26 décembre 2008

Ou sont nos fameux pédagogues du Renouveau?

Tiens, encore une autre manchette qui tend à démontrer que le Renouveau pédagogique n'a pas eu les effets escomptés: «Le taux de réussite des élèves de sixième année à l'épreuve d'écriture a encore chuté entre 2005 et 2006, passant de 83 % à 81 %. En 2000, ils étaient pourtant 90 % à réussir cet examen.»
Avec cet autre texte ou l'on apprend que les élèves du secondaire connaissent des difficultés en maths et en science, on se demande pourquoi certains fonctionnaires ministériels ne pourraient pas être redevables devant la population du fiasco qu'ils ont engendré. De même, pour les politiciens qui ont appuyé cette démarche pédagogique hasardeuse.
Ah oui, j'oubliais: les échecs de la réforme sont dus aux enseignants incompétents qui ont peur de devenir de véritables professionnels, aux syndicats qui en auraient fait un objet de négociation et à la ministre Courchesne elle-même...
Et les Marois, les Bisaillon, les Bergevin et tous les autres? Comment peuvent-ils nier toute responsabilité dans cette catastrophe touchant une génération de Québécois? Peut-être commencent-ils à être gênés de défendre ce qui semble de plus en plus indéfendable? Dans certains cas, vaut mieux se taire et garder le profil bas.
Quand on impose un changement pédagogique de cette ampleur, on a la responsabilité de la mener correctement, de tenir compte des impondérables, de rallier les intervenants. Encore une fois, le monde de l'éducation, du moins certains de ses décideurs, aura donné des munitions à ceux qui estiment que tout n'y est qu'improvisation et inefficacité.
Je ne suis pas convaincu que les mesures de la ministre Courchesne réussiront, à court terme, à rétablir la situation. Actuellement, le monde de l'éducation au Québec est totalement désorganisé, tiraillé entre des décideurs qui émettent des directives contradictoires, qui sapent l'autorité minstérielle tout en ne s'apercevant pas qu'ils coupent aussi la branche sur laquelle ils sont assis, des enseignants qui ont appris à ne plus tenir compte de ce qu'on leur demande tellement on les a bardassés de façon absurde.

5 commentaires:

bobbiwatson a dit…

Brusque retour à la réalité non? C'est très différent de ton Conte de Noël.
Profite quand même de tes vacances, de ce qu'il en reste!

bibco a dit…

Je fais partie de la catégorie d'enseignants qui ont en marre de tous ces changements et ces exigences sans aucun fondement.
Lorsqu'un programme scolaire est fondé sur le jugement subjectif de chaque enseignant comment voulez-vous qu'une unité dans l'évaluation s'ensuive? Par exemple, à notre école, les froids entre professeurs de cycles et même de degrés différents, reliés aux notes accordées aux élèves, deviennent de plus en plus fréquents. Pourtant, je suis certaine que chaque enseignant fait preuve de professionnalisme au moment de porter un jugement, mais voilà, tout jugement comporte une part de subjectivité. C'est pourquoi, entre autre, tant de professeurs continuent en silence de faire des moyennes alors qu'on ne doit pas le faire. Le besoin de sécurité et d'encadrement est rassurant. La science elle-même n'a-t-elle pas besoin de protocole exigeant pour être reconnue comme fiable? L'éducation est aussi une science. La réforme a été imposée et cela sans ce coffre à outils si cher aux politiciens. La réforme aurait-elle fait des enseignants des artisans travaillant sans filet? Peut-être.

Jonathan Livingston a dit…

Résultats décevants... encore là, on n'a que des chiffres, sans trop savoir ce qu'ils représentent. Qui corrige les examens? Le ministère? Les enseignants?

A une époque où les difficultés se dissolvent avec des facilitateurs...

Quand de toute façon, on blanchit le dossier en passant au secondaire...

Dans une époque où les critères sont toujours et toujours de plus en plus flous et sujet à majoration. A une époque où tout échec constaté doit être justifié, argumenté...avec du flou... alors mettre un 60 pour les livres comptables, c'est beaucoup plus simple...

Et malgré tout ce qu'on sait sur ces mécanismes de dissimulation subtils, les résultats baissent.

Curieux tout de même, je trouve qu'on ne parle plus trop de réforme alors qu'elle continue toujours... Même le mouvement Stop à la réforme semble inactif depuis des mois. En fait quand personne ne chiale trop, les pédagogues du renouveau se tiennent tranquilles...

Ces fameux pédagogues du renouveau sont en train de plancher sur notre formation continue qu'on veut mettre en place...

Le professeur masqué a dit…

Bobbi: une réalité que je connais moins grâce à mon changement de poste. Mais je connais des gens qui triment dur cette année avec les cohortes réformées...

Bibco: combien de fois ai-je entendu que ce jugement n'était pas subjectif, mais professionnel? Combien de fois ai-je dénoncé cette imposture? Une belle façon de nous fermer la gueulant tout en nous responsabilisant pour ce qui va mal.

Le problème, c'est que les profs ne sont pas formés pour émettre de tels jugements adéquatement. Parce qu'il est possible de prononcer un tel jugement à condition d'être bien formé et accompagné. D'ou finalement les écarts, les frictions, les égarements.

Il était possible, avant la réforme, que des profs sont trop ou pas assez sévères. mais il existait des balises plus claires et plus simples qui encadraient l'acte d'évaluer.

Jonathan: oui, le dossier disparait en entrant au secondaire... C'est hallucinant d'ailleurs!

bibco a dit…

D'accord avec vous prof masqué, mais c'est venu comme le reste, sans mode d'emploi...Et personne n'a la même force dans ses lunettes on dirait...