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11 avril 2008

Un roman intéressant

Impression de lecture sur un roman policier lu il y a quelques semaines, mais que j'avais prêté à une amie.

Il s'agit d'un roman noir dont le titre est tout ce qu'il y a de plus banal et dont l'intrigue est correcte sans pourtant nous jeter par terre: Destinataire inconnu de John Dunning. Non, mais quel titre merdique qui ne reflète pas grand chose de l'histoire! Un très mauvais travail d'édition!

En gros, l'inspecteur Cliff Janeway est radié de sa profession et devient bouquiniste pour gagner sa vie. Ce métier, qui lui permet de vivre une passion qui l'habite depuis toujours, le ramènera à son rôle d'enquêteur quand un brocanteur est battu à mort.

L'intérêt majeur de ce roman et ce qui a captivé toute mon attention est cette découverte du monde de la vente des éditions originales ou rares du 20e siècle. Un monde si délirant qu'on y est même prêt à tuer pour pouvoir mettre la main sur des oeuvres recherchées. Il y a également toutes ces références littéraires qui nous permettent d'élargir nos connaissances en ce qui a trait à la littérature américaine du siècle dernier.

Curieux ne pas s'abstenir!

20 mars 2008

Quelques lectures masquées (ajout)

Bon, il y a longtemps que je n'avais pas fait un petit compte rendu de mes expériences de lecture. Avouez que c'est réconfortant de savoir qu'il existe des profs de français qui lisent...

Ma marotte de la Deuxième Guerre mondiale

Prof masqué lit beaucoup sur la dernière grande guerre. L'horreur de ce conflit, l'importance des médias et de la propagande...

La bombe de Hitler (Rainer Karlsch) : ce livre a eu un certain écho en Europe. Contrairement à la pensée commune, l'auteur tend à démontrer que l'Allemagne de Hitler aurait eu en sa possession dans les dernières semaines du conflit quelques bombes nucléaires tactiques. Long ouvrage fastidieux et très technique. Néanmoins, il suffit de penser à ce qui serait survenu si les Nazis avaient pu...

Eva Braun - dans l'intimité d'Hitler (Daniel Costelle) : La compagne d'Hitler aimait tourner de courts films. Ce livre nous présente des images inédites de l'intimité de celui qui aura marué funestement le 20e siècle. Un ouvrage troublant.

J'étais garde du corps d'Hitler (Rochus Misch) : L'auteur nous raconte les cinq années ou il a été au service d'Adolf Hitler. Si on peut reprocher à Misch de réécrire l'histoire de façon à se disculper, il nous livre un portrait saisissant des derniers jours du leader nazi.

La guerre des faux-monnayeurs (Lawrence Malkin) : lors de la Deuxième Guerre mondiale, les Allemands ont mis en branle une opération de déstabilisation économique contre l'Angleterre. En utilisant l'expertise d'imprimeurs juifs détenus dans des camps de concentration, ils ont inondé l'Europe de fausses livres sterling. Voilà ce que raconte cet ouvrage qui apporte un éclairage nouveau sur cet épiosde historique peu connu. Ce procédé remonte à l'Antiquité, mais il a mis à mal la réputation la Banque d'Angleterre.

Ni oubli ni pardon (Danny Baz) : cet ouvrage raconte les activités d'une organisation américaine qui aurait enlevé et exécuté le criminel de guerre Airbert Heim. On peut douter de l'authenticité de ce récit que se déroulerait entre autres au Québec tant il contient des erreurs de faits.

Quelques romans policiers et d'espionnage

Une expérience de lectures sans romans policiers serait comme une journée sans fromage. Bref...

Collection macabre (Jack Kerley) : dans la veine des Moïse Thériault qui comptent sur leur réputations de meurtrier pour vendre leurs oeuvres d'art sur des sites Internet... Ce roman explore un monde assez troublant: les collectionneurs d'objets reliés à des criminels célèbres. Le récit est assez standard pour le genre, mais c'est surtout la découverte de cet univers dont on aurait jamais voulu soupçonner l'existence qui confère au livre un aspect intriguant, (8,0 sur 10)

La Disparue (Michael Robotham) : un détective trouvé à demi mort et amnésique part à la recherche d'une jeune fille enlevée trois ans plus tôt. Rythme de l'histoire un peu lent et la finale est plutôt discutable. Roman moyen. (6,5 sur 10)

Opération Golgotha (Charles McCarry): premier d'un romancier qu'on a comparé à John Le Carré et Ken Follet. Si l'intrigue de ce roman d'espionnage est assez conventionnelle, sa facture l'est moins puisque l'action avance au fur et à mesure qu'on prend connaissance des rapports, courriers d'agents, etc. On aurait dit Les liaisons dangereuses. (7,5 sur 10)

Les larmes de l'automne (Charles McCarry) : Et si les Vietnamiens étaient derrière l'assassinat du président Kennedy? Roman d'espionnage à saveur historique. La thèse est audacieuse et le récit est mené rondement. Un classique du genre. (8,0 sur 10)

Tordu (Jonathan Kellerman) : Une inspectrice du LAPD doit résoudre une affaire de quadruple meurtre. Roman policier assez conventionnel. (6,5 sur 10)

Argent facile (Donald Westlake) : un Américain, père de famille et employé banal, devient un peu malgré lui un agent secret à la solde d'un pays inconnu. Rapidement dépassé par les événements, il est mêlé à une tentative d'assassinat. Récit abracadabrant qui hésite entre l'ironie et un ton plus sérieux de façon maladroite quant à moi. (6,5 sur 10)

Cicatrices (Ian Rankin) : quatorzième aventure de l'inspecteur Rebus qui enquête sur une tuerie survenue dans une école d'Edimbourg. Le personnage de Rebus n'est pas sans rappeler ceux de Mankell et de Connely. Récit bien mené. Un bon policier. (8,0 sur 10)

Le Secret de la Double Croix (Joel N. Ross) : roman d'espionnage que se déroule en Angleterre en 1941. Tom Wall, un officier américain blessé et perturbé, est chargé de remplacer son frère jumeau dans une opération dont dépendra l'entrée en guerre des États-Unis. Oubliez les commentaires élogieux du quatrième de couverture. Le récit est long, alambiqué, ennuyant. Seule la description de Londres sous les bombes allemandes vaut la peine. (5,0 sur 10)

Chambre numéro 10 (Ake Edwardson) : un détective de Goteborg est appelé sur les lieux d'un meurtre survenu dans un hotel. Or, dix ans auparavant, une jeune femme est disparue alors qu'elle occupait la même chambre. les deux affaires seraient liées? L'inspecteur Winter le croit. Policier efficace mais sans grande inventivité. (7,5 sur 10)

Les bizarreries

Troubles dans les andains (Boris Vian) : cet auteur a écrit des merveilles. Mais aussi des livres plus discutables et hermétiques. Je n'ai pas accroché. Peut-on parler d'un livre mineur dans une oeuvre majeure?

Le secret d'argile (Julia Navarro) : quelques mois avant la guerre en Irak, une archéologue est à la recherche de tablettes d'argile sur lesquelles serait gravé des paroles d'Abraham. Une grosse brique de 650 pages dont on aurait pu couper facilement 400 pages. D'ailleurs, il est incroyable que la chute de ce roman se fasse en quatre ou cinq pages comme s'il fallait conclure à tout prix. Intéressant pour le climat précédent l'invasio américaine et le commerce illicite des antiquités, mais pour le reste... (5 sur 10)

01 janvier 2008

Lecture des Fêtes

La période des vacances des Fêtes est l'occasion pour le Prof masqué de se changer les idées et de lire un peu, beaucoup... en attendant de se taper la pile de correction qui traîne dans un coin.

Voici donc le compte-rendu des romans qu'il a lus récemment.

La trahison Tristan (Robert Ludlum) : sous les allures d'un playboy, Stephen Metcalf est en fait un espion américain dont les actions influenceront le cours de la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi celui, bien des années plus tard, de la révolution Gorbatchev. Très bon récit d'espionnage qui nous ramène à l'Allemagne d'Hitler et à la Russie de Staline. Un élément de l'intrigue est cependant plutôt faible parce que trop facile à découvrir. (8,0 sur 10)

Temps mort (Harlan C0ben) : Myron Bolitar est de retour. Agent oeuvrant dans le monde sportif, il s'occupe de ses joueurs d'une façon qui l'amène parfois dans des situations périlleuses. Cette fois-ci, il doit veiller sur une jeune joueure de basketball, mais son enquête aura des répercussions dévastatrices. Du grand Coben! Son meilleur depuis longtemps. Au-delà de l'intrigue policière, l'auteur réussit à décrire une région, une société et à rendre son personnage principal bouleversant d'émotions. (8,5 sur 10 facile!)

L'étoile du diable (Jo Nesbo) : vous connaissez mon plaisir de lire cet auteur. Ce roman a été à la hauteur de mes attentes. Quant à moi, l'inspecteur Hole est un hit. (8,5 sur 10)

Le pic du diable (Deon Myer) : en Afrique du Sud, Thobela Mpayipheli connaît pouvoir mener une vie tranquille lorsqu'un incident survenu au fils qu'il a adopté le ramène au coeur de l'action. Si le tiers du roman semble mener nulle part et qu'on s'impatiente un peu, l'auteur met en place les morceaux d'une histoire qui s'avérera très efficace. Un bon Meyer (8,0 sur 10 et peut-être un peu plus...)

Le jour ou la mort nous sépare (collectif) : diverses nouvelles littéraires policières choisies par Harlan Coben et dont l'intrigue tourne autour d'un couple. Idéal pour sublimer quand on est mal assorti. La qualité des textes est inégale et on a plutôt l'impression de lire un reuceil formé à la va-vite. (6,5 sur 10)

Typhon sur Hong Kong (John Burdett) : deux mois avant d'être rétrocédé à la Chine, Hong Kong est le théâtre de trois meurtres qui pourraient nuire à cette manoeuvre politiques. On tente alors d'écarter l'inspecteur Chan qui mène l'enquête sur cette affaire. Son détermination légendaire pourrait avoir des répercussions politiques non désirées. Un policier à la fois politique et exotique. Si le style d'écriture et les rebondissements de l'histoire sont efficaces, le dépaysement vaut à lui seul la lecture de ce roman. (8,0 sur 10)

Le bibliothécaire (Larry Beinhart) : on cherche à éliminer un bibliothécaire, engagé par un milliardaire excentrique. Celui-ci serait en possession d'un secret bien compromettant concernant l'élection frauduleuse du prochain président américain. Amateur de complot politique, ne pas s'abstenir. Ce récit a des allures de campagne présidentielles déjà vues. Si le début comprend quelques longueurs, la suite se lit comme une mécanique infernale. (8,5 sur 10)

Les héritiers du soleil noir (James Twining) : 60 ans après la dernière guerre mondiale, la ferveur nazi n'a pas livré ses derniers secrets et deux jeunes héros doivent, un peu malgré eux, partir à la recherche du Train d'or qui contiendrait bien des trésors accumulés lors de pillages par les forces allemandes. L'idée est originale, mais le traitement de cette dernière est un peu commun. Le livre est un bon divertissement, sans plus. (7,0 sur 10)

L'homme délaissé (C.J. Box) : un garde-chasse remplace un confrère qui s'est suicidé de façon inexplicable. il tente alors de découvrir les raisons qui ont poussé ce dernier à s'enlever la vie. Si ce livre est intéressant quant à la vie des gardes-chasses américains, il n'en demeure pas moins qu'il s'écoule beaucoup de temps avait que l'intrigue s'amorce. Trop, à mon avis. (7,0 sur 10)

Le mystère des dieux (Bernard Werber) : Michael Pinson est un humain devenu un dieu et il doit sauver les croyants dont il a la garde. Si j'ai adoré Les fourmis du même auteur, je sens dans ce roman une certaine redondance dans le style et un propos philosophique qui finit par être agaçant. Quelques passages savoureux portent à réflexion et soutirent quelques sourires, mais un certain «déjà-lu» rend cette lecture moins stimulante. (7,0 sur 10)

25 novembre 2007

Des nouvelles de mes lectures

Avec la rentrée scolaire, mes occupations professionnelles, ma carrière médiatique et ma passion pour le boulingrin, j'ai ralenti mon rythme de lecture. Un livre par semaine. Généralement, ça éloigne l'ennui et contribue à garder mon imagination en vie.

Il y a un auteur que j'ai davantage appris à apprécier cet automne et c'est Jo Nesbo, auteur dont j'ai parlé dans un billet précédent. Il n'est pas étonnant donc que j'ai pris la résolution de lire l'ensemble de ses romans.

Rue Sans-Souci (Jo Nesbo): l'inspecteur Harry Hole voit une ancienne maîtresse être assassinée de façon mystérieuse. Les soupçons se portent immédiatement sur lui puisqu'il a passé la nuit précédente en sa compagnie. En même temps, ce dernier affronte ses collègues qui ne voient qu'un bête accident dans un hold-up qui a mal tourné alors qu'il s'agit en fait, selon lui, de bien autre chose. Roman enlevant et efficace. L'inspecteur Hole est attachant. (8,5 sur 10)

Les cafards (Jo Nesbo): Harry Hole est envoyé en Thaïlande pour résoudre le meurtre d'un ambassadeur peut-être pédophile. Qui de mieux qu'un inspecteur alcoolique et dépressif pour ne pas trouver la vérité? Sauf que Hole a décidé d'être sobre et de ne pas jouer le jeu. Pour un deuxième roman, on s'aperçoit que Nesbo est un auteur maîtrisant parfaitement ses intrigues et ses personnages. Son humour noir n'est pas sans nous rappeler Chandler, ce qui est tout un exploit. (8,5 sur 10)

L'ombre du vent (Carlos Ruiz Zafon): dans la ville de Barcelone de l'après-guerre, un petit garçon fait la rencontre d'un livre qui va changer sa destinée. Grosso modo, il s'agit ici d'un roman d'apprentissage, intéressant mais un peu longuet. On aime ou on déteste. Ce livre a reçu le Prix des libraires du Québec 2006. Pas étonnant, il parle de livres... Un extrait de ce dernier a aussi servi à l'examen de lecture du MELS, je crois. (7,0 sur 10)

Les trottoirs de Manhattan (Jeffery Deaver): une employée d'un club vidéo est sur la piste du butin d'un hold-up survenu des dizaines d'années plus tôt. Celui qui nous a donné d'excellents romans policiers (Le rectificateur, entre autres) nous livre ici un roman décevant et un peu plat. On ne peut pas être bon à tous les coups. (5,0 sur 10)

L'affaire Gerald Bull (Normand Lester) : cette enquête de Normand Lester sur cet ingénieur québécois nous permet d'en apprendre davantage sur le père de super-canons qui ont trouvé preneurs dans des pays comme les États-Unis et l'Irak sous Saddam Hussein. On s'aperçoit qu'en ce qui a trait à l'armement militaire, le Canada est un joueur mondial important, malgré tous ses beaux discours pacifistes.

Le blues du tueur à gages (Lawrence Block) : pendant 330 pages, on suit John Keller dans son travail de tueur à gages. L'idée était séduisante, mais le résultat est inégal. Un peu comme une série de courtes nouvelles reliées entre elles, Block nous fait partager le quotidien d'un personnage auquel on finit néanmoins par s'attacher. Seulement, le résultat est inégal et le dernier texte nous laisse un peu sur une impression d'insatisfaction. Dommage (6,5 sur 10)

René Lévesque (Louise Beaudoin et François Dorlot) : il est difficile ici de parler d'une biographique. Beaudoin et Dorlot nous font partager des moments privilégiés qu'ils ont connu avec celui qu'on a surnommé affectueusement «Ti-Poil». Comme il s'agit d'un personnage largement médiatisé, on apprend peu de choses nouvelles sur celui-ci, mais certaines anecdotes vous feront sourire à coup sûr.

04 novembre 2007

C'est la nouvelle Norvège

Si vous cherchez de quoi lire, un petit tuyau: un auteur norvégien de romans policiers du nom de Jo Nesbo. Ce dernier a mérité le prix du meilleur roman policier nordique pour L'homme chauve-souris qui se déroulait en bonne partie en... Australie. Pas si mal pour un journaliste économique qui a déjà été un rock star dans son pays!
Ma libraire n'est pas très enthousiaste devant ce choix littéraire mais, comme tous les goûts sont dans la nature, je m'assume. En résumé, j'y vois un mélange de Mankell (dont on dit qu'il est le digne successeur) pour l'atmosphère ainsi que le décor et de Connelly pour certains aspects de l'inspecteur Harry Hole. D'autres vont jusqu'à faire un lien avec Chandler. Quoi qu'il en soit, dans Le Sauveur, son tout nouveau roman, Nesbo fait preuve d'une qualité d'écriture policière redoutable dans les derniers chapitres.

Comme il s'agit d'une série, commencez par le premier. Sinon, vous serez très fortement déçu.

28 octobre 2007

Safwan et les Nazis

Dans une autre vie, il y a longtemps, je parlais souvent roman sur ce blogue. Aujourd'hui, je reviens à ces amours. Vous souvient-il que Safwan avait bien apprécié le roman Le rectificateur de Jeffery Deaver? Je lui avais alors souligné que j'avais eu le plaisir de lire deux autres romans ou le nazisme occupait une part importante de l'intrigue. Une précision: n'allez consulter les liens placés dans cette critique que si vous ne croyez pas lire ces deux romans, sinon vous serez amèrement déçu.

Le premier s'intitule K, tout simplement. Mais chasuble que cette lettre aura une signification lourde tout au long de l'histoire! Ce roman a été écrit par Daniel Easterman.

Dire que je vous le recommande est un euphémisme. Je serais même prêt à garantir votre achat. Le plus frustrant est qu'il m'es 'absolument impossible de vous parler de l'histoire sans vous dévoiler un des punchs importants. Normalement, à la fin du premier chapitre, vous êtes aussi accroché qu'un brochet affamé à un hameçon. C'est peu dire! On est dans l'aventure, ça bouge, mais ça remue aussi l'intérieur tellement le récit est vraisemblable et aurait pu être vrai. Voilà. Je n'en dis pas plus. À vous de découvrir.

Le deuxième a pour titre Le complot contre l'Amérique et a pour auteur Philipp Roth. Cette oeuvre explore une thématique semblable à K sauf que, cette fois-ci, le ton est plus intimiste, plus introspectif. Il vaut mieux la lire en deuxième quelques mois plus tard, question de ne pas rester sur une comparaison forcément injuste.

Dans les deux cas, ces romans pourraient être utilisés dans un cours de morale ou d'histoire tellement ils sont pertinents.

En passant, ma liste de livres de ma bibliothèque de classe devrait être au point cette semaine.

Bonne lecture!

14 octobre 2007

Ma bibliothèque de classe: vos suggestions?

Bon, les choses stagnent un peu. J'aurais aimé trouver une véritable bibliothèque avec des portes vitrées pour que les élèves puissent voir les livres qu'elle renferme, mais cette opération semble bien difficile à mener. Voir un livre, c'est si important. Imaginez si on laissait les bonbons dans leur grosse boite de carton brun au magasin.

Pour l'instant, j'ai stocké une trentaine de livres dans une vieille armoire de métal jaune et, la curiosité aidant, certains élèves commencent à venir en prendre un avant la fin de semaine. Le bouche-à-oreille fait aussi son effet. Dans d'autres cas, j'effectue du «placement de produits», comme on dit dans le milieu publicitaire. Je regarde un élève, je pense à un livre et le pose subtilement sur son bureau.

Résultat: une quinzaine de livres casées en une semaine et demie auprès de 95 élèves. Et ça a l'air que même deux parents auraient emprunté à leur enfant le livre qui lui était destiné... Les pas fins!

Un fois le livre lu, l'élève y écrit son nom et lui attribue une cote de 1 à 5. Ainsi, la lecture qu'il a faite a une certaine signifiance (la cote) et il en reste une trace auprès des autres lecteurs (la signature). Cela aurait pu être un pourcentage, remarquez... La ministre Courchesne aurait sûrement apprécié. Je voulais surtout éviter de demander à un jeune une tâche plus longue et fastidieuse, sauf que Je veux faire lire mes élèves pour le plaisir, leur faire découvrir de nouveaux auteurs, pas les écoeurer avec des résumés et des critiques!
Tout cela pour en arriver à l'essentiel: quels titres me recommanderiez-vous de mettre à la disposition d'élèves de troisième, quatrième et cinquiéme secondaire?

27 septembre 2007

Ma bibliothèque de classe

Cette année sera ma dernière... jusqu'à la prochaine, j'imagine. Aussi, j'ai décidé de mettre de l'avant certains projets qui me tiennent à coeur. Projets suicidaires, utopiques ou rêveurs, je m'en moque!

Ma première subversion consiste à avoir une bibliothèque à la disposition de mes élèves dans ma classe. Pour ce faire, j'ai commencé à employer des stratégies et des tactiques totalement déloyales.

Déjà, j'ai parlé «livres» avec mes élèves. Ils m'ont vu avec un roman dans les mains. Pire, certains ont même pu constater que je savais lire!

Ensuite, j'ai commencé à prêter sur une base individuelle des livres à deux ou trois d'entre eux. Des livres gagnants qui me voudront la question suprême: en as -tu d'autres du même genre? Le bouche-à-oreille a déjà commencé et j'ai accueilli ajourd'hui une grande de cinquième en manque de livre!

Mais mon coup sournois est survenu à la dernière période. Comme premier texte de l'année, les élèves doivent me présenter un livre qu'ils ont adoré et qu'ils feraient lire à un collègue s'ils le pouvaient. Ce livre doit, le plus possible, être le premier d'une série. Une critique personnelle donc , minimum 150 mots, à l'encre, sans structure à suivre et surtout sans faute! J'ai expliqué à mes élèves que ce texte est comme un premier baiser: ils doivent y mettre tout leur coeur.

L'aspect pervers est qu'une fois le texte écrit et corrigé, je vais m'arranger pour avoir en ma possession les livres qu'ils recommandent pour constituer mon fonds de bibliothèque et que je vais placer, à l'intérieur de chacun, leur critique! Ah!Ah! Ah!

Un midi par semaine, au minimum, j'ouvrirai mon local pour y tenir une petite exposition comme ça, tout subtilement. Mon pari est qu'après le premier, les élèves voudront lire le deuxième de la série.

J'ai honte de manipuler ainsi mes élèves, surtout parce qu'il s'agit de les faire lire! Madame Courchesne; démissionnez-moi rapidement avant que j'ai trop d'influence sur eux!

17 septembre 2007

Quelques lectures policières

Voici un compte-rendu de mes récentes lectures.

Les deux premiers romans dont je traite sont du même auteur qui a connu un succès important et mérité, je crois. Cependant, les risques de lire des romans en série de la sorte sont de se lasser du style d'un auteur ou encore de repérer ses tics d'écriture. Parfois, on peut se demander s'il suffirait de les lire en les espaçant pour mieux les apprécier.

Cette réflexion, je me la fais en pensant au roman de Val McDermid, Le chant des sirènes. Ou celui-ci est meilleur que les précédents que j'ai lus ou le fait que je l'ai lu en l'alternant avec ceux d'autres auteurs a influencé mon jugement. Qu'en pense Hortensia?

Un fleuve de ténèbre (Rennie Airth) : en 1921, l'Angleterre est encore marquée par les horreurs de la Grande Guerre. Un meurtrier sème la terreur en éliminant des familles entières. L'inspecteur Madden, encore sous le coup du dernier conflit mondial, mène l'enquête. Un mélange plus que réussi d'Agatha Christie et du Silence des agneaux. On couperait parfois quelques descriptions longuettes, mais un excellent roman policier qui nous fait connaître une Angleterre dévasté moralement et un inspecteur froid mais attachant. À découvrir! (9 sur 10)

La Marée sanglante (Rennie Airth) : on retrouve John Madden onze plus tard. Ce dernier a démissionné de la police, mais il est mêlé à une nouvelle enquête ou des fillettes sont victimes d'un psychopathe. On retrouve avec plaisir le personnage de Madden et il est intéressant de voir comment l'Angleterre a changé en onze années. (8,5 sur 10)

Le chant des sirènes (Val McDermid) : l'inspectrice Jordan, avec l'aide du profileur Tony Hill, tente d'arrêter un meurtrier en série qui sévit au sein de la communauté gay de Bradfield en Angleterre. La première aventure de Carol Jordan et de loin la meilleure que j'ai lue de McDermid. (8,5 sur 10)

Crises (Robin Cook) : un scientifique de génie voit ses recherches compromises par le Sénat américain. Il conclut alors un pacte avec un sénateur qui lui accordera ses faveurs politiques à condition de le guérir de sa maladie de Parkinson en lui injectant l'ADN du Christ. Pourquoi résumer ce livre qui est un des pires que j'ai lu? À éviter, simplement.

27 août 2007

Lectures potagères

La Gloire de mon père: (Marcel Pagnol): comment présenter ce premier roman de Pagnol écrit alors qu'il avait 73 ans? À travers cette biographie rappelant des souvenirs de jeunesse, on rit, on s'amuse et on pleure. J'avais vu les deux magnifiques films tirés de cette oeuvre; le livre les surpasse aisément. Certains passages sur le métier d'enseignant devraient être obligatoirement lus lors d'études en éducation. (impossible de coter un tel chef d'oeuvre!)

À mort l'innocent! (Athur Tenor): dans un petit village français, un jeune élève est retrouvé assassiné. Immédiatement, les regards se tournent vers le nouvel instituteur qui a les défauts d'être nouveau dans le patelin et homosexuel. Récit court , sans morale ou prêchi-prêcha. Pourrait aisément avoir une valeur pédagogique ou éducative. (8,0 sur 10)

Le pays dans le pays (Francine Chicoine et Serge Jauvin): un beau livre de photos, comme je les appelle, et qui porte sur la Côte Nord, la Minganie et la Gaspésie. On aime ou on n'aime pas, ne serait-ce qu'à cause du sujet principal. Moi, j’ai adorrrrrré! (8,5 sur 10)

La septième femme (Frédérique Molay): un inspecteur de police se retrouve confronté devant un meurtrier en série qui promet de le briser et qui s'en prend à son entourage. Ce roman n'a pas mérité le prix du quai des Orfèvres pour rien, Rythme soutenu, rebondissments fréquents. Pas de la grande littérature, mais un bon moment de détente. (8,5 sur 10)

Tijuna mon amour (James Ellroy): le rédacteur en chef d'un magazine à scandales tente de prouver que Frank Sinatra a versé des pots-de-vin afin de promouvoir illégalement le disque d'une lascive chanteuse dont il serait épris. Lire Ellroy, c'est simplement croire qu'il est possible d'écrire un roman sous l'influence de la drogue. Deux mots pour décrire ce roman: totalement disjoncté. (8,0 sur 10).

Condor.net (James Grady): un informaticien de la CIA est mêlé à un complot dont il comprendra les enjeux machiavéliques au fur et à mesure de sa survie. Ce court roman est une curiosité puisqu'il reprend à la sauce 2007 ce qui fut l'éclatant succès Les trois jours du condor. À lire en comparant avec l'oeuvre originale. (7,5 sur 10)

Les démons des temps immobiles (Dan Chartier): Le commissaire Marac est de retour dans une aventure ou se mêlent nazisme, rouleaux de la Mer morte et mystérieux crânes de cristal. Récit intéressant et même instructif dans certaines disgressions. Seule la finale donne un goût amer à ce roman qui met en scène un personnage bien défini et que je tenterai de retrouver dans d'autres oeuvres. (7,5 sur 10)

L'affaire Tissot (Raymond Ouimet): sans être historien, l'auteur se penche sur un épisode peu glorieux de l'histoire du Québec ou le nazisme trouvait un écho favorable auprès d'une certaine frange de la population. Ouvrage nécessaire pour ne pas oublier l'innommable. (pas de cote)

L'exilé (Allan Folsom): un inspecteur de la police de Los Angeles est confronté à un tueur sans remord dans une saga internationale qui le mènera à Londres et à Moscou avec pour fond d'intrigue une lutte monarchique. La première partie du roman est enlevante et captivante, mais la seconde s'essoufle et sombre dans quelques invraisemblances qui gâchent ce qui aurait pu être un excellent roman policier. (7,5 sur 10)

Dernières nouvelles des oiseaux (Érik Orsenna): un groupe d'élèves français prisonniers d'une île déserte mettent en commun leurs qualités personnelles pour se tirer de ce mauvais pas. Les amateurs de renouveau pédagogique seront comblés. On dirait un livre écrit sur mesure pour la pédagogie par projet et rempli de bons sentiments rose bonbon. J'ai aimé les oeuvres précédentes d'Orsenna, mais là... (J'aime mieux pas mettre de cote)