03 mars 2012

Cellulaire à l'école ou l'hypocrisie de la société et de certains parents

Disons-le tout de suite: pour moi, le texte de Mme Potvin réclamant une loi nationale pour bannir le cellulaire des écoles est davantage un cri du coeur qu'une pensée étayée à l'aide d'arguments solides et  vérifiables. En termes plus clairs, c'est un texte mal foutu, mal construit et démagogique (voir les commentaires reliés au billet précédent).

Mais la démagogie est populaire et fait le plaisir des médias qui s'en délectent. Elle suscite la controverse et non le débat. C'est peut-être là le véritable vautour, l'ennemi qui contamine nos jeunes avec ses raccourcis d'esprit, ses demi-vérités quand ce n'est pas ses mensonges. Mme Potvin permet aux moutons de bêler à l'unisson et de ne pas se regarder dans un miroir qui révélerait leur propre incohérence. Depuis hier, on entend dénoncer le cellulaire à l'école. Puis-je rire? Puis-je rire de ces tartuffes, de ces hypocrites toujours prêts à demander à l'autre de faire leur travail mais incapables d'une auto-introspection?

De prime abord, Mme Potvin veut une loi nationale contre les cellulaires dans les écoles. Or, il existe ce qu'on appelle les conseils d'établissement qui déterminent les règles de vie d'une école. L'utilisation des cellulaires y est encadrée. Des parents y siègent. C'est le cas de mon école. Il y a des règles concernant l'utilisation du cellulaire et elles sont appliquées avec succès dans ma classe. Pourquoi une loi nationale alors? En quoi une loi nationale va-t-elle faciliter la discipline en classe de cette dame quand il existe déjà des règlements à ce propos dans les écoles? Qu'on les applique et c'est tout. Comme je le fais. Comme bien des enseignants le font.

En réalité, quand on comprend bien les propos de Mme Potvin, on réalise qu'elle voudrait interdire le cellulaire de la société. Point à la ligne. Rien de moins. Mais comme elle n'est qu'enseignante, elle entend limiter sa dictature à l'école.

Là où la situation verse dans le délire, c'est quand je lis et j'écoute tous ces parents qui réclament l'interdiction des cellulaires dans les écoles. Qui a acheté généralement ces cellulaires? Des parents. Qui est majoritairement responsable de l'éducation des jeunes? Des parents.  Qui autorise ces jeunes à avoir un cellulaire? Des parents. Qui a assurément en sa possession un cellulaire? Des parents. Qui est un modèle quant à l'utilisation de celui-ci? Des parents. Et voilà ces mêmes parents qui demandent à l'école de faire LEUR travail d'éducation. Les jeunes passent moins de huit heures à l'école. Que certains parents prennent leurs responsabilités s'ils ne veulent pas que leur enfant ait un cellulaire ou l'utilisent intelligemment.

Moi, j'appelle ça des pleutres. Qu'ils mettent leur culotte et qu'ils arrêtent de brailler comme les enfants qu'ils ne savent manifestement pas élever. Y'en a marre de l'hypocrisie et des pleurnichards.

17 commentaires:

Sophie Tousignant a dit…

Complètement d'accord! J'ai hâte que mes jeunes arrivent avec un kit de base de savoir vivre. Parce que présentement, les parents inculquent ce qui est pratique pour eux. Entendu à la radio hier: "C'est pratique pour nous, on sait qu'on peut les joindre et eux aussi".
Pardon Madame, mais il faudrait faire preuve d'honnêteté intellectuelle et dire: "C'est pratique pour nous, on leur donne un Iphone et on peut faire comme si on n'avait pas d'enfant jusqu'à ce qu'ils décident de nous appeler!". Le parent hélicoptère est une plaie pour l'école et la société.

Le professeur masqué a dit…

Mme Tousignant: je connais le concept d'enfant-roi et de parent-empereur, mais faites mon éducation: qu'est-ce qu'un «parent-hélicoptère»?

La mère qui s'pense meilleure que les autres a dit…

Un peu facile, comme commentaire, malgré les "médiocres", les "y'en a marre, et les "pleurnichards".

J'oserais dire: un peu démagogue, non?

Mon fils n'a pas de cellulaire. Vous devez en être ravi: je fais ma job de parent. Je n'ai pas de cellulaire: vous serez donc ravi que je suis pour mes enfants l'exemple de ce que je prêche.

Mais je ne suis pas le parent de tous les jeunes de l'école de mes enfants. Alors je n'ai pas d'autorité sur eux s'ils apportent leur cell en classe, s'ils perturbent le fonctionnement d'un cours, si leur sonnerie dérange le groupe, ou si un petit connard décide de prendre une photo qui désavantage mon fils pour la publier ensuite sur Facebook.

Alors je fais ma job. Je veux que l'école fasse la sienne: interdire. Et faire respecter la règle.

Sophie Tousignant a dit…

Cher Professeur Masqué,

Le parent-hélicoptère confie son enfant aux meilleures garderies, puis aux meilleures écoles et lui fait faire les activités les plus "glamour". Il lui fournit aussi tous les gadgets possibles afin de permettre la meilleure intégration sociale possible à son rejeton. La dernière bébelle? Il l'aura c'est certain!
Où est le problème me direz-vous? Le problème, c'est que le parent ne s'implique pas directement dans la vie de son jeune. Il survole... On pourrait dire qu'il trouve des solutions immédiates pour empêcher les difficultés momentanées de son jeune de lui empoisonner la vie. Sans tenir compte des conséquences à long terme. Son enfant est le reflet de ses décisions de parent et il est prêt à tout pour défendre ces décisions. Son enfant est son mirroir.
Ce qui fait que quand survient un problème pour le rejeton, le parent qui survole, descend pour régler le problème de manière expéditive... Puis remonte et retourne à sa vie!
Parole de parent-hélicoptère:"Tout ce qu'on vous demande c'est de l'éduquer! Son téléphone, c'est pas de vos affaires! Pis si vous lui confisquez, mon avocat prendra contact avec vous parce que légalement, il est à moi ce téléphone!".
Pour lui, tout se monnaie ou se négocie... Surtout les services publics!

Voilà, votre éducation est faite! enfin, j'espère!

Le professeur masqué a dit…

Mme Sophie: merci de ces précisions.

La mère: mon école interdit l'utilisation du cellulaire en classe et son utilisation non respectueuse en dehors de la classe. Quand c'est le cas, elle intervient. Je l'ai d'ailleurs fait à deux reprises cette année. À partir de là, mon école fait sa job, je crois.

À d'autres parents que vous de faire la leur.

Alexandre Riopel a dit…

Hier, Mario Asselin relayait cet extrait audio via Facebook:

Interdire les cellulaires à l'école? | Maisonneuve en direct | Radio-Canada.ca
www.radio-canada.ca

http://www.radio-canada.ca/emissions/maisonneuve_en_direct/2011-2012/chronique.asp?idChronique=205396

Nombreux ont été les commentaires; voici le mien:

Interdire la mobilité à l'école... De quel droit? Comment le justifier? Considérant que près de 85% des jeunes possèdent un cell Je recherche tjrs ma source... en attendant: http://www.cefrio.qc.ca/fileadmin/documents/Rapports/NETendances_3-mobilite_Web-basse_.pdf ), pourquoi ne pas profiter de cet outil afin de permettre aux élèves de consolider leurs apprentissages en créant grâce à l'appui d'une ribambelle d'applications! Le CE peut bien entériner un code de vie interdisant les cellulaires à l'école, je demeure le seul maître de ma gestion de classe...

De toutes façons, les intervenants sensés ont compris que l'investissement de temps nécessaire afin de limiter l'accès à cette technologie est trop grand comparativement aux problématiques dont elle en est la source. Conscientisons les élèves plutôt que de les contrôler.

Mme Tousignant: Parent-hélicoptère, j'adore cette allégorie. Merci de nous l'avoir fait connaître.

Le professeur masqué a dit…

M. Riopel: Nous partageons certains points de vue mais je ne peux être d'accord avec celui-ci: «Le CE peut bien entériner un code de vie interdisant les cellulaires à l'école, je demeure le seul maître de ma gestion de classe...» Vous ne pouvez agir de la sorte. Représentant des enseignants au CE de mon école, j'ai moi-même dû voter en faveur de règlements que je n'approuvais. Sinon, on passe un très mauvais message aux élèves quant au respect des institutions dont nous faisons tous les deux partis.

Pierre Levasseur a dit…

La responsabilité des parents avant celle de l'école? Voilà une belle démonstration de l'expression mettre la charrue devant les boeufs, car c'est l'école qui instruit les futurs parents. Empêtrés dans une incapacité chronique à inculquer à ses citoyens le sacrifice, la discipline, l'effort et la rigueur, la société québécoise et son système d'éducation sont dignes d'une république de bananes. Ils génèrent un trop grand nombre de décrocheurs, d'analphabètes et de travailleurs sous-productifs, créateurs de dettes au lieu de richesses. La vérité cruelle est que le Québec est une province pauvre qui s'organise pour le rester. L'utilisation de la mobilité à l'école est facteur de dispersion, de distraction, de médiocrité. La vie n'est pas un jardin de roses, mais au Québec on enseigne à nos jeunes à se la couler douce. Pas de contraintes, pas de douleur, ni de dépassement. Quand je lis le texte d'un professeur qui défend une position à coup d'insultes au lieu d'arguments, je comprends alors pourquoi nos jeunes ont une capacité de raisonnement et de réflexion lamentable. Ils ont si peu de stimulations à l'école. On ne les y envoie pourtant pas pour vivre des sensations ou des émotions agressives, mais pour développer leur cerveau. Quel exemple donnez-vous? Malheureusement, vous êtes le reflet d'une province sur le bord de l'effondrement.

Le professeur masqué a dit…

M. Levasseur: L'oeuf ou la poule, vous connaissez ce dilemme? Vous avez définitivement choisi de blâmer l'école de tous les mots, rien de moins. À ce que je sache, ce sont des parents qui élèvent les futurs parents entre 0 et 6 ans et assurent leur éducation 16 heures par jour plus les fins de semaine et les congés. C'est cette déresponsabilisation qui est incroyable dans tout ce débat et certains débats entourant l'école et les parents.

L'école instruit, qualifie, socialise, dit la loi. Sur ce dernier point, on peut émettre un bémol tout en indiquant le fait que ce sont les parents qui, théoriquement, élèvent leur enfant.

Vous écrivez: «L'utilisation de la mobilité à l'école est facteur de dispersion, de distraction, de médiocrité.» Vous pouvez me prouver cette affirmation avec des faits vérifiables et reconnus, s'il vous plait?

Vous écrivez ensuite: «Quand je lis le texte d'un professeur qui défend une position à coup d'insultes au lieu d'arguments...», j'aimerais vous faire noter les points suivants.

Le premier paragraphe de mon billet est basé sur un argumentaire solide développé dans le billet précédent. Le texte de Mme Potvin est davantage un cri du coeur qu'une pensée étayée à l'aide d'arguments solides et vérifiables.

Lee faits avancés dans le second paragraphe sont aussi vérifiables. Le texte de Mme Potvin a été publié dans La Presse, Le Devoir et a fait l'objet d'au moins une tribune téléphonique. Tant dans les tribunes publiques que les journaux, de nombreux intervenants ont approuvé, entre autres sur la foi des propos erronés de Mme Potvin, l'idée d'interdire le cellulaire à l'école sans pour autant vérifier trois de ses principales affirmations qui étaient erronées (taux de diplomation, nombre de morts sur les routes, conséquences sur le français).

Le troisième paragraphe explique qu'il existe déjà dans le cadre juridique actuel la possibilité pour chaque école de bannir le cellulaire en ses murs. J'aurais dû inclure la référence à la Loi sur l'instruction publique. Vous la voulez?

Le quatrième paragraphe, je le reconnais, est une interprétation personnelle et aurait gagné à être développé.

Le cinquième paragraphe énonce une réalité facilement observable et un peu recherche de ma part m'aurait peut-être permis de trouver des statistiques à cet effet. Et comme l'a souligné une intervenante ici, il existe des parents qui ne fournissent pas de cellulaire à leur enfant et qui réclament l'interdiction de cet objet à l'école tout en assurant une éducation à l'égard de cette technologie.

Par contre, l'utilisation des termes «pleutres», «pleurnichards» et «hypocrisie» est nettement péjorative. Je l'assume pleinement.

Mon billet contient beaucoup moins d'insultes que vos propos l'affirment. Par contre, votre commentaire est insultant à l'égard de l'école québécoise actuelle, qui n'est pas sans défauts comme je le souligne fréquemment ici. Je m'attends donc d'un homme prônant la rigueur comme vous qu'il les appuie sur des études, des analyses, des faits reconnus. Sinon, vous n'êtes finalement qu'un émule de Mme Potvin, ce qui, à vos yeux, doit être un compliment.

Pierre Levasseur a dit…

Cher professeur masqué, il est vrai que mon jugement s'avère impitoyable, envers l'école mais surtout et avant tout envers ceux qui ont orienté depuis des décennies une succession de réformes qui se sont toutes avérées de terribles échecs. Les études scientifiques ne mènent pas toujours à des corrélations, parfois les instruments de mesure ne permettant pas d'isoler les conséquences d'une multitude de sources nocives qui se croisent les unes aux autres. En cette matière, il faut cesser de croire inoffensif tout ce que la science n'arrive pas encore à déceler. En matière d'éducation, nous avons au Québec des taux de décrochage et d'études supérieures désastreux, une productivité et un taux d'endettement misérables. C'est suffisant pour revoir tout ce qui peut contribuer à améliorer la situation. À ce titre, concernant la mobilité à l'école, la vraie question à se poser est : En quoi procéder à une interdiction générale peut-elle nuire aux études des jeunes? Je suis persuadé que tôt ou tard la science prouvera les impacts de ces outils sur la concentration à l'école, l'intimidation, la persévérance et la réussite scolaire. Mais même si j'avais tort en bout de ligne, la question primordiale est de pouvoir créer à l'école un milieu propice aux études et au développement du raisonnement chez nos jeunes. Un certain nombre d'interdictions et de règles strictes, additionnées les unes aux autres, pourraient grandement aider à recréer un tel climat d'étude qui n'existe plus. L'école ne devrait pas être un lieu de socialisation, mais un lieu de développement de l'individu. Entendons-nous, cela n'exclut pas l'acquisition d'habiletés sociales, mais donne à ce dernier aspect un rôle subordonné au premier. Ce qui est tout-à-fait naturel. Un individu frustré, qui quitte l'école avec de grandes lacunes, ne peut générer de bons résultats sur le plan social, et ce même s'il est très sociable!
C'est ce que je reproche à ce système d'éducation québécois; il refuse de remettre en question un modèle centré sur le bien-être émotif et sensuel à court terme de nos jeunes. Il s'obstine à leur enseigner la facilité. Il les livre ensuite à un monde qui est beaucoup moins indulgent que l'école l'a été avec eux. Plutôt que de nous bombarder d'études qui ne concluent rien mais ne règlent rien non plus, ce système devra tôt ou tard, avec les enseignants et tous les professionnels qui le composent, faire face à ses défaillances. À commencer par répondre à cette très simple question : Qu'est-ce qui dérange tant dans ce concept de discipline et de privation essentielles à la réussite? D'où vient cette croyance qu'on peut atteindre ses objectifs sans contraintes et sans efforts, et pourquoi cette croyance est-elle devenue le dogme maître de l'éducation québécoise actuelle?
Il faut recentrer le rôle de l'école dans la transmission d'une culture de l'effort, et au renoncement à ce plaisir à court terme qui crée un désespoir immense chez des milliers de nos jeunes, en plus de boucher l'avenir de plusieurs d'entre eux. La responsabilisation des parents est une tâche colossale qui devrait commencer...à l'école!!! En effet, on ne peut s'attendre à ce qu'une société soit composée d'une majorité de parents responsables, société qui depuis 50 ans, à travers ses écoles, désintéresse des générations d'étudiants à force de mollesse et de nivellement par le bas. Dans toutes les sociétés, et ce depuis les débuts de l'histoire de l'humanité, c'est en transformant profondément les valeurs éducatives qu'on a renversé la vapeur, et qu'on a fait de populations pauvres et ignorantes, des peuples prospères, instruits, composés de parents responsables. Le rôle de l'éducation est le plus important rôle d'un état. Renvoyer la balle à la responsabilité parentale est un immense aveu d'échec. Cher professeur masqué, merci de vos billets et de ce blogue. Amicalement.

Le professeur masqué a dit…

M. Levasseur: j'ai fait parti de ceux qui ont contesté le Renouveau pédagogique, mais je l'ai toujours fait en me basant le plus possible sur des faits et non sur des impressions. Cela m'a valu des échanges intéressants et de solides remises en question. Je crois en être ressorti plus fort.
Je ne peux souscrire à votre énoncé suivant: «En matière d'éducation, nous avons au Québec des taux de décrochage et d'études supérieures désastreux, une productivité et un taux d'endettement misérables.» Celui-ci n'est pas appuyé par les faits et, un peu paresseux ce soir, je n,ai pas envie de trouver les données qui le contrediront. Je sais que le taux de diplomation augmente, que les jeunes québécois se classent généralement bien dans plusieurs études internationales (pour ce qu'elles veulent dire) même si leurs résultats connaissent une baisse récente.
Je partage cependant votre avis qu' on met trop d'énergie sur l'aspect socialisation mais pas assez instruction à l'école. La rigueur me semble, de mon point de vue personnel, une valeur sociale et scolaire pas assez importante. Ma fille, revenue de Suède, n'en revenait pas de la discipline et du respect qu'elle a observés dans les pays slaves. Je ne compare donc pas avec le passé, mais simplement je me base sur ce que les enfants doivent véritablement attendre de l'éducation qu'ils reçoivent.
Actuellement, l'école dispose de peu d'appuis pour effectuer les changements que vous souhaitez. Ni chez les parents, ni chez certains adultes, ni chez certains de nos politiciens, ni au sein de l'école même. Quant au cellulaire, je vous renvoie à la conclusion de ce billet:
Quand je repense aux appréhensions qu’on peut avoir envers les NTIC, je me dis que ce n’est pas tant les technologies de l’information et des communications que l’usage qui en est fait que l’on doit questionner. Comme cela a toujours été la cas avec toute nouvelle technologie. À mon avis, on doit accompagner les élèves dans ce nouvel univers virtuel de l’information et de la communication si on veut comprendre comment ils s’en servent et les éduquer, les guider dans leurs choix. Si on ne le fait pas, ils l’exploreront seuls, sans notre expérience et notre sagesse pour leur indiquer l’importance de respecter certaines balises et principes éthiques.

Est-ce vraiment cela que nous voulons comme éducateurs?

Loulou a dit…

Monsieur Levasseur, je ne peux croire ce que je lis. Particulièrement lors de la lecture de votre première intervention. Je n’ai pu m’empêcher de m’imaginer dans le sud des États-Unis. Vous enseigner en 2001 dans une classe de 3e année, le jeune vous lance son cahier au visage et vous emmerde. Au secondaire, la jeune fille vous dit de vous mêler de vos affaires lorsque vous demandez la raison de son retard. Des histoires comme ça, y’a en a à la tonne. Auriez-vous vécu ça en 1974 ou 75? Non ou très exceptionnellement. Le cas échéant, les parents auraient collaboré avec l’école. Vous n’avez, évidemment aucune idée de ce qui se passe dans les classes aujourd’hui, au Québec. À nous, les enseignants, on demande de faire la promotion des écoles, de gérer les locaux et le matériel, de réparer les outils de travail et puis quoi encore? Vous l’avez dit, c’est la job la plus importante et moi d’ajouter, sans-doute une des plus bafouée.
En passant, quand on dit qu’un enfant est mal élevé, on fait référence à qui là?
Mon fils de 17 ans a réagi ainsi: ‘’L’autorité parentale deviendrait obsolète, plus dérisoire qu’elle ne l’est déjà. L’état devenant alors la responsable de l’éducation complète des futurs citoyens. Entreprendre des études en enseignement pourrait jusqu’à vouloir dire de prendre des mesures d’adoptions.’’
Bon, l’extrapolation est exagérée mais, y’a d’l’idée. Je peux affirmer qu’il serait le premier à dire qu’il préfère de loin avoir reçu son éducation de ses parents plutôt que de certains des intervenants qu’il a côtoyé. Et il ne penserait même pas de laisser son cell. allumé durant les heures de classe, sans même qu’un prof le lui interdise. On a fait notre job. Je me rends compte qu’on peut allez très loin avec ce sujet.
Prof masqué : Bravo pour la retenue suite à l’intervention à laquelle je fais illusion. Je suis admirative devant ce contrôle.

imaginezautrechose a dit…

Je ne suis pas d'accord avec tout ce que vous avancez dans votre billet, et je vous trouve très dur à l'endroit de Mme Potvin. De là à parler de dictature, je trouve que vous exagérez absolument!
En lisant la lettre de Mme Potvin, j'ai compris tout à fait son désarroi. Et je partage son opinion selon laquelle le cellulaire devrait disparaître des écoles primaires et secondaires. Ne serait-ce que pour apprendre aux élèves d'être présents (en esprit) en classe, et d'être présents l'un à l'autre lorsqu'ils ne sont pas en classe. Bien sûr, les parents ont un grand rôle à jouer dans l'éducation de leurs enfants, rôle qu'ils ne jouent pas toujours à merveille, en remettant souvent une trop grosse partie de cette éducation entre les mains de l'école. Envoyer les enfants en garderie, puis à l'école, c'est un choix de société qui déresponsabilise plus souvent qu'autrement les parents. Et à partir du moment où la société consent à un tel ordre des choses, je crois qu'il est tout à propos qu'une société impose des mesures pour limiter certains dégâts. Je ne suis pas pour une "loi nationale" interdisant les cellulaires dans les écoles. Je ne crois pas que ça doive relever du gouvernement. Je crois que cette décision devrait venir des écoles elles-mêmes. Comme faisant partie du code de vie.

Je crois que les cellulaires sont une plaie dans la société. Tant qu'ils ne servaient qu'à téléphoner, ça allait toujours, mais depuis qu'on peut faire tout ce qu'on peut faire avec un cellulaire, ça devient dangereux. Comme s'il fallait toujours rester "connecté". À la maison, dans le métro, dans l'autobus, à l'école, dans la rue, au magasin, sur le bord d'un lac... On assiste à une véritable régression de la présence au monde. Les téléphones cellulaires sont en vente partout, mais nulle part, dans les modes d'emploi, il est question de ce risque relié à son utilisation. Et malheureusement, dans la société dans laquelle on vit, le cellulaire et autres gadgets sont tellement devenus des acquis que plus personne, ou presque, ne remet en cause son utilisation.

Et ne vous en faites pas, PM, la Beauchamp, son chefs et les autres députés de ce parti pourri qu'est le parti libéral n'accéderont pas à la demande de Mme Potvin. Rappelez-vous leur position par rapport aux technologies... les TBI, par exemple!

Le professeur masqué a dit…

Imaginez: moi, dur avec Mme Potvin? Diantre, avez-vous vu comment elle a démonisé le cellulaire en avançant des faits erronés ou non fondés?
Vous écrivez: «Ne serait-ce que pour apprendre aux élèves d'être présents (en esprit) en classe, et d'être présents l'un à l'autre lorsqu'ils ne sont pas en classe.» Moi, je n'ai pas besoin d'un cellulaire dans mes poches pour penser à un être aimé. En réunion, je dessine, je gribouille. Je trouve qu'on exagère un peu.
Les cellulaires ne sont pas une plaie dans al société. Certains utilisateurs le sont.

Loulou: J'écoute. je prends le mieux de ce que disent les gens et j'invite l'insulte ou l'assume. :)

Hélène a dit…

Martine Peters,professeure avec plusieurs années d'expérience,publie aussi un billet intéressant sur ce sujet controversé. Elle ne voudrait pas bannir les cellulaires des écoles, mais explique pourquoi elle ne les tolère pas en classe.
http://martinepeters.wordpress.com/2012/03/05/la-gestion-des-telephones-cellulaires/

Jonathan Livingston a dit…

Euf, ça fait deux fois que je vois passer l'argument et ça me fatigue un peu. Gribouiller, dessiner et tomber dans la lune quelques instants n'est pas aussi dérangeant que l'utilisation de machines conçues pour la distraction à tout moment. Et qu'est-ce qui vous empêche de vous amener avec un cellulaire pour prendre vos mails alors pendant les réunions?

A ce compte et je pousse un peu pour le plaisir! on pourrait relâcher aussi la tenue, puisqu'on peut fantasmer de toute façon.

Pour ma part, quand je m'ennuie en réunion, j'essaie de participer et du coup, ça me réveille. Écouter a toujours été mon focus premier d'élèves qui a toujours bien réussi avec cette habitude gagnante. J'ai eu comme mes élèves l'envie d'avoir un baladeur dans le temps et je l'ai eu. Mais à l'époque, personne n'aurait même eu l'idée de l'avoir en classe, puis peu à peu, de plus en plus, je vois des fils qui pendent toujours entre les cheveux des élèves. SE boucher les deux oreilles est devenu une habitude sociale et aussi le raisonnement erroné qui dit que ça aide à la concentration. Évidemment, pour l'éducation, ça crée des problèmes...

Comme le dit Martine Peters, un loi sur l'importance d'apprendre pour nos petits Québécois seraient peut-être plus profitable, mais bon! Il voit que plus tu te bouches les oreilles, plus t'es «cool», plus tu es en relation avec le babillage du Net aussi.

Bon, franchement, la sensibilisation ou l'accompagnement me semble aussi une belle idée que tout le monde admet maintenant (comme quoi l'habitude fait tout avaler), mais qui en pratique ne donne pas grand chose ou si peu. Je pense qu'on est tous devenu par la force des choses de grands sensibilisateurs et on voit constamment des jeunes qui s'en foutent.

Unknown a dit…

Dans les années 90, alors que j’étais militaire, je devais évaluer mes candidats sur leurs capacités à calculer la longueur d’une antenne demi-onde. Le calcul est de 234 /fréquence en mégahertz. Je me devais de leurs donner un certain défi… Donc ma fréquence choisie était de 2.768 mégahertz. Rien de bien sorcier pour moi qui suit né en 1965. À ma surprise bien peu pouvait effectuer le calcul car il n’y avait pas de calculatrice. Dans la forêt, il n’y a jamais de calculatrice et pourtant il faut faire quelque chose.

Mon expérience des cellulaires n’est pas bonne. Cela, à tort ou à raison. J’exige le droit de ne pas être rejoignable et je veux que mes enfants aient de la difficulté à me rejoindre. Oh, cela demeure possible, après tout ils ont mon numéro au bureau et celui de maman. Ils ont également le no de la maison. Donc il y a une possibilité raisonnable de nous rejoindre en cas de problème. S’il devait y avoir une catastrophe, mes enfants sont familiers avec le 911, les règles à suivre pour être en sécurité, etc… Ils ne courent donc pas plus de risque que moi dans les années 90, 80, 70, 60. Nous ne sommes pas de si mauvais parents. Et contrairement à ce que les journaux nous laissent voir, nous comme individus sommes en sécurité si on respecte certaines règles.

Mais tout comme mes 2 premiers paragraphes l’indiquent, il faut à un moment donné prendre le taureau par les cornes et être capable de se débrouiller.

Je ne saurais dire combien de fois j’ai entendu l’argument « sécurité » comme raison pour maintenir une communication permanente avec les enfants. J’en ai contre cette industrie de la peur qui me dit que pour être en sécurité mes enfants devraient avoir un cellulaire.

Mes enfants n’en ont pas!

Je lis également que ceux-ci ont leurs places en classe. Non! Et je ne parviens pas à imaginer pourquoi un téléphone (car à la base c’est ça) aurait sa place en classe!

Cet outil devrait être présent uniquement pour nous simplifier la vie lorsque tous les autres outils sont en place et que l’on est à même d’assumer les conséquences de son utilisation.

Avant d’utiliser une calculatrice, on apprend à calculer à la main.

Et n’oublions pas qu’il s’agit d’un appareil avec un coût récurrent élevé. Dans cette période d’endettement, c’est un pensez y bien.