04 janvier 2008

Une histoire d'horreur

Tiens, ce soir, on m'a raconté une drôle d'histoire d'horreur. Je la crois vraie, même si je n'ai pas encore tout vérifié.

Il y a dix ans, un directeur d'une école secondaire montréalaise qui ne jurait que par le progrès et l'informatique a fermé la bibliothèque de l'établissement dont il avait la responsabilité. Fermé. Y'en n' a pu! Disparue! Il a tout transformé en labo informatique. À quoi bon le papier quand Internet existe et permet d'avoir accès à une multitude d'informations.

Tous les livres ont été mis en boîte et dormaient depuis dix ans dans un obscur sous-sol. Pourquoi «dormaient dix ans»? Parce que le directeur en question a été remplacé par un nouveau. Et parmi les décisions que ce dernier a prises, on retrouve celle de réouvrir la bibliothèque, avec des livres.

Cette histoire me laisse sans voix et sans mot. Et vous?

13 commentaires:

unautreprof a dit…

Fermer la bibliothèque dans une école!
Fermer un service essentiel à l'âme, à l'apprentissage, au bonheur...

Horrifiant en effet.

Armand a dit…

Cher Prof,
Comme il a fallu "numériser" tous les bouquins de la bibliothèque, la facture a dû être d'un montant astronomique.
Qui a payé?
Un prof, à lui tout seul, peut-il endetter toute une université pendant des années ou a-t-il trouvé des sponsors?
Amitiés

souimi a dit…

Grand insignifiant. C'est un sacrilège. Il n'y a pas de limite à la bêtise humaine, on dirait.

Ness a dit…

Et moi qui pensait qu'Hitler était mort... On dirait qu'il avait (malheureusement) des descendants!!

Missmath a dit…

Qu'on ferme une bibliothèque pour en faire un laboratoire d'informatique, c'est triste. Les deux locaux sont essentiels. S'il a fallu choisir, la décision n'a pas dû être facile.

Ce qui me choque, c'est que les livres ont été entreposés. Les bibliothèques scolaires sont en général tellement pauvres, n'aurait-il pas été possible de les éparpillés ces livres dans les classes ou tout simplement là où le nouveau directeur a trouvé place pour mettre la nouvelle bibliothèque...

Mais dites-moi, pendant qu'un directeur met les livres d'une bibliothèque dans les boîtes, que font les profs, les parents, le conseil d'établissement, la commission scolaire ?

Safwan a dit…

Ce qui me laisse encore plus sans voix, c'est qu'il ait pu mettre son idée complètement maboule à exécution. Y a-t-il eu des parents qui sont montés aux barricades? Qu'ont dit les enseignants? Les patrons de ce directeur ne sont pas plus futés que lui, on dirait bien...

Laila_Seshat a dit…

Bonjour,

En tant que bibliothécaire -qui a déjà travaillé dans une bibliothèque collégiale- malheureusement, cela ne me surprend pas du tout. Bien que les bibliothèques se portent un peu mieux dernièrement, elles sont loin d'être dans les priorités et des histoires d'horreur semblables il y a beaucoup.

J'aime beaucoup votre carnet, en passant ;)

Le professeur masqué a dit…

Un autre prof: des histoires d'horreur sur les bibliothèques scolaires, j'en connais d'autres. On en fera un recueil un jour.

Armand: rien n'a été numérisé. Les livres ont été rangés dans des boîtes, on a installé des ordinateurs et vive Internet... Au diable, les romans et les ouvrages inaccessibles sur la toile!

Souimi: c'est un directeur avec des patrons au-dessus de lui.

Miss math: de ce que j'ai compris, il ne fallait pas choisir. Il n'y avait pas de contrainte. C'était une nouvelle philosophie. La preuve en estle renversement d'idée auquel on assite avec une nouvelle direction.

Safwan: moi aussi, je m'interroge.

Laila: bonjour à vous! En passant, vous avez un prénom qui me fait craquer.

Effectivement, des histoires d'horreur, il en existe bien d'autres. On s'en racontera quelques-unes un jour.

Le Détracteur Constructif a dit…

Bonjour!

Bien que je sois contre le gaspillage de livre et d'argent, il est ridicule de croire qu'Internet est une solution préférable à des livres.

Si, pour les personnes qui n'aiment pas lire des livres, Internet peut être une alternative intelligente, ça laisse quand même à désirer quand on regarde la quantité de papier gaspillée à l'imprimante.

Rien ne remplace une bibliothèque bien gavée :)

Lia a dit…

Je connais une histoire d'horreur semblable: en 2003, la directrice de l'école secondaire Évangéline (CSDM), sur le boulevard L'Acadie, n'a pas renouvelé l'entente avec la Ville de Montréal dont la bibliothèque Acadie occupait par bail emphytéotique un local dans l'école. Les élèves et les professeurs avaient accès en tout temps sur les heures de classe aux 50 000 documents de cette bibliothèque de quartier. L'horaire du matin était exclusivement réservé à la clientèle scolaire. Raisons invoquées pour se débarrasser de la bibliothèque: récupérer le local pour faire trois classes supplémentaires et le même discours: pas besoin de bibliothèque, Internet va tout régler. Quel gâchis! Mon chum a travaillé là comme bibliothécaire jusqu'en 2000 et déjà la coopération avec la direction de l'école commençait à faire défaut. Imaginez, non seulement les élèves du premier cycle du secondaire d'Évangéline ont dès lors été privés de ces importants services (2 bibliothécaires, 2 techniciens et plusieurs commis), mais aussi les élèves de 2e cycle de l'école secondaire Ladauversière de l'autre côté de la rue.

Le professeur masqué a dit…

le détracteur: on estime même que la consommation de papier a augmenté avec Internet.

Lia: bonjour à vous! Je connais bien ces deux écoles. Le plus rigolo, c'est que, dans certains cas, on a fait exactement le contraire et on a regroupé école et bibliothèque municipale!

Ou est la logique?

Anonyme a dit…

Le phénomène existe encore en 2013. Dans une école primaire privée le directeur ne veut pas de bibliothèque centrale: il priorise internet mais ne défend pas à ses profs d'avoir une biblio dans leur classe.

Le professeur masqué a dit…

Au primaire, on me dit qu'une bibliothèque centrale est difficile parfois à gérer. Il faut souvent faire appel à des parents bénévoles, etc.

Au moins, votre directeur permet les bibliothèques de classe. Par contre, ça limite le choix de titres accessibles pour chaque classe.