08 septembre 2007

«Je ne veux pas qu'on pense que mon fils est un monstre»

Voilà les paroles d'un père dont le fils attend la sentence qui lui sera imposée pour avoir causé la mort de deux adolescentes qui prenaient place à bord de l'automoblie qu'il conduisait. Pas un monstre, peut-être, mais quelle épithète donner à ce jeune quand on prend connaissance de son comportement?

Résumons les faits.

24 juillet 2006. Frédéric, 18 ans, revient de vacances avec ses parents. Il emprunte la voiture de sa mère pour aller voir des amis à Repentigny. Entre 19 et 22h, il consomme cinq bières, puis prend la route pour Montréal avec trois passagers. «Ne vous inquiétez pas, je ne ferai pas le fou avec trois personnes dans ma voiture. Je suis le meilleur conducteur», dit-il à des amis.

À l'angle des rues Dickson et Notre-Dame, il discute avec le conducteur d'une Chrysler Crossfire dont le conducteur décide finalement de rouler à toute vitesse. Frédéric, qui conduit une Hyundai 1996, le suit dans cette course et atteint une vitesse de 150km/h. L'inévitable se produit: il perd la maîtrise de son véhicule, percute un poteau, puis un arbre.

Les familles des deux adolescentes décédées sont dévastées. L'une des mères est en dépression depuis et attend que la mort la rapproche de sa fille.

Cinq bières dans le corps, emprunter une voiture pour aller voir des amis à Repentigny et se retrouver à Montréal, défier une Crossfire (voiture sport haut de gamme) avec une Huyndai vieille de neuf ans, rouler à 150km/h dans une zone de 50km/h...

Pas un monstre, peut-être. Mais un con, sûrement. Un con et un criminel.

La Couronne réclame trois ans de prison ferme; la défense, elle, une peine à purger dans la collectivité. Moi, je mettrai sa photo dans toutes les publicités sur l'alcool au volant et sur la vitesse sur la route. Puis, je l'enverrai faire du bénévolat auprès des victimes de la route comme la Vénézuelienne Jacqueline Saburido. Et je m'assurerai de lui expliquer qu'il serait emprisonné à vie s'il reprend le volant en état d'ébriété ou s'il dépasse trop largement les limites de vitesse.

Un con et un criminel. Je m'arrête là. C'est plus prudent.

5 commentaires:

S@hée a dit…

L'alcool au volant, c'est criminel. Point barre.

unautreprof a dit…

Un criminel.
Le reste est subjectif, mais défier la loi comme ça, défier une règle primaire de sécurité, en état d'alcool en plus (mais même sans l'alcool) c'est criminel.
Point final;)

Safwan a dit…

À quand le juge Masqué? Tu sembles en effet avoir de meilleures idées que certains de nos magitrats ;=)

Jessica F. a dit…

Brrrr... J'ai regardé. Je suis bien d'accord, ce serait une bonne chose à faire. Très bonne chose à faire.

Il n'y a pas longtemps - début janvier - un mec que je connaissais, un an de moins que moi, est mort d'un accident de voiture parce que son pote a chauffé drogué et trop vite.

Lui est mort sur le coup. L'une est passée proche d'être paraplégique. Le conducteur s'en est tiré mieux qu'eux deux.

Et le pire dans tout ça... C'est qu'il n'a pas encore allumé, l'imbécile. Il se drogue encore et conduit vite encore... et il n'a même pas eu de prison pour ça!

Ça me déprime, même si je n'aimais pas trop le gars qui est mort - pour cause, il m'écoeurait - il ne méritait pas ça.

Enfin, moi, j'appuie votre idée, Professeur Masqué.

Le professeur masqué a dit…

Jessica F.: je suis du genre radical par moment.

Premièrement, le système de la SAAQ no fault ne devrait pas s'appliquer à des conducteurs aussi téméraires. Boire, conduire, faire une course et, en plus, on le dédommage avec mes taxes! En fait, un petit con de la sorte devrait tout payer ce qui est relié à son comportement. Soins de snaté, funérailles, psychologues des familles endeuillées, rapports et enquêtes de police. Tout juqu"à la dernière cenne. Et tant pis pour la faillite et sa famille.

J'ai de la difficulté à croire que c'était la première qu'il était imprudent de la sorte. Alors, qu'il assume!

Il vient un temps ou il faut arrêter de couver les ti-pits quand ils deviennent des criminels. Comme si personne ne savait qu'il ne faut pas boire et conduire à 150 km à l'heure...

Deuxièmement, trois ans de prison ferme, c'est une blague. Sept ans aux frais du jeune conducteur et de sa famille avec cure de désintoxication, rencontre de sensibilisation sur les dansgers de la vitesse et travail pour la communauté.

L'alcool au volant tue. On l'a assez dit. Il me semble qu'il est grand temps d'arrêter de niaiser avec ce qu'on donne comme châtiment aux ivrognes au volant.

Contrairement à Stéphane gendron, je ne suis pas pour la peine de mort pour des cas semblables, sauf que des petits cons comme ça risque de me tuer sur la route. À un moment donné, la société devrait commencer à se protéger davantage.

Troisièmement, tout passager dans une voiture conduit par un chauffeur en état d'ébriété devrait subir une sanction similaire au conducteur. On explique déjà aux jeunes de ne pas monter dans un véhicule conduit par un saoulon. Sévissons!