11 septembre 2007

Privé et public: et les parents?

La semaine dernière, je suis allé à la rencontre des parents de ma fille. Celle-ci est inscrite dans un collège privé de la région montréalaise à la demande de sa mère. J'aurais voulu qu'elle soit à mon école, mais bon. Elle y est heureuse et elle s'y épanouit. C'est ce qui compte, non?

Environ 75% des parents se sont présentés à cette rencontre. Il y a avait tout d'abord le mot de bienvenue de la directrice-adjointe et la présentation de la plupart des enseignants du niveau ou Fille masquée sévira. À tour de rôle, chaque département est venue présenter sa matière et ses exigences. Par la suite, il était possible de rencontrer en plus petits groupes les enseignants de maths, chimie, physique et français. Une belle soirée, surtout pour Fille masquée qui voulait absolument que son père y soit. Ça flatte l'égo paternel, remarquez, surtout quand on sait que nous vivons une relation parentale parfois difficile et que nous avons tous deux beaucoup de caractère.

Hier soir, c'était à mon tour d'accueillir les parents des élèves de cinquième secondaire de mon école. On m'avait demandé de le faire, à ma grande surprise, même si je ne suis pas en bons termes avec tous les membres de la direction (une longue histoire...). Quoi qu'il en soit, une douzaine de parents se sont présentés pour environ 270 élèves. J'ai fait de mon mieux mais, surtout, j'ai pu discuter avec quatre parents de mes élèves et ce furent des échanges très intéressants. À cet égard, pourquoi attendre en novembre pour apprendre certaines informations importantes qu'un enfant ne nous confiera pas?

Je ne veux pas blâmer les parents absents qui ont toujours tort, comme on le sait. Peut-être faut-il revamper le format de cette soirée, la rendre plus signifiante pour les parents? Le fait que peu d'enseignants y participent explique peut-être ce désintéressement.

Quoi qu'il en soit, on peut également s'inspirer de ce qui se fait ailleurs. Pourquoi ne pas jumeler la rentrée au premier cycle avec une fête de la fierté scolaire comme on retrouve dans certaines écoles primaires et une rencontre de parents le soir même? Pourquoi fête-t-on l'Halloween en suspendant les cours et en organisant des activités divertissantes, soit, et ne serait-on pas capable de rendre plus stimulante la rencontre des parents?

L'école publique doit inviter les parents à la visiter, à y rencontrer les enseignants. Les vieilles façons de faire ne semblent plus fonctionner. Pourquoi ne pas tenter autre chose?

12 commentaires:

Catherine a dit…

Votre fille est-elle en secondaire 5 aussi? Parce qu'une entrée et une sortie d'élèves.. Ce n'est pas vécu de la même façon par les parents.

Je suis tout de même en accord avec vous. Je ne vis pas votre réalité (étant du monde du primaire), mais les parents devraient entrer plus souvent en contact avec le monde de leur enfant.

souimi a dit…

J'ai vécu la même chose l'année dernière dans mon lieu de travail. En 3e secondaire, il y avait tous les enseignants et 13 parents se sont présentés.
Par contre, la semaine dernière, je suis allée à la rencontre des parents à l'école de ma fille (grosse polyvalente dans le 450). Elle est en 2e secondaire, concentration arts. La salle était bondée. Il manquait de chaises. Ce fut une très belle rencontre, aussi vivante et dynamique que lors des rencontres à l'école privée que mon aînée fréquentait.
Donc, je crois que dans certains secteurs, les parents participent, s'impliquent, surtout dans les écoles qui offrent des concentrations diverses (musique, arts, sports, sciences etc.)
Mon aînée a fréquenté le privé, ma plus jeune est au secteur public et je n'ai pas hésité une seconde à accepter son choix. Par contre, j'ai gardé un goût très, très amer de l'école privée fréquentée par ma fille aînée, dans le 450 aussi, école supposément réputée mais que j'ai tout droit quelque part,,,je vais rester polie...

bibco a dit…

Je reviens de ma rencontre de parents, j'étais tellement nerveuse...Mais ce fut un réel bonheur, tous les parents étaient présents, les 26! J'ai bien fait ça, ils ont bien ça, le bonheur total! Mission accomplie! En effet, j'ai appris des choses et je vais regarder mes élèves avec un oeil encore plus aiguisé demain.

*Natacha* a dit…

C'est le paradoxe aussi entre les deux, privé/publique qui me titille... Comme si ce que l'on paie directement nous intéresse davantage... Je sais pas, je médite à ça... hum...

Zed Blog a dit…

Prof masqué,

Tout à fait. Une soirée d'infos plus ou mois automatiques, après une journée de travail, ce n'est vraiment pas vendeur.

Si les éle`ves, étudiants y jouaient un rôle actif, ça ferait aussi pression sur les parents pour y être.

Zed ;-)

Safwan a dit…

@ Professeur masqué:
Je trouve que rencontrer les parents pour leur faire part de nos exigences, c'est très bien. Dans mon école, où j'enseigne au secteur régulier, j'ai distribué l'invitation aux parents et plusieurs élèves (4e secondaire) m'ont redonné la feuille en me disant: «Mes parents vont pas là.» Très révélateur, n'est-ce pas? Cette rencontre est obligatoire pour les enseignants du P.E.I. (programme d'éducation internationale, le privé du public, ici et ici); je crois qu'elle devrait l'être pour tous. Au début, peut-être n'y aurait-il que 12 élèves, comme dans ton cas, mais je crois que c'est une tradition à bâtir qui changera la mentalité présente.

Le professeur masqué a dit…

Catherine: effectivement, ma fille et moi sommes en cinquième. ce qui est dommage, c'est que bien des parents croient à tort qu'un jeune n'a pas besoin du suivi et de l'intérêt de ses parents quand il grandit.

Souimi: les programmes particuliers motivent davantage les parents, il faut croire! Pour ce qui est de l'école privée, je me rappelle votre expérience malheureuse.

Bibco: au secondaire, un prof peut avoir à rencontrer entre 90 et 180 parents d'élèves, selon la matière qu'il enseigne. Pas évident!

Natacha: au privé, les parents paient. Ils en veulent pour leur argent de la part de l'école et de leur enfant. Alors, ils se renseignent davantage. Le fait qu'ils paient de leur poche les frais de scolarité en plus de payer de l'impôt et des taxtes scolaires montre peut-être que l'éducation est une valeur plus importante, plus significative pour eux. (Il y a des exceptions.) On leur vend souvent comme ça aux parents: «Vous faites des sacrifices pour donner à votre enfant le plus bel héritage qu'il puisse recevoir.»

Safwan: sans dénigrer notre syndicat, il y a trois rencontres de parents obligatoires de prévues au contrat de travail. Moi, je couperais une des deux de novembre et la reporterais en septembre. Certaines directions trichent en transformant instaurant des rencontres de parents lors de journées pédagogiques. Pas d'accord! Ces journées servent aux profs pour se perfectionner, se rencontrer pour mieux planifier. Là, on en fait n'importe quoi.

Safwan a dit…

Effectivement, un réaménagement des deux rencontres prévues en novembre permettrait de respecter ce que stipule la convention ET d'atteindre le but visé. Encore une fois, Professeur masqué, tu as la solution gagnante :=) Dire que les directions de ton école s'en rendent à peine compte... Mais ça, c'est une longue histoire dont je connais quelques chapitres, d'aileurs ;=)

la marâtre a dit…

Pour le primaire, je considère NÉCESSAIRE et OBLIGATOIRE que les parents se pointent, pour éviter d'avoir à réexpliquer comment utiliser le plan de travail, comment faire les devoirs, c'est quoi ma période nanane...
Ça me permet de savoir àqui j'aurai affaire aussi.
On devrait noter les parents absents et les obliger à se présenter à une réunion avec la direction sur l'importance de leur présence pour leur enfant, car c'Est bien connu, les absents sont ceux dont les enfants sont "particuliers" et/ou qui se lamentent et veulent gérer la classe, parce qu'ils ne comprennent rien!
Désolée, votre texte a créé une montée de lait en moi! Ce doit être dû à cet élève "particulier" dont les parents n'ont pas daigné venir à la rencontre......

Le professeur masqué a dit…

La marâtre: J'aime vos montées de lait, surtout parce qu'elle indique:
1- que vous êtes «alive and kicking»;
2- que vous me lisez (la considération des pairs, diantre que c'est important!).

Cela étant écrit, il se peut que ces parents aient eu une bonne raison de ne pas être présents à cette réunion. On présume vite, souvent à raison, mais il faut laisser la chance au coureur.

Par contre, ne pourriez-vous pas convoquer ces parents dans le cas d'un plan d'intervention avec les intervenants de l'école? de toute façon, ça serait une bonne chose pour l'élève concerné.

Au minimum, serait-il prudent d'aviser la direction de l'absence de ces parents, question de se protéger pour plus tard (jeu défensif...)?

Anonyme a dit…

SVP, ne me lancez pas de tomates (ou pire), mais... je n'ai pas d'enfants (et n'en aurai pas) ET je suis une fan de votre blogue. Ça fait un bout de temps que je vous lis déjà, et je tiens à vous dire que tout ce que vous écrivez m'intéresse beaucoup.

Enfant, j'adorais l'école. Plus tard, je rêvais d'enseigner. Je ne crois pas que j'aurais tenu le coup! Comme c'est devenu difficile!! Vous avez toute ma considération.

Il m'apparaît clairement que la subrogation de l'autorité parentale envers les enseignants n'opère plus, et que les demandes de beaucoup de parents envers l'école sont devenues déraisonnables et immodérées. Les parents ne sont-ils plus que des portefeuilles ambulants, qui mettent les enfants au monde, paient pour leurs besoins primaires (et encore!) et s'en remettent aux autres pour le reste? C'est l'impression que j'ai parfois. L'école nourricière, l'école psychologue, l'école cuisinière, infirmière... n'est-ce pas trop?

Mais bon... je suis peut-être déconnectée. Quoi qu'il en soit, je continue à vous lire et je vous assure de toute mon admiration!

Le professeur masqué a dit…

Votre commentaire vaut bien mille de mes billets, surtout pour cette phrase; «Il m'apparaît clairement que la subrogation de l'autorité parentale envers les enseignants n'opère plus, et que les demandes de beaucoup de parents envers l'école sont devenues déraisonnables et immodérées.»

Personnellement, je crois qu'il existe des parents qui ne peuvent pas déléguer une autorité qu'ils n'ont jamais eue. C'est peut-être pour cela qu'ils sont finalement si exigeants envers l'école.