La première partie de ce billet a suscité plusieurs réactions et commentaires sur lesquelles j'aimerais revenir. Il m'a permis, en effet, d'établir quelques constats.
Mais avant d'aller plus loin, l'apport de Sylvain dans cet échange montre qu'il faut relativiser l'information telle que les médias nous la présentent. Pas toujours facile, je le sais.
Tout d'abord, on devrait distinguer les cas lourds des cas légers, les cas agressifs de ceux qui ne le sont pas, par exemple. Il existe un monde de différence entre un élève qui a un déficit d'attention et un autre qui lance des chaises, mord ses voisins et les poignarde à coups de crayon. Sans dire que chaque cas est unique, il faut tout de même ne pas tomber dans la généralisation quand on aborde cette question.
Également, il ne faut pas confondre non plus difficultés comportementales et difficultés académiques. À cet égard, trois de mes élèves performants cette année ont un déficit d'attention nécessitant une médication, ce qui ne les empêche pas de réussir haut la main.
Selon qu'on soit parent ou enseignant, la position quant à cette question est relativement différente. Comme parent, on veut que notre enfant soit intégré, qu'il suive un parcours relativement normal. Comme professeur, on songe davantage à la progression du groupe et à la sécurité des élèves. On pourrait croire que l'intérêt général semble ici s'opposer à un intérêt particulier.
Par ailleurs, comme parent, on peut se sentir mal d'avoir un enfant présentant de telles difficultés à l'école. Mais ce que je remarque, c'est que les parents d'enfants ne présentant pas de difficultés se manifestent peu, du moins c'est ce que je perçois dans les médias. Or, je refuserais que ma fille soit dans la classe d'un élève qui la poignarde à coups de crayon. Je veux bien comprendre, coopérer et blablabla, mais l'inégrité physique de ma fille est plus important que l'intégration scolaire d'un autre enfant. Désolé!
Il faut également savoir qu'au nom de l'intégration, certaines commissions scolaires ont carrément aboli les classes spéciales. Il est donc normal que des enseignants puissent être dépassés par les problématiques auxquelles ils sont confrontés parce qu'ils n'ont pas été formés à cette fin et parce qu'ils n'ont pas les resources supplémentaires pour les accompagner. L'intégration se fait alors selon la volonté ou les capacités de l'enseignant ainsi que la coopération des parents concernés.
C'est d'ailleurs des situations semblables qui m'ont amené à me demander si c'est à l'école (régulière) de s'occuper de ce type d'élèves.
Qu'on me comprenne bien: je ne crois pas qu'il faille retourner à l'époque de Stéphane Laporte ou une infirmité à la jambe signifiait automatiquement l'inscription à une école spéciale, mais ne tire-t-on pas un peu trop sur l'élastique des missions de l'école qui sont, entre autres, de qualifier et d'instruire les jeunes? Ne nuit-on pas à certains enfants en niant des évidences? Par ailleurs, l'école régulière doit-elle répondre aux besoins de tous les jeunes, sans exception? Il fut un temps, le MELS a songé à décerner un diplôme à la fin de la troisième secondaire pour motiver les élèves...
Dans une école de ma CS, on a conservé les classes spéciales, certaines regroupant des cas très lourds. Sauf qu'on y fait très peu d'apprentissages académiques. Dans les faits, la plupart des objectifs à atteindre relevant davantage de l'intégration sociale. Certains élèves qu'on y retrouve seront incapables de fonctionner seuls dans la société. Les enseignants tentent de les responsabiliser en s'assurant qu'ils font de petits boulots utiles comme balayer, s'occuper du recyclage, etc. Je ne veux pas dévaloriser leur travail, mais est-ce à eux de s'occuper de tels cas? Est-ce à l'école?
Dans la même veine, j'ai vu des classes spéciales ou l'on aurait pu faire davantage d'apprentissages académiques significatifs mais ou les profs et la direction ne s'en tenaient surtout qu'au volet «socialiser» parce qu'on sous-estimait les jeunes.
Quand je me me demande si c'est à l'école de s'occuper de certains types d'élèves, ce n'est pas pour qu'on se débarrasse de ceux-ci. Ceux qui me connaissent savent à quel point je favorise la proximité des clientèles différentes. Proximité ne veut cependant pas dire mixité et intégration. Je m'interroge seulement à savoir s'ils reçoivent véritablement les services appropriés et si leur présence ne brime pas le droit d'apprendre des autres élèves.
Également, je crois de plus en plus que davantage de liens devraient exister entre les CLSC, les maisons des jeunes et l'école. À tel point que certains jeunes devraient peut-être relever davantage du ministère de la Santé et des Services sociaux que de celui de l'Éducation.
Enfin, je ne sais pas. Je me questionne. C'est tout.
PS: ce mot à part pour Lia. Je partage entièrement le point de vue de PMT quant à ce qui est scandaleux.
Cette année, j'ai un jeune qui présente un déficit d'attention important et qui a certains traits de comportement faisant penser à l'autisme. Le dossier du primaire du jeune n'a pas suivi au secondaire. Sa mère n'a pas voulu nous informer de son cas pour ne pas stigmatiser son enfant, pour lui donner une seconde chance.
Résultat: son gamin, pourtant pas con du tout, est en échec dans plusieurs matières. Il est marginalisé à cause de son comportement étrange même si je le trouve particulièrement attachant. Voilà le scandale: nier les évidences pour croire qu'elles vont disparaitre toutes seules.
14 juin 2009
Red Bull: sors de ce corps! euh de cette école...
Tiens, comme ça, je ne sais pas si c'est une politique de ma commission scolaire, mais on me rapporte qu'une école de mon territoire a banni les boissons énergisantes à base de café de ses murs. Elle continue cependant de vendre du café aux élèves.
Appellera-t-on le maire Labeaume à la rescousse?
Appellera-t-on le maire Labeaume à la rescousse?
11 juin 2009
Zéro (la suite)
Tiens, je traitais récemment de l'impossibilité de mettre zéro à un élève en vertu des nouvelles directives venant de la direction des Sévices pédagogiques de ma CS.
Ce matin, j'assistais à un moment qu'on pourrait filmer et intégrer dans le téléroman Virginie. Deux acteurs: Prof masqué, très philosophe, et Prof poilu, nouveau dans le monde de l'éducation.
*******
- Prof pas pire: regarde cette copie d'examen. L'élève n'a rien écrit. Même pas son nom!
- Pas fort...
- Alors, je lui mets zéro.
- Ouins.
- En lettres, ça fait donc E.
- Mmmmum.
- Et E, ça vaut 28%. je peux pas lui donner 28% pour un examen ou il n'a absolumenbt rien écrit. Ça n'a aucun sens...
- Et puis après? Même si tu te battais pour lui mettre zéro, le logiciel va le monter à 28%.
- Mais ça n'a pas de sens!
- Ben, c'est ça le nouveau monde de l'évaluation.
*******
Les profs, dépossédés de l'évaluation.
Ce matin, j'assistais à un moment qu'on pourrait filmer et intégrer dans le téléroman Virginie. Deux acteurs: Prof masqué, très philosophe, et Prof poilu, nouveau dans le monde de l'éducation.
*******
- Prof pas pire: regarde cette copie d'examen. L'élève n'a rien écrit. Même pas son nom!
- Pas fort...
- Alors, je lui mets zéro.
- Ouins.
- En lettres, ça fait donc E.
- Mmmmum.
- Et E, ça vaut 28%. je peux pas lui donner 28% pour un examen ou il n'a absolumenbt rien écrit. Ça n'a aucun sens...
- Et puis après? Même si tu te battais pour lui mettre zéro, le logiciel va le monter à 28%.
- Mais ça n'a pas de sens!
- Ben, c'est ça le nouveau monde de l'évaluation.
*******
Les profs, dépossédés de l'évaluation.
Quand l'école ressemble à un hôpital...
Je veux être très prudent dans mon commentaire et ne pas heurter certains parents. (Si, malheureusement, je vous blesse, ne m'agonisez pas d'injures, maix expliquez-moi votre propos.)
De plus en plus, on intègre dans nos écoles ou dans nos classes des élèves dont la problématique est très lourde.
Hier, on rapportait le cas de ce jeune élève en crise qui a été reconduit à un centre jeunesse parce que ses parents ne se sont pas présentés assez rapidement à l'école.
Dans un premier, je tiens à souligner que les institutions scolaires sont généralement perdantes quand un parent rappporte dans les médias sa version des événements. En effet, l'école est tenue à la confidentialité. Le parent, lui, peut dévoiler ce qu'il veut sans qu'on puisse véritablement le contredire avec les risques que cela comporte. Dans certains cas, il peut même aller jusqu'à stigmatiser davantage son enfant, mais bon...
Là ou je veux en venir, c'est que parfois, certaines écoles ont des allures d'hôpitaux. Certains élèves ont des médications importantes et je me demande même s'ils n'ont pas des dosettes en classe. Les intervenants sont formés pour comprendre certaines maladies, certains comportements. Mais est-ce à l'école de fournir tous ces services?
Dans certains petits groupes spécialisés, les ressources engagées sont importantes. Un technicien et un enseignant par groupe de neuf élèves, par exemple. Accès à des ressources spécialisées: psychologue, orthophoniste, etc. On parle de coûts et de ressources que ne voudrait jamais engager une école privée.
Je m'interroge: est-ce à l'école de prendre soin et de développer ces cas lourds? Des cas dont on sait qu'aucune diplomation n'est possible? Si un élève ne pourra manifestement pas répondre aux trois missions de l'école québécoise, est-ce à elle de s'en occuper?
De plus en plus, on intègre dans nos écoles ou dans nos classes des élèves dont la problématique est très lourde.
Hier, on rapportait le cas de ce jeune élève en crise qui a été reconduit à un centre jeunesse parce que ses parents ne se sont pas présentés assez rapidement à l'école.
Dans un premier, je tiens à souligner que les institutions scolaires sont généralement perdantes quand un parent rappporte dans les médias sa version des événements. En effet, l'école est tenue à la confidentialité. Le parent, lui, peut dévoiler ce qu'il veut sans qu'on puisse véritablement le contredire avec les risques que cela comporte. Dans certains cas, il peut même aller jusqu'à stigmatiser davantage son enfant, mais bon...
Là ou je veux en venir, c'est que parfois, certaines écoles ont des allures d'hôpitaux. Certains élèves ont des médications importantes et je me demande même s'ils n'ont pas des dosettes en classe. Les intervenants sont formés pour comprendre certaines maladies, certains comportements. Mais est-ce à l'école de fournir tous ces services?
Dans certains petits groupes spécialisés, les ressources engagées sont importantes. Un technicien et un enseignant par groupe de neuf élèves, par exemple. Accès à des ressources spécialisées: psychologue, orthophoniste, etc. On parle de coûts et de ressources que ne voudrait jamais engager une école privée.
Je m'interroge: est-ce à l'école de prendre soin et de développer ces cas lourds? Des cas dont on sait qu'aucune diplomation n'est possible? Si un élève ne pourra manifestement pas répondre aux trois missions de l'école québécoise, est-ce à elle de s'en occuper?
08 juin 2009
La der des der
Enseigner n'est pas nécessairement un combat mais, demain, c'est ma dernière journée d'enseignement. Après, surveillances d'examen et autres tâches connexes.
Enfin!
PS: Un petit sondage s'est ajouté, si le coeur vous en dit. Vous pouvez me faire part d'autres réponses que celles suggérées.
Enfin!
PS: Un petit sondage s'est ajouté, si le coeur vous en dit. Vous pouvez me faire part d'autres réponses que celles suggérées.
Rions un peu!
Que valent les mots et les promesses d'un politicien? Jugez par vous-même en lisant ce texte. Je n'ai pu réprimer un sourire.
«Cette réforme vise trois choses: succès, qualité et efficacité. Pour atteindre cette réussite, nous devrons vivre d'importants bouleversements dans les façons de faire, une nouvelle répartition des pouvoirs, une modification des nos habitudes. La mise en place de cette réforme exige une approche ordonnée, systématique, cohérente, qui ne peut souffrir d'improvisation. J'ai voulu que cette réforme porte le sceau de l'exigence et soyez que je serai, à cet égard, exemplaire.»
Pauline Marois, ministre de l'Éducation, 4 février 1997
«Cette réforme vise trois choses: succès, qualité et efficacité. Pour atteindre cette réussite, nous devrons vivre d'importants bouleversements dans les façons de faire, une nouvelle répartition des pouvoirs, une modification des nos habitudes. La mise en place de cette réforme exige une approche ordonnée, systématique, cohérente, qui ne peut souffrir d'improvisation. J'ai voulu que cette réforme porte le sceau de l'exigence et soyez que je serai, à cet égard, exemplaire.»
Pauline Marois, ministre de l'Éducation, 4 février 1997
07 juin 2009
Bonne retraite, M. Caron!
Quand quelqu'un prend sa retraite, il est de circonstance de souligner ses bons coups. André Caron, maintenant ancien président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), poste qu'il a occupé pendant onze ans, a pris sa retraite la semaine dernière. Ce fut son bon coup. En tous cas, selon moi, sûrement le meilleur de sa longue carrière. Peut-être le monsieur a-t-il travaillé fort, mais il est passé à côté de bien des moments importants au cours des dernières années.
Plusieurs signaux très forts lui ont été envoyés récemment quant à la légitimité et la transparence des commissions scolaires.
Le monsieur a réagi en voulant jumeler les élections municipales avec les élections scolaires pour «doper» artificiellement le nombre de votes lors de ces dernières. Une manoeuvre dont on peut admirer l'habileté. Sauf qu'il n'a pas fait la preuve concrète de l'utilité des CS, quant à moi. Je ne dis pas qu'elles sont inutiles, mais bien que M. Caron n'a pas su le prouver hors de tout doute très raisonnable.
Quant à la transparence, le fait de ne pas dévoiler les dépenses et les salaires de la FCSQ - financé par les CS, donc uniquement par l'argent des contribuables - montre bien son souci d'ouverture. Avec des dépenses questionnables en ce qui concerne les commissaires scolaires, des comptes de dépenses qui prêtent flanc à la critique, des reportages sur l'aspect financier de la FSCQ, on aurait cru que M. Caron aurait eu la sensibilité politique de réagir. Non! il s'est confiné à un silence qui pourrait être interprété comme de l'arrogance ou du déni.
Le plus remarquable, c'est que M. Caron a fait la preuve, du moins en partie, de son inutilité et de celle de l'organisme qu'il présidait lors de sa démission. Lors de son dernier discours, il a demandé à la ministre Courchesne de mettre sur pied un plan d'action pour la réussite. Quel sens du leadership! Quelle initiative! Quelle façon de refiler la patate chaude à l'autre!
Le monsieur est là depuis onze ans et on dirait qu'il vient de découvrir le décrochage scolaire. Onze ans!
Bon, je suis trop mordant, comme d'habitude. Mais on ne peut pas m'enlever de la tête que M. Caron aurait pu en faire plus, aurait dû en faire plus.
Plusieurs signaux très forts lui ont été envoyés récemment quant à la légitimité et la transparence des commissions scolaires.
Le monsieur a réagi en voulant jumeler les élections municipales avec les élections scolaires pour «doper» artificiellement le nombre de votes lors de ces dernières. Une manoeuvre dont on peut admirer l'habileté. Sauf qu'il n'a pas fait la preuve concrète de l'utilité des CS, quant à moi. Je ne dis pas qu'elles sont inutiles, mais bien que M. Caron n'a pas su le prouver hors de tout doute très raisonnable.
Quant à la transparence, le fait de ne pas dévoiler les dépenses et les salaires de la FCSQ - financé par les CS, donc uniquement par l'argent des contribuables - montre bien son souci d'ouverture. Avec des dépenses questionnables en ce qui concerne les commissaires scolaires, des comptes de dépenses qui prêtent flanc à la critique, des reportages sur l'aspect financier de la FSCQ, on aurait cru que M. Caron aurait eu la sensibilité politique de réagir. Non! il s'est confiné à un silence qui pourrait être interprété comme de l'arrogance ou du déni.
Le plus remarquable, c'est que M. Caron a fait la preuve, du moins en partie, de son inutilité et de celle de l'organisme qu'il présidait lors de sa démission. Lors de son dernier discours, il a demandé à la ministre Courchesne de mettre sur pied un plan d'action pour la réussite. Quel sens du leadership! Quelle initiative! Quelle façon de refiler la patate chaude à l'autre!
Le monsieur est là depuis onze ans et on dirait qu'il vient de découvrir le décrochage scolaire. Onze ans!
Bon, je suis trop mordant, comme d'habitude. Mais on ne peut pas m'enlever de la tête que M. Caron aurait pu en faire plus, aurait dû en faire plus.
03 juin 2009
Un manque de jugement (prise 2 et ajout)
Après cet enseignant québécois qui a acheté de la bière pour ses élèves aux États-Unis, en voilà un autre qui perd son emploi après avoir mis sur son profil FaceBook une photo de lui en train de consommer de la marijuana. Je recopie ici la nouvelle:
Un enseignant de l'école secondaire Riverside, à Jonquière, a payé cher son adhésion au réseau social Facebook sur Internet.
L'homme a été congédié après que des élèves eurent placardé partout dans l'école une photo le montrant en train de fumer de la marijuana. Cette photo avait été publiée sur sa page personnelle Facebook.
Un élève a découvert la photo compromettante où l'enseignant semblait consommer de la drogue avec un groupe d'amis.
L'enseignant était un employé temporaire, et non un permanent. La Commission scolaire affirme qu'elle avait d'autres motifs pour le congédier.
De leur côté, les élèves de l'école secondaire Riverside assurent que le congédiement s'est fait immédiatement après la diffusion de la photo.
Le professeur en question n'a pas retourné les appels de Radio-Canada.
Un prof, c'est un modèle. Il est tenu à une certaine discrétion personnelle, disons. Malgré tout, j'ai un peu de difficulté à comprendre ce congédiement s'il n'est basé que sur cet écart de conduite. S'il fallait congédier tous ceux qui fument de la drogue, on manquerait d'employés un peu partout...
Ajout
Il semblerait que ce serait un collègue qui aurait rapporté la chose à la direction. Du moins, c'est ce qu'on mentionnait à Paul Arcand vendredi, je crois.
Un enseignant de l'école secondaire Riverside, à Jonquière, a payé cher son adhésion au réseau social Facebook sur Internet.
L'homme a été congédié après que des élèves eurent placardé partout dans l'école une photo le montrant en train de fumer de la marijuana. Cette photo avait été publiée sur sa page personnelle Facebook.
Un élève a découvert la photo compromettante où l'enseignant semblait consommer de la drogue avec un groupe d'amis.
L'enseignant était un employé temporaire, et non un permanent. La Commission scolaire affirme qu'elle avait d'autres motifs pour le congédier.
De leur côté, les élèves de l'école secondaire Riverside assurent que le congédiement s'est fait immédiatement après la diffusion de la photo.
Le professeur en question n'a pas retourné les appels de Radio-Canada.
Un prof, c'est un modèle. Il est tenu à une certaine discrétion personnelle, disons. Malgré tout, j'ai un peu de difficulté à comprendre ce congédiement s'il n'est basé que sur cet écart de conduite. S'il fallait congédier tous ceux qui fument de la drogue, on manquerait d'employés un peu partout...
Ajout
Il semblerait que ce serait un collègue qui aurait rapporté la chose à la direction. Du moins, c'est ce qu'on mentionnait à Paul Arcand vendredi, je crois.
02 juin 2009
Les jeunes et les NTI
Cette année, dans mes groupes d'élèves, on a commencé à utiliser l'ordinateur. Je n'ai pas révolutionné ma pédagogie employée en classe. Une implantation, lente, prudente et réfléchie. On s'en est surtout servi pour des fins de recherche, de traitement de textes et de présentations orales. L'année prochaine, j'aimerais aller plus loin avec des podcast conçus par les élèves, un blogue littéraire et d'actualité, mais chaque chose en son temps.
À travers cette utilisation, j'ai fait plusieurs constats que j'aimerais partager avec vous.
Le premier est qu'on surestime beaucoup les capacités informatiques des jeunes. Deux à trois jeunes par groupe sont totalement réfractaires à l'ordinateur. D'autres ont des craintes qui les bloquent parce qu'ils ne s'estiment pas assez compétents. Oui, ils sont jeunes et à les voir trouver toutes les façons de gagner à MarioKart, on aurait pu penser qu'ils auraient été des pros du clavier, pas juste de la manette.
Quand je parle de surestimer les capacités des jeunes, prenons par exemple l'emploi d'un courrier électronique. Mes gamins ont une adresse internet. Ils s'en servent presque exclusivement pour clavarder sur MSN. Quand je leur ai mentionné qu'on pouvait écrire des messages, y placer des hyperliens, y attacher des fichiers, se servir d'un courriel comme d'un espace mémoire accessible n'importe ou, ce fut un choc. Il m'a fallu les initier à toutes ces possibilités.
Pour la recherche d'informations en ligne, mes jeunes ont éprouvé autant de difficultés que ceux qui faisaient leurs recherches à la bibliothèque autrefois: utilisation de mots-clé de recherche, tri de l'information. Internet leur donne accès à une foule d'informations qu'ils ont de la difficulté à trouver ou à trier. Certains ne savaient pas non plus qu'ils pouvaient sauvegarder les résultats de leur recherche.
Mes jeunes semblaient plus familiers avec les traitements de texte, mais plusieurs fonctions pratiques leur échappaient (compter le nombre de mots, la fonction «chercher» pour éliminer les répétitions, par exemple). De même, ils sont peu habitués de travailler avec un correcteur orthographique et ils surestimaient l'efficacité de celui-ci. Ils ont été à même de constater que, s'ils ne connaissaient pas correctement leur grammaire, l'ordinateur ne serait pas toujours d'un grand secours. Ce fut une bénédiction pour le prof de français que je suis.
Là ou j'ai été le plus étonné, c'est du fait qu'il a fallu les convaincre de lâcher les grands cartons de couleur remplis de photos et de dessins pour illustrer leurs exposés oraux avec un logiciel comme Power Point. On peut avoir 12 ans et déjà être conservateur: «Oui, mais je suis habitué de même...» Il a cependant suffi d'une seule séance d'exposés oraux avec PWP pour les convaincre que cette façon de procédé était plus stimulante et pratique. Pauvres profs de l'année prochaine si vous n'avez pas l'habitude du canon et du portable!
Il me faut souligner qu'une source de frustration des élèves est venue de ma CS elle-même. En effet, celle-ci a créé une adresse et un espace mémoire pour chaque élève. Il nous fallait donc utiliser ceux-ci pour communiquer ou stocker de l'information. On veut habituer les jeunes à aller sur ce compte CS. Sauf qu'ils n'en voient pas la pertinence puisqu'ils ont déjà des comptes ailleurs. Ce fut un peu la bataille. De même, le choix des ordinateurs a soulevé des interrogations chez mes jeunes: «Pourquoi des Mac? On est tous en PC.» On peut convertir des fichiers, travailler en univers PC sur des Mac, mais n'aurait-on pas dû privilégier des outils semblables à ceux qu'ils ont déjà à la maison?
L'année se termine sous peu et, déjà, j'entrevois une collaboration plus grande avec le conseiller pédagogique de ma CS. Je vais tenter de suggérer à mes collègues une liste d'habiletés informatiques que les jeunes devraient maitriser à la fin de chaque année de leur parcours au secondaire. Et comme on prêche par l'exemple, je vais évidemment commencer par mes classes.
En autant que l'ordi demeure un outil et non une fin en soit dans mes cours, je suis preneur.
Implantation lente, prudente et réfléchie.
À travers cette utilisation, j'ai fait plusieurs constats que j'aimerais partager avec vous.
Le premier est qu'on surestime beaucoup les capacités informatiques des jeunes. Deux à trois jeunes par groupe sont totalement réfractaires à l'ordinateur. D'autres ont des craintes qui les bloquent parce qu'ils ne s'estiment pas assez compétents. Oui, ils sont jeunes et à les voir trouver toutes les façons de gagner à MarioKart, on aurait pu penser qu'ils auraient été des pros du clavier, pas juste de la manette.
Quand je parle de surestimer les capacités des jeunes, prenons par exemple l'emploi d'un courrier électronique. Mes gamins ont une adresse internet. Ils s'en servent presque exclusivement pour clavarder sur MSN. Quand je leur ai mentionné qu'on pouvait écrire des messages, y placer des hyperliens, y attacher des fichiers, se servir d'un courriel comme d'un espace mémoire accessible n'importe ou, ce fut un choc. Il m'a fallu les initier à toutes ces possibilités.
Pour la recherche d'informations en ligne, mes jeunes ont éprouvé autant de difficultés que ceux qui faisaient leurs recherches à la bibliothèque autrefois: utilisation de mots-clé de recherche, tri de l'information. Internet leur donne accès à une foule d'informations qu'ils ont de la difficulté à trouver ou à trier. Certains ne savaient pas non plus qu'ils pouvaient sauvegarder les résultats de leur recherche.
Mes jeunes semblaient plus familiers avec les traitements de texte, mais plusieurs fonctions pratiques leur échappaient (compter le nombre de mots, la fonction «chercher» pour éliminer les répétitions, par exemple). De même, ils sont peu habitués de travailler avec un correcteur orthographique et ils surestimaient l'efficacité de celui-ci. Ils ont été à même de constater que, s'ils ne connaissaient pas correctement leur grammaire, l'ordinateur ne serait pas toujours d'un grand secours. Ce fut une bénédiction pour le prof de français que je suis.
Là ou j'ai été le plus étonné, c'est du fait qu'il a fallu les convaincre de lâcher les grands cartons de couleur remplis de photos et de dessins pour illustrer leurs exposés oraux avec un logiciel comme Power Point. On peut avoir 12 ans et déjà être conservateur: «Oui, mais je suis habitué de même...» Il a cependant suffi d'une seule séance d'exposés oraux avec PWP pour les convaincre que cette façon de procédé était plus stimulante et pratique. Pauvres profs de l'année prochaine si vous n'avez pas l'habitude du canon et du portable!
Il me faut souligner qu'une source de frustration des élèves est venue de ma CS elle-même. En effet, celle-ci a créé une adresse et un espace mémoire pour chaque élève. Il nous fallait donc utiliser ceux-ci pour communiquer ou stocker de l'information. On veut habituer les jeunes à aller sur ce compte CS. Sauf qu'ils n'en voient pas la pertinence puisqu'ils ont déjà des comptes ailleurs. Ce fut un peu la bataille. De même, le choix des ordinateurs a soulevé des interrogations chez mes jeunes: «Pourquoi des Mac? On est tous en PC.» On peut convertir des fichiers, travailler en univers PC sur des Mac, mais n'aurait-on pas dû privilégier des outils semblables à ceux qu'ils ont déjà à la maison?
L'année se termine sous peu et, déjà, j'entrevois une collaboration plus grande avec le conseiller pédagogique de ma CS. Je vais tenter de suggérer à mes collègues une liste d'habiletés informatiques que les jeunes devraient maitriser à la fin de chaque année de leur parcours au secondaire. Et comme on prêche par l'exemple, je vais évidemment commencer par mes classes.
En autant que l'ordi demeure un outil et non une fin en soit dans mes cours, je suis preneur.
Implantation lente, prudente et réfléchie.
30 mai 2009
La réussite du plus grand nombre
Que fait-on quand on est devant une baisse des résultats des élèves? Que fait-on quand la réussite scolaire devient un impératif politique et non pédagogique? On s'assure de travailler à la réussite du plus grand nombre. Mais il y a plusieurs façons d'y parvenir.
Comme en éducation, les administrations déterminent à la fois les examens, la façon de les corriger et de consigner les résultats, il est parfois tentant de prendre des raccourcis. Un exemple: les notes transformées en cote et retransformées en notes grâce à une table de conversion officielle pour effectuer les conversions nécessaires lors de l'établissement de la cote du bilan.
Il y a quelques mois, un collègue d'une CS recevait ladite table qui contenait certaines infos pour établir les notes. Ainsi,un élève ayant un résultat en pourcentage X obtenait la cote Y qui était reconvertie en en pourcentage Z. Cela donnait un tableau semblable à celui-ci.
0 à 28% = E = 28%
29 à 36% = E+ = 36%
37 à 44% = D = 44%
45 à 52% = D+ = 52%
53 à 60% = C = 60%
61 à 68% = C+ = 68%
69 à 76% = B = 76%
77 à 84% = B+ = 84%
85 à 92% = A = 92%
93 à 100%= A+ = 100%
On remarque que la conversion de la cote en pourcentage se fait presque toujours à la hausse. Cela vou surprend-il? Entre 53 et 60%, il y a un monde, je crois. Mais dans l'oeil de l'administrateur scolaire, à 53%, tu passes!
Récemment, ce même collègue a reçu une nouvelle directive modifiant les informations qu'on lui avait transmises. Tant pis pour celui qui s'était basé sur le document précédent pour effectuer sa correction!
Tout d'abord, on lui apprend qu'en juin 2009, l'épreuve de fin d'année est «pondérée». En langage clair, la direction de son école a la possibilité de faire varier cette pondération de 0 à 30% de la note finale de l'élève. Bref, la direction s'immisce dans l'évaluation professionnelle des enseignants. En se basant sur quoi? On ne le sait pas. S'assurer qu'il y ait le moins d'échecs possibles? Contrebalancer l'effet négatifs d'examens mal foutus?
Ensuite, on lui apprend qu'on a modifié la table de conversion officielle pour effectuer les conversions nécessaires lors de l'établissement de la cote du bilan. Et, vous le verrez, ces changements sont savoureux.
0 à 28% = E = 28%
29 à 36% = E+ = 36%
37 à 44% = D = 44%
45 à 57% = D+ = 57%
58 à 60% = C = 60%
61 à 68% = C+ = 68%
69 à 76% = B = 76%
77 à 84% = B+ = 84%
85 à 92% = A = 92%
93 à 100%= A+ = 100%
On remarque que ces changements tournent principalement aux résutats compris entre 45 à 60%. Ainsi, un élève qui a entre 45 et 57% se verra maintenant attribuer la cote D qui vaut 57%. Or, la magie de l'histoire, c'est qu'à 57%, l'élève peut bénéficier d'un jugement de maitrise qui lui permet de recevoir la note de 60%. L'enseignant peut s'opposer à ce changement qui se fait automatiquement, mais il doit se lever de bonne heure pour motiver cette décision.
Bref, vous l'avez compris: maintant, avec un résultat de 45%, un élève peut réussir son année. 45% et tu passes!
La réussite du plus grand nombre.
En passant, pour les ceuses qui me demandaient un document officiel pour appuyer un billet précédent, vous remarquerez que le zéro n'existe pas dans cette table de conversion. Un élève qui, au départ, a 0 reçoit une cote de E qui vaut 28%.
Comme en éducation, les administrations déterminent à la fois les examens, la façon de les corriger et de consigner les résultats, il est parfois tentant de prendre des raccourcis. Un exemple: les notes transformées en cote et retransformées en notes grâce à une table de conversion officielle pour effectuer les conversions nécessaires lors de l'établissement de la cote du bilan.
Il y a quelques mois, un collègue d'une CS recevait ladite table qui contenait certaines infos pour établir les notes. Ainsi,un élève ayant un résultat en pourcentage X obtenait la cote Y qui était reconvertie en en pourcentage Z. Cela donnait un tableau semblable à celui-ci.
0 à 28% = E = 28%
29 à 36% = E+ = 36%
37 à 44% = D = 44%
45 à 52% = D+ = 52%
53 à 60% = C = 60%
61 à 68% = C+ = 68%
69 à 76% = B = 76%
77 à 84% = B+ = 84%
85 à 92% = A = 92%
93 à 100%= A+ = 100%
On remarque que la conversion de la cote en pourcentage se fait presque toujours à la hausse. Cela vou surprend-il? Entre 53 et 60%, il y a un monde, je crois. Mais dans l'oeil de l'administrateur scolaire, à 53%, tu passes!
Récemment, ce même collègue a reçu une nouvelle directive modifiant les informations qu'on lui avait transmises. Tant pis pour celui qui s'était basé sur le document précédent pour effectuer sa correction!
Tout d'abord, on lui apprend qu'en juin 2009, l'épreuve de fin d'année est «pondérée». En langage clair, la direction de son école a la possibilité de faire varier cette pondération de 0 à 30% de la note finale de l'élève. Bref, la direction s'immisce dans l'évaluation professionnelle des enseignants. En se basant sur quoi? On ne le sait pas. S'assurer qu'il y ait le moins d'échecs possibles? Contrebalancer l'effet négatifs d'examens mal foutus?
Ensuite, on lui apprend qu'on a modifié la table de conversion officielle pour effectuer les conversions nécessaires lors de l'établissement de la cote du bilan. Et, vous le verrez, ces changements sont savoureux.
0 à 28% = E = 28%
29 à 36% = E+ = 36%
37 à 44% = D = 44%
45 à 57% = D+ = 57%
58 à 60% = C = 60%
61 à 68% = C+ = 68%
69 à 76% = B = 76%
77 à 84% = B+ = 84%
85 à 92% = A = 92%
93 à 100%= A+ = 100%
On remarque que ces changements tournent principalement aux résutats compris entre 45 à 60%. Ainsi, un élève qui a entre 45 et 57% se verra maintenant attribuer la cote D qui vaut 57%. Or, la magie de l'histoire, c'est qu'à 57%, l'élève peut bénéficier d'un jugement de maitrise qui lui permet de recevoir la note de 60%. L'enseignant peut s'opposer à ce changement qui se fait automatiquement, mais il doit se lever de bonne heure pour motiver cette décision.
Bref, vous l'avez compris: maintant, avec un résultat de 45%, un élève peut réussir son année. 45% et tu passes!
La réussite du plus grand nombre.
En passant, pour les ceuses qui me demandaient un document officiel pour appuyer un billet précédent, vous remarquerez que le zéro n'existe pas dans cette table de conversion. Un élève qui, au départ, a 0 reçoit une cote de E qui vaut 28%.
Inscription à :
Articles (Atom)