Voilà qu'on apprend dans l’édition du Devoir du 10 janvier 2007 que les universités ont décidé de s'assurer de la qualité du français écrit des futurs enseignants en imposant un nouvel examen plus exigeant et que deux échecs consécutifs entraîneront tout simplement une interruption des études de l'élève recalé pour une période d’au moins un an. Ce nouveau test répond à une des demandes du rapport de la commission Larose portant sur la qualité du français rendu public en 2001. On jugeait qu'on devait aussi évaluer la qualité des connaissances générales des futurs profs, mais cette recommandation est demeurée lettre morte.

Réjouissons-nous donc! Pas si vite… Je ne veux pas être rabat-joie, mais savez-vous pourquoi on tolère autant d’analphabètes dans les programmes d’enseignement? Tout d’abord, pour combler la pénurie de professeurs dans certains domaines, mais aussi pour que certaines facultés des sciences de l’éducation ne soient pas obligées de sabrer dans leur budget et leur personnel. Bref, on admet des cancres pour conserver des emplois… Si, si, si! L’information me vient d’une excellente source.

Sachant ce fait, croyez-vous sérieusement que les universités vont tuer le veau gras comme ça, sans trouver une façon de s’assurer de préserver leurs acquis? Faut-il croire ce doyen qui affirme que la forme des tests sera changée, mais sera toutefois plus difficile?

J’ai mes réserves. Déjà, on a pris soin de placer le test à la fin de la deuxième année d’études, avant les stages. Pourquoi croyez-vous? Clientèle, clientèle… De plus, il s’est écoulé six longues années avant la mise en œuvre de cet examen. On ne pas dire qu’on s’est dépêché… à résoudre une situation qui est tout simplement catastrophique.

Pour en savoir davantage:

http://www.ledevoir.com/2007/01/10/126934.html

8 commentaires:

Marchello a dit…

Professeur Masqué, ayant fait un retour aux études en 2000, alors agé de 38 ans, j'ai été à même de constater qu'il est vrai que plusieurs jeunes étudiants arrivent à l'université et ne sont tout simplement pas capable d'écrire un texte en Français qui ne contiennent pas dix fautes par paragraphe. Plusieurs professeurs m'ont avoué devoir lire les textes à haute voix pour pouvoir les comprendre. On arrive à l'université en écrivant aux sons et je vous fait grace de la grammaire qui est quasi "inexistante". C'est déplorable. Parait que ça s'améliore ces dernières années. Bravo. Personnellement je crois que les jeunes ne lisent plus suffisamment et qu'il y a aussi déficience aux niveau de l'enseignement. Cela étant dit, il ne faut pas généraliser et il y a une majorité d'étudiants qui sont prêt et efficace en Français. Mais je dirais "qu'on se retrouvent avec 5 ou 6 analphabètes par classe, rendu à ce niveau d'étude, est tout simplement inacceptable". Il est malheureusement vrai que les universités ne vont pas régler le problème au détriment de leur financement.

Le professeur masqué a dit…

Désolé de vous déprimer, Marchello, mais, actuellement, je suis à même de constater que la situation se dégrade dans les écoles primaires et secondaires.

Dans mes classes. je dirais qu'environ le sixième de mes élèves écrivent de façon convenable et maîtrisent assez bien leur langue maternelle (banlieue 450...). Les autres ont de sérieux problèmes tant en écriture qu'en lecture.

C'est la génération de demain...

Hérisson a dit…

Bonjour,

J'allais répondre que ce n'était pas vrai, que les étudiants en enseignement possèdent des bonnes capacités en français, mais je me ravise.

Étant moi-même inscrit au programme du baccalauréat en enseignement secondaire (histoire/géographie), j'ai dû compléter un test de compétences en français écrit. Pour considérer le test comme étant réussi, une note de 85% pour chacun de deux volets (questions objective et rédaction libre) doit être obtenue pour les futurs enseignants de français, et de 75% par volet pour les autres concentrations. Pour la plupart de mes collègues, un seul volet était réussi (rédaction libre) avec une note supérieure à 80%. Le volet des questions objectives était échoué entre 70% et 74%.

Je viens de recevoir un courriel de notre association étudiante, dont les membres de l'exécutif sont aussi des futurs enseignants. Je n'ai actuellement pas le temps de m'amuser à compter le nombre de fautes... mais il y en a trop !

Il faut croire que le correcteur automatique de Word n'est pas magique. Pensez-vous, d'ailleurs, que les nouvelles technologies (Internet, la messagerie instantannée, les SMS, les courriels, etc.) soient des causes de ce recul dans la maîtrise du français par les futurs enseignants ?

Le professeur masqué a dit…

Bonjour hérisson et merci de votre message!

Je me rappelle lorsque j'étudiais en enseignement. J'ai failli friser la dépression tellement les étudiants autour de moi avaient des difficultés en français et étaient parfois des paresseux de première classe. Rien ne semble avoir changé depuis le temps.

Trop souvent on oublie que les facultés des sciences de l'éducation accueillent les élèves ayant les cotes R les plus faibles. Il y en a des bons parmi ceux-ci, il faut le reconnaître, mais la situation est plutôt décourageante.

Je ne sais pas si on peut attribuer celle-ci aux nouvelles technologies de communication comme certains n'hésitent pas à le faire. je crois que d'autres facteurs comme le manque de valorisation du français et des évaluations complaisantes sont des pistes d'explication plus intéressantes.

Un petit mot pour vous dire que la profession d'enseignant est le plus beau métier au monde et la possibilité d'allumer d'intelligence le regard d'un jeune, le salaire le plus gratifiant. On ne le dit jamais assez à ceux qui veulent devenir profs!

Philippe a dit…

Rien de telle que les bonnes vieilles dictées pour y remédier, non?

Le professeur masqué a dit…

Philippe,

Je ne suis pas convaincu quant aux bonnes vieilles méthodes d'autrefois. Selon moi, il n'y a rien qui bat un ensemble de bonnes stratégies pédagogiques et un bon enseignant motivant.

La dictée peut être utile, mais elle doit être accompagnée d'autres moyens, sinon elle constitue une perte de temps.

Anonyme a dit…

Bonjour à tous,

Je suis présentement étudiante à la maîtrise. Je n'ai pas fais un baccalauréat en enseignement, mais je peux vous dire que la qualité du français écrit d'une trop grande part des étudiants que j’ai connus était tout simplement décourageante. Je ne suis pas moi-même une 'bête' de détection de mes propres erreurs, mais comme disait un de mes anciens professeurs: quand on se compare, on se console...

Lorsque j'ai voulu rendre service à certains de mes collègues de classe en corrigeant leurs erreurs de français, ma première réaction a été de penser qu'il voudrait mieux tout réécrire pour, au moins, rendre le tout compréhensible. Cependant, la plus grande déception est de constater que la plupart de ces étudiants ne sont tout simplement pas conscients de leurs lacunes!

Petite anecdote… Dans un de mes cours où il y avait une majorité d’étudiants provenant du baccalauréat en enseignement au secondaire, le professeur a du, après la correction du premier travail écrit, demander à ces étudiants en particulier de bien vouloir ‘se forcer un peu’, car la qualité de la langue était, selon lui, tout à fait inacceptable. Je vous avoue que ça m’a à la fois étonné et découragé…

Souhaitons, avec beaucoup de naïveté, que la situation s’améliore…

Philippe a dit…

Il est certain que la dictée n'est pas le seul moyen à prévilégier. Je crois cependant que c'est l'outil principal parce que cela repose sur un principe bien simple: pour maîtrise quelque chose, il faut pratiquer.

Comme vous dites, il faut y mettre de l'entrain, de la motivation et surtout de l'innovation. On en revient à dire: peu importe la matière, ce qui compte, c'est le professeur.

Un exemple:

J'aimais bien l'histoire. Donc en sec. V, j'avais pris option Histoire du 20e siècle. Malheureusement, on est tombé sur une "lesbienne frustée" (comme qu'on la surnommait) qui nous a fait haïr ce cours. Entre autre, parce qu'elle nous obligeait à faire, comme devoir, des beaux coloris sur des cartes géographiques à des étudiants de 16-17 ans.