24 septembre 2007

L'économie, qu'ossa donne?

Dans le cadre de la réforme, le cours d'économie de cinquième secondaire passe à la moulinette. Il deviendra alors une matière optionnelle. Ça, on le savait déjà. Il sera remplacé par un cours de 100 heures intitulé Monde contemporain, qui regroupera rien de moins que l’histoire, la géographie, l’économie et la politique.

«Le Québec a déjà du mal à se tailler une place parmi les gros joueurs, on est très endettés et là, on fait disparaître le seul cours d’économie au secondaire », déplore M. Robitaille, conseiller pédagogique à la retraite et membre de l’Association québécoise pour l’enseignement en univers social (AQEUS). Pourquoi éduquer les jeunes à l'économie quand tout ce que l'on veut est qu'ils consomment? De toute façon, ironiquement, enseigner la notion d'économie ne devait pas être si efficace que cela si on considère que les Québécois sont les plus endettés au Canada.
Reste à écouter certains pédagogues du MELS nous expliquer en quoi la disparition du cours d'économie n'est pas un drame.
  • «On est conscient que dans tout changement, il y a des deuils à faire, explique Catherine Dupont, directrice des programmes au MELS. Mais l’orientation du cours a changé et il faut faire des choix.»
  • «Et il ne faut pas oublier qu’il y a une invitation à toutes les disciplines de se préoccuper des enjeux d’économie, précise Marius Langlois, responsable des programmes du domaine de l’univers social au ministère de l’Éducation. Par exemple, les professeurs de maths pourraient intégrer des apprentissages liés au crédit ou à l’épargne.
  • «L’éducation économique peut se faire à la maison», mentionne Catherine Dupont en rappelant que les parents ont aussi un rôle à jouer dans l'éducation économique de leur enfant.
Des deuils à faire... Intégrer les notions dans d'autres matières... Se faire à la maison... Je ne sais pas, mais j'ai l'impression qu'on me prend pour un con, simplement. Des deuils, on en fait souvent de ce temps-ci, je trouve. Tous les cours en intègrent d'autres et, au rythme ou cela va, on finira par ne plus avoir de temps pour l'essentiel. Quant à la responsabilisation des parents, c'est une concept à géométrie varaiable que le MELS utilise quand bon lui semble.
Enfin, je souhaite bonne chance à mes collègues de sciences humaines! Le programme est toujours en cours de rédaction, les manuels seront évidemment en retard et vous devrez revoir toute votre formation et votre façon d'enseigner, tout cela en quelques journées pédagogiques.

5 commentaires:

Lia a dit…

Bah! j'imagine qu'après avoir fait le deuil d'un tas de cours importants depuis une dizaine d'année et constatant enfin que la formation intégrale des élèves fait défaut, le Mels reculera et présentera un cours d'économie sexuelle. Très réforme, non?

Le Prof a dit…

Quand ça devient l'affaire de tout le monde, ça devient en fait l'affaire de personne.

Le professeur masqué a dit…

Lia: le MELS ne reculera jamais. Il ne reconnaît jamais ses échecs (et ceux des élèves, d'ailleurs!). Il présentera une réforme de la réforme qui permettra aux élèves d'optimiser leur plein potentiel citoyen à l'échelle de l'univers sidéral ou quelque chose d'approximatif.

Le prof: vous m'enlevez les mots de la bouche!

Safwan a dit…

@ Professeur masqué:
«[...] permettra aux élèves d'optimiser leur plein potentiel citoyen à l'échelle de l'univers sidéral [...]» Hummm. Attention: un fonctionnaire pourrait passer sur ton blogue et prendre des notes!

Guy Boulet a dit…

Quand des universitaires ne comprennent pas que le gel des frais de colarité a un impact sur les revenus d'une institution et pas conséquent sur la qualité des services c'est peut-être qu'il faut donner plus de place à l'économie au secondaire...

Et on demande à des parents parmi les plus endettés en Amérique d'enseigner l'économie à leur progéniture. On peut toujours rêver (comme un fonctionnaire).