05 juin 2008

La santé des profs et des élèves

Depuis quelques jours, j'avais envie de traiter de la santé des profs, notamment en me basant sur cet article paru dans La Presse. Or, voilà que l'actualité m'amène à traiter de ce sujet, mais sous un autre angle.

Ce matin, on apprend que 24 écoles de la Commission scolaire de Montréal sont sous haute surveillance quant à la présence d'amiante en leur sein. La nouvelle est un peu sensationnaliste puisque ces écoles sont sous surveillance depuis neuf ans déjà. On fait donc un suivi, ce qui est une bonne mesure en soi.

En fait, quand on lit ce texte, ce sont d'autres faits troublants qui m'interpellent.

La fermeture d’une école et la relocalisation de ses élèves ont été envisagées, avant que la CSDM ne se ravise. « On pensait à une fermeture, mais on a décidé de commander d’autres expertises », a dit à La Presse Diane De Courcy, qui a refusé de préciser de quelle école il s’agissait.

Rassurant... Quand on connait comment la CSDM a géré le déneignement de ses toits, on a tout à coup une petite crainte qui nous assaille. Pourquoi d'autres expertises? Met-on la santé d'individus en danger si on a déjà des indicateurs qui nous devraient nous inciter à la prudence? Ah oui! J'oubliais: il reste 12 jours d'école...

Dans tous les cas de figure, assure M. Lavoie (porte-parole de la CSDM dans le dossier) , « la sécurité des élèves et du personnel prime avant tout. Même si on fait de l’enlèvement d’amiante, on le fait dans les règles de l’art, de façon confinée, avec des équipements de protection.» (...) «Le problème, c’est que nos écoles sont vieilles et que l’amiante ne tient plus, relève Robert Lebreux, président de l’Association des concierges de la CSDM. Quand un ballon accroche le plafond, il arrive que des morceaux d’amiante tombent.»

Ai-je bien lu? On laisse des revêtements en amiante à l'air libre? Est-ce conforme aux normes de sécurité en vigueur? Est-ce à dire, par exemple, que les profs d'éducation physique travaillent dans un milieu qui serait dangereux pour leur santé? La question mérite d'être posée.

Mais attendez la meilleure:

Ce printemps, une rencontre sur la question de l’amiante a été tenue à la CSDM. Manon Ricard, commissaire chargée de représenter les parents des élèves du secondaire à la CSDM, y assistait. «Je représente les parents, alors c’est sûr que nous avons posé des questions, dit-elle. Les enfants qui restent dans une école où il y a de l’amiante pendant cinq, six ou sept ans sont-ils à risque ? Ils nous ont rassurés, ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de danger. Sur 20 ou 25 ans, oui, ça peut être dangereux, mais pas pendant les quelques années que dure le cursus scolaire. »

Tiens, tiens, qui demeure 20 ou 25 ans dans une école ou dans des écoles? Avez-vous deviné? Dans tous les cas de figure, assure M. Lavoie (porte-parole de la CSDM dans le dossier) , «la sécurité des élèves et du personnel prime avant tout.»

Vraiment?

8 commentaires:

Blogue_l'Eponge a dit…

Vraiment déprimant cette séance de « flip-flop » de la part de la CSDM! Mais bon, comme vous l'avez si justement mentionné, à quoi peut-on s'attendre de la part d'un organisme qui a eu toutes les misères du monde à gérer le déneigement des toits de ses écoles cet hiver? Ici, on parle tout de même d'un problème plus complexe...

Ah, et en passant, y a-t-il des risques de chute d'amiante dans votre école? Ou risquez-vous d'avantage une mise à l'index de votre bibliothèque de classe? ;)

Une femme libre a dit…

C'est pour ça qu'il vaut mieux demeurer suppléant et voguer d'école en école pour ménager sa santé. la permanence tue.

Le professeur masqué a dit…

Blogue: et si ma bibliothèque était en amiante?

Une femme libre: la permanence tue. Elle est bonne, celle-là! J'en suis jaloux!

Marie-Piou a dit…

Déprimant, mais tellement pas surprenant!

Quand on y pense bien, le système de santé québécois a de la misère à s'occuper des malades... alors les bien-portants!

*soupirs*

Jonathan Livingston a dit…

Merci Prof masqué pour ce topo qui démontre encore une fois que la bêtise est moins dangereuse que l'amiante. C'est assez fabuleux! Et avez-vous remarqué ce titre fumant: 24 écoles sous haute surveillance? On fait apparemment quelque chose, là où manifestement on n'a rien fait encore...

Il est assez incroyable que depuis 9 ans des balons laissent s'échapper de la fibre d'amiante dans les gymnases de nos enfants, lieux pour développer la santé du corps. Quand on pense à toutes les mesures prises pour protéger ceux qui enlèvent l'amiante...

Personne pour s'indigner?

bobbiwatson a dit…

Avez-vous pensé aux personnes qui ont vécu leur enfance à proximité des mines de cette amiante si nocive depuis quelques années? Il y a 50 ans cela faisait partie intégrante d'une vie quotidienne.

Safwan a dit…

J'ai reçu un rapport sur la présence d'amiante dans mon école plus tôt cette année. Rien d'alarmant ou de dangereux, mais je n'ai pas trouvé cela très rassurant quand même!

Je crois qu'une majorité d'écoles construites il y a plusieurs dizaines d'années ont de l'amiante en leurs murs. Suffit de savoir en quelle quantité et il me semble que la CSDM a quelques difficultés en ce sens.

bobbiwatson a dit…

Étant née dans le pays de l'amiante et y ayant vécu presque 20 ans,y retournant presque régulièrement, je puis vous assurer que je n'en suis pas morte! La preuve? J'écris sur ce blogue!
Dans mon enfance, les pelouses étaient blanches le matin ... pas de rosée. Dans mon enfance, ma mère ne pouvait étendre de vêtements foncés sur la corde à linge : ils étaient blancs quand ils entraient dans la maison (poussière d'amiante).
Et je suis encore vivante malgré tout!