11 mars 2009

Bonis des directeurs généraux

Un beau petit moment de radio intense ou Serge Pelletier, président de l'Association des directeurs généraux des commissions scolaires du Québec (ADGCSQ), justifie à Benoit Dutrizac les bonis versés à certains directeurs généraux des CS.

Grosso modo, M. Pelletier mentionne que ces bonis sont prévus dans les règlements au niveau des conditions d'emploi dans les commissions scolaires.

M. Dutrizac exprime alors son incompréhension à l'effet que des bonis au rendement soient versés alors que le taux de décrochage est à la hausse, que les garçons décrochent à 40%, que la réussite scolaire des enfants est à la baisse, que les écoles sont en si mauvais état, etc.

«Vous devriez avoir honte de recevoir des bonis au rendement. Montrez-moi votre réussite. L'école au Québec va mal», lui répond le bouillant animateur de radio, dans un style qu'on lui connait bien.

M. Pelletier explique qu'au niveau des commissions scolaires, il existe différents éléments prévus dans les plans de développement stratégique. Différents éléments entrent en ligne de compte (leadership, mobilisation, réussite éducative, formation professionnelle, éducation des adultes, mise en place de projets particuliers, raccrochage scolaire). Il reconnait qu'il y a des améliorations à apporter, qu'on peut évaluer le rendement d'un système d'éducation en fonction de qui pourrait être amélioré.

Mais là ou je décroche, c'est lorsqu'il affirme: «C'est trop facile de ressortir un élément ou deux qui peuvent accrocher. C'est trop facile de dire qu'on réussit moins qu'au privé. À la différence de vous, je porte attention à valoriser le système d'éducation public au Québec.»

Un ou deux éléments? Quand on oublie la mission essentielle de l'école pour justifier ses bonis en invoquant des éléments connexes, là, je décroche. En tout respect, on dirait un élève de la réforme qui tente de justifier sa réussite dans un cours: «Globalement, je chemine, je chemine...»

L'école québécoise ne réussira jamais à se sortir de son marasme en se valorisant de façon jovialiste sans prendre conscience de la situation dans laquelle elle est empêtrée. Et avec autant d'aveuglement volontaire, elle peut bien si mal se porter.

11 commentaires:

Coccinelle a dit…

Je me sens vraiment gênée de vous dire ça mais c'est la première fois que je trouve des fautes dans vos billets et croyez-moi, je ne les cherche pas!

Signé une fille qui espère que vous ne lui en voudrez pas trop.

Renée-Claude a dit…

C'est comme si chacun des directeur avait l'impression qu'il ne pouvait rien faire de son côté. Tout le monde attend après tout le monde et rien ne bouge. C'est quoi ? Ceux qui ose mettre de l'avant des projets innovateur pour sortir leur commission scolaire de l'impasse se font regarder de travers ?

Câline. Un petit geste à petite échelle comme de faire les PIA en DÉBUT d'année scolaire peut faire une MÉCHANTE différence sur la réussite des élèves en difficulté... et donc sur leur envie de rester à l'école... miiisère...

Le professeur masqué a dit…

Coccinelle: j'ai fait certaines corrections. S'il en manque, revenez me botter le c... J'accueillerai avec plaisir!

Renée-Claude: le monde éducatif est si lent que c'en est incroyable. J'ai déjà parlé dans un billet précédent de cette lenteur organisationnelle qui tue toute initiative.

Martine a dit…

Même son de cloche du côté d'André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, dans une entrevue à la radio à Québec. Il a tenu à peu près le même discours que M. Pelletier. Les bonis sont prévus dans les règlements, ils font partis des conditions de travail qui contribuent à attirer des gens compétents pour occuper les postes en question. Ces bonis n'ont aucun lien avec les services aux élèves. Ce sont "seulement" 800 000$ sur un budget de 9 milliards, il y a 1 million d'élèves au Québec, alors cela représente même pas un dollars par élève, cela ne changerait rien.
Il a imploré l'animateur de demeurer positif et d'arrêter de chercher des aspects négatifs au système scolaire.

C'est désolant d'entendre tout ça. Le changement n'est vraisemblablement pas pour demain.

Martine Rioux
www.infobourg.com

Bulle a dit…

Ça me fait penser au grand ménage que le concierge faisait quand la DG venait à l'école... Montrer que tout est rose alors qu'on patauge dans la m....

Le professeur masqué a dit…

Martine: très honnêtement, j'ai beaucoup de difficulté avec M. Caron. 800 000$ récurrents par année, ça fait une belle enveloppe budgétaire sur 5 ans, il me semble. Pas fort, l'argument de M. Caron.

De plus, comme on est en pénurie d eprofs, peut-être devrait-on envisager des bonis pour les attirer (comme avec les infirmières) ou pour les retenir (comme avec les dg).

Bulle: au mons, le ménage est fait. Là, le blabla de M. Pelletier ne change pas grand-chose.

YoUx a dit…

Des bonis, des bonis... c'est une farce bordel!
Des bonis pour l'incompétence, ça n'aidera pas à avancer les choses!
Il manque d'argent dans les écoles et on en garoche dans les poches d'administrateurs incompétents! Qu'il est beau notre système d'éducation!

En plus, la masse administrative de l'école québécoise est BEAUCOUP TROP grosse. C'est comme s'il y avait trois boss pour une vrai travailleur. Alors que les profs s'efforcent de faire le travail de deux personnes, les administrateurs se séparent leur vulgaire tâche à trois personnes.

Une farce, je vous dis...

Signé : Un stagiaire déjà désillusionné! ;)

YoUx a dit…

En passant, s'ils ne sont pas capables de faire quelques chose d'utile avec 800 000$, ils devraient peut-être pas avoir cet emplois-là en partant.
C'est pas des peanuts!
Bande d'incapables!

Excusez mon négativisme...

Lia a dit…

Tant qu'on n'enseignera pas à 24 élèves au maximum dans nos classes du secondaire, tant qu'on n'aura pas d'aide adéquate au niveau des orthos et des psychos, on n'avancera à rien.
Le 800 000 dollars de boni, c'est le salaire de 15 orthopédagogues ou psychoéducateurs pour 1 an, donc 15 écoles de plus dans la province qui auraient accès à ces ressources devenues indispensables ou bien 30 écoles qui pourraient se les partager moitié moitié.

Anonyme a dit…

Seulement 800 000 $! C'est pas rockefeller qui disait "A billion here, a billion there, pretty soon you'r talking real money"? M'enfin, comme dirait l'autre...
Mooki

bobbiwatson a dit…

Les fautes ne sont pas des fautes: ce sont des coquilles! Donc, pardonnables sans qu'on en parle.