10 février 2011

Des parents, de la relâche et l'école

La semaine de relâche arrive à grands pas et déjà on sent la fébrilité dans nos écoles. Dans certains cas, ce congé arrivera même plus rapidement que prévu puisque certains parents décident de se servir de celui-ci pour partir en voyage plus longtemps encore avec leur enfant.

Ainsi, à mon école, il y a ces parents qui feront manquer deux semaines de classe à leur enfant et qui, à une journée d'avis, ont demandé la liste du travail à faire aux enseignants de ce dernier. Comme si on pouvait manquer deux semaines d'enseignement et tout rattraper comme ça, sur les plages du Sud...

La question qui tue maintenant: on fait quoi avec un tel cas, surtout quand on sait que l'enfant dont on parle connait d'importantes difficultés scolaires et manque de motivation à l'école? La DPJ? Voulez-vous rire? Prévoir un calendrier de rattrapage scolaire au retour de l'enfant? Bien sûr, on va se farcir tout ce boulot pour des gens qui croient que l'école peut se vivre à la carte... Non, non. J'espère que le jeune aura pratiqué la plongée sous-marine en vacances parce que je suis convaincu qu'il va continuer de couler à son retour.

Bravo à ces parents qui assument parfaitement leurs responsabilité d'éducateurs!

26 commentaires:

Paul C. a dit…

N'ayez crainte, si ça continue comme ça, l'élève sera capable de faire reconnaître son voyage en équivalence pour obtenir des crédits.

Paul C.

Noisette Sociale a dit…

Peu importe ce que vous ferez, ces parents vont probablement se plaindre que vous n'en aurez pas fait assez pour les accommoder pour leur irresponsabilité.

Ça doit être tellement frustrant pour vous!

Hélène a dit…

Je crois qu'ils ne partent pas en voyage plus longtemps.. Certains partent une semaine avant pour économiser sur les forfaits.... Ils seront de retour durant la semaine de relâche et se reposeront de leur voyage..... Ouvriront-ils les livres ?.... Aujourd'hui est une de ces journées où je me demande si je veux vraiment enseigner dans de tels contextes?

Anonyme a dit…

J'enseigne dans une école privée et cette pratique est une tare chez-nous. Nous avons comme politique de ne pas donner de récupération aux élèves et s'ils ont manqué un examen pendant leur absence, ils doivent automatiquement le reprendre à la première période au retour.

Jean-Pierre Proulx a dit…

Je me demande si dans les règles de conduite (les codes de vie) approuvées par les conseils d'établissement, on interdit explicitement ces absences de l'école pour fins de voyage hors du calendrier scolaire et les sanctions appropriées en cas de violation de la règle?

Connaît-on de bons exemples à cet égard?

Jean-Pierre Proulx a dit…

J'ai oublié.

Qu'en est-il de ces professeurs qui "callent malade" pour allonger une fin de semaine?

Fc a dit…

onhhhhh!!!! Jean-Pierre!!!!

Méchant garçon :-((((((

En tout cas ça fera une semaine de relâche où je n'entretiendrai pas de correspondance avec le secrétaire de l'école où il m'informe quotidiennement des absences de fistounet...

Le professeur masqué a dit…

PC: si ces voyages n'étaient des forfaits tout inclus à Puta Cana, je serais tenté parfois d'explorer cette avenue, vous savez. Mais y'a pas de risque que ça arrive. Le complexe Elvis Gratton sévit dans nos écoles.

Noisette: effectivement, l'école est rendue un service qu'on prend et qu'on jette.

Anonyme: on fait la même chose, croyez-moi.

M. Proulx:
1- Approuvez-vous le fait que des parents soustraient pendant trois semaines leur enfant de l'école? Est-ce là un comportement acceptable, selon vous? Favorise-t-il les apprentissages scolaires et montre-t-il toute l'importance qu'on doit accorder à l'école?
2- Le code de vie de mon école ne comporte rien à ce sujet pour deux raisons. La première est qu'on ne croyait jamais que des parents puissent être aussi irresponsables. La deuxième est que la Loi sur l'instruction publique, vous le savez autant que moi, indique les points suivants:
Article 14, LIP 180
« Tout enfant qui est résident du Québec doit fréquenter une école à compter du premier jour du calendrier scolaire de l’année scolaire suivant celle où il a atteint l’âge de 6 ans jusqu’au jour du calendrier scolaire de l’année scolaire au cours de laquelle il a atteint l’âge de 16 ans ou au terme de laquelle il obtient un diplôme décerné par le ministère selon la première éventualité. »
Article 16, LIP 180
« Il est interdit d’employer un élève durant les heures de classe alors qu’il est assujetti à l’obligation de fréquentation scolaire. »

Article 17, LIP 180
« Les parents doivent prendre les moyens nécessaires pour que leur enfant remplisse son obligation de fréquentation scolaire. »

Article 18, LIP 180
« L’équipe de direction s’assure, selon les modalités établies par la Commission scolaire, que les élèves fréquentent assidûment l’école. »

Ici, il est clair que ces parents ne le font pas. Les 15 jours manqués s,ajoutent déjà à d'autres absences douteuses et on ne parle pas d'un suivi à la maison déficient.

À part un signalement inutile à la DPJ, dites-moi ce que l'école pourra faire à part «jaser» avec des parents qui s'en tapent royalement?

Quant à votre commentaire sur les profs absents pour allonger une fin de semaine, je vous trouve de mauvaise foi. On ne peut comparer une journée d'absence à trois semaines dans le Sud. Sachez aussi qu'un directeur peut demander un billet médical de la part de l'employé absent ne serait-ce qu'une journée et que ce billet médical est obligatoire pour toute absence de trois jours et plus.

Un directeur d'école a plus de pouvoir sur ses employés qu'il en a sur ses élèves en matière d'absence. Vous nous avez habitués à des interventions plus éclairantes, disons.

Mamzelle Z a dit…

Cela arrive aussi chez nous et c'est malheureux dans certains cas.

Mais quand on y pense vraiment, est-ce si grave?

C'est normal d'intervenir à partir de son clan, et je loue tous les efforts de ceux qui font la promotion de l'école et de l'éducation, mais il ne faut pas oublier les autres aspects importants de la vie. Certes, les enseignants sont des professionnels de l'éducation, mais ce ne sont pas les seuls professionnels!

L'élève aura-t-il manqué un apprentissage primordial justement ces journées-là? Et quand on pense que la semaine de relâche répond à un besoin réel, c'est à se demander si ces élèves qui partent plus tôt ou allongent leur semaine n'en n'ont pas besoin.

En tous cas, j'espère seulement qu'ils en profitent vraiment pour passer du temps de qualité en famille (il n'y a pas que l'école).

Le professeur masqué a dit…

Mamzelle: vous me découragez... On parle de 15 journées consécutives, trois semaine de cinq jours de classe. Pas un jour ici et là. Quand vous vous demandez si l'élève aura manqué quelque chose durant cette période, vous illustrez à quel point on pense qu'on n,apprend plus rien à l,école. la preuve: on peut manquer 15 jours sans problème! Pourquoi as un mois ou deux, tant qu'à y être!

Le Québec est la province canadienne où l'éducation est la valeur la moins importante et où le décrochage est un phénomène des plus préoccupants. Avec de tels raisonnements, on comprend pourquoi.

Il n'y a pas que l'école. En effet. Il y a l'irresponsabilité, le décrochage, les difficultés scolaires, la banalisation.

Complètement découragé par ce commentaire.

Anonyme a dit…

D'autant plus sidérant que Mamzelle est enseignante...

Mooki

Jean-Pierre Proulx a dit…

PM1 :"Approuvez-vous le fait que des parents soustraient pendant trois semaines leur enfant de l'école? Est-ce là un comportement acceptable, selon vous? Favorise-t-il les apprentissages scolaires et montre-t-il toute l'importance qu'on doit accorder à l'école?"

Rép. : Évidemment non. C'est irresponsable de la part des parents.

Cela dit, il faut bien constater qu'il n'existe pas de société où l'on n'observe pas un certain degré de délinquance. La route est sans doute l'endroit où il est plus facile de l'observer. Un de mes bons amis avec lequel je suis allé en ski aujourd'hui a fait un magnifique virage en U en quittant mon domicile. Devant la police au surplus qui passait et qui ne s'est pas arrêté. Il faisait trop froid!

On doits'attendre à ce que l'école soit un milieu le moins délinquant possible, vu sa fonction sociale, en même temps qu'il n'y a pas de lieu où les contraintes soient les plus nombreuses pour un plus grand nombre de personnes et les plus longues. Dès lors, on ne pourra jamais éviter totalement que des parents et leurs enfants violent parfois ses règles.

Et il n'existera jamais de façon efficace de faire que tout le monde respecte les règles tout le temps, pas plus qu'on ne peut faire respecter le code de la route par tout le monde tout le temps. Bref, nous sommes condamnés collectivement à une certain degré de tolérance.

PM2: "Quant à votre commentaire sur les profs absents pour allonger une fin de semaine, je vous trouve de mauvaise foi. On ne peut comparer une journée d'absence à trois semaines dans le Sud.

Rép.: Je ne suis pas de mauvaise foi. Je suis taquin!

Le professeur masqué a dit…

M. Proulx:

1- Le problème avec votre exemple est qu'il existe un code de la route. Votre ami aurait pu être arrêté, car il a enfreint la loi, il a commis une infraction. Or, ici, on a une loi (la LIP) qui énonce des principes, sans plus. Je ne dis pas qu'on devrait criminaliser le cas dont je parle, mais il faut s'interroger sur la conduite à adopter dans de telles situations. Laisser faire n'est pas une option avec le taux de décrochage que connait le Québec.
2- L'ironie avec un clavier n'est pas évident. C'est pourquoi on a inventé le symbole : )

Jean-Pierre Proulx a dit…

PM: "Laisser faire n'est pas une option avec le taux de décrochage que connait le Québec."

Certes, mais que faire au juste?

La DPJ? Vous l'avez dit, n'est pas une solution.

Une sanction morale? Par exemple, une lettre de désapprobation formelle de la direction. Sans doute,puisque la loi fait appel à la responsabilité des parents (LIP, art. 17)

Faut-il aller plus loin?
Instituer une infraction dans la LIP pour absentéisme sans motif valable et l'imposition d'une amende (comme il y en a eu une pendant longtemps pour les employeurs engageant des élèves pendant les heures de classe. Cela entraînerait évidemment une judiciarisation du problème.

La chose mériterait d'être étudiée et débattue. Il faudrait bien sûr avant d'en arriver à cette solution avoir une idée plus précise de l'étendue du problème.

Anonyme a dit…

Oh! On tourne à droite par ici!

Vite, intervenons auprès de ces jeunes délinquants. Donnons-leur des coups de règles sur les doigts (le retour aux traditions est toujours gagnant!), dénigrons-les devant leurs collègues de classe (après tout cette pratique se fait déjà!), coulons-les aux examens (Oh j'ai peur!), harcelons les parents (un coup de fil de plus!), suspendons-les (youppi congé!) ou mieux, ostracisons-les en leur donnant une suspension interne ou des retenus!. On pourrais aussi leur donner des contraventions (vos coffres son vides!) ou même leur faire payer une taxe à l'échec (déjà vu!). Justice serait ainsi équitablement rendue envers la société si bienveillante.

On pourrait élaborer des centaines de moyens de ce genre sans jamais atteindre l'essentiel: avez-vous pensé à amorcer un dialogue pour savoir pourquoi ces jeunes (et leurs parents) n'aiment pas l'école?

Smeugd

Le professeur masqué a dit…

Smeugd: parce qu'à l'école, ils ne mangent pas de la malbouffe, ne passent pas leur journée à clavarder et à jouer à WarCraft. Aujourd'hui, et je ne rigole pas, on engraisse certains jeunes à rester devant leur écran et à passer le temps. On consomme, on hédonise, on individualise. L'effort a laissé la place au plaisir. La persévérance a laissé place à l'immédiat. Et pour ce qui est de la culture, gardons les trois premières lettres...

Ça ne vous semble pas une bonne raison. Non, je suis sûr que je suis à droite.

Smarties a dit…

À l'école de mon enfant, il y a un voyage organisé par l'école durant la semaine de relâche. Ils partent cependant le jeudi avant, donc 2 jours de classe de manqués. Étonnemment, il y a journée pédagogique au retour de la semaine de relâche... Chercher l'erreur...

Anonyme a dit…

Prof masqué,

L'immédiat, l'individualisme et la consommation sont des contraintes avec lesquelles on a pas le choix de travailler. On aura beau lutter autant quel l'on peut contre celles-ci, la réalité est qu'elles sont là pour demeurer (à moins de débarquer massivement dans la rue pour réclamer moins de IPod!).

Les écrans des jeunes sont des outils avec desquels il faut apprivoiser les rudiments afin de se servir de ceux-ci pour faire fonctionner les neurones des jeunes. Voyez le résultat du pouvoir de ces petits écrans dans les mains des jeunes égyptiens.

Pour ce qui est de la malbouffe, tant et aussi longtemps que l'on ne soumettra pas les entreprises à des normes plus strictes, rien ne bougera car ils ont le monopole de la bouffe une fois implanté dans une école.

Pour les trois première lettre du mot culture, soyez assuré que tant et aussi longtemps que les hormones des jeunes sont dans le tapis, la survie de notre espèce est assurée.

Smeugd

Anonyme a dit…

Quels propos désolants, aberrants et ridicules que ceux énoncés par Smeugd. Comme si que de croire qu'il est important d'avoir une persévérance scolaire, que de vouloir relever des défis relèvent d'une pensée de droite. On peut être de gauche (ou de droite ou d'«extrême centre») et croire en l'importance d'une école qui promeut le dépassement et l'acquisition de connaissances qui serviront à libérer la pensée individuelle.

Le professeur masqué a dit…

Smarties: ce que je remarque surtout, c'est que la majorité du voyage n'est pas durant les cours. C'est déjà un début et moins pire que 15 jours manqués.

Smeugd: L'immédiat, l'individualisme et la consommation sont des valeurs qui mèneront l'Occident à sa perte.

Le problème n'est pas l'écran qu'utilisent les jeunes mais l'utilisation qu'ils en font. L'école peut tenter de les amener plus loin, mais il s'agit d'un long combat.

On devrait s'attendre à ce que des parents soient plus conscients des valeurs qu'ils transmettent à leurs enfants. Des parents qui motivent 15 jours d'absence de classe pour un voyage passent un message très clair quant à l'école.

Anonyme: si vous saviez combien de fois on a pu qualifier mes idées de droite.

Paul C. a dit…

"Les écrans des jeunes sont des outils avec desquels (dont) il faut apprivoiser les rudiments afin de se servir de ceux-ci pour faire fonctionner les neurones des jeunes."

C'est donc ça la fenêtre sur l'âme humaine - le philosophes seraient
donc tous passés à côté!

"Voyez le résultat du pouvoir de ces petits écrans dans les mains des jeunes égyptiens."

Cette idée est véhiculée à flot aux bulletins de nouvelles. Dans quelle proportion est-ce vrai?
Il est prévisible que le même instrument supposément libérateur servira bientôt à localiser des Strabucks.

Franchement

Anonyme a dit…

Petite mise au point!

Ce n'est pas les propos du prof masqué que je qualifiait de droite mais bien ceux des bloggeurs ayant répond à son article.

Ce qui relève d'une pensée de droite n'est pas la persévérance ni le désir de relever des défis,
mais c'est de vouloir utiliser des méthodes coercitives pour régler un problème. Cette attitude me semble manquer, à mon avis, d'un éthique professionnelle de base en éducation.

Propos grappillés dans cette page:

"Nous avons comme politique de ne pas donner de récupération aux élèves et s'ils ont manqué un examen pendant leur absence, ils doivent automatiquement le reprendre à la première période au retour."

"(...)on interdit explicitement ces absences de l'école pour fins de voyage hors du calendrier scolaire et les sanctions appropriées en cas de violation de la règle?"

"Une sanction morale? Par exemple, une lettre de désapprobation formelle de la direction. Sans doute,puisque la loi fait appel à la responsabilité des parents"

"Instituer une infraction dans la LIP pour absentéisme sans motif valable et l'imposition d'une amende (comme il y en a eu une pendant longtemps pour les employeurs engageant des élèves pendant les heures de classe. Cela entraînerait évidemment une judiciarisation du problème."

Et le mépris qui vient avec ce manque d'éthique professionnelle de base:

"Avec de tels raisonnements, on comprend pourquoi."

"Complètement découragé par ce commentaire."

"D'autant plus sidérant que Mamzelle est enseignante..."

Après la radio poubelle de Québec, bienvenue sur le blogue poubelle de l'éducation?

Je prends congé!

Smeugd

Le professeur masqué a dit…

Smeugd: blogue poubelle de l'éducation? Vous charriez un peu... beaucoup.

Anonyme a dit…

Prof masqué!

Ça m'arrive parfois de charrier un peu beaucoup!

C'est juste que des fois les commentaires manquent de nuances et ça m'inspire!

Bonne journée!

Smeugd

Anonyme a dit…

Je pense que tous les parents devraient recevoir une copie des articles importants de la LIP, entre autres ceux dont M. Proulx parle.

Et ensuite, il faudrait acheter une paire de culottes et des bretelles aux écoles: ainsi, elles pourront contrer les comportements des parents inconscients.

Anonyme 2511

Madame Croque-Cerise a dit…

Personnellement, en tant qu'enseignante, ça ne me dérange pas qu'un élève quitte pour des "vacances". Bien naïvement je me dis que c'est sans doute les seules possibilités de vacances en famille, que c'est sans doute des souvenirs précieux avec ses parents, qu'il va apprendre des choses qui en feront un meilleur être humain, que les parents vont profiter de ce voyage pour former leur jeune à la différence culturelle, pour lui parler d'histoire...bref, je suis naïve et je le sais.
Mais, je refuse de travailler en plus pour ce choix. Je ne donne pas de récupérations supplémentaires au retour et je ne donne jamais les travaux en avance. Si l'élève est capable de rembarquer dans le bateau, c'est bien parfait, mais je serais peu indulgente envers cet élève s'il a des retards.
C'est un choix qu'il faut être capable d'assumer en tant que parents et demander aux enseignants d'en faire plus, c'est n'avoir aucune considération pour notre travail.