07 avril 2009

Ou sont les hommes?

L'enseignement est une profession féminine. Point à la ligne. Voilà le constat qu'on peut tirer de cet article du La Presse: «Environ 550 enseignants masculins ont quitté les écoles du Québec au cours des deux dernières années, ce qui fait que le corps professoral en 2008-2009 n'est composé que de 22,5 pour cent d'hommes, contre 77,5 pour cent de femmes.»

On pourrait échafauder de nombreuses explications à cette situation. Est-ce une forme de cercle vivieux ou les jeunes élèves écartent d'emblée cette profession de leur choix de carrière parce que, durant leur éducation scolaire, ils n'ont vu que des enseignantes. Peut-être?

Méchamment, je dirais que c'est une profession de femmes parce que les gars n'aiment pas les enfants, n'aiment par torcher, ne sont pas habitués de se faire traiter n'importe comment.

Combien j'ai vu de jeunes enseignants décrocher en disant que les conditions de travail qu'on offrait étaient absurdes et qu'ils regrettaient leur bac en éducation? Qu'ils seraient mieux traités ailleurs?

Tandis que les filles, plus soumises, elles, ont la vocation. Elles endurent, acceptent.

Vision sexiste, vision généralisante, peut-être.

Et je suis un homme. Et un enseignant.

Le ministre Courchesne souhaiterait faire en sorte qu'il y ait plus d'hommes en éducation mais n'envisage pas l'instauration de mesures de discrimination positive: «Il faut se pencher, avec les facultés de science de l'éducation, pour voir comment on peut améliorer le recrutement. Ca passe aussi par la valorisation du rôle de l'enseignant et par la valorisation de l'école publique.»

Elle ajoute également qu'il faudrait valoriser le métier d'enseignant et l'école publique.

Je suis désolé, mais tous ces mots ne veulent rien dire. On parle de revaloriser la profession mais, au quotidien, les enseignants sont souvent traités comme des demeurés par plusieurs directions d'école. Quand on les écoute, on ne retient à peu près jamais les solutions qu'ils avancent. Le MELS, les CS, certaines directions leur imposent constamment des façons d"enseigner, des contraintes à la limite de l'absurdité. J'en explorerai quelques-uns sous peu. Vous verrez: il y a de quoi démissionner.

14 commentaires:

bibco a dit…

Ce mois-ci, en avril, on a nous imposé trois formations; nouvelle grammaire et deux pour les nouvelles échelles de compétences. Ces deux formations se dérouleront de 16h00 à 18h00, l'une demain, les deux autres lundi et mercredi.
16h00 à 18h00. Elles ont lieu à 30 minutes de chez moi. En compensation on m'offrira trois demie journées pédagogiques à la fin de l'année. Journées dont j'aurais grandement besoin naturellement, alors je les travaillerai probablement quand même.
D'abord les nouvelles échelles présentées à la mi-avril pour le bilan de cette année, c'est ridicule. Ensuite, j'ai ma journée dans l'cass...
Voilà un beau modèle à présenter à Madame Courtes-chaînes.
Aurais-je de l'avancement? Aurais-je une journée de congé à prendre à ma convenance? Aurais-je des heures payées travaillées temps double? Nope...mais j'suis chanceuse, j'ai une job. (Conviction forcée ici).

bobbiwatson a dit…

"Valoriser le métier d'enseignant et l'école publique." Les deux sont donc indissociables? Valoriser le métier d'enseignant et l'école privée n'est donc pas nécessaire?

Personnellement je pense que la présence d'enseignants est nécessaire, voire essentielle au secondaire. Pour ce qui est du primaire je mettrais un petit bémol : le préscolaire.

Au présco, les enfants ont besoin de retrouver un côté maternel qu'ils n'ont pas encore appris à mettre "en veilleuse". J'avoue (pour avoir vécue l'expérience) qu'un grand gars de 6'5", chauve et ayant une voix grave (style voix d'animateur de radio de nuit) n'est pas nécessairement le plus rassembleur auprès des enfants. Même sa gentillesse était des coups d'épées dans l'eau :(

J'ai un fils dont le père mesure 6'5". Quand il était petit il se dépêchait à nous dire qu'il ne voulait pas être grand comme son papa. À la maternelle c'est le même principe qui s'applique. Habituellement, les enseignantes sont plus petites et ressemblent plus à des mamans ;)

Mais il faut des enseignants pour les autres niveaux, au primaire et au secondaire. Pas plus un que l'autre: leur importante et leur impact est différent mais il est nécessaire.

Si on met tous ensemble nos chapelets sur la corde à linge, peut-être le MELS comprendra-t-il enfin que la façon d'enseigner d'un gars est différente de celle d'une fille, mais aussi pertinente sinon plus! On dit que les gars n'ont plus d'exemples masculins dans leurs vies. Les filles en ont-elles plus? Si c'était le cas elles tomberaient moins en amour avec "le prof mâle" qui enseigne dans leur niveau?

Guillaume a dit…

Prof masqué, je n'ai pas d'expérience pour contredire ce que tu avances sur les filles plus soumises, mais il y a un d'autres points qui me vient à l'esprit.

Les hommes sont d'avantages représenter dans les métiers ou l'on travaillent plus avec les choses qu'avec les gens, comme les ingénieurs. Également, le côté rénumérateur de la profession est plus important dans le choix des hommes, et comme les profs ne sont pas payés grand chose pour les compétences qui leur sont demandé, surtout au Québec, ça les insitent moins à choisir l'enseignement.

ke11vin a dit…

Je suis étudiant en enseignement primaire. Avant même d'envoyer ma demande d'admission dans ce programme, je savais que ce dernier était composé en grande partie de filles. Je savais aussi que ce phénomène ne se manifeste pas seulement au primaire, mais aussi au niveau secondaire. Même si je fais partie d'un faible pourcentage, je considère important de recruter des hommes dans ce domaine. Je trouve que l'école transmet des valeurs trop féminines. À cet effet, la présence masculine pourrait avoir un impact sur le rendement scolaire chez les élèves (exemple: décrochage scolaire chez les garçons) . Il va sans dire que cet article de la Presse a attiré mon regard.

En lien avec les raisons qui pourraient expliquer le pourcentage actuel, je suis en accord avec vous, en ce qui concerne de la personnalité. En effet, les femmes ont, pour la plupart, le dos large. Elles sont plus capables de s'ajuster que les hommes. Cependant, on généralise ici puisque c'est une question de personnalité. Il existe quelques exceptions et j'en suis une!!!
;)

Il faut faire sentir que l'école est également une institution que l'homme a sa place.

L'ensaignant a dit…

Tu frappes fort, PM. Je ne suis pas d'accord avec toi sur tous les plans mais bon, ça ne peut pas toujours être le cas.

Je vois passer des hommes dans mon école primaire et tu sais quoi? J'ajouterais à tes arguments le manque de résilience de certains mâles en comparaison avec celui de profs féminins.

J'aime les enfants mais je n'aime pas les torcher, c'est vrai. Alors, je ne le fais pas. Mon approche est différente de l'approche de l'enseignante qu'ils ont eu après. Certains accrochent, d'autres pas. Et c'est là toute la beauté de la chose. La diversité. Leur donner la chance de s'accrocher à quelque chose de différent. Avec certains, ça fonctionne. Avec d'autres, pas.

En lisant cet article ce matin, je savais que tu ne la laisserais pas passer sous silence. ;)

Le professeur masqué a dit…

À tous: oui, il faut des profs masculins et au primaire et au secondaire. Je suis le premier prof masculin de tout le parcours scolaire de certaines de mes poussins cette année et je crois qu'ils apprécient cela.

Les gars, parce que cela leur permet d'avoir un homme qui parle de hockey, qui rigole, qui est un modèle pour ceux qui sont bons et qui sont tannés d'être taxés de fif...

Mais aussi les filles, parce que cela leur permet d'avoir et un père et un homme qui les valorise. Je crois que c'est bon pour leur estime. En tous cas, ce matin, plusieurs d'elles me confiaient qu'elles aimaient ça, un prof.

Bibco: le statut de prof est vraiment particulier. Un hybride entre un professionnel et un travailleur syndiqué. Le problème, c'est qu'il en a rarement tous les avantages et souvent tous les inconvénients. On encadre sa pratique d'une façon importante et lui laisse peu de pouvoir véritable.

Bobbi: effectivement, un prof a un impact différent. Il n'a pas besoin d'être macho. Luste d'être un être humain, ouvert et à l'écoute.

Guillaume: je suis d'acord avec votre commentaire. J'ai failli être avocat comme mes frères. Quand je regarde le fric qu'ils font, je me question certains jours.

Ke11vin: j'ai volontairement généralisé, mais on se comprend, je crois.

L'ensaignant: je n'avais pas envie de faire dans la dentelle, tu sais. En fait, c'est un autre article qui m'a profondément écoeuré dans le journal aujourd'hui. Sauf que je ne sais pas si j'ai envie et le temps...

Oui, plusieurs profs masculins sont différents dans leur façon d'être et d'enseigner. C'est très bien ainsi. C'est juste que c'est fatiguant d'être dans un syndicat de petites madames (dixit Jean Charest).

Anonyme a dit…

Bon, mon commentaire hier s'est perdu dans le cyberespace, j'imagine!

Je disais en gros que pour la plupart des hommes à qui j'ai parlé de mon boulot, il pense qu'ils n'auraient pas la patience.

Un homme tolère mal de se faire marcher sur les pieds par le premier petit con qui s'amène. L'impuissance n'est pas son fort non plus. En gros, plus d'encadrement, plus de respect, plus de discipline, plus de cohérence, de bon sens pédagogique, rigoureux, clair, précis, vrai, direct inciterait plus d'hommes à venir dans la profession à mon sens.

En tant qu'homme dans ce métier de femme, c'est un peu tout cela qui me manque pour vraiment apprécier et me sentir valorisé...

Coincé dans des raisonnements de femme, trop souvent, je suis, au point où je vais prendre l'air bien souvent depuis le début de ma carrière!

Jo Livingston

YoUx a dit…

«Il faut se pencher, avec les facultés de science de l'éducation, pour voir comment on peut améliorer le recrutement.»

Veux-tu rire de moi? Les facultés en science de l'éducation sont incapables de nous aider à apprendre notre métier. Ce sont de grosses machines détachées de la réalité scolaire. Ces facultés-là sont plein de vieilles femmes amères, des profs manquées qui n'ont pas mis les pieds dans des classes depuis des années. Alors pour ce qui est d'accrocher les gars, bonne chance.

Peut-être qui si ça prenait pas 4 ans à sauter dans des cerceaux enflammés pour devenir prof...

¤Enidan¤ a dit…

Je suis entièrement d'accord avec vous... et les commentaires suivants sont également très pertinents...

C'est un problème en effet... On en parlait justement hier... Dans ma CS, au primaire, les hommes sont tous en train de partir à la retraite... il doit en rester 2-3 de la "vieille génération" qui vont quitter d'ici 2-3 ans... et dans la nouvelle génération, il n'y a pas d'homme dans notre CS... le dernier à s'affecter est âgé de 39 ans... après lui, il y en a zéro... dans les précaires, je pense qu'il y en a un... C'est vraiment spécial quand on y pense...

Au secondaire, ils sont un peu plus nombreux...

Je trouve effectivement très dommage de devoir faire ce constat... Peut-être aussi que les hommes ont "peur" de s'enligner dans l'éducation à cause des risques de poursuite pour harcèlement sexuel... ça peut paraître tiré par les cheveux, mais pour un homme, c'est un pensez-y bien... ils sont plus "susceptibles" de se retrouver dans ce genre de situation...

Mais je pense que la raison le plus valable, c'est la rémunération... versus la tâche... Un homme doit historiquement être "soutien de famille"... Désolée, mais ce n'est pas avec un salaire d'enseignant qu'il serait possible pour une famille de vivre avec un seul salaire... Un salaire de prof, c'est fait pour être une rentrée d'argent secondaire... pas principale.. donc, pas très attirant pour un homme...

C'est plate, mais c'est ça !!

Jonathan Livingston a dit…

A Enidan,

Juste mentionner que mon salaire "secondaire" fait 15 000$ annuellement au-dessus du salaire moyen au Québec quand je travaille à temps plein (échelon 10). Évidemment, pour le quotidien de niaisage stressant que j'y vis, c'est encore peu.

Mais je maintiens, le problème pourrait être réglé si on s'attaquait au niaisage stressant... Ma fibre masculine y est absolument très fragile... Trop d'impression d'impuissance pour me sentir bien là-dedans...

Les femmes y sont aussi fragiles au niaisage stressant, mais bon elles s'identifient plus facilement à des concepts comme dévotion, altruisme, don de soi, perfection... Des trucs de bonnes femmes dans le vocabulaire tacite des hommes. En général, ils s'en tiennent loin... autant que possible. Ils préfèrent un peu plus d'ordre, de calme, de respect...

Bref, si le challenge de l'enseignement m'allume toujours, j'ai toujours un regard tourné vers d'autres destins plus calmes pour ma paix intérieure... Mon histoire est celle de sabbatiques régulières pour m'équilibrer...

¤Enidan¤ a dit…

Finalement, les femmes sont plus naîves ??? se laissent manger la laine sur le dos pour des concepts humanitaires de dévotion et d'altruisme ???

Anonyme a dit…

Et les gars plus égocentriques!!!

C'est connu!

Enfin, je m'emporte sur le sujet, et j'aime faire dans la provocation. Il y a tout de même un fait: les hommes désertent la profession. Et ce n'est pas à mon sens à cause du salaire.

Je crois que l'enfant roi insupportable, qui prolifère et devient en gang des dynamiques de groupe de plus en plus efficaces dans l'art d'être désagréables, est assez incompatible avec le caractère de la majorité des hommes. Mais bon je peux me tromper. Enfin, comment les femmes trop souvent arrivent à endurer ces enfants, et de même justifient cet état des choses est pour moi assez mystérieux...


Jo Livingston

Tym_Machine a dit…

Et cela c'est sans compter la panoplie d'enseignants "femelisés". Ceux qui doivent obligatoirement pisser assis aux toilettes et ne pas chier trop puant et mettre du pouche-pouche après dans les toilettes.

Cette nouvelle génération d'hommes roses bien femelisés est quasiment rendu un must pour survivre en éducation.

Et oui j'ai vu plusieurs enseignantes dites "soumises" qui ont la vocation et qui endurent mais j'ai aussi vu beaucoup de femelles dominantes qu'André Arthur qualifierait sûrement de "bitchs contrôlantes". J'ai dû me frotter à quelques unes d'entre elles comme si ma job ordinaire de prof n'était pas déjà assez dure et assez compliquée comme cela.

Mettez-en de la merde dans le truck à fumier, mononk Machine peut en prendre un gros truck load, j'ai le dos large.

Ou rape me over and over again comme disait Cobain dans sa chanson.

Anonyme a dit…

Je crois que le manque d'hommes en enseignement est un problème réel pour les élèves d'aujourd'hui. Par contre, je ne crois pas que les tâches reliées à ce métier soit la cause première de la désertation des hommes. Si nous reculons dans le temps, les cours étaient donnés par les hommes, bien souvent des religieux. Ce n'est qu'une question de moeurs, d'époque et du manque de valorisation des hommes enseigants comme plusieurs l'ont mentionné. Hommes courageux, l'invitation est lancée!