09 septembre 2007

Ti-test: la fin, enfin!

Mise en situation médiatique:
  • Prenez cinq ou six parents volontaires.
  • Demandez-leur d'aider leur enfant à compléter leur devoir.
  • Mettez en ligne un test de connaissances pour donner l'occasion aux lecteurs de s'évaluer par rapport aux devoirs des enfants d'aujourd'hui.
  • Oubliez que cinq ou six parents ne sont pas un échantillon valable en méthodologie.
  • Oubliez que votre test de connaissances comporte une terminologie inadéquate.
  • Oubliez aussi que ce n'est pas le rôle des parents d'aider un jeune à faire ses devoirs.
  • Brassez le tout et laissez mijoter à feu doux et vous obtenez...
Deux articles (ici et ici) ou l'on se penche sur la pertinence de donner des devoirs à la maison! On la voyait venir celle-là! Comme finale pour une série de textes joués à la une, on tombe dans le ridicule intellectuel, quant à moi. Et si...
  • les enfants ne devaient pas être aidés par leurs parents dans leurs devoirs?
  • un devoir pouvait être impossible à compléter parce qu'il est mal foutu?
  • un devoir pouvait être impossible à compléter parce que le jeune n'écoute pas en classe?
  • toute la démarche du JdeM pour arriver à ce constat était mal foutue?
  • ce n'était pas la fin du monde?

Personnellement, je donne des «activités d'apprentissage à la maison» à mes élèves (l'expression, en passant, les fait rigoler). Nous les débutons toujours en classe pour que les consignes à respecter soient claires. Elles ne durent pas des heures et elles ne sont pas toujours sous la forme d'exercices répétitifs. Parfois, un travail de longue haleine (pas une recherche conne du style «copier-coller» sur Wikipédia) sera plus pertinent.

Par ailleurs, le jeune a la possibilité de me joindre par courriel s'il éprouve des problèmes. Je suis également disponible les midis ou la direction ne me fait pas surveiller des corridors. Pire: j'ai même conçu une banque de formatifs avec corrigé et je les distribue au moment opportun.

En plus, je ne vérifie que très rarement les devoirs que je donne. Le jeune qui ne les fait pas et qui est en échec, je le repère à cent milles nautiques à la ronde. Comme un élève aime rarement échouer, il finit généralement par «s'ajuster» à tous les services que je lui offre.

Alors, des activités d'apprentissage à la maison, j'en donne parce qu'elles sont supervisées et parce qu'elles s'inscrivent dans une séquence logique. Elles sont cohérentes avec mon enseignement et respectent mon autonomie professionnelle.

On peut bien débattre de la pertinence de donner des devoirs mais, de grâce, avec une démarche un peu plus rigoureuse s'il vous plaît!

En terminant, j'ai relevé deux passages très intéressants dans les textes du JdeM et sur lesquels j'aimerais revenir.

«C'est une tendance importante dans plusieurs pays de limiter les devoirs. On pense qu'il ne faut pas assommer les élèves après l'école qui est déjà très chargée», affirme Gérald Boutin, professeur au département d'éducation et de formations spécialisées à l'UQAM.

Assommer les élèves? Il faudrait dédramatiser un peu. Plusieurs jeunes quittent mon école le soir, les mains vides. Ils ont aussi à l'horaire des cours moins assommants que d'autres. Enfin, il faudrait se brancher: les jeunes sont des paresseux, des cancres, qui ne travaillent pas plus qu'il faut ou des victimes esclaves d'un système scolaire oppressant qui vivent en état de perpétuel épuisement psychologique? Également, les enseignants savent-ils faire preuve de jugement, sont-ils des bourreaux sanguinaires, des incompétents qui ne travaillent jamais ou des surveillants maniaques de la correction? On véhicule bien des messages contradictoires.

«Je pense que ça ne sert plus à rien de faire des devoirs. Le temps en famille est de plus en plus rare. Les parents devraient passer du temps ensemble plutôt que de se casser la tête avec des devoirs. On perd les parents avec les devoirs. Ils n'ont pas le temps de penser à ça avec leurs longues journées de travail», croit Martin Lacasse, enseignant en sixième année au primaire.

Quand, dans une société, on manque de temps pour s'occuper de ses enfants et de leur éducation, il faut peut-être s'interroger sur ses priorités et ses valeurs. Mais on ne fera jamais la une du Journal de Mescéréales avec un titre du genre: «Travaillez moins, consommez moins et vivez donc un peu plus!»

Quand on veut tout avoir, on se retrouve souvent les mains vides.

5 commentaires:

la marâtre a dit…

Amen!
De mon côté, je travaille par plan de travail. Le vendredi, mes élèves ont TOUS les travaux et leçons dus pour le vendredi suivant. Ils ne manquent donc pas de temps pour les faire... et prof sanguinaire que je suis selon le JdeM, je leur laisse du temps en classe. Un élève moyen ou fort qui ne se pogne pas le beigne en classe en a pour moins de 15 minutes par soir... Qu'est-ce que je suis marâtre!

Le Prof a dit…

J'aime bien l'idée du plan de travail: ça doit grandement favoriser l'autonomie et améliorer le sens de l'organisation de l'élève.

Safwan a dit…

Je fais comme le Professeur masqué pour les devoirs: travaux longs ou, sinon, travail et/ou exercice commencé en classe à terminer à la maison. Je ne vérifie pas tout le temps, pour ne pas dire pas souvent. Les échéanciers sont connus longtemps à l'avance. Mes élèves me disent que je ne donne pas beaucoup de devoirs; c'est vrai, mais je les donne différemment de certains, je crois, qui laissent les jeunes quitter avec un devoir pour le prochain cours à chaque cours.

Peut-être est-ce parce que j'étais une enfant qui apprenait facilement, mais je trouve que le temps que mettent plusieurs enfants du primaire à faire leurs devoirs, chaque soir, est beaucoup plus important que dans mon jeune temps. Mon demi-frère et ma demi-soeur (14 et 12 ans, moi 29) en avaient tous les soirs, plein de trucs divers, plein de matières en même temps. Malgré qu'ils soient des enfants qui apprennent vite, ça prenait minimum 30 minutes. Mais peut-être ai-je la berlue...

Magrah a dit…

Les devoirs de mes élèves: un "Grammar Booklet" par étape (environ 20 pages d'exercisation grammaticale).

L'élève le reçoit au début de l'étape, avec une date de remise sur la couverture. Les corrigés sont en classe. Lorsqu'il termine un travail avant un autre, il travaille dans son GB, un midi par semaine, je suis disponible pour de la récup. Et il fait le reste sur son temps à lui.

J'évalue le document à l'intérieur de la compétence transversale "Actualiser son potentiel" sous le critère "développer son autonomie"... ;o) Mon évaluation est simple:

fait et corrigé, les erreurs re-corigées par l'élève = A
fait et corrigé (des biens et des crochets) = B
fait, pas totalement corrigé = C
incomplet = D

Anonyme a dit…

Je suis d'accord avec toi!

Je donne des devoirs le lundi et ils sont à remettre le vendredi. Dans le carnet, il y a 2 leçons de maths, 2 de français et 1 en anglais (ou sciences, ou études soc. etc). Il y a des mots de vocabulaire et des verbes à étudier. Les exercices DOIVENT être faits de manière autonome, SANS l'aide des parents, sans quoi tit-coune qui ne comprend rien ne réalisera jamais qu'il ne comprend rien et qu'il doit demander à Madame pour des explications avant que Madame lui remette une évaluation sommative!

Les parents, je leur demande au début de l'année, de ne PAS se mêler des devoirs de leur enfant. Je refuse qu'ils "aident" parce que souvent, ils nuient - en pensant connaître la stratégie, ils mêlent l'enfant qui devait suivre mes consignes À MOI, l'enseignante, et qui devait PRATIQUER une règle, une méthode, quelque chose qui avait déjà été montrée en classe.

Ce ne sont pas des exercices répétitifs, et même si c'était le cas - ce n'est pas la fin du monde... J'ai vécu pire dans mon temps.

Nous devons donner, par règlement, au moins de 30 à 45 minutes de devoirs par soir, dans mon conseil scolaire! Je suis un peu comme le Père Noel des devoirs, avec mon "petit carnet" de la semaine!

- Poissonchat