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20 janvier 2008

Un choque dans le Journal de Montréal (modifié)

On le sait, des erreurs, ça arrive à tout le monde. Ce blogue contient d'ailleurs plusieurs perles, fautes de frappe, anglicismes... Trop à mon goût. J'en échappe quelques-unes à l'occasion et je me refuse encore au correcteur orthographique par pure bêtise humaine. C'est pourquoi je ne passe jamais de commentaire sur la qualité du français de ceux qui y écrivent.

Par contre, quand les écrits sont de nature publique et publiés par des médias reconnus, ça me turlupine un peu plus.

J'ignore qui est au pupitre au Journal de Montréal ou à Canoe mais, ce matin, on pouvait lire ce titre bien en vue dans le texte suivant:

Le choque des générations
Des jeunes en rupture avec leurs aînés

Moi aussi j'ai eu un choc. Le JdeM est-il en rupture avec l'orthographe?
(Tiens, tiens: quelqu'un a trouvé un dictionnaire dans la salle de rédaction ce matin.)

Déjà, ce journal s'était surpassé avec un article publié le 9 janvier dernier et qui dénonçait le mauvais français des jeunes. Ce dernier contenait 6 fautes en environ 150 mots. Il se lisait comme suit sur Internet.

Les jeunes en (1) arrachens en français

  • Entre 2000 et 2005, le taux d'échec des élèves de sixième année à l'examen de français du ministère est passé de 10% à 17%.
  • À peine 48% des élèves de cinquième secondaire ont (2) réussit le volet orthographique de l'examen du ministère.
  • La performance des élèves de quatrième année en lecture s'est détériorée, selon le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS). Les Québécois sont passés du (3) 6ième au (4) 23ième rang mondial entre 2000 et 2005.
  • Seulement 47% des enfants du Québec lisent à l'extérieur de l'école par plaisir, selon le Centre international pour l'évaluation des apprentissages scolaires (CIEAS). C'est moins que toutes les autres provinces ayant (5) participées à l'étude, soit la Colombie-Britannique, l'Ontario (6) , et la Nouvelle-Écosse.

(À ce sujet, voir le texte de Martin Bélanger)

19 janvier 2008

La méchante corneille du Devoir (édité)

Il existe au Devoir un chroniqueur littéraire dont je n'apprécie pas particulièrement le travail. Il s'agit de Louis Cornellier. L'an dernier, il avait livré une critique si mal fondée d'un livre écrit par un membre de mon entourage que c'en était ridicule.
Pour moi, un critique a un certain devoir d'honnêteté, même s'il peut avoir des opinions. On peut ne pas aimer Céline Dion et tout de même reconnaître qu'elle sait donner un excellent spectacle.
Aussi, quand je lis la critique qu'il fait ce matin des ouvrages de Pennac, Meirieu et Finkielkraut, je me méfie. Au départ, ce monsieur a un net penchant envers tout ce qui est réforme pédagogique et une haine viscérale de ce qu'il apparente parfois à tort à du conservatisme.
Bien sûr, tout le monde a droit à son opinion, mais je m'en voudrais de ne pas rappeler en terminant les mots de Pierre Bourgault qui me disait un jour : «Tout le monde a droit à son opinion, mais certaines sont meilleures que d'autres parce que mieux fondées et mieux construites.»

18 janvier 2008

L'enfant dans la cage: une suite

Réjouissons-nous: on vient d'apprendre que les parents de Félix se font poursuivre! Vous vous souvenez de l'enfant mis en cage? Celui qu'une enseignante avait mis en retrait comme un animal? Oui, oui, oui! cette horifique histoire que j'avais déjà commentée dans quelques billets (ici, ici et ici). Eh bien, l'enseignante visée a décidé de poursuivre les parents de l'enfant isolé.

Ainsi, dans le Nouvelliste, on peut lire: «Ariane Gagnon réclame 200 000 $ à Louise Sinotte et à son conjoint, Jacques Turennes, soit 150 000 $ pour dommages moraux et 50 000 $ pour dommages exemplaires. Elle est appuyée dans ses démarches par le Syndicat de l'enseignement de la Mauricie.»

Pendant plusieurs jours, ces individus avaient déclaré sur plusieurs tribunes que leur enfant avait été isolé durant cinq semaines du reste de son groupe derrière un paravent de bois. Ils avaient même demandé publiquement la démission de l'ensiegnante et de la directrice de l'école de leur fils. Bon, il leur a fallu cinq semaines pour s'en apercevoir même si le frère jumeau de Félix était dans la même classe que lui, mais on en n'est pas à un détail près...

Ne soyez pas surpris si vous ne voyez pas cette nouvelle dans certains médias comme ceux de la Corporation Sun Média, le Journal de Trois-Rivières, de même que le Journal de Québec : ceux-ci sous le coup d'une poursuite de la part de l'enseignante et préfèrent garder le profil bas. Ils ne sont quand même pas pour se flageler! Par contre, La Presse et les médias de Gesca ne se priveront pas de mentionner la chose.

Plus sérieusement, il n'ya pas lieu de se réjouir d'une telle saga:

  • Jamais les parents n'auraient dû avoir recours aux médias de la sorte, exposant ainsi publiquement (pour le meilleur et pour le pire) les difficultés de leur enfant.
  • Jamais les médias n'auraient dû rapporter les propos des parents concernés sans vérifier leurs dires.
  • Jamais les gérants d'estrade n'auraient dû commenter ce dossier sur la base d'informations plus ou moins vérifées.
Des exemples (les soulignés sont de moi):

«Or, il faut savoir que depuis le début de la fréquentation scolaire de l'enfant, sa mère a, en alternance, refusé ou interrompu les services spécialisés qui ont été offerts à l'écolier qui présente des troubles de comportement et des difficultés d'apprentissage.» - Le Nouvelliste

«L'enseignante et la direction d'école ont définitivement manqué de jugement et ont omis de respecter des étapes cruciales dans une telle situation. De plus, lorsqu'on veut isoler un élève et qu'on désire l'aider à bien écouter ce qui se passe en classe, ce n'est certainement pas en l'isolant comme un animal de foire et encore moins en le mettant face à un mur. Cela ressemble davantage à une punition qu'à une intervention professionnelle qui devrait être prise dans l'intérêt de l'élève et de ses camarades de classe. Qu'on appelle l'ordre des enseignants du Québec.... Oups, c'est vrai, il n'y en a pas.» - Celle-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom, Le Journal de Montréal

«J'ai été horrifiée, gênée et j'ai eu honte en apprenant ça. C'est bien triste pour cet enfant qui a été isolé, humilié et étiqueté. Je ne vois pas comment on pourrait faire ça à des animaux. Ce sont de mauvais traitements, et c'est très méprisant. Pourquoi cette enseignante peut avoir fait ça et s'en tirer sans s'expliquer publiquement ? Je pense qu'il y a des congédiements qui se perdent...» - Andrée Ruffo

De telles dérapages surviennent fréquemment dans les médias et il peut arriver qu'on puisse commettre une erreur de bonne foi, sous le coup d'informations qu'on croyait exactes. Seulement, ici, c'est le jugement des médias qui est remis en cause. Comme journaliste et chroniqueur, il faut toujours être prudent dans nos propos ou, du moins, s'abstenir de commenter le comportement d'un individu précis sans avoir en mains toutes les informations nécessaires. Souvent, et je l'ai assez vécu pour le savoir, les médias se copient les uns les autres (on prend un texte de La Presse pour faire le bulletin radio, par exemple) et, sous l'effet de la concurrence oblige, on en rajoute un peu.

Un dernier détail: Félix et son frère sont scolarisés à la maison depuis le début de ces événements.

16 janvier 2008

IEDM: analysons plus loin

L'Institut économique de Montréal (IEDM) y allait cette semaine dans le Journal de Montréal d'onze idées pour secouer le Québec. Dans ce texte, l'une d'entre elles suggérait de créer 25 écoles de performance ou enseigneraient 1000 super professeurs.

Un précédent billet montrait à quel point cette idée remettait en question la compétence des enseignants et ne tenait pas compte d'autres facteurs importants dans la réussite des élèves.

Par curiosité, je suis allé lire la proposition complète de l'IEDM sur son site Internet. On s'aperçoit que cette idée va plus loin.

On parle en effet d'écoles (les caractères gras sont de moi) «où les règles et contraintes de recrutement, d’encadrement et de rémunération du personnel enseignant seraient assouplies en faveur de contrats de résultats incitatifs tant pour ces types de personnel que pour les directions d’écoles.» Bref, cela revient-il à dire qu'on pourrait embaucher des enseignants non qualifiés, par exemple? On peut penser qu'une telle mesure signifie aussi que ces enseignants ne bénéficieraient pas des avantages réguliers des conventions collectives des établissements scolaires privés ou publics.

Plus loin, on peut lire: «Le gouvernement pourrait soustraire les directions de ces écoles de l’application des règles administratives et syndicales habituelles afin de leur donner la flexibilité et les outils nécessaires à l’amélioration de leur rendement. Ces écoles n’auraient pas le droit de sélectionner les élèves à l’entrée mais elles auraient le droit et le pouvoir de choisir et d’embaucher directement les enseignants et le personnel de soutien jugés à la fois les plus efficaces pour contrer le décrochage et les plus compétents pour améliorer les résultats objectifs des élèves de ces milieux. Les directions auraient également le pouvoir de congédier et de remplacer rapidement les enseignants et le personnel de soutien dont le rendement observé ou anticipé serait considéré comme insuffisant.» Imaginez un instant le pouvoir dont jouiraient les directions de ces écoles. Je pense à ces enseignants et je me dis que Faust a signé un contrat semblable. De plus, comment avec le nombre de décrocheurs au Québec, ces 25 écoles arriveraient-elles à ne pas procéder à une sélection? Mystère.

Poursuivons plus loin: «Les enseignants recrutés seraient soumis à une évaluation de leur rendement (sur le plan du décrochage et de la diplomation au sein de leur école) et recevraient, en plus de leur rémunération normale dans le réseau, des primes au rendement pouvant aller en moyenne jusqu’à 20 000 $ par an par enseignant et par membre du personnel de soutien.» Donc, rien n'est assuré. Qui irait enseigner dans une telle école avec autant de conditions et si peu de garantie?

Mais là ou l'IEDM fait preuve d'hypocrisie, c'est dans son analyse de la situation des écoles à problèmes. «Plusieurs écoles font face à des défis démesurés dans la mesure où, ne pouvant pas garder leurs meilleurs éléments, elles se retrouvent avec un nombre disproportionné d’élèves en difficulté. De plus, elles n’arrivent pas à relever les défis que cette situation pose, car elles ne peuvent choisir un personnel enseignant et d’encadrement suffisamment motivé, expérimenté et talentueux, eu égard aux difficultés éprouvées dans ces écoles. »

Or, à ce que je sache, les écoles privées subventionnées par le gouvernement sont en partie responsables de cette dynamique ou des parents n'inscrivent plus leur enfant dans le réseau public, ce qui crée de véritables ghettos scolaires. Coïncidence, mais l'IEDM appuie l'enseignement privé au Québec et est même l'auteur du fameux Palmarès des écoles. C'est un peu comme si un pyromane jetait de l'essence sur le feu d'un côté et proposait des solutions pour éteindre un incendie. Ça manque de crédibilité.

L'IEDM est un regroupement de penseurs de droite. Cela ne fait pas d'eux des cons. Seulement, si leur idéologie les aveugle, on peut difficilement parler de visionnaires.

12 janvier 2008

IEDM : onze idées pour secouer le Québec

Ce matin, le Journal de Montréal, il va d'un dossier choc en demandant à des économistes de l'Institut économique de Montréal (IEDM), un organisme reconnu pour ses positions de droite et émettant des reçus pour don de charité, d'y aller de l'avant avec «onze idées pour secouer le Québec».

Je ne suis pas féru en économie, mais quelques lignes à peine permettent de constater qu'il s'agit davantage d'un devoir bâclé ou on lance des idées sans trop réfléchir et sans les analyser en profondeur, notamment en éducation. Voici quelques petits exemples.
Proposition 1: hausser les frais de scolarité

Mathieu Laberge propose «Le dégel asymétrique des droits de scolarité faisant en sorte que les étudiants paieraient 40 % des coûts de leur formation. Par exemple, un étudiant en lettres paierait 1604 $ par session, soit moins qu’à l’heure actuelle. Un étudiant en médecine paierait 4627 $ par session. Le dégel asymétrique serait accompagné d’une nouvelle manière de rembourser les prêts étudiants, qui serait calculée proportionnellement aux revenus des diplômés. Cela serait moins contraignant que de rembourser la dette en totalité sur une période arbitraire de dix ans, comme c’est le cas à l’heure actuelle.»

Si vous pensez qu'il s'agit d'une mesure intéressante et équitable, attendez de lire le reste. Il y a un ver dans la pomme.

«Avantages : Mettre fin à une injustice entre les élèves tout en injectant de l’argent neuf dans le système d’éducation. En outre, cela inciterait peut-être certains étudiants à opter pour une formation professionnelle au secondaire ou technique au collégial, ce dont le Québec a besoin.»

Oups! Faut-il comprendre qu'on souhaite moins de savoir et plus de bras? Derrière les propos de M. Laberge, on comprend que l'éducation a comme seule utilité de former des travailleurs peu ou pas spécialisés. Moi qui pensais qu'on visait à établir une économie du savoir au Québec. Tout à coup, un doute m'effleure. Tout cela me rappelle les propos de M. Dumont qui estimait que certains programmes universitaires étaient moins utiles que d'autres.

Proposition 3 : 25 écoles pour les décrocheurs

Paul Daniel Muller et Marcel Boyer proposent de «Créer un corps d’élite de 1000 enseignants et de 1000 employés de soutien qui seraient déployés dans 25 écoles de «performance» situées en milieu défavorisé. Les membres de ce corps d’élite seraient payés en moyenne 20 000 $ de plus par an que les autres employés du système.

Ils seraient recrutés sur la base de leurs compétences. En outre, ils ne seraient pas syndiqués, ce qui permettrait de la flexibilité à l’embauche et leur remplacement rapide s’ils n’arrivaient pas à atteindre leurs objectifs. Leur mission : contrer le décrochage efficacement.»

Tout d'abord, cette idée a quelque chose d'odieux: elle impute une bonne partie du décrochage scolaire à l'éducation et aux enseignants eux-mêmes.

«Le groupe que l’on doit protéger au premier plan, ce sont les enfants. On veut qu’ils réussissent. Le congédiement d’un professeur incompétent ne nous empêchera pas de vivre.» – Marcel Boyer

«La véritable solidarité sociale est de mettre de l’argent pour envoyer nos professeurs les plus compétents enseigner dans les secteurs les plus difficiles.» – Paul Daniel Muller

Or, de nombreuses études démontrent que ce sont des facteurs socio-économiques et personnels (donc extra scolaires) qui sont les plus grandes causes du décrochage scolaire. Dans certaines régions du Québec, ce sont même les employeurs qui incitent les jeunes à décrocher parce qu'ils ont besoin de main-d'oeuvre peu spécialisée. En France, une mesure similaire a eu peu d'impact.

Quant aux causes scolaires entraînant le décrochage, peut-on parler de la gestion actuelle des ressources dans nos écoles? des incompétents qui nous administrent? des incompétents qui nous dirigent? des incompétents qui nous gèrent? Pas un mot là-dessus. Ou sont les leaders pédagogiques dans nos milieux de travail? Ou sont les ressources pour appuyer nos ambitions? Dépensées dans du mobilier pour des bureaux de cadre et de direction?

Plusieurs enseignants (si j'écris tous, on va me traiter d'utopiste) souhaitent que leurs élèves réussissent, mais voient leurs actions limitées par des contraintes autres que syndicales. Dans plusieurs cas, ce sont justement les enseignants qui protègent les enfants contre les incompétents au-dessus d'eux. Sauf qu'il est tellement plus facile de frapper sur le plus petit...

De plus, cette proposition omet de préciser que les décideurs scolaires tolèrent les enseignants incompétents en éducation à la fois parce qu'ils sont incapables de juguler la grave pénurie de personnel qui persiste depuis 10 ans, qu'ils ne s'assurent pas qu'ils reçoivent une formation adéquate et qu'ils ne supervisent pas adéquatement les enseignants en place connaissant des difficultés professionnelles. Quand des employés travaillent mal dans une épicerie, on peut toujours les congédier. Mais quand la situation perdure, on peut s'interroger aussi sur le travail du gérant de ce commerce.

Ensuite, on comprend que ces deux économistes estiment implicitement que le Renouveau pédagogique n'a pas atteint l'un de ses objectifs qui était de contrer le décrochage: «Le décrochage scolaire est un fléau, particulièrement chez les garçons issus de milieu défavorisé, et aucune mesure, jusqu’à présent, n’a pu contrer ce phénomène.» C'est bizarre de ne pas les entendre le dire à d'autre moment que quand il s'agit de livrer le Québec pieds et mains liés au secteur privé.

Si l'on revient plus précisément à cette proposition maintenant, elle est tout simplement irréalistes parce que le Québec connaît actuellement une grave pénurie d'enseignants. Ou va-t-on trouver les 1000 membres de ce «corps d'élite»? Va-t-on déshabiller Jacques pour habiller Pierre?

De plus, elle pose l'argent comme étant une motivation pour attirer ces super professeurs. Méchant critère de formation d'une équipe d'enseignants: le fric! Au moins, si les deux économistes avaient proposé des classes plus petites, davantage de spécialistes (en pénurie eux aussi, en passant), on aurait senti un peu de pédagogie et d'humanité...

Enfin, cette proposition tient peu compte des régions ou les élèves en voie de décrochage devront parcourir de longues distances afin d'avoir accès à ce type d'école spécialisée.

Proposition 4 : les fonctionnaires payés au rendement

Yannick Labrie propose que «Le Québec pourrait s’inspirer de l’expérience de la Suède et mettre en place un régime de rémunération individualisé pour les employés de la fonction publique en vertu duquel les augmentations annuelles se feraient à 50 % selon la hausse du coût de la vie et à 50 % selon la performance et le mérite. « Tous, même les cadres, seraient soumis à cette mesure. Ça améliorerait le recrutement dans la fonction publique, comme dans l’enseignement par exemple.»

Personnellement, je suis très intrigué de savoir comment on peut mesurer le rendement d'un enseignant en éducation. Une telle idée m'inquiète beaucoup quant à la véritable qualité du service offert. Comment la mesure-t-on? Ou se situe la Suède dans le palmarès mondial de la qualité de ses élèves?

Et un petit détail croustillant pour M. Labrie: une telle mesure m'aurait valu une augmentation de salaire au cours des dernières années puisque celui-ci est gelé par le gouvernement Charest.

Proposition 5 : soumettre le secteur public à la concurrence du privé

Mathieu Laberge propose «Que les services financés publiquement – des Postes aux bibliothèques en passant par la collecte des ordures, etc. – fassent l’objet d’un appel d’offres où des entreprises privées seraient en concurrence avec les unités syndicales du secteur public pour l’obtention d’un contrat. Les contrats seraient d’une durée de cinq ans.»

Peut-on indiquer à cet éminent spécialiste que les Postes sont de juridiction fédérale... Peut-on lui indiquer que, dans le cas de l'éducation, une telle mesure est tout simplement impossible étant donné le nombre de postes à combler? Règle générale, cette mesure s'appliquerait qu'à de petites unités syndicales ou à des emplois peu spécialisés.

M. Laberge mentionne que cette mesure a entraîné des économies de 38 millions à Philadelphie. Quand on sait que le budget d'une telle ville se mesure en milliards, il n'y a pas de quoi s'exciter. Un programme d'économie d'énergie serait tout aussi efficace.

Si vous vous donnez la peine de lire les autres propositions, certaines sont de la même eau. «Onze idées pour secouer le Québec»? Il est vrai que rire est une forme de secousse. Seulement, on peut rire même quand ce n'est pas drôle. À croire que le Journal de Montréal est devenu un journal de droite. Vous pouvez toujours aller commenter ces idées sur le Forum de discussion du JdeM sur ce sujet.

J'attends donc avec impatience qu'il publie les onze idées pour secouer le Québec de la part de nos intellectuels de gauche.

PS : L'illustration de ce billet est un peu facile, mais je ne pouvais pas y résister.

10 janvier 2008

Virginie est morte! Vive Virginie!

On apprend dans La Presse et le Journal de Montréal que Chantal Fontaine ne sera plus de la distribution de l'émission Virginie à la fin de la présente saison. On est triste, hein?

En passant, si on parle d'enfants Passe-Partout, peut-on aussi parler de parents Virginie?

Education : quand le Devoir publie n'importe quoi

Le Devoir publiait samedi un texte sur lequel j'aimerais revenir. Appelons cela une longue colère contenue. Celle-ci sera peut-être trempée dans le vitriol et je m'en excuse... à peine. Je vous invite à la lire au complet pour constater à quel point on méprise à l'occasion les pauvres d'esprit que nous sommes.

Dans cet article, on retrouve les propos de trois chercheurs universitaires sur l'état actuel de l'éducation au Québec. Je me permets d'analyser plusieurs paragraphes de ce texte pour relever à quel point ce quotidien est parfois journalistiquement complaisant et obnubilé par un certain «universitarisme».

Réseau - La réussite scolaire inscrite parmi les priorités des chercheurs

Favoriser la réussite scolaire, abolir les subventions aux écoles privées, reconnaître les professeurs à leur juste valeur, accompagner le corps enseignant dans le cadre de la réforme et ne plus manipuler les programmes au gré des caprices politiques sont autant de thèmes chers à d'éminents chercheurs qui ont accepté l'invitation du Devoir de faire le point sur notre système d'éducation à l'aube d'une nouvelle année.

Immédiatement, on remarque qu'aucun chercheur opposé au Renouveau pédagogique n'a été rencontré par le journaliste Thierry Haroun. Quand on sait que le monde de l'éducation est divisé sur ce sujet, faut-il y voir un effet du hasard? J'en doute.

De plus, pourquoi s'intéresser seulement à l'avis d'universitaires? Détiennent-ils à eux seuls la vérité? Sont-ils les seuls à savoir? Il est consternant de remarquer qu'on n'a retenu que le point de vue de ces intervenants en éducation. Appelons cela un texte qui a beaucoup d'envergure et peu de sources.

Demandez à Claire Lapointe, professeure titulaire en administration scolaire à l'université Laval et directrice du Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire (CRIRES), si la réussite scolaire est véritablement inscrite au coeur des préoccupations du ministère de l'Éducation, elle vous répondra sans hésiter par l'affirmative, et ce, depuis sa création il y a plus de 40 ans. «Il est question au sein du ministère de l'Éducation de réussite scolaire pour tous appuyée par une vision d'équité. Il est question d'assurer des chances égales aux garçons et aux filles, et déjà à cette époque-là, dans les années 1960, il était question de réussite scolaire pour les communautés ethniques. Ces principes fondateurs sont encore vivants aujourd'hui.»

Ouf! Nous voilà rassurés: le MELS a à coeur la réussite des élèves. Si Claire le dit, ça doit être vrai. Remarquez qu'elle occupe quand même une fonction qui lui permet d'intervenir sur ce dossier. Sauf que...

On ne peut nier qu'au Québec, la réussite scolaire est une préoccupation importante du MELS, mais de quelle réussite parle-t-on? Comment la définit-on et la mesure-t-on? Encore, là, je doute de ce discours quand je le confronte à la réalité de mes classes. «Réussite» pour un élève de cinquième secondaire qui écrira un texte truffé d'erreurs relevant de notions du primaire? «Réussite» pour un jeune qui peinera à décoder un texte?

Il ne s'agit pas ici de cas particuliers, mais d' adolescents dont le parcours scolaire est tout ce qu'il y a de plus standard. Ils ont passé plus dix ans à l'école, ont suivi des centaines et des centaines d'heures de cours de français, ont réussi tous les examens auxquels ils ont été soumis. Qu'ils soient de la réforme ou non, plusieurs élèves présentent un niveau de connaissances et de maîtrise de compétences tout simplement inacceptable.

Il existe plusieurs formes de réussite, plusieurs types d'élève dans nos classes. Cependant, je considère que le mot «réussite» au Québec est souvent une appellation frauduleuse qu'on emploie à tort et à travers pour se gargariser l'égo national et que certains fonctionnaires utilisent pour masquer l'inefficacité de leur travail. A-t-on déjà vu un sous-ministre en éducation, par exemple, faire un mea culpa quant à l'implantation improvisée de certaines mesures pédagogiques? Mais non: on se cache, on nie des évidences, on dénature les faits et tout va bien dans Le meilleur des mondes possibles. «Réussite», vraiment?
Il me semble ici que le journaliste du Devoir a survolé le sujet de façon désolante, surtout si l'on considère toutes les critiques formulées à l'endroit du système scolaire québécois au cours de la dernière année.

Mieux, ajoute Mme Lapointe, qui a travaillé en Afrique notamment, «on nous répète qu'on est une référence au Canada. On nous dit aussi qu'il existe au sein de notre système d'éducation un dynamisme porté par un projet de société. Nous sommes l'envie du monde. Notre système d'éducation public doit être amélioré, certes, mais il faut reconnaître que c'est un des meilleurs systèmes scolaires au monde où l'on retrouve un des plus forts taux de réussite».

Tout d'abord, ici, on semble confondre systèmes scolaires québécois et canadien. Sont-ils si semblables? Si l'Afrique n'est pas un grand pays, il est un peu indélicat de parler d'un système scolaire canadien quand on connaît nos deux solitudes. Ah! nos charmants problèmes identitaires.

Qui plus est, quand on prend connaissance des arguments justifiant l'implantation du Renouveau pédagogique au Québec et qu'on relit cet extrait, il y a quelque chose qui passe mal. On a réformé l'ensemble du système d'éducation. Il n'y a pas une pierre qui n'a pas été retournée. Méthodes pédagogique, programmes disciplinaires, évaluation: tout y est passé. Si notre réseau scolaire est si bon, pourquoi l'avoir tant chambardé? Pas un mot là-dessus.

Des votes dans les livres

Mais hic il y a. Mme Lapointe rappelle que nos gouvernements brouillent les cartes quand ils décident de mettre leur nez dans les programmes scolaires à des seules fins politiques et électoralistes. «Ce qui arrive aujourd'hui, c'est que l'éducation est un sujet dont on se sert à l'échelle politique. Des décisions sont prises selon les intentions de vote. En médecine, par exemple, on n'arrêtera pas un type de traitement parce qu'il ne plaît plus aux gens. On n'interfère pas en médecine.»

Alors que, selon elle, le corps politique interfère allègrement en matière de programmes scolaires. «Les programmes sont basés sur la recherche, mais une fois mis dans le réseau, [le gouvernement en place] décide de faire marche arrière au gré des réactions négatives de certains électeurs. On ne peut pas affirmer [en campagne électorale] que: "Si je suis élu je vais changer telle approche pédagogique" ou encore faire ceci et cela. On ne peut pas se permettre ça.» En agissant ainsi, dit-elle, «on fragilise notre système d'éducation en l'utilisant comme un bonbon politique».

Je ne connais pas Mme Lapointe mais, ici, elle erre quelque peu: oui, le gouvernement interfère en médecine, parfois à la demande même de la population. Allons-y avec un exemple: les maisons de naissance. Au Québec, pendant longtemps, les accouchements se faisaient à l'hôpital. Aujourd'hui, il est possible d'accoucher avec l'accompagnement d'une sage-femme. Il s'agit d'un service que le réseau de la santé refusait d'accorder et que des citoyens ont obtenu à force de réclamations et de lutte politique auprès de différents gouvernements provinciaux.

De façon plus générale, Mme Lapointe semble, en quelque sorte, nier aux politiciens, qui sont les représentants élus du peuple, le droit d'intervenir dans les questions relatives aux programmes scolaires. À tout le moins, elle questionne leurs actions sans réaliser la portée de ses propos.

On peut ne pas apprécier les récentes prises de position de la ministre Courchesne ou de Mario Dumont ou encore déplorer qu'elles soient de nature électoraliste, mais cela ne doit pas nous empêcher de réaliser l'apport, parfois bénéfique, de la politique au monde de l'éducation. En 1960, le rapport Parent aura-t-il vu le jour sans formation politique pour en être le porteur? En 1997, le Renouveau pédagogique aura-t-il été mis de l'avant sans l'appui du Parti québécois? On est loin de la manipulation des «programmes au gré des caprices politiques» à laquelle fait référence le journaliste au début de son texte, je crois.

Plus encore, on peut constater ici cette prétention insoutenable et horripilante à l'effet qu'un programme scolaire, parce qu'il est basé sur la sacro-sainte recherche universitaire, est intouchable. Pourtant, plusieurs programmes disciplinaires sont porteurs de valeurs personnelles ou sociales importantes. Il est sain qu'ils puissent faire l'objet de débats puisque l'école, en tant que substitut des parents, transmet ces visions du monde aux enfants. On peut être choqué, en tant qu'universitaire, que notre action soit limitée par d'autres intervenants, mais on doit absolument tenir compte de ces derniers si on ne veut pas vivre dans une utopie.

Derrière ce reproche à peine voilé aux politiciens actuels, on peut constater l'important manque de recul critique de cette universitaire au sein du réseau de l'éducation. Pour paraphraser Mme Lapointe, si c'était cette dernier qui fragilisait notre système d'éducation en l'utilisant comme un bonbon personnel? Si c'était cette pédagogue qui était incapable de pédagogie pour bien expliquer ses idées? Même Dieu peut se faire des reproches à l'occasion...

Quant à moi, l'intervention des politiciens en éducation, et particulièrement en ce qui a trait à des aspects pédagogiques, est un signal clair que quelque chose ne fonctionne pas dans ce merveilleux monde et que les intervenants traditionnels (fonctionnaires, universitaires, chercheurs, directions, enseignants, parents, syndicats, etc.) n'arrivent pas à développer un consensus autour de certaines décisions importantes.

Toujours à l'échelle politique, Jean-Yves Lévesque et Nathalie Lavoie, professeurs chercheurs au département des sciences de l'éducation de l'UQAR, sont d'avis que le retour au bulletin chiffré «a été une décision strictement politique». D'autant, déplorent-ils, que les enseignants n'ont pas été consultés dans cette prise de décision.

Je ne commenterai pas le retour au bulletin chiffré, mais peut-on avoir l'honnêteté d'indiquer qu'il s'agissait d'une décision politique qui n'a pas été prise dans le vide, mais à la demande de bien des parents qui ne comprenaient rien au bulletin précédent? Il est indécent, quant à moi, de commenter cette action sans tenir compte du contexte complet dans lequel elle s'est effectuée.

On peut s'interroger sur le geste de Mme Courchesne, mais que celui-ci relève d'un politicien le dénature-t-il automatiquement et lui enlève-t-il toute légitimité? Faut-il être un médecin être ministre de la Santé, un camionneur pour être ministre des Transports et un mineur pour être ministre des Ressources naturelles? Élit-on des spécialistes ou des individus en qui on place notre confiance?

À la différence des universitaires et des fonctionnaires, les politiciens sont redevables devant la population et l'on peut juger leurs actions à chaque élection. Ils ont le mandat d'encadrer le travail de ceux qui oeuvrent sous eux et portent la responsabilité de ce que font ces derniers. En limitant les actions d'un ministre, on limiterait à la fois sa responsabilité ministérielle (un principe démocratique important) et on conférerait à d'autres individus non redevables un pouvoir important. Je préfère de loin un système démocratique aux décisions contestables qu'une tyrannie bureaucratique parfaite.

Je ressens un malaise quand je mets en parallèle ces commentaires des professeurs Lévesque et Lavoie avec ce qui se passe avec les commissions scolaires du Québec. On reproche aux commissaires d'être peu représentatifs, de travailler sans faire preuve de transparence, mais on n'hésite pas à blâmer une ministre élue parce qu'elle exerce publiquement son droit de décider. En bout de ligne, veut-on revenir avant les années 70, à l'époque ou les commissaires scolaires étaient nommés par le clergé et le gouvernement et ou avant les annèes 60 ou l'éducation relevait des congrégations religieuses? C'est Monseigneur Turcotte qui va être ravi! Est-on en train de remplacer un religion par une autre? Hors de la pensée des chercheurs point de salut?

Enfin, toujours par rapport aux propos des universitaires Lévesque et Lavoie, leur argument à l'effet que les enseignants n'ont pas été consultés quant au retour du bulletin chiffré en est un de piètre qualité. Ces derniers n'ont pas été plus consultés sur le Renouveau pédagogique, à ce que je sache. De toute façon, depuis quand consulte-t-on véritablement les enseignants sur des changements pédagogiques? De grâce, faites preuve d'imagination dans votre argumentaire!

J'arrête ici ma lecture de ce texte du Devoir. Ce n'est pas tant le manque de vigueur de ma colère : c'est plutôt la lassitude.
Cependant, je m'en voudrais de ne pas relever le côté téteux de ce quotidien qui, parfois, en beurre un peu épais. Ouvrir un texte en caractérisant des gens interviewés d'«éminents chercheurs», ça manque un peu de neutralité. Un peu de retenue aurait été bienvenue. Imaginez le tollé si on avait la même chose avec Stephen Harper...

13 novembre 2007

TLMEP: la fin

Un dernier texte de Louise Cousineau sur la fameuse dictée de la ministre Courchesne.
«Mme Laniel (la rédactrice en chef de TLMEP) m'assure qu'elle a vérifié toutes les positions de caméras durant la lecture de la ministre, et qu'elle a vu de ses yeux vu un s à aucuns.
Une caméra pointait directement la feuille tenue par Mme Courchesne.Donc pas la faute de la ministre, mais cette bonne dame a quand même fait une omission de taille. Elle a oublié de donner le titre de sa dictée «La gentille maîtresse».
En omettant le titre, elle a provoqué la chute de toutes les vedettes qui ont fait la dictée à l'émission. Ils ont tous mis voulu au masculin, ne sachant pas qu'il s'agissait d'une gentille maîtresse. Enfant, on apprenait voulu qui? m' pour la gentille maîtresse. Me semble que c'était pas si dur le complément d'objet direct, qui a sans doute changé de nom aujourd'hui.»

12 novembre 2007

Tous le monde en parlent: la suite (modifiée)

La blogosphère s'est animée autour du passage de la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne à l'émission Tout le monde en parle (ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et ici) et de sa fameuse dictée. Déjà, la gang à Lepage a corrigé son corrigé. Le ridicule ne tue pas. Il rend con, simplement.

Quand la ministre Courchesne affirme que la maîtrise du français est une responsabilité sociale, on en a la preuve. Mais quand on préfère les émissions de variétés à celles d'information, on meurt par ou l'on a péché. J'en suis même rendu à penser que Patrick Lagacé avait été «moins pire».
Sur le site de TLMEP, on prétexte que l'équipe a été surprise par la dictée de la ministre. Comme le souligne à juste titre Safwan, l'émission a été enregistrée le mercredi. Le roi Menton 1er et son fou ont eu jusqu'à dimanche pour faire les vérification qui s'imposaient. Décidément, Mme Courchesne sème la controverse partout ou elle passe!

Quoi qu'il en soit, cette entrevue complaisante et fade ne nous a rien appris de nouveau:
  • La ministre ne croit pas en la réforme, mais elle ne peut la changer. Donc, elle l'améliorera.
  • La ministre affirme ne pas aimer pas la poutine, mais elle est capable de la noter. Quelle est sa base de comparaison, au fait?
  • La ministre aime les notes.
  • Les ministres qui l'ont précédée à l'Éducation n'ont pas exercé leur leadership politique. On ne peut pas lui donner tort sur ce point.
  • La ministre prend à son compte une mesure prise par le gouvernement Landry. (voir l'excellent billet de Rotules qui explique en détails ce dont j'ai parlé dans un autre billet.)
  • Guy A. Lepage ne sait pas qu'il y a une pénurie des enseignants actuellement au Québec.
  • Danny Turcotte n'est pas le fou du roi. C'est un bête clown. La fonction de «fou du roi» n'est pas celle d'être un amuseur public. Mais on fait avec ce qu'on a...
Mais c'est un billet chez Hortensia qui m'a ramené à un point important de l'entrevue de la ministre. Cette dernière insistait sur l'importance de la littérature à l'école, comme si on n'en faisait pas. «L'importance d'un mot», clamait la maîtresse en chef de l'éducation

Elle pense quoi? Qu'on joue au scrabble dans nos classes? J'ai une bibliothèque de classe à mes frais (au pluriel, ne l'oubliez pas). Je lis comme un malade. Je refile mes bouquins aux élèves. Ils arrivent au cégep et connaissent une vingtaine de figures de style en plus de tout un lexique relié à la littérature. Franchement...

L'importance d'un mot. Encore faut-il avoir les outils pour en comprendre le sens!

11 novembre 2007

TLMEP: de la poutine intellectuelle et une erreur dans la dictée (ajout)

Tout le monde de l'éducation est en émoi: la réforme est en danger sous la gouverne de la ministre Courchesne. En effet, à l'émission Tout le monde en parle, la ministre a accepté de NOTER une poutine. Elle aurait pu la coter, la décrire. Non, la ministre l'a notée sur dix! Quelle analyse réductrice! De plus, je suis convaincu que l'Association des diététistes du Québec dénoncera le fait que la ministre ait mangé de la poutine. Quel mauvais exemple pour notre jeunesse!

Après son passage aux Francs-Tireurs, on aurait pu craindre le pire pour la ministre de l'Éducation, mais le manque de préparation de l'animateur mentonneux lui aura permis de ne pas trop se mettre les pieds dans les plats. Un exemple: la mauvaise qualité du français de certains enseignants. Le test dont la ministre a parlé existe déjà. Il n'a rien de nouveau. Et quand le roi Lepage dit à la blague qu'il y aura une pénurie d'enseignants à cause des exigences de ce dernier, il ne semble pas savoir qu'on manque déjà de profs dans nos écoles. Je ne parle pas non plus du bouffon qui semble ne pas connaître l'existence de la politique anti-malbouffe dans nos écoles.

Je ne me souviens plus qui a dit que la politique est une chose trop sérieuse pour la laisser aux politiciens. Dans la même veine, je suis convaincu que l'information est une chose trop importante pour la laisser aux animateurs d'émissions de variétés. Quel moment de télévision vide et complaisant!

De plus, voulez-vous rigoler, mais il y a une faute dans la dictée de la ministre, du moins si l'on se base sur le site de l'émission de Guy A. Lepage: «Si le destin m'eût voulue professeur, j'aurais pris sans hésiter dans ma classe le roi et son fou, telles deux petites pestes, et ce, sans aucun frais de leur part, ni deux cents piastres, ni deux cent cinquante sous.»

«Sans aucun frais» doit s'écrire «sans aucuns frais». Dans le cas présent, le mot «frais» a le sens de coût et commande le pluriel au déterminant «aucun». Tous les précis de grammaire l'indiquent. Même Le Petit Robert 2007 en fait état à la page 176. Pas fort...

La ministre va sûrement affirmer être mal citée. On paierait cher pour avoir l'original de son texte.
Hier soir, j'avais un rhume d'homme, donc je continue ici avec quelques observations supplémentaires. Je les place dans ce billet avec quelques réactions aux commentaires que j'ai déjà reçus pour un accès plus immédiat et pour que vous puissiez contater l'ampleur du désastre orthographique des compétences de la ministre.
«Voulue» pourrait ne pas prendre la marque du féminin puisque le genre du référent qui est complément direct («m'») n'est pas précisé, la ministre ayant omis de donner le titre de sa diquetée.
De plus, l'observation de Miss Math est très juste: «si la Ministre est cohérente avec l'Office québécois de la langue française, elle devra préférer le féminin "professeure" à l'épicène, puisque c'est la seule forme retenue par l'Office.»
Également, Patrick Huard peut récupérer des points puisqu'il est permis, avec les récentes modifications apportées à la grammaire et à l'orthographe, d'écrire «deux-cents» et «deux-cent-cinquante» avec un trait d'union. La ministre semble ignorer que l'Office de la langue française accepte ces modifications et qu'un élève ne peut être pénalisé s'il les emploie. Le MELS tolère la nouvelle orthographe, mais n'a pas pris véritablement position sur ce sujet alors qu'en France, Le Petit Larousse a annoncé son intention de prendre ce virage tandis que les dictionnaires Hachette sont 100% nouvelle orthographe. En attendant, le MELS n'est ni pour ni contre, bien au contraire. Cependant, dans son entrevue aux Francs-Tireurs, la ministre a indiqué être contre, mais elle n'a pas le droit de pénaliser un élève pour cela.
Enfin, la virgule avant le deuxième «ni» est fautive ou, soyons prudent, à tout le moins, est d'un usage flottant dans ce cas. (Grévisse: 125 c1 et 125 c4)

23 octobre 2007

Jaziri et les médias: je t'utilise, tu m'utilises...

La saga de l'iman autoproclamé Jaïd Jaziri tire à sa fin. Mais, même de sa Tunisie natale, celui qui est entré illégalement au Canada en 1997 avec un faux passeport et en fournissant des renseignements inexacts sur ses antécédents judiciaires en France fait encore parler de lui en affirmant avoir été torturé par les autorités canadiennes lors de son transfert: . «C'était un cauchemar. J'ai été torturé psychologiquement et physiquement.» Rien de moins.

N'épargnant pas son fiel, le barbu personnage a même ajouté que, dans toute cette affaire, la Tunisie a été beaucoup plus intelligente que le Canada. Tant mieux, diront les plus cyniques puisque, maintenant, il séjourne dans ce pays.

Nuançons un fait immédiatement: il est fréquent pour un réfugié politique d'entrer au Canada avec un faux passeport. «Prenons l'exemple d'un réfugié politique tunisien: il est torturé, il est persécuté. On ne lui délivrera jamais un passeport tunisien. Comment va-t-il sortir? Il n'a pas d'autre choix que de se fabriquer un titre de voyage», explique l'avocate de M. Jaziri, Nawal Benrouayene.

Sauf que les ennuis du coloré imam remonte à plusieurs années. Tout d'abord, il a eu maille à partir avec la justice tunisienne parce qu'il a fondé une association islamiste illégale. Ensuite, il a résidé en France ou il a été reconnu coupable de coups et blessures volontaires devant sa mosquée. Au Canada, pour plusieurs, ses propos étaient à la limite de l'incitation à la haïne, notamment à l'égard des homosexuels. Bref, on ne peut pas dire que le personnage fuyait la controverse.

Devant les récriminations de l'imam expulsé, la réplique de l'Agence des services frontaliers du Canada été cinglante. Si la première partie du voyage s'est bien déroulée, l'imam a commencé à devenir incontrolable une fois rendu dans un espace public: ce dernier «se serait laissé choir au sol, se plaignant à grands cris de douleurs et refusant d'aller plus loin.» Il a alors été menotté et ramené dans l'avion en direction de la Tunisie. Une fois sur place, il a recommencé son manège à l'aéroport. Quand on aime se donner en spectacle...

Dans le cas de Jaïd Jaziri, il ne fait aucun doute que les médias québécois ont créé un monstre, au même titre que le maire Gendron, par exemple. Chacun y trouvait son compte: l'imam se voyait offrir une tribune de choix, suscitait la controverse et donnait un bon spectacle. Et tant pis pour l'éthique si cette grande gueule ne représentait pas l'esprit de la communauté musulmane du Québec et suscitait de l'antagonisme! Jusqu'à tout récement, un animateur télé continuait même de l'inviter à son émission alors qu'il avait remarqué que Jaïd Jaziri ne revêtait ses vêtements traditionnels que lorsqu'il était en ondes. On dirait un comédien avec un costume de scène, non?

Soyons honnêtes: les médias ont accordé trop d'espace à cet individu. On se serait attendu à un comportement plus responsable de leur part. Dans un contexte de fortes tensions autour des accommodements raisonnables, on avait bien besoin de laisser des pyromanes allumer des brasiers sur nos ondes.

Jaïd Jaziri expulsé, souhaitons maintenant que la communauté musulmane saura se doter de représentants moins controversés auprès des médias. Souhaitons aussi que ces derniers auront une attitude plus responsable qunat à ceux à qui ils donnent la parole.

En terminant, jamais je n'aurais jamais retourné cet imam en Tunisie, un pays ou l'on pratiquerait la torture, comme l'affiment plusieurs spécialistes et organisations gouvernementales (ici et ici). Le Canada ne sortira possiblement pas gagnant de cette saga.

«Il a eu ce qu'il méritait», m'a expliqué un de mes élèves. Désolé, mais je n'achète pas ce raisonnement. Et je comprends mal qu'on ne boycotte pas ce pays si ces accusations de mauvais traitements sont fondées. Et je comprends mal aussi qu'une école, ayant un programme d'études internationales, organise un voyage dans ce pays. Mais ça, c'est une autre histoire...

10 octobre 2007

Parlons de décrochage

Le Journal de Montréal et La Presse ont consacré quelques textes au décrochage scolaire cette semaine. Ceux-ci valent la peine de s'y attarder.

Dans le Journal à Péladeau

Dans le JdeM, on brosse un portrait assez sombre de ces jeunes qui décrochent dès leur entrée à la maternelle: «De plus en plus d'enfants éprouvant des problèmes de comportement ou des difficultés d'apprentissage décrochent «psychologiquement» dès la première année ou même la maternelle, estiment certains spécialistes.»

Une partie de ce phénomène serait attribuable à ce qu'on appelle les «enfants-rois» défendus bec et ongles par leurs parents. Pour Égide Royer, professeur au Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage de l'Université Laval, «Les deux éléments les plus importants chez les jeunes qui décrochent sont les problèmes de lecture et les problèmes de comportement.»

La situation serait d'ailleurs plus préoccupante en Estrie ou la Commission scolaire de la Région-de- Sherbrooke (CSRS) se livrera à une gigantesque enquête afin de mieux comprendre pourquoi ce phénomène est plus important sur son territoire.

Enfin, le Journal de Montréal complète cette série de textes par un test qui permet au lecteur de savoir si son enfant risque de décrocher.

Dans La Presse à Desmarais

Un autre texte, publié cette fois-ci dans La Presse, nous apprend qu'au Saguenay, cette région s'est attaquée avec un succès certain au décrochage scolaire. La plupart des intervenants du pays des Bluets se sont mobilisés afin de lutter de concert contre ce fléau.

En plus du milieu scolaire, les maires des municipalités, les organismes communautaires, les services de santé et même les commerçants ont participé à cette action: «Le milieu des affaires a compris qu'un élève qui décroche va coûter plus cher à la société qu'un élève qui persévère. Économiquement, le succès de nos élèves donne une valeur ajoutée à toute la région. On peut se servir de ces statistiques pour attirer des gens chez nous et faire en sorte qu'ils s'installent à long terme. On peut dire aux parents que leurs enfants réussiront mieux ici», explique Jean Paradis, président du conseil interordres de l'éducation.
Il s'agirait donc d'un modèle à suivre et un programme similaire vient d'être implanté dans le quartier montréalais de Saint-Henri.

Dans la tête malicieuse du Prof masqué

Les très jeunes seraient donc plus nombreux à décrocher. Peut-on avoir une idée de combien? Sur quoi se base-t-on pour établir un tel constat? Cette affirmation est vague à souhait. Mais ce n'est pas grave: la «une» du Journal est accrocheuse.

Quant au petit test, personnellement, j'en ai soupé! Qu'ils soient de La Presse ou du JdeM, malgré les mises en garde qu'on y retrouve parfois, je trouve inconcevable qu'on tente de faire croire à un lecteur qu'il peut lui-même évaluer si son jeune risque de décrocher ou s'il a les connaissances pour entrer dans un programme d'études internationales. Un média ferait de même avec une question médicale qu'il aurait de nombreux médecins sur le dos. Mais comme il ne s'agit que d'éducation et que tout le monde est un spécialiste...

Puis-je me permettre une réflexion un peu de mauvaise foi, mais comment peut-on avoir des jeunes qui décrochent de plus en plus alors que la renouveau pédagogique devait justement contrer cet écueil? Plus cyniquement encore, mais pourquoi avoir chamboulé tout le monde de l'éducation si la solution se trouve (aussi) à l'extérieur de nos écoles comme le montre l'exemple saguenéen? Également, de nombreux exemples de lutte au décrochage existent et ont fait leurs preuves, à Toronto, entre autres.

Mais de cela, il ne faut pas parler. Mais sur cela, il ne faut pas questionner. Le décrochage continue. Le renouveau magique n'y changera rien, quant à moi.

«The truth is out there.»

20 septembre 2007

Un autre mauvais test révélateur

Le mauvais journalisme est comme la bêtise humaine: il est universellement répandu. Ce matin, c'est Cyberpresse qui mérite la palme avec son quiz intitulé: «Êtes-vous plus brillant qu'un jeune de premier secondaire?»

Notons tout d'abord l'emploi du terme «brillant». Dix petites questions pour déterminer si vous êtes «brillant» ou non. Pas de grande marge d'erreur, on en conviendra. On sent aussi une petite volonté de concurrence avec le Journal de Montréal avec son sondage sur les parents et les devoirs.

Ensuite, on découvre que les questions posées proviennent d'un livre visant à préparer les jeunes aux tests d'entrée des écoles privées ou des programmes d'études internationales. On ne parle plus de n'importe quel élève du secondaire, mais pourquoi ne pas sombrer dans la confusion des genres tant qu'à y être!

Mais ou Cyberpresse se surpasse, c'est dans la qualité orthographique de ce test. On jugera.

  • Le titre lui-même soulève des interrogations. À la page d'accueil de Cyberpresse, on indique correctement : «Êtes-vous plus brillant qu'un jeune de 1re secondaire?» Mais à la page même du test, celui-ci devient: «Êtes-vous plus brillant qu'un jeune de premier (sic) secondaire?»
  • Corrigé de la question 1 : «La forêt boréale. La forêt boréale est composée de pins, de sapins, de mélèzes et dépinettes (sic) noires.» Les dépinettes, une nouvelle sorte d'arbres? Je vous ai épargné toutes les autres fois ou on ne retrouvait pas d'apostrophe, mais j'en ai compté plus de 18 autres.
  • Question 2 : «Qui a prouvé que la terre (sic) était ronde?» La «Terre» avec une majuscule quand on parle de la planète dans un contexte astronomique.
  • Question 3 : «Qui était Charles Perreault (sic)?» Dans Le Petit Robert, on écrit «Perrault», mais est-ce si important de mal orthographier le nom d'un auteur aussi célèbre?
  • Corrigé de la question 4 : «Depuis al (sic) fin du 19e siècle...»
  • Question et corrigé de la question 5 : manifestement, les concepteurs de ce texte ne savaient pas écrire le titre du recueil de contes arabes des Mille et Une nuits. Alors, ils n'ont pas pris de chance: ils l'ont écrit de deux façons différentes : «Milles et une nuits» et «Mille et Une Nuits».
  • Corrigé de la question 5 : «... dont la porte souvre (sic) à ses (sic) mots : «Sésame, ouvre-toi! ». (sic)» On devrait écrire à «ces» mots et le point est inutile à la fin de cette citation.
  • Corrigé de la question 10 : «Deux adversaires déplacent chacun leurs pièces, de valeur différentes (sic) ...»
Mais plus que ce manque de respect anecdotique de la langue de la part d'une institution médiatique, ce qui m'enrage quelque peu est de croire qu'on peut mesure un individu avec un test de 10 questions.

Également, ce test est l'écho d'une réalité triste des programmes d'études internationales: on y sélectionne les élèves en fonction de leurs connaissances. Point à la ligne. Ceux-ci sont actuellement ni plus ni moins des ghettos scolaires pour élèves bollés et pour profs qui fuient les élèves réguliers. Or, les valeurs propres à ces programmes vont à l'encontre même de cette de sélection et de clivage.

En fait, outre le peu de cas qu'on fait du français au Québec, ce test montre bien que les PEI sont, dans notre province, des programmes de douance déguisés.

10 septembre 2007

Ti-test: la suite de la fin

Le Journal de Monréal finit, espérons-le, sa série sur les devoirs et les parents avec deux articles (ici et ici), articles dont certaines phrases me font hurler d'incompréhension. Allons-y tout de go!
  • «Les parents sont tellement perdus dans le nouveau vocabulaire de la réforme que le ministère de l'Éducation devrait carrément leur fournir un lexique pour s'y retrouver, jugent des experts.»
  • «Ne comprenant rien au nouveau vocabulaire utilisé depuis la réforme, plusieurs parents ont eu du mal à répondre aux questions en français.»
  • «Il faut se poser des questions sur les changements qui ont été faits en français avec la réforme. Des fois j'ai l'impression qu'on applique la règle de pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué», affirme Nathalie Morel, présidente de l'Alliance des professeurs de Montréal.
Ce sont de belles phrases, mais il y a un problème: la réforme n'a rien à voir avec cette terminologie utilisée en français. En effet, la refonte du programme de français date de 1995 et n'est pas reliée à la réforme actuelle. Oups...

«Le concept des «expansions de noyau» en français a aussi sérieusement donné du fil à retordre aux répondants.»

C'est évident, car il aurait fallu préciser des noyaux de quels groupes de mots on parlait! Groupe nominal, groupe prépositionnel, groupe sujet, groupe verbal... Mes collègues, ce matin, ont toutes vu le manque de clarté de cette question et elles ont dû déduire la tâche demandée.

Gérald Boutin, professeur au Département d'éducation et formation spécialisées de l'UQAM, et Johanne Fortier, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, estiment qu'il faudrait créer un «document pourrait faire la traduction entre ce qu'ils ont appris et ce que c'est devenu.» Ben oui! Il ne faut absolument rien connaître ou comprendre à la réforme de la grammaire de 1995 pour suggérer une telle idée. C'est non seulement la terminologie mais toute la logique de l'analyse de la langue qui a été changée. Méchante brique en perspective!

Quant à Lise Ouellet, présidente de la Fédération des comités de parents, elle ne montre pas une grande capacité d'autonomie: «Ça serait à regarder si c'est un outil qui pourrait être utile pour les parents. Il faudrait que le ministère de l'Éducation fasse une étude pour savoir si les parents en auraient besoin.» Son organisme ne peut-il pas le faire lui-même? Il doit laisser le MELS le décider?

«Votre enquête donne un son de cloche important. C'est un véritable problème pour les parents d'aider leurs enfants à faire leurs devoirs. Il ne faut pas s'en cacher», affirme Gérald Boutin. Une «enquête». Ben voyons donc! Cet universitaire n'a pas vu les failles méthodologiques qu'elle renferme ou quoi? De plus, depuis quand les parents doivent aider les enfants à faire leurs devoirs? Les résultats de ce sondage peuvent s'expliquer bien autrement: le test était mal foutu, les lecteurs du JdeM sont moins bons ou ont moins de mémoire que ceux Devoir (hypothèse), que sais-je encore!

Il est grand temps que cette série de textes finisse. Elle ne fait que culpabiliser les parents, les dévaloriser quant à leur véritable rôle. De plus, elle apporte injustement de l'eau au moulin de ceux qui chiâlent contre l'école et contre la réforme.

Faisons des débats, mais sur de vraies bases, s'il vous plaît!

09 septembre 2007

La vraie rentrée

On le sait tous: la véritable rentrée scolaire commence avec la télédiffusion de Virginie, comme on peut le lire ici.

Des gros groupes de huit élèves, des bureaux de profs avec un mobilier adéquat, des heures et des heures à consacrer à sa vie personnelle et amoureuse, rarement de la correction. Aucun doute: voilà un téléroman qui reflète bien la réalité de notre milieu!

Quand je pense qu'il y a des enseignants (que je ne nommerai pas afin de préserver leur dignité) qui regardent cette émission religieusement...

Ti-test: la fin, enfin!

Mise en situation médiatique:
  • Prenez cinq ou six parents volontaires.
  • Demandez-leur d'aider leur enfant à compléter leur devoir.
  • Mettez en ligne un test de connaissances pour donner l'occasion aux lecteurs de s'évaluer par rapport aux devoirs des enfants d'aujourd'hui.
  • Oubliez que cinq ou six parents ne sont pas un échantillon valable en méthodologie.
  • Oubliez que votre test de connaissances comporte une terminologie inadéquate.
  • Oubliez aussi que ce n'est pas le rôle des parents d'aider un jeune à faire ses devoirs.
  • Brassez le tout et laissez mijoter à feu doux et vous obtenez...
Deux articles (ici et ici) ou l'on se penche sur la pertinence de donner des devoirs à la maison! On la voyait venir celle-là! Comme finale pour une série de textes joués à la une, on tombe dans le ridicule intellectuel, quant à moi. Et si...
  • les enfants ne devaient pas être aidés par leurs parents dans leurs devoirs?
  • un devoir pouvait être impossible à compléter parce qu'il est mal foutu?
  • un devoir pouvait être impossible à compléter parce que le jeune n'écoute pas en classe?
  • toute la démarche du JdeM pour arriver à ce constat était mal foutue?
  • ce n'était pas la fin du monde?

Personnellement, je donne des «activités d'apprentissage à la maison» à mes élèves (l'expression, en passant, les fait rigoler). Nous les débutons toujours en classe pour que les consignes à respecter soient claires. Elles ne durent pas des heures et elles ne sont pas toujours sous la forme d'exercices répétitifs. Parfois, un travail de longue haleine (pas une recherche conne du style «copier-coller» sur Wikipédia) sera plus pertinent.

Par ailleurs, le jeune a la possibilité de me joindre par courriel s'il éprouve des problèmes. Je suis également disponible les midis ou la direction ne me fait pas surveiller des corridors. Pire: j'ai même conçu une banque de formatifs avec corrigé et je les distribue au moment opportun.

En plus, je ne vérifie que très rarement les devoirs que je donne. Le jeune qui ne les fait pas et qui est en échec, je le repère à cent milles nautiques à la ronde. Comme un élève aime rarement échouer, il finit généralement par «s'ajuster» à tous les services que je lui offre.

Alors, des activités d'apprentissage à la maison, j'en donne parce qu'elles sont supervisées et parce qu'elles s'inscrivent dans une séquence logique. Elles sont cohérentes avec mon enseignement et respectent mon autonomie professionnelle.

On peut bien débattre de la pertinence de donner des devoirs mais, de grâce, avec une démarche un peu plus rigoureuse s'il vous plaît!

En terminant, j'ai relevé deux passages très intéressants dans les textes du JdeM et sur lesquels j'aimerais revenir.

«C'est une tendance importante dans plusieurs pays de limiter les devoirs. On pense qu'il ne faut pas assommer les élèves après l'école qui est déjà très chargée», affirme Gérald Boutin, professeur au département d'éducation et de formations spécialisées à l'UQAM.

Assommer les élèves? Il faudrait dédramatiser un peu. Plusieurs jeunes quittent mon école le soir, les mains vides. Ils ont aussi à l'horaire des cours moins assommants que d'autres. Enfin, il faudrait se brancher: les jeunes sont des paresseux, des cancres, qui ne travaillent pas plus qu'il faut ou des victimes esclaves d'un système scolaire oppressant qui vivent en état de perpétuel épuisement psychologique? Également, les enseignants savent-ils faire preuve de jugement, sont-ils des bourreaux sanguinaires, des incompétents qui ne travaillent jamais ou des surveillants maniaques de la correction? On véhicule bien des messages contradictoires.

«Je pense que ça ne sert plus à rien de faire des devoirs. Le temps en famille est de plus en plus rare. Les parents devraient passer du temps ensemble plutôt que de se casser la tête avec des devoirs. On perd les parents avec les devoirs. Ils n'ont pas le temps de penser à ça avec leurs longues journées de travail», croit Martin Lacasse, enseignant en sixième année au primaire.

Quand, dans une société, on manque de temps pour s'occuper de ses enfants et de leur éducation, il faut peut-être s'interroger sur ses priorités et ses valeurs. Mais on ne fera jamais la une du Journal de Mescéréales avec un titre du genre: «Travaillez moins, consommez moins et vivez donc un peu plus!»

Quand on veut tout avoir, on se retrouve souvent les mains vides.

La citation de la semaine

Si la presque totalité de son billet rejoint ma pensée (aucune ironie: cette chroniqueure dont je-ne-dirai-le-nom est capable de bonnes choses comme de moins bonnes), je ne peux m'empêcher de vous priver de cette phrase à propos de la série d'articles du Journal de Mouréal portant sur les devoirs et les parents:

«Je suis un membre de cette belle famille du site "Espace parents" et j'appuie donc cette initiative qui avait sans doute pour but d'informer et de sensibiliser les parents aux changements majeurs dans les apprentissages transmis à leurs enfants.»

Ah ouins? Vraiment?

(Pour l'illustration de ce billet, j'ai fait une recherche d'images sur Google avec les lettres «gfre». Alors, que personne ne m'accuse de quoi que ce soit.)

08 septembre 2007

Ti-test: la suite

Le Journal de Monréal poursuit aujourd'hui sa série d'articles ayant pour thème les devoirs et les parents. De nouveaux textes ont été publiés ici, ici, ici, et ici. Bien qu'ils ne soient pas tous très poussés, ils ont le mérite de soulever un débat intéressant. Sauf qu'on se concentre peut-être un trop sur les résultats des parents et pas assez sur les limites de cette évaluation.
Il est évident aussi que je grimace un peu en lisant certains propos mais, comme il s'agit de courtes citations, on peut présumer que leurs auteurs n'ont peut-être pas vu leur pensée exprimée en détails.
  • Catherine Gosselin, directrice du département d'éducation et de formations spécialisées à l'UQAM: «Il faut apprendre aux enseignants de contacter les parents, de les mettre à l'aise et de les accompagner.»
  • Laurent Landry, directeur du Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP): «Peut-être que les écoles devraient en faire plus pour impliquer les parents», dit-il.

Enfin, je vous invite à aller zyeuter ce texte qui indique les adresses de quelques ressources utiles sur Internet quant aux devoirs. Très pratique! Je vais les envoyer à tous mes élèves et les ajouter à droite sur ce blogue.

Une suite est annoncée pour demain.

07 septembre 2007

Journal de Mouréal: un test révélateur

Le Journal de Mouréal nous propose un ti-test pour savoir si on est aussi bons que nos enfants à l'école. Wow! Permettez-moi de critiquer un peu la chose.

Un test à choix de réponses alors qu'on vit le renouveau pédagogique dans nos écoles! Et mes compétences, moi, on en fait quoi? Surtout que mon résultat à ce test est chiffré en pourcentage...

Ensuite, le test du JdeM ne couvre pas l'ensemble des matières vues au primaire. Il ne s'intéresse qu'au français et aux maths. Tant pis pour les matières molles ou liquides...

De plus, ou je suis parfaitement incompétent ou la partie grammaticale emploie une terminologie qu'on n'utilise pas toujours dans nos écoles québécoises. Quelques exemples rapidement tirés de la question 5b) : un déterminant détermine... un adjectif est épithète.

Une question est également mal foutue: «3. Dans les phrases suivantes, trouvez les expansions du noyau. Cochez TOUS LES MOTS qui les forment» Expansion de quel noyau? Sûrement celui du GN.

De plus, l'idée de demander à la question 5b) la fonction de certains mots sans nécessairement tenir compte des groupes auxquels ils appartiennent est pour le moins discutable. Disons que cette approche ne respecte pas le modèle d'analyse de la phrase, je crois. (En fait, je m'en fous un peu parce que je déteste l'enseignement par groupe de mots).

Enfin, ce test comporte quelques erreurs mineures mais ironiques.

  • «sauf la question n° 5 qui peut être énoncée à des élèves...» (introduction) Peut-on énoncer une question à quelqu'un?
  • «Yves a été très gentil, ce cadeau je le lui donne.» (question 2e) Erreur manifeste de ponctuation. Au minimum, on aurait dû écrire: «Yves a été très gentil. Ce cadeau, je le lui donne.»
  • «Cochez TOUS LES MOTS qui les forment» (question 3) Un point à la fin de la phrase serait apprécié, comme on le suggère d'ailleurs à 8 1) : «Il ne faut pas oublier les points à la fin des phrases.»
  • «Lors d'une sortie en classe au verger Jodoin, Guillaume a cueilli 24 pommes vertes, 31 pommes rouges et 17 pommes jaunes.» (question 6) Peut-être devrait-on placer une virgule pour isoler le complément de phrase détaché? «Lors d'une sortie de classe au verger, Jodoin...» Ajout: Un commentaire de René-Claude me montre que j'étais dans les patates ici. Ah! quand on veut aller trop vite...

Rien de trop grave, comme on peut le constater. Notons finalement que Le Journal de Mouréal a le mérite de s'intéresser souvent au monde de l'éducation. Seulement, parfois, il manque quelque peu de rigueur dans son approche. C'est à la fois dommage et très révélateur.

31 août 2007

Les gérants d'estrade en éducation

Parfois, le samedi soir, en hiver, avec Beau-père masqué, nous écoutons le hockey. Forts des souvenirs de patinoire de nos 15 ans, forts de notre expertise de commentateurs de salon, nous y allons de nos savantes analyses: «Kovalev déplace plus d'air qu'il ne déplace la rondelle», «Huet est un bon deuxième, mais pas un premier gardien», «Carbonneau va perdre le contrôle de son club...»

Sous prétexte d'être déjà allés à l'école à une époque où un rétroprojecteur était un appareil audiovisuel moderne, sous prétexte d'être un parent ou même une économiste bardée de diplômes, certains chroniqueurs font un usage discutable de leur clavier en abordant des sujets liés à l'éducation. Je ne dis pas qu'ils ne doivent pas écrire sur ce domaine d'activité humaine parce qu'ils ne travaillent pas dans le monde de l'éducation. Simplement, un peu de prudence, quelques recherches préalables seraient de mise.

À ce propos, deux cas récents me viennent à l'esprit, soit Marie-Claude Lortie dans Ça Presse et Nathalie Elgrably dans le Journal de Mouréal. Si La peste (ici et ici) et Un autre prof (ici) ont abordé en partie ce sujet, permettez-moi de rajouter mon modeste grain de sel.

Madame Lortie et ses montées de lait

Quelle mouche a piqué cette chroniqueure versatile qui s'intéresse, entre autres, à l'odeur des antisudorifiques?

Dans un premier texte publié le 28 août dernier, Mme Lortie nous fait part d'un sordide complot scolaire brimant nos enfants: l'école «sépare les amis, volontairement, activement. Deux copines sont trop proches ? Et hop, classes différentes. Trois petits garçons jouent toujours ensemble ? Et les voilà, l’année suivante, bien éparpillés.»

Avouez que nous nageons dans un certain délire psychotronique. Comme si on avait le temps, dans certaines écoles secondaires, par exemple, de concevoir les horaires de 2000 jeunes en tenant compte de critères farfelus de ce genre. Au fil des ans, les seuls cas de «séparation» dont j'ai été témoin ont été faits à la demande même de certains parents. À moins bien sûr qu'on croit vraiment qu'on mette des enfants dans des cages dans nos classes...

Pourtant, Mme Lortie n'hésite pas à blâmer les enseignants pour expliquer cette soi-disante pratique scolaire : «La réponse qui me vient à l’esprit, c’est qu’on sépare les enfants pour faire plaisir aux profs.» Comme si nous avions le pouvoir de choisir nos élèves! Comme si quelqu'un cherchait à nous faire plaisir!

Après avoir été fortement rabrouée par certains intervenants sur son blogue (au moins un a vu ses propos effacés), Mme Lortie récidive la journée même. Notez: elle ne prend pas la peine de répondre aux commentaires qui lui sont adressés. Non, elle revient à la charge sur le terrain scolaire en posant trois questions, dont une que certains répondants ont trouvé très tendancieuse.
  1. Pourquoi l'horaire des activités parascolaires est-il dévoilé après la rentrée alors qu'il serait plus pratique pour les parents de le connaître avant juin, par exemple?
  2. «Comment se fait-il qu’il y ait régulièrement des fautes d’orthographe ou syntaxiques dans les documents remis aux parents par les profs et la direction des écoles ?»
  3. «vous (les enseignants) faites quoi au juste les profs pendant vos 18 journées pédagogiques ?»

Réponse 1: les enseignants ou les responsables des activités parascolaires ne sont pas toujours connus au mois de juin. Quand on sait que des postes viennent à peine d'être comblés dans certaines écoles, on peut avoir une bonne idée de la situation. Dans certains cas également, ces activités sont organisées par des étudiants de niveau cégep ou universitaire. Il est impossible de déterminer quand elles auront lieu avant que ces responsables aient leur propre horaire de cours. Un simple coup de téléphone auprès d'une direction d'école aurait suffi à répondre à cette question au lieu de créer un faux débat.

Réponse 2: la connaissance du français souffre de nombreuses lacunes dans le monde de l'éducation. Ce n'est un secret pour personne, il me semble. De nombreux articles de journaux ont été écrits à ce sujet. Il suffit d'une petite recherche pour voir que ce phénomène est bien documenté. Lorsque Mme Lortie se demande «Comment puis-je faire confiance à une école où on ne sait pas écrire correctement ?», je la trouve ou terriblement naïve ou démagogue. De plus, je lui rappellerai que l'ancien ministre de l'Éducation lui-même ne prêchait pas par l'exemple. Même si cela ne peut constituer une excuse valable, le mal que dénonce Mme Lortie est fortement ancré dans notre société, dont l'école est malheureusement un pâle reflet.

Réponse 3: au départ, ces journées étaient véritablement réservées à la pédagogie. Aujourd'hui, elles sont des fourre-tout, selon le loisir et la volonté des directions d'école. Dans certains cas, les enseignants se réunissent et parlent pédagogie; dans d'autres, ils suivent des formations. Mais ils peuvent tout aussi bien nettoyer leur local de classe malpropre, faire l'inventaire des dictionnaires à la demande d'un adjoint administratif, être partis en voyage avec des élèves ou que sais-je encore!

Ce qui est choquant dans le cas des textes de Mme Lortie, c'est cette propension tout d'abord à blâmer les enseignants pour un pseudo phénomène dont ils ne peuvent de toute façon être, s'il existait, responsables. Ensuite, c'est de questionner leurs connaissances linguistiques alors qu'elle commet elle-même quelques écarts à la grammaire et qu'il s'agit d'un phénomène qu'on retrouve dans l'ensemble de notre société. Enfin, c'est de s'interroger - avec une certaine malice, selon moi - sur la nature même de leur travail, oeuvrant ainsi la porte à des commentaires édifiants du genre: ««Au public (où j’ai aussi enseigné l’an passé), les journées pédagogiques… étaient des journées à ne rien faire de bon, sauf s’il y avait des réunions ou assemblé.»»

Mais, par-dessus tout, c'est dans la fausse façon qu'elle a de bloguer que Mme Lortie m'horripile. Bloguer est un processus d'échange. Dans le cas qui nous concerne, elle publie deux textes discutables, pose des questions auxquelles certains intervenants répondent, mais ne se livre à aucune rétroaction. Lit-elle seulement les commentaires des gens qui participent à ce faux blogue? On peut raisonnablement se le demander.

Madame Elgrably et son analyse du bulletin chiffré

Ce n'est pas la première fois que cette chroniqueure du JdeM s'intéresse au domaine de l'éducation. Dans un billet précédent, je commentais un de ses textes où elle suggérait de rémunérer les enseignants en fonction du succès de leurs élèves. Rien de moins!

Cette fois-ci, madame Elgrably donne son opinion éclairée sur le récent avis du Conseil supérieur de l'éducation (CSE) sur le bulletin chiffré.

Tout d'abord, elle ne peut résister à tourner en ridicule l'avis du CSE (que personne n'a lu au complet, en passant). À l'argument que les notes instaurent un système malsain de comparaison, Mme Elgrably propose, à la boutade, on le devine, de «cesser de compter les points lors des rencontres sportives, des tournois d’échecs et des parties de Scrabble», d'«abolir les niveaux afin que les élèves de 1ière année ne se sentent pas «petits» par rapport à leurs camarades de 6ième» et de «légiférer sur le contenu des boites à lunch» afin d'«éviter que certains enfants ne jalousent le sandwich de leurs camarades.»
Mais là où Mme Elgrably manifeste toute sa méconnaissance de l'éducation, c'est lorsqu'elle écrit: «Les élèves ont besoin d’une bonne raison pour éteindre la télé et passer des heures à étudier.» Les notes constituent, selon elle, cette indispensable incitation.

Croire que des notes dans un bulletin sont un incitatif scolaire suffisant pour un élève, c'est s'imaginer que la majorité des travailleurs donne le meilleur d'eux-mêmes à cause du chèque de paie qu'ils reçoivent. Les résultats scolaires chiffrés ne sont pas négligeables, selon moi, c'est vrai, mais il existe d'autres facteurs tout aussi importants pour motiver un jeune: la présence des parents, la relation maître-élève, le soutien pédagogique, etc.

Certains passages du texte de Mme Elgrably sont très révélateurs de sa pensée de droite. Prenons celui-ci, par exemple: «En s’opposant aux notes, le CSE tente de créer une école aseptisée qui s’inspire d’une vision égalitariste. C’est le communisme appliqué à l’éducation!» On croirait entendre rien de moins que Camil Samson ou même Maurice Duplessis!

Mais c'est surtout le terme que cette universitaire de haut niveau utilise pour désigner les élèves en échec qui nous révèle complètement l'ampleur de son mépris et de ses préjugés: des «cancres», ce qui, d'après Le Petit Robert, signifie un «écolier paresseux et nul».

Mme Elgrably emploie d'ailleurs ce mot à trois reprises dans son texte:
  • «Dit autrement, ils veulent éliminer les notes de peur de traumatiser les cancres.»
  • «C’est gentil de vouloir préserver les sentiments des cancres, mais qu’advient-il de ceux des bons élèves?»
  • «Au lieu de cela, on s’évertue à entretenir une «médiocratie» par complaisance pour les cancres.»
Quelqu'un pourrait-il lui faire visiter une classe, lui parler des élèves multipoqués, des enfants abusés par leurs parents, des jeunes désillusionnés défoncés aux drogues dures? Que de compassion de sa part pour les malchanceux de notre système économique libéral si juste et si généreux, créateur de richesse collective et individuelle...

Tout comme Mme Elgrably, je ne suis pas d'accord avec l'avis du CSE. Mais avec des arguments aussi peu nuancés que les siens, je préfère définitivement ne pas l'avoir à mes côtés.