
Un autre sujet qui a enflammé les médias cette semaine, c'est bien sûr l'enseignement du français. Une série d'articles parus dans
La Presse a suscité des commentaires un peu partout (entre autres
ici et
ici).
Le mauvais français des enseignants
Tout d'abord, il y a eu ces articles (
ici,
ici et
ici) sur la qualité du français des étudiants en enseignement et des enseignants. Mme Suzanne G.-Chartrand, professeure à l'Université Laval, a le sens du clip:
«J’ai des étudiants dont je me dis: j’espère que mes petits-enfants ne l’auront jamais comme professeur, parce qu’ils vont perdre leur temps pendant un an.» Pour qui la connaît, elle est capable de la phrase assassine et souvent très juste.
Il faut savoir certaines choses.
On retrouve d'excellent étudiants dans les facultés d'éducation, mais aussi de très mauvais. Ce sont d'ailleurs celles-ci qui accueillent les cégépiens avec la cote R la plus faible. Troublant. «L’enseignement n’est pas une carrière prestigieuse, alors vous pouvez tenir pour acquis qu’on est souvent un deuxième choix», explique Jean-Pierre Charland, vice-doyen de la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal. Révélateur.
Madame Masquée, qui a étudié en histoire, était capable de reconnaître un étudiant en éducation à certains traits caractéristiques: un français approximatif et une lâcheté absolue quand venait le temps de faire un travail scolaire. Pas tous comme ça, mais assez pour que les profs d'histoire les détestent à s'en confesser. Plus que troublant: consternant. Méchamment, j'ai toujours espéré que les 20% de jeunes enseignants qui quittaient la profession étaient ceux-là.
Le problème de la qualité du français des futurs enseignants ne date pas d'hier. Dès 1985, certaines commissions scolaires soumettaient les candidats à un poste d'enseignant à différents tests visant à mesurer leur connaissance du français. Puis, ce furent les universités avec les résultats désastreux que l'on sait. Le problème est seulement plus criant de nos jours parce qu'avec la pénurie des profs, on embauche un peu n'importe qui n'importe quand n'importe comment. Pas de sélection. Toute le monde est bon. Autrefois, les commissions scolaires pouvaient choisir un candidat. Aujourd'hui, elle le supplie de travailler pour elles, qu'il soit médiocre ou non importe peu en utant qu'il n'ait pas un casier judiciaire.
La profession gagnerait à se policer, mais comme on a trop peur de s'évaluer... Je suis profondément encore contre, sauf que je commence à penser qu'un ordre professionnel... En même temps, si un patron a été assez bête pour m'engager et ne pas m'évaluer par la suite...
Ah! et puis tout le monde s'en fout du français. Après tout, la devise du Québec n'est-elle pas Je m'oublie ? La tempête médiatique va se clamer dès la semaine prochaine, vous verrez. Incompétents, ne craignez pas pour vos emplois. Certains individus partageant avec vous cette caractéristique ont déjà été nommés à l'éducation. Vous avez de l'avenir.
Le mauvais qualité du français des élèves
Plus de trente ans après les textes de Lysianne Gagnon, plus de sept ans après la Commission Larose, voilà qu'on se rend compte à nouveau de la
mauvaise qualité du français écrit de nos jeunes.
Toutes les thèses s'affrontent:
- la
dictée est le remède miracle, vous verrez...
Pour ma part, d'entendre la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, déclarer qu'il est «inacceptable» que des élèves puissent réussir l'examen final de cinquième secondaire en écrivant autant de fautes fut une douce musique à mes oreilles. Oui, oui, je sais: la ministre est conne. Elle n'aime pas le Renouveau pédagogique. Elle n'aime pas les profs. Elle n'aime pas ses fonctionnaires. Elle n'aime pas les syndicats. Elle n'aime pas les fautes, non plus.
C'est déjà un début. Pour le reste, on verra. J'ai déjà vu neiger. C'est beau, c'est merveilleux, c'est même poétique quand on n'a pas besoin de pelleter. Sauf que ça finit toujours par fondre.