13 mars 2011

Le looping en éducation

On s'intéresse souvent à des nouveaux moyens d'améliorer les choses en éducation: Renouveau pédagogique, tableau interactif, etc. Il existe cependant d'autres solutions qui sont peu explorées, dont le looping. Celle-ci consiste à ce qu'un enseignant suive un même groupe d'élèves pendant au moins plus d'une année. La chose semble plus facile au primaire avec la présence de cycles de deux années qu'au secondaire.



Dans une lettre publiée dans La Presse, un parent raconte l'expérience positive qu'a vécue son enfant dans une classe de ce type. 


J'ai eu l'occasion d'expérimenter le looping dans ma vie d'enseignant et je n'en ai que du bien à dire: meilleure connaissance des forces et des faiblesses des élèves, moins de répétition des connaissances qu'on sait qu'elle ont été vues et apprises l'année précédente, complicité entre les élèves et l'enseignant, plus grande solidarité entre les élèves eux-mêmes.


Par contre, je comprends qu'on soit craintif devant ce choix. De nombreux écueils peuvent parfois survenir, dont celui d'être confronté pendant plus d'une année à une dynamique de classe difficile. Pourtant, au fil de nombreuses années où j'ai vécu cette expérience, j'ai toujours eu la chance ou l'habileté d'en ressortir gagnant, tout comme les élèves, je l'espère.  


C'est d'ailleurs ce que montre bien la lettre à l'origine de ce billet aujourd'hui. Un seul bémol cependant: la conclusion de celle-ci est, quant à moi, fort inexacte:


La formule est d'une simplicité désarmante, elle ne requiert aucun budget supplémentaire, ni réforme, ni annonce ministérielle. Simplement de la bonne volonté du côté de la direction de l'école qui a fait confiance à son enseignante en soutenant son projet.


C'est rarement une direction d'école qui s'oppose au looping: ce sont les autres enseignants. Ils refuseront à un collègue la possibilité de reprendre le même groupe deux années d'affilée si cela les oblige à faire de même ou modifie leur tâche. Paresse devant le fait de devoir préparer deux années différentes? Insécurité d'affronter un même groupe? Manque pur et simple de bonne volonté? Ainsi, je n'ai réussi à vivre le looping qu'avec des classes particulières tout simplement parce que personne n'en voulait...


Triste constat. On vit parfois de belles expériences en éducation par défaut.

7 commentaires:

gillac a dit…

Sur la base d'une entente entre 2 enseignants, cela me semblerait simple d'application.

Isabelle a dit…

de septembre 1980 à juin 1984, j'ai eu la même enseignante, de la maternelle à la 3e année. Elle était passionnée, motivée, nous formions une classe du tonnerre.

Le professeur masqué a dit…

Gillac: il faut trouver l'enseignant et, croyez-moi, dans ma carrière, je n'en ai pas trouvé.

Isabelle: le risque, c'est de passer quatre ans avec un prof qu'on n'aime pas...

Isabelle a dit…

à la fin de la 1ère année, un élève a changé de classe.

J'aimerais bien faire du looping au 1er cycle du secondaire.

Semaine a dit…

Pour ma part toute l'école fonctionne en looping depuis belle lurette... Un peu forcé pour certains mais beaucoup de positif pour nos élèves! Deux ans, juste assez, pas plus et ce, autant pour le prof que pour l'élève!

Anonyme a dit…

Mes collègues font le looping au 3e cycle. Je comprends certaines avantages, mais j'ai encore beaucoup de réticences .. Je vois difficilement un enfant demander de changer de classe car il préfèrerait ne pas passer une autre année avec la même personne. De plus, chaque enseignante a ses forces et ses faiblesses. L'enfant passera 2 ans avec une personne moins douée dans une matière ou moins exigeante pour la calligraphie ou la façon de présenter les travaux... Et, comme je suis au 3e cycle, est-ce une bonne idée de garder le même prof, quand on sait qu'au secondaire, l'enfant aura plusieurs enseignants en même temps.

Anonyme a dit…

Nous sommes présentement à discuter du looping à notre école.
Ça fait deux fois que je fais le looping. Je suis une pro looping, soit dit en passant, mais ça dépend vraiment du milieu scolaire. Je suis dans un quartier dans laquelle il y a des nouveaux arrivants. Plusieurs doivent aller en classe d'accueil ailleurs puis reviennent dans leur école de quartier (la nôtre) par la suite. Le looping c'est de passer d'une année à l'autre avec à peu près le même groupe d'élève, mais à notre école, il y a toujours 7 ou 8 nouveaux élèves. Certains déménagent parce qu'ils ont, après un an ici au Québec, trouvé l'endroit où ils veulent vivre. Ce qui fait que le but du looping, qui est de continuer avec les mêmes élèves n'est plus le cas. Nous nous retrouvons avec plusieurs élèves qui ne connaissent pas du tout notre fonctionnement et qui ne sont pas au même niveau académiquement. De plus, lorsque nous avons des gros cas (je suis en première année), les parents sont souvent réfractaire à entendre ce que nous avons à leur dire. Sur deux ans, c'est très très lourd. En bref, je songe à changer d'école, dans le but de vraiment vivre le looping, car c'est génial.