À l'invitation d'Un autre prof, qui a piqué l'idée au magazine Châtelaine, voici cinq livres qui ont marqué ma vie.
1- L'Écume des jours de Boris Vian. Lu à 15 ans. Incontournable. Ce livre m'a appris l'imagination et a renforcé mon gout de l'écriture littéraire. J'ai compris que les seules barrières qui existaient quant à mon écriture étaient celles que je m'imposais. On s'apprête à porter à l'écran la deuxième adaptation cinématographique de cette oeuvre et les quelques photos que j'ai vues annoncent un film assez disjoncté.
2- La Chartreuse de Parme de Stendhal. Lu à 17 ans. Je le préfère au roman Le Rouge et le Noir, du même auteur, qui est davantage associé à cet auteur. Le premier, c'est un romantisme adulte et assumé, comparé à celui plus adolescent et fébrile du second. Un plaisir amoureux mais aussi férocement italien. J'ai connu la même émotion plus tard en lisant Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, une oeuvre moins connue mais tout aussi vibrante.
3- Les Rougon-Macquart d'Émile Zola. Lus à 20 ans. Ici, je triche un peu puisqu'on aurait pu prendre n'importe quel roman des vingt de la série des Rougon-Macquart. Je les ai presque tous lu en un été. Mon côté obsessif qui fait que je dévore généralement une grande partie de l'oeuvre d'un auteur d'un coup. La galère que ce fut avec Simenon... Un Zola donc pour son côté naturaliste, descriptif, presque scientifique. J'ai pu prendre connaissance de ses carnets préparatoires à chaque oeuvre qui renfermaient des cartes, des croquis, des notes. Une leçon de journalisme.
4- 1984 de George Orwell. Lu à 24 ans. Une leçon d'histoire et de politique. Histoire parce que je suis retourné aux racines de l'oeuvre, le totalitarisme de Franco et le parti unique en URSS, par exemple. Politique parce que ce fut mon premier contact avec ce qu'on appelle la propagande et la manipulation des foules. Il y a aussi tout ce travail sur la langue - la novlangue - qu'on entend utiliser pou réduire la pensée et l'esprit critique. Je me suis ensuite intéressé à d'autres oeuvres d'utopie et dystopie par la suite, dont Nous autres d'Ievgueni Zamiatine et Paris au XXe siècle de Jules Verne.
5- Jolie Blon's Bounce de James Lee Burke. Lu à 42 ans. Pour l'écriture qui fait appel aux sens. Une leçon de style et de description. Ajoutez aussi la découverte de la Louisiane, une intrigue policière bien menée. Un bijou de policier. Ici, la compétition a été très forte avec les oeuvres de James Ellroy pour leur côté historique et sombre, mais Burke a une odeur, une musicalité qui le rend supérieur.
On remarquera majoritairement des oeuvres de tradition française, lues entre 15 et 24 ans. Ce furent des années de découvertes. J'aurais pu y placer des Balzac (Illusions perdues, magnifique de lyrisme), Ionesco (Le Roi se meurt, très fort et de plus en plus près de moi), Breton (Nadja). Il y a aussi L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón, Le Désert des Tartares de Dino Buzzati, La Valse aux adieux de Kundera. La liste serait longue...
15 juillet 2012
14 juillet 2012
«Nager pour survivre»: un succès avec 36% de réussite (ajout)
Il y a des synchronicités qui montrent bien que deux individus peuvent avoir la même idée sans s'être influencés mutuellement. Ainsi, je suis tombé ce matin, au hasard de mes lectures, sur cet éditorial de Brigitte Breton, du quotidien Le Soleil, qui aborde un point de vue assez critique quant à la formation «Nager pour survivre».
Ce qui est intéressant dans ce texte, ce sont les nouvelles informations qu'on y retrouve:
Les projets-pilotes menés au Québec (notamment à la commission scolaire
des Découvreurs) montrent que 36 % des jeunes ont réussi à réaliser les
trois exercices au terme des trois séances d'une heure, 43 % y sont
arrivés avec une veste de flottaison et 21 % ont échoué même en portant
une telle veste.
Le fameux 80% de réussite de cette formation en prend un coup quand on apprend que 43% de celui-ci est constitué de jeunes portant une veste de flottaison et que 15 à 20% des jeunes le réussissaient avant la formation (voir commentaire ici). Et on peut aussi réagir quand on constate que 21% des participants ont échoué cette formation même en portant une veste. En fait, d'une façon ou d'une autre, plus de 60% des gamins ressortiraient de cette formation sans être outillés pour affronter une situation périlleuse dans l'eau sans veste de flottaison. Définitivement, cette formation n'est pas un cours de natation. Et plus de 60% d'échecs semble être une norme acceptable pour qualifier une initiative de «succès» par le MELS et les commissions scolaires...
Selon la Société de sauvetage, il
est cependant trop tôt pour dire si le nombre de noyades [en Ontario] est en baisse
grâce au programme.
De l'aveu même de cet organisme, on dépensera donc des millions de dollars par année au Québec pour une formation dont on ne connait rien de l'efficacité.
L'Ontario a vu les inscriptions pour la
formation aquatique augmenter de plus de 25 % depuis l'introduction de
Nager pour survivre, il y a sept ans.
Voilà peut-être la principale retombée positive de cette formation: elle constitue un gros exercice de sensibilisation parentale. Quand certains parents ont constaté que leur enfant coulaient (au propre comme au figuré) leur formation, ils se sont dépêchés de les inscrire à de véritables cours de natation.
Tout cela cependant ne change en rien ma position de base: cette formation inefficace constitue un fardeau organisationnel et financier pour l'école québécoise et l'éloigne de ses missions fondamentales.
12 juillet 2012
Un peu méchant mais un peu vrai aussi (ajout)
Au lieu de donner une formation de «nager pour survivre» aux élèves de troisième année du primaire, il faudrait peut-être penser en donner une aux parents qui ont une piscine.
Je repensais à ce livre écrit par un maniaque de stats (et dont je ne me souviens plus du titre!) qui concluait qu'il fallait bannir les piscine parce qu'il y a plus d'enfants qui meurent noyés dans une piscine familiale que par des armes à feu gardées à la maison.
*******
J'ai retrouvé: Freakonomics... Une critique ici. Miss Math aimerait.
*******
Si j'étais un jeune et qu'on m'offrait une piscine en cadeau, j me méfierais.
Je repensais à ce livre écrit par un maniaque de stats (et dont je ne me souviens plus du titre!) qui concluait qu'il fallait bannir les piscine parce qu'il y a plus d'enfants qui meurent noyés dans une piscine familiale que par des armes à feu gardées à la maison.
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J'ai retrouvé: Freakonomics... Une critique ici. Miss Math aimerait.
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Si j'étais un jeune et qu'on m'offrait une piscine en cadeau, j me méfierais.
11 juillet 2012
François Legault ne comprend rien à certaines réalités de l'éducation (ajout)
Certains diront que le titre de ce billet est un oxymore, une évidence crasse.
Mais François Legault raisonne comme un comptable quand vient le temps pour lui de regarder un problème. Ou bien, pis encore, il est incapable de jongler avec une équation qui comprend plusieurs variables.
Devant le manque d'effectif masculin en éducation, la solution de M. Legault est d'augmenter les salaires des enseignants parce qu'une étude de l'OCDE démontre que les hommes accordent plus d'importance au salaire que les femmes dans le choix d'une carrière. Voilà. C'est simple.
M. Legault oublie cependant un point essentiel: règle générale, les garçons ne sont pas attirés en enseignement parce que, et je cite cette phrase célèbre dans le milieu scolaire: «Ils ne veulent pas moucher des nez et attacher des souliers.» Si le chef de la CAQ augmente le salaire des enseignants, rien ne garantit qu'il attirera ainsi de meilleurs candidats. Il risque surtout d'attirer des candidats davantage intéressés par l'argent que les exigences humaines de cette profession.
Un autre point moins fréquent expliquant pourquoi les hommes ne vont pas en enseignement est que les relations employeurs-employés dans les secteurs traditionnellement féminins sont souvent empreints d'un certain paternalisme. Rappelez-vous cette phrase de Jean Charest qui a désigné la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, de «petite madame» ou M. Legault lui-même qui qualifiait les enseignants de «lecteurs de revues» durant les journées pédagogiques. Comme homme, j'ai parfois de la difficulté à endurer une pareille attitude.
Je n'arrive pas à croire que François Legault puisse méconnaitre autant le monde de l'éducation alors qu'il en a été le ministre pendant deux ans. Et ce qui m'interpelle davantage est que c'est le même homme qui propose les plus importants changements en éducation depuis le rapport Parent en se basant on ne sait sur quelles études et quelles analyses.
Un dernier point: l'augmentation dont parle M. Legault a varié souvent de forme et de pourcentage au cours de la dernière année. Les mécanismes qui détermineront combien un enseignant recevrait de plus sont flous, pour ne pas dire plus. Un jeune qui commencerait au bas de l'échelle (37 298$) pourrait recevoir donc recevoir une magnifique prime de 3 729,80$ avant impôts. Aussi bien demeurer ingénieur, policier ou chauffeur d'autobus. D'ailleurs, les motivations entourant cette augmentation varient aussi selon les entrevues. Certaines fois, c'est pour valoriser la profession d'enseignant. D'autres fois, c'est pour s'assurer d'avoir les meilleurs enseignants dans les milieux difficiles. Là, c'est pour attirer les hommes.
********
Et est-ce que les données de l'OCDE sur lesquelles s'appuie M. Legault s'applique au Québec? Le concept d'équité salariale existe-t-il dans tous les autres pays? L'affirmation de M. Legault sous-entend-elle que l'équité salariale est boiteuse au Québec? A-t-il aussi l'intention d'augmenter le salaire des autres professions traditionnellement féminines (infirmières, CPE, etc.)?
De même, va-t-il augmenter le salaire de certains professionnels pour lesquels on est en pénurie en éducation? Je pense entre autres aux psychologues.
********
En passant, la véritable question de fond est que M. Legault veut augmenter la présence masculine dans nos écoles parce qu'il est convaincu que cela aura un effet positif sur la réussite des garçons. Or, aucune étude ne vient prouver cette idée. Qui plus est, des pays qui devancent le Québec dans les tests PISA ont, eux aussi, une forte proportion de femmes en éducation. On appelle cela apporter une solution à un faux problème.
Mais François Legault raisonne comme un comptable quand vient le temps pour lui de regarder un problème. Ou bien, pis encore, il est incapable de jongler avec une équation qui comprend plusieurs variables.
Devant le manque d'effectif masculin en éducation, la solution de M. Legault est d'augmenter les salaires des enseignants parce qu'une étude de l'OCDE démontre que les hommes accordent plus d'importance au salaire que les femmes dans le choix d'une carrière. Voilà. C'est simple.
M. Legault oublie cependant un point essentiel: règle générale, les garçons ne sont pas attirés en enseignement parce que, et je cite cette phrase célèbre dans le milieu scolaire: «Ils ne veulent pas moucher des nez et attacher des souliers.» Si le chef de la CAQ augmente le salaire des enseignants, rien ne garantit qu'il attirera ainsi de meilleurs candidats. Il risque surtout d'attirer des candidats davantage intéressés par l'argent que les exigences humaines de cette profession.
Un autre point moins fréquent expliquant pourquoi les hommes ne vont pas en enseignement est que les relations employeurs-employés dans les secteurs traditionnellement féminins sont souvent empreints d'un certain paternalisme. Rappelez-vous cette phrase de Jean Charest qui a désigné la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, de «petite madame» ou M. Legault lui-même qui qualifiait les enseignants de «lecteurs de revues» durant les journées pédagogiques. Comme homme, j'ai parfois de la difficulté à endurer une pareille attitude.
Je n'arrive pas à croire que François Legault puisse méconnaitre autant le monde de l'éducation alors qu'il en a été le ministre pendant deux ans. Et ce qui m'interpelle davantage est que c'est le même homme qui propose les plus importants changements en éducation depuis le rapport Parent en se basant on ne sait sur quelles études et quelles analyses.
Un dernier point: l'augmentation dont parle M. Legault a varié souvent de forme et de pourcentage au cours de la dernière année. Les mécanismes qui détermineront combien un enseignant recevrait de plus sont flous, pour ne pas dire plus. Un jeune qui commencerait au bas de l'échelle (37 298$) pourrait recevoir donc recevoir une magnifique prime de 3 729,80$ avant impôts. Aussi bien demeurer ingénieur, policier ou chauffeur d'autobus. D'ailleurs, les motivations entourant cette augmentation varient aussi selon les entrevues. Certaines fois, c'est pour valoriser la profession d'enseignant. D'autres fois, c'est pour s'assurer d'avoir les meilleurs enseignants dans les milieux difficiles. Là, c'est pour attirer les hommes.
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Et est-ce que les données de l'OCDE sur lesquelles s'appuie M. Legault s'applique au Québec? Le concept d'équité salariale existe-t-il dans tous les autres pays? L'affirmation de M. Legault sous-entend-elle que l'équité salariale est boiteuse au Québec? A-t-il aussi l'intention d'augmenter le salaire des autres professions traditionnellement féminines (infirmières, CPE, etc.)?
De même, va-t-il augmenter le salaire de certains professionnels pour lesquels on est en pénurie en éducation? Je pense entre autres aux psychologues.
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En passant, la véritable question de fond est que M. Legault veut augmenter la présence masculine dans nos écoles parce qu'il est convaincu que cela aura un effet positif sur la réussite des garçons. Or, aucune étude ne vient prouver cette idée. Qui plus est, des pays qui devancent le Québec dans les tests PISA ont, eux aussi, une forte proportion de femmes en éducation. On appelle cela apporter une solution à un faux problème.
De l’abus du proverbe: «Ça prend un village pour élever un enfant.»
Voilà souvent le proverbe
africain que j’entends quand on parle du rôle des parents versus les missions
de l’école. Au cœur de ce débat, il y a bien sûr des zones sensibles dont le
thème de la déresponsabilisation parentale.
Prenons par exemple la
formation de trois heures «Nager pour survivre» que le MELS entend mettre de
l’avant en troisième année du primaire.
Oublions tout de suite que celle-ci est fort limitée et règlera peu de
choses en fait quant à la problématique des noyades au Québec. Attardons-nous
plutôt à cette question : est-ce le rôle de l’école d’assurer une telle
formation?
Plusieurs parents répondent
que oui en invoquant le fait qu’ils ne sont pas habiletés à enseigner la nage à
leur enfant ou qu’ils manquent de temps. Ils se retournent alors vers l’école
en invoquant que cela fait partie de ses missions et cite le fameux proverbe
déculpabilsant telle une incantation magique.
Ce qu’il faut savoir, c’est
que, dans un village africain, ce n’est pas l’école qui montre à nager aux
enfants, mais bien des frères, des sœurs, des voisins. L’école joue fréquemment
un rôle au sein de la communauté dans laquelle elle s’inscrit, mais pas
celui-là. Elle abordera parfois des thèmes reliés à la santé et l’hygiène, par
exemple, mais elle se concentrera sur la transmission des savoirs et des
connaissances. Dans un village africain, aller à l’école est un privilège et
l’éducateur ocuppe une position respectée. On verra rarement des parents
contester ses décisions ou ses méthodes.
Au Québec, la notion de
village est différente. Bien des familles vivent dans un cocon très renfermé.
Et la relation avec le pseudo «village» qui les entoure est
unidirectionnel : dis-moi ce que le village peut faire pour moi, mais pas
ce que je peux faire pour lui. Pis
encore, le «village» ne doit pas intervenir dans la façon dont certains parents
conduisent les choses. Tentez cette
expérience : ramenez chez lui un gamin au comportement irrespectueux et
observez la réaction de ses parents. Il y a fort à parier qu’il vous
reprocheront votre intervention, même si elle fait référence à des règles de
vie basées sur le bien de la communauté. Quand au statut de l’éducateur, au
Québec, il est souvent respecté en
autant qu’il n’interfère pas avec les volontés des parents. Combien de fois
ai-je vu certains de ceux-ci remettre en question la compétence et l’autorité
d’un collègue? Et je ne parle pas de ces cas de menaces et d’intimidation. Combien
de fois ai-je même vu des parents engueuler des policiers alors que leur enfant
avait commis des infractions? On est loin du village africain et bien plus près
de la jungle.
Dans les faits, pour certains
parents, au Québec, l’école est un service éducatif mais aussi une façon de ne
pas assumer certaines responsabilités. Votre enfant ne sait pas nager et vous
ne savez pas comment le lui apprendre? Demandez à l’école! Pourtant, il existe
des organismes spécialisés dans ce domaine : la Croix-Rouge, des écoles de
natation, etc. Le manque de connaissance
en la matière n’est définitivement pas une excuse valable au même titre qu’on
ne demande pas à un parent d’un enfant malade d’être médecin, mais simplement de
s’assurer que son enfant consulte un spécialiste. Reste à faire l’effort et à
trouver le temps d’y aller.
Chaque famille est unique et
vit ses difficultés. Chaque parent établit ses priorités. Il est également dans
la nature humaine de tenter de remettre aux autres ce qu’il est possible de ne
pas faire soi-même. Cependant, est-ce ici à l’école québécoise de montrer aux
jeunes à survivre en cas de noyade?
On cite souvent en exemple le
cas des cours d’éducation sexuelle à l’école pour justifier que celle-ci puisse
aborder des contenus notionnels traditionnellement moins académiques. Ce qui
est paradoxal, c’est que les gens qui utilisent cet argument reconnaissent
eux-mêmes qu’il s’agit d’un domaine relié à l’éducation parentale en indiquant
que leur père ou leur mère ne voulait malheureusement pas en parler. Ils soulignent ainsi que leurs propres parents
n’ont pas rempli un des rôles auxquels on s’attendait d’eux. Si la société a
demandé à l’école d’aborder ces notions reliées à la sexualité, c’est bien pour
suppléer ce manque parental qui cause de graves problématiques de santé chez
les jeunes. Demander à l’école d’enseigner à nos enfants à survivre dans l’eau
relève de la même dynamique. C’est une solution à court terme à un problème.
Pas la meilleure. Même pas la plus efficace.
Les vraies solutions à ce
problème résident dans la sensibilisation aux responsabilités parentales, mais
aussi dans l’offre de services de soutien pour les familles où la situation
n’est pas toujours facile. À une époque
où l’on remet constamment en question la qualité de l’éducation offerte par
l’école ainsi que les savoirs et compétences de nos enfants, je ne crois pas
qu’on doive ajouter aux écoles des obligations qui ne relèvent pas de leurs
missions premières.
«Ça prend un village pour
élever un enfant.» Or, ce village ne se
limite pas à l’école et à une relation unidirectionnelle. Si certains parents
veulent jouer un plus grand rôle dans le monde scolaire, ils doivent tout
d’abord respecter les missions de celui-ci et les leurs.
09 juillet 2012
Pourquoi en troisième année du primaire?
Neuf des onzes jeunes de moins de 18 ans qui se sont noyés dans une piscine au cours des trois dernières années au Québec l'ont fait dans la piscine familiale, mais clôturons toutes les nouvelles piscines sans discernement et proposons même de clôturer les anciennes ainsi que les piscines hors terre ou gonflables.
Les deux tiers de jeunes de moins de 18 ans se sont noyés dans des lacs et des rivières, mais donnons une formation dans des piscines, formation qu'on peut d'ailleurs réussir avec une veste de flottaison.
Le tiers des jeunes noyés dans une piscine au cours des trois dernières années n'auraient pas eu l'âge de suivre la formation proposée par le MELS, mais allons de l'avant avec cette idée qui va couter des millions à nos école et dont on n'a pas mesuré la réelle efficacité.
Pourquoi ne pas plutôt apprendre aux enfants à nager correctement en bas âge, simplement? C'est ce que propose Régent Lacoursière qui accueille à son école des élèves aussi jeunes que deux ans. D'ailleurs, selon l’organisme SécuriJeunes Canada, les jeunes de moins de cinq ans courent de grands risques de se noyer à cause la petite taille de leurs poumons.
Pour le directeur général de la Société de sauvetage, Raynald Haawkins, ce serait une bonne chose d'offrir le cours à partir de la prématernelle. Mais une telle mesure est impossible dans l’état actuel du système scolaire québécois. Entre autres, le ratio accompagnateur - enfants devrait être beaucoup plus élevé, explique-t-il.
Il faut surtout savoir que la pré-maternelle et la maternelle ne sont pas obligatoires au Québec. D'ailleurs, la pré-maternelle n'est pas offerte partout dans la Belle Province. Impossible donc de rejoindre tous les jeunes.
Cependant, à supposé que je sois d'accord avec cette formation, ce que je ne suis pas, il faudrait m'expliquer pourquoi on attend la troisième année du primaire pour la donner. En effet, théoriquement, dans une école qui n'est pas considérée défavorisée, il y a moins d'élèves par classe en première et deuxième année qu'en troisième (22 à 24 contre 24 à 26). Ensuite, même la Société de sauvetage indique que cette formation peut être donnée à des enfants de 6 ans. Pourquoi alors attendre en troisième année du primaire quand les élèves auront 8-9 ans et seront plus nombreux par classe?
Il y a là comme un manque de logique comme dans l'ensemble de ce dossier d'ailleurs. Mais une fois que la psychose est allumée dans les médias et le grand public, on perd parfois le Nord.
Les deux tiers de jeunes de moins de 18 ans se sont noyés dans des lacs et des rivières, mais donnons une formation dans des piscines, formation qu'on peut d'ailleurs réussir avec une veste de flottaison.
Le tiers des jeunes noyés dans une piscine au cours des trois dernières années n'auraient pas eu l'âge de suivre la formation proposée par le MELS, mais allons de l'avant avec cette idée qui va couter des millions à nos école et dont on n'a pas mesuré la réelle efficacité.
Pourquoi ne pas plutôt apprendre aux enfants à nager correctement en bas âge, simplement? C'est ce que propose Régent Lacoursière qui accueille à son école des élèves aussi jeunes que deux ans. D'ailleurs, selon l’organisme SécuriJeunes Canada, les jeunes de moins de cinq ans courent de grands risques de se noyer à cause la petite taille de leurs poumons.
Pour le directeur général de la Société de sauvetage, Raynald Haawkins, ce serait une bonne chose d'offrir le cours à partir de la prématernelle. Mais une telle mesure est impossible dans l’état actuel du système scolaire québécois. Entre autres, le ratio accompagnateur - enfants devrait être beaucoup plus élevé, explique-t-il.
Il faut surtout savoir que la pré-maternelle et la maternelle ne sont pas obligatoires au Québec. D'ailleurs, la pré-maternelle n'est pas offerte partout dans la Belle Province. Impossible donc de rejoindre tous les jeunes.
Cependant, à supposé que je sois d'accord avec cette formation, ce que je ne suis pas, il faudrait m'expliquer pourquoi on attend la troisième année du primaire pour la donner. En effet, théoriquement, dans une école qui n'est pas considérée défavorisée, il y a moins d'élèves par classe en première et deuxième année qu'en troisième (22 à 24 contre 24 à 26). Ensuite, même la Société de sauvetage indique que cette formation peut être donnée à des enfants de 6 ans. Pourquoi alors attendre en troisième année du primaire quand les élèves auront 8-9 ans et seront plus nombreux par classe?
Il y a là comme un manque de logique comme dans l'ensemble de ce dossier d'ailleurs. Mais une fois que la psychose est allumée dans les médias et le grand public, on perd parfois le Nord.
08 juillet 2012
À propos des noyades au Québec (ajout)
On a vu qu'au Québec, pour réduire les noyades, le MELS proposera un cours de trois heures en troisième année du primaire en piscine avec possibilité de le réussir en portant une veste de flottaison. Dans les faits, la majorité des noyades surviennent plutôt dans des lacs ou des rivières alors que les gens malheureusement impliqués dans ces incidents regrettables ne portent aucune veste de flottaison. Qui plus est, le tiers des jeunes qui meurent par noyade n'auraient même pas été assez âgés pour suivre le cours proposé par le MELS. Il tient du rêve, selon moi, de penser que cette formation réduira le nombre de noyade au Québec. D'ailleurs, aucune étude ne vient appuyer cette prétention.
Une autre légende urbaine veut qu'on devrait clôturer toutes les piscines au Québec pour réduire le nombre de noyades. Voici quelques chiffres qui devraient vous montrer les faibles résultats que cette mesure apporterait.
En 2010 - 78 noyades
Nombre de noyade de jeunes de moins de 18 ans dans une piscine: 5 (dont un dans un parc aquatique et un dans une piscine publique, donc deux endroits avec surveillance)
En 2011 - 81 noyades
Nombre de noyades de jeunes de moins de 18 ans dans une piscine: 1
En 2012 - 40 noyades jusqu'à présent
Nombre de noyade de jeunes de moins de 18 ans dans une piscine: 4
Dans les faits, presque toutes les noyades de jeunes de moins de 18 ans dans une piscine au Québec sont survenues dans la piscine familiale alors sans surveillance. Aucun nageur de plus de 10 ans ne s'est noyé dans une piscine familiale au Québec alors que l'âge moyen des jeunes noyés dans la piscine familiale était de près de 5 ans (soit respectivement 1, 2, 3, 5, 9, 8, 9, 2, 2 et 4 ans).
Par ailleurs, tous les jeunes se sont noyés dans une piscine appartenant à leurs parents, sauf les deux cas mentionnés plus tôt et qui nageaient dans des lieux pourtant surveillés.
La morale de tout cela? Si vous avez des enfants, c'est davantage une éducation précoce aux risques reliés à l'eau et une surveillance efficace de votre propre piscine qui éviteront ce genre d'incident.
Une initiative comme celle proposée par la SQ, qui consiste à désigner des surveillants comme on le fait avec la conduite automobile, est aussi une excellente idée.
******
Tristement, une nouvelle noyade aujourd'hui vient de s'ajouter. L'enfant d'un an et demi s'est noyée dans la piscine familiale.
Une autre légende urbaine veut qu'on devrait clôturer toutes les piscines au Québec pour réduire le nombre de noyades. Voici quelques chiffres qui devraient vous montrer les faibles résultats que cette mesure apporterait.
En 2010 - 78 noyades
Nombre de noyade de jeunes de moins de 18 ans dans une piscine: 5 (dont un dans un parc aquatique et un dans une piscine publique, donc deux endroits avec surveillance)
En 2011 - 81 noyades
Nombre de noyades de jeunes de moins de 18 ans dans une piscine: 1
En 2012 - 40 noyades jusqu'à présent
Nombre de noyade de jeunes de moins de 18 ans dans une piscine: 4
Dans les faits, presque toutes les noyades de jeunes de moins de 18 ans dans une piscine au Québec sont survenues dans la piscine familiale alors sans surveillance. Aucun nageur de plus de 10 ans ne s'est noyé dans une piscine familiale au Québec alors que l'âge moyen des jeunes noyés dans la piscine familiale était de près de 5 ans (soit respectivement 1, 2, 3, 5, 9, 8, 9, 2, 2 et 4 ans).
Par ailleurs, tous les jeunes se sont noyés dans une piscine appartenant à leurs parents, sauf les deux cas mentionnés plus tôt et qui nageaient dans des lieux pourtant surveillés.
La morale de tout cela? Si vous avez des enfants, c'est davantage une éducation précoce aux risques reliés à l'eau et une surveillance efficace de votre propre piscine qui éviteront ce genre d'incident.
Une initiative comme celle proposée par la SQ, qui consiste à désigner des surveillants comme on le fait avec la conduite automobile, est aussi une excellente idée.
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Tristement, une nouvelle noyade aujourd'hui vient de s'ajouter. L'enfant d'un an et demi s'est noyée dans la piscine familiale.
06 juillet 2012
À propos du cours «Nager pour survivre»
J'ai eu le temps de réfléchir à cette intention ministérielle de faciliter l'implantation de la formation «Nager pour survivre» en troisième année du primaire dans toutes les écoles québécoises. Certains commentaires ici et des échanges avec des gens autour de moi m'ont aussi beaucoup aidé à approfondir ma position et à effectuer des recherches dont les résultats sont préoccupants. Prenez la peine de lire ce texte jusqu'à la fin
La mission de l'école?
Tout d'abord, il est clair qu'en offrant cette formation, l'école s'éloigne de sa mission fondamentale (instruire, socialiser et qualifier). C'est le MELS lui-même qui reconnait les risques de ce genre de dérives dans son énoncé de politique éducative Prendre le virage du succès - L'école, tout un programme:
«Pour conduire les élèves
à la réussite, l'école a besoin de l'appui de toutes les
Québécoises et de tous les Québécois, jeunes et
adultes. Mais cet appui ne lui sera accordé que si les missions qui lui
sont confiées sont connues et font consensus. Sinon, l'ambiguïté
persistera et l'école continuera de se voir adresser des demandes qui
risqueront de la distraire de son objectif. Il importe donc de mieux définir
le champ d'action de l'école.»
L'école québécoise vit des moments difficiles. Elle tente de rattraper son retard en matière de réussite scolaire. Faut-il la distraire ainsi de ses objectifs fondamentaux? Quelle sera la prochaine mission qu'on lui confiera? La sécurité routière pour les jeunes cyclistes? Les cours de conduite automobile?
Au mauvais moment et au mauvais endroit?
En instaurant cette formation, ne risque-t-on pas de déresponsabiliser les parents et d'augmenter le risque de noyades pour la catégorie d'âge des jeunes enfants, les moins de neuf ans, par exemple? Certains parents seront-ils tentés de penser que c'est l'école maintenant qui s'occupera de sensibiliser leurs enfants aux dangers reliés à l'eau et leur montrera à nager?
Si l'on regarde les statistiques, en ce qui concerne les
individus de moins de 18 ans qui représentent moins de 13% des noyades au
Québec cette année, il s'agit dans les cinq cas d'enfants laissés sans
surveillance par leurs parents, dont un qui s'est noyé dans son bain. Tous les jeunes de 18 ans
qui se sont noyés cette année n'auraient reçu cette formation à leur école
puisqu'ils n'étaient même pas d'âge scolaire. Pour les années 2010 et 2011, c'est un peu plus du tiers des jeunes victimes de noyade qui n'auraient pas suivi cette formation à cause de leur jeune âge. (En fait, l'âge moyen d'un jeune qui se noie dans une piscine au Québec depuis trois ans est d'environ de 5 ans et d'environ 10 ans dans un lac ou une rivière.)
On peut donc raisonnablement se questionner sur l'impact de cette formation alors qu'elle ignorerait un pan important des jeunes québécois.
Une formation véritablement efficace?
La formation «Nager pour survivre» a été créée par la Société de sauvetage, un organisme sans but lucratif qui vise à prévenir les noyades et les traumatismes associés à l’eau.. Elle consiste en trois séances d'une heure donnée dans une piscine. Les élèves seront alors amenés à pratiquer une entrée en culbute dans l'eau afin de se familiariser avec le phénomène de la désorientation vécue lorsqu'on tombe à l'eau accidentellement. Ils devront aussi tenter de se maintenir à la surface de l'eau pendant 60 secondes et nager sur une distance de 50 mètres dans une piscine. On comprend clairement qu'il ne s'agit pas de cours de natation, comme en ont parlé certains médias. Selon les chiffres, 80% des jeunes réussissent à atteindre ces trois objectifs. Une question: combien de jeunes réussissaient à les atteindre AVANT d'avoir reçu cette formation?
Qui plus est, en consultant le site de Société de sauvetage, quelques aspects ne sont pas clairs quant à cette éclatante réussite.
«Il est conseillé de faire revêtir un VFI aux participants pour procéder une première fois à l’évaluation. Par la suite, les enfants jugés aptes à enlever leur VFI pourront tenter de relevé (sic) le défi sans celui-ci.»
Peut-on donc réussir cette formation avec une veste de flottaison? Est-ce que les enfants qui n'ont pas relevé le défi (absence, refus, etc.) sont comptés dans les statistiques comme étant parmi les 20% qui ne le réussissent pas?
Peut-on donc réussir cette formation avec une veste de flottaison? Est-ce que les enfants qui n'ont pas relevé le défi (absence, refus, etc.) sont comptés dans les statistiques comme étant parmi les 20% qui ne le réussissent pas?
Si je me base sur la feuille d"évaluation du défi «Nager pour survivre» qu'on trouve à l'adresse http://www.snpn.ca/?p=39, la réponse serait qu'on peut réussir le défi avec une veste de flottaison et qu'on ne tiendrait pas compte des refus de participer. Si ces donnée sont justes, elles suffisent pour invalider l'idée d'implanter cette formation dans les écoles québécoises. Mais continuons notre réflexion.
Chez les plus de 18 ans, qui constituent plus de 80% des noyades au Québec, en plus des limites reliées à la formation «Nager pour survivre», on peut se demander quel impact réel aura celle-ci un jour si on regarde les statistiques. Dans la grande majorité des noyades au Québec, près du quart sont associées à des actes téméraires ou qui ne respectaient pas la réglementation nautique (dont porter une veste de flottaison). Parmi les autres cas, on retrouvait des causes pour lesquelles une formation n'aurait rien changé: malaises cardiaques, intoxication par l’alcool ou la drogue, écrasement d'avion, suicide...
De quel succès parle-t-on?
Tous les intervenants en faveur de cette formation ont mentionné qu'il s'agissait d'un succès? Mais de quel succès parle-t-on? La seule statistique que j'ai pu trouver soulève des questions. On cite l'exemple ontarien où cette formation est donnée aux jeunes sans pour autant nous indiquer à combien se chiffre la baisse des noyades survenues dans cette province. Parce qu'il faut bien qu'il y ait une diminution des noyades, non?
ll serait donc intéressant qu'on nous démonte les résultats concrets de ce programme à l'aide de données vérifiées et vérifiables. Cela me semble un minimum quand on engage des fonds publics dans une formation de la sorte et qu'on entend la rendre obligatoire.
Pour jouer à un avocat du diable rempli de mauvaise foi intense, si je prends les noyades recensées au Québec, je me demande à quoi servira cette formation dans le cas des suicidaires, des gens intoxiqués, assis à bord d'un avion ou d'une automobile qui sont tombés dans un lac ou une rivière. Je me demande aussi à quoi aurait servi cette formation à tous ces gens que la Société de sauvetage inclus dans ses statistiques parce qu'ils ont été retrouvés dans ou à proximité d'un cours d'eau et dont la cause du décès est inconnue?
À propos de financement
Au cours des trois prochaines années, le MELS entend faciliter l'implantation de la formation «Nager pour survivre» en donnant un incitatif financier aux écoles qui choisiront d'offrir cette dernière. Par la suite, on songe à rendre cette formation carrément obligatoire.
Or, cet incitatif ne suffit pas actuellement à payer les coûts de ce programme. Alors que les écoles secondaires sont déjà en mode coupures, quels services vont-elles devoir diminuer ou cesser de donner pour payer les coûts de cette formation? La bibliothèque scolaire, la surveillance, le psychologue?
05 juillet 2012
«Nager pour survivre» dans les écoles: 40 morts à nuancer (ajout)
Québec entend favoriser l'implantation du programme «Nager pour survivre» dans les écoles primaires du Québec. Il défraiera une partie des couts de ce programme, laissant le soin aux écoles qui veulent y participer de régler le reste de la facture.
L'argument invoqué est bien sûr le nombre élevé de noyades cette année. Or, une petite analyse des 40 noyades survenus jusqu'à présent au Québec montre une réalité pas aussi simple qu'on pourrait le croire.
De toutes ces noyades, on remarque entre autres:
- une septuagénaire confuse;
- trois sportifs imprudents sur la glace (motoneige et VTT);
- un bébé laissé sans surveillance dans son bain;
- sept individus retrouvés sans qu'on connaisse les circonstances exactes de leur décès;
- un suicidaire;
- deux individus à bord d'une embarcation alors on ne sait pas s'ils portaient un gilet de sauvetage;
- deux individus à bord d'une embarcation alors qu'on sait qu'ils ne portaient pas leur gilet de sauvetage;
- un homme retrouvé dans un fossé près d'une route;
- un pilote dont l'avion s'est écrasé;
- un plongeur sous-marin;
- deux jeunes hommes qui marchaient sur le bord de l'eau à Oka;
- deux personnes âgées atteintes de malaise cardiaque alors qu'elles étaient sur ou dans l'eau;
- deux noyade alors que les individus étaient fort possiblement sous l'influence de la drogue ou de l'alcool
- deux noyade alors que la vitesse de l'embarcation pourrait être en cause et que les individus ne portaient pas de gilet de sauvetage;
- quatre enfants laissés sans surveillance parentale.
Dans 90% des noyades au Québec, on parle donc d'adultes, majoritairement des hommes. Près du quart sont associés à des actes téméraires ou au non-respect de la réglementation nautique.
En ce qui concerne les individus de moins de 18 ans qui représentent moins de 13% des noyades au Québec, il s'agit dans les cinq cas d'enfants laissés sans surveillance par leurs parents, dont un qui s'est noyé dans son bain.
Chaque décès accidentel en est un de trop. Les jeunes d'aujourd'hui qui bénéficieraient du programme «Nager pour survivre» seront les adultes de demain. Mais trois questions:
- l'utilisation du nombre de 40 noyades pour justifier l'implantation facultative de ce programme dans nos écoles est-il intellectuellement honnête?
- ce programme règlera-t-il les cas de bêtise humaine liés aux diverses noyades?
- les parents, même s'ils sont parfois touchés par des drames déchirants, n'ont -ils pas une responsabilité dans l'éducation nautique de leurs enfants et la surveillance de ceux-ci?
En passant, aucun des enfants qui se sont noyés cette année n'aurait reçu cette formation à leur école puisqu'ils n'étaient même pas d'âge scolaire...
********
Comme je me sentais mal de ne considérer que les statistiques de cette année, je suis allé jeter un coup d'oeil celles des années 2010 et 2011.
En 2010:
- 14 morts de moins de 18 ans sur 78 noyades (18% du total des noyades);
- 5 noyade survenues en piscine (dont une dans un piscine publique et l'autre dans un parc aquatique);
- 1 dans un bain et une à cause de la glace qui a cédé sous le poids de la motoneige où l'enfant de 13 ans prenait place avec son père.
- au moins 4 enfants qui n'étaient même pas en troisième année du primaire.
En 2011:
- 12 morts de moins de 18 ans sur 81 noyades (15% du total des noyades);
- une seule noyade survenu dans une piscine et une à la suite de la chute d'un hydravion;
- les 10 autres sont survenues dans des lacs ou des rivières;
- au moins 7 enfants qui n'étaient même pas en troisième année du primaire.
L'argument invoqué est bien sûr le nombre élevé de noyades cette année. Or, une petite analyse des 40 noyades survenus jusqu'à présent au Québec montre une réalité pas aussi simple qu'on pourrait le croire.
De toutes ces noyades, on remarque entre autres:
- une septuagénaire confuse;
- trois sportifs imprudents sur la glace (motoneige et VTT);
- un bébé laissé sans surveillance dans son bain;
- sept individus retrouvés sans qu'on connaisse les circonstances exactes de leur décès;
- un suicidaire;
- deux individus à bord d'une embarcation alors on ne sait pas s'ils portaient un gilet de sauvetage;
- deux individus à bord d'une embarcation alors qu'on sait qu'ils ne portaient pas leur gilet de sauvetage;
- un homme retrouvé dans un fossé près d'une route;
- un pilote dont l'avion s'est écrasé;
- un plongeur sous-marin;
- deux jeunes hommes qui marchaient sur le bord de l'eau à Oka;
- deux personnes âgées atteintes de malaise cardiaque alors qu'elles étaient sur ou dans l'eau;
- deux noyade alors que les individus étaient fort possiblement sous l'influence de la drogue ou de l'alcool
- deux noyade alors que la vitesse de l'embarcation pourrait être en cause et que les individus ne portaient pas de gilet de sauvetage;
- quatre enfants laissés sans surveillance parentale.
Dans 90% des noyades au Québec, on parle donc d'adultes, majoritairement des hommes. Près du quart sont associés à des actes téméraires ou au non-respect de la réglementation nautique.
En ce qui concerne les individus de moins de 18 ans qui représentent moins de 13% des noyades au Québec, il s'agit dans les cinq cas d'enfants laissés sans surveillance par leurs parents, dont un qui s'est noyé dans son bain.
Chaque décès accidentel en est un de trop. Les jeunes d'aujourd'hui qui bénéficieraient du programme «Nager pour survivre» seront les adultes de demain. Mais trois questions:
- l'utilisation du nombre de 40 noyades pour justifier l'implantation facultative de ce programme dans nos écoles est-il intellectuellement honnête?
- ce programme règlera-t-il les cas de bêtise humaine liés aux diverses noyades?
- les parents, même s'ils sont parfois touchés par des drames déchirants, n'ont -ils pas une responsabilité dans l'éducation nautique de leurs enfants et la surveillance de ceux-ci?
En passant, aucun des enfants qui se sont noyés cette année n'aurait reçu cette formation à leur école puisqu'ils n'étaient même pas d'âge scolaire...
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Comme je me sentais mal de ne considérer que les statistiques de cette année, je suis allé jeter un coup d'oeil celles des années 2010 et 2011.
En 2010:
- 14 morts de moins de 18 ans sur 78 noyades (18% du total des noyades);
- 5 noyade survenues en piscine (dont une dans un piscine publique et l'autre dans un parc aquatique);
- 1 dans un bain et une à cause de la glace qui a cédé sous le poids de la motoneige où l'enfant de 13 ans prenait place avec son père.
- au moins 4 enfants qui n'étaient même pas en troisième année du primaire.
En 2011:
- 12 morts de moins de 18 ans sur 81 noyades (15% du total des noyades);
- une seule noyade survenu dans une piscine et une à la suite de la chute d'un hydravion;
- les 10 autres sont survenues dans des lacs ou des rivières;
- au moins 7 enfants qui n'étaient même pas en troisième année du primaire.
28 juin 2012
Certains départs...
C'est la fin de l'année scolaire et celle-ci entraine ses inévitables soirées entre profs, ses diners obligatoires et autres rencontres sociales. On s'étreint, on se salue comme si on allait prendre un dernier train... qui nous ramènera à la même gare dans sept semaines.
Il arrive parfois que certains départs soient définitifs. Non, je ne parle pas de ces collègues qui quittent pour un monde meilleur... euh! une meilleure école. Non, plutôt de ces gens qui ont atteint l'âge de la retraite. On leur prépare généralement une petite fête, un petit mot, un petit cadeau. Un petit quelque chose, sans commune mesure avec le grand vide qu'ils laisseront parfois derrière eux.
Dans mon entourage, cette année, il y a un départ qui m'attriste. Celui d'une secrétaire de secteur avec qui j'ai partagé cette fantastique aventure de la vie scolaire depuis tant d'années que j'ai cessé de les compter. Je ne sais pas pourquoi mais, comme enseignant, nous ne sommes pas toujours conscients du travail que font certaines personnes autour de nous.
Cette secrétaire, je lui dois beaucoup. Sa patience. Sa compréhension. Son dévouement. Son humour. Son engagement dans la vie et la mission de l'école. Certaines journées, n'eut été d'elle, j'aurais fait des bêtises, engueulé des gens, même si j'avais raison. Elle m'a beaucoup appris, par ses gestes, son exemple. Rarement par ses mots. Ce n'est pas parce qu'elle ne savait pas les manier. Simplement, elle savait ne pas abuser. Discrète. Efficace. D'un esprit vif et caustique quand elle décidait d'écrire.
Cet été, j'ai décidé de profiter de mes vacances à plein mais, ce soir, dans ma tête et dans mon coeur, il y a cette pensée, ce chagrin que je me laisse le droit de ressentir. Certains départs me touchent.
Il arrive parfois que certains départs soient définitifs. Non, je ne parle pas de ces collègues qui quittent pour un monde meilleur... euh! une meilleure école. Non, plutôt de ces gens qui ont atteint l'âge de la retraite. On leur prépare généralement une petite fête, un petit mot, un petit cadeau. Un petit quelque chose, sans commune mesure avec le grand vide qu'ils laisseront parfois derrière eux.
Dans mon entourage, cette année, il y a un départ qui m'attriste. Celui d'une secrétaire de secteur avec qui j'ai partagé cette fantastique aventure de la vie scolaire depuis tant d'années que j'ai cessé de les compter. Je ne sais pas pourquoi mais, comme enseignant, nous ne sommes pas toujours conscients du travail que font certaines personnes autour de nous.
Cette secrétaire, je lui dois beaucoup. Sa patience. Sa compréhension. Son dévouement. Son humour. Son engagement dans la vie et la mission de l'école. Certaines journées, n'eut été d'elle, j'aurais fait des bêtises, engueulé des gens, même si j'avais raison. Elle m'a beaucoup appris, par ses gestes, son exemple. Rarement par ses mots. Ce n'est pas parce qu'elle ne savait pas les manier. Simplement, elle savait ne pas abuser. Discrète. Efficace. D'un esprit vif et caustique quand elle décidait d'écrire.
Cet été, j'ai décidé de profiter de mes vacances à plein mais, ce soir, dans ma tête et dans mon coeur, il y a cette pensée, ce chagrin que je me laisse le droit de ressentir. Certains départs me touchent.
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