24 mars 2011

Les conséquences de la perte de l'anonymat

Le temps passe et les billets s'espacent.

J'aurais plein de choses à raconter mais, comme l'anonymat est perdu, il faut parfois apprendre à fermer sa gueule. Aborder certains sujets ou comportements ferait en sorte que je vais m'attirer les regards ou le ressentiment de certains, même si, sur le fond, plusieurs d'entre eux seraient sujets à observation. C'est comme ça.

Plate, hein? On appelle cela le nivellement par le bas.

Je me souviens cette année avoir relevé un comportement incorrect d'un collègue. Et j'ai eu droit à la phrase: «Qui es-tu pour critiquer? Toi aussi, tu as fait quelque chose de pas correct l'autre fois.» Être assis, j'en serais tombé en bas de ma chaise... Sous prétexte que je puisse faire des erreurs, je dois contempler béatement celles des autres. Et les autres doivent contempler béatement les miennes sans me les dire.

Justifier une erreur par une autre erreur. Renversant. On appelle cela un processus de non-perfectionnement continu. Personne ne se parle, personne ne critique ou accepte la critique et on se vautre dans sa complaisance. À la limite, on se vautre dans une malsaine indifférence. Quand un milieu d'éducation ne supporte pas l'évaluation, c'est qu'il a un problème.

Alors, de ma part, il faut s'attendre plus à un billet sur une actrice porno travaillant dans une école que sur ma réalité scolaire. C'est moins indécent.

7 commentaires:

Morgane a dit…

Si un jour, tu changes d'environnement, promets, promets, promets de me le dire !!!

Il est loin le temps où, ravie de mon exploit, j'avais découvert ton identité au seul ton de tes billets...

Patrice Létourneau a dit…

Mais il y a la manière, non ?

Sans se vautrer dans une «malsaine indifférence» (vos mots), il y a peut-être lieu de prendre ce collègue à part et discuter avec lui. Non ??

Le but est-il de le faire suer (chier??!?), ou de s’assurer d’une bonne conduite des choses pour les élèves ? S’assurer d’un changement ?

Juste comme ça.

Qu'est-ce qui sera le plus efficace ?

Le professeur masqué a dit…

Morgane: ah... je te dis.

M. Létourneau: fait, depuis un bout.

Le professeur masqué a dit…

M. Létourneau: et vous savez, au-delà de la manière, à un moment donné, il reste les faits. Simples. Bruts. Peu sujets à autant d'interprétations.

Marc St-Pierre a dit…

On devrait vraiment faire inscrire en grosse lettre à l'entrée de toutes les salles de profs du Québec: "N'oubliez JAMAIS que Dieu a créé tous les enseignants égaux et moyens".

Le "Qui es-tu pour critiquer", ça fait partie du processus de régulation sociale...tous égaux et moyens.

Anonyme a dit…

Méfiance monsieur Masqué!

Dans ce monde incestueux et anormalement égalitaire qu'est l'éducation publique québécoise, vous n'avez aucune chance. Une grosse matante aura votre peau, tôt ou tard. C'est probablement la plus chaleureuse qui s'avèrera la plus vicieuse...et je ne parle pas de cul!

Félix Tremblay a dit…

Ça se peut tu être être irritable comme ça?!

Il me semble que vous tentiez d'aider l'enseignant en question, pas de lui tomber dessus.

Le bel argument qu'est «Toi aussi, tu as fait quelque chose de pas correct l'autre fois.» me tue! Comment répliquer sans explications!

Et, vous lui avez répondu aussi bêtement?