14 mars 2010

Le syndrome de l'heure avancée

Dans une autre vie comme enseignant de cinquième secondaire, les mois de mars et avril devenaient un esclavage. En effet, comment amener des élèves ayant des lacunes importantes en écriture sinon qu'en les faisant écrire presque chaque semaine pour leur permettre de s'améliorer en prévision de l'examen de ministère qui a généralement lieu la première semaine de mai?

Ils écrivent: je corrige. Ils écrivent: je corrige. Ils écrivent: je corrige. Ad nauseam.

Et un grand drame survenait généralement cette fin de semaine: on avançait l'heure!

Non pas qu'il fallait régler les différentes horloges de la maison, celle de la voiture, se conditionner à se lever avec un autre éclairage matinal...

Non, je perdais une heure de correction. Une heure. Trois à quatre copies en moins de corrigées.

Dingue. Une vie de dingue. J'y repense encore et, parfois, j'en ai mal au coeur.

10 commentaires:

unautreprof a dit…

Mon patron vient du secondaire et il répète souvent que votre tâche n'est pas si lourde que ça.

Tu imagines?

Safwan a dit…

Ton autre vie, c'est ma vie actuelle. J'ai pensé, en me levant ce matin et en voyant l'heure sur mon décodeur (je croyais au départ que l'on changeait l'heure cette nuit, pauvre de moi): «Merde! Une heure perdue!», exactement comme tu ke décris!
Je me suis tapé la correction de 81 copies de lettres d'opinion en fin de semaine. Je pense à ma collègue qui a un groupe de plus que moi à corriger et je la plains. On a une vie de fou ces temps-ci :OS
Mais, c'est vrai, j'oubliais, les profs, ça se la coule douce >:o(((

Missmath a dit…

Vue sous cet angle, cette heure de moins est encore plus méprisable.

Je déteste passer à l'heure d'été l'hiver. Presqu'autant que de corriger.

Le professeur masqué a dit…

Autre prof: ton patron... je me censure. Il ne doit pas avoir fréquenté des profs qui travaillaient. Dans mon entourage et en français, on amène régulièrement du boulot à la maison.

Safwan: je comprends tellement...

Miss: la peste ou le choléra?

Anonyme a dit…

Je n'ai pas perdu de temps en fin de semaine, mais bon je ne suis pas cette année dans les lourdeurs de tâche. Sachez qu'il y a une petite région au Québec qui ne change pas l'heure. Indice: au delà de la 138. Nous sommes ici toujours à l'heure normale de l'Atlantique ou toujours à l'heure avancé de l'Est, je ne sais. Ajoutons que les populations faibles ici ne remplissent pas les classes!

Du Bipède à plume marin

Jonathan Livingston a dit…

Je ne sais pas où tu trouvais l'énergie de ce marathon de correction d'au moins 30heures de corrections lourdes par semaine pendant deux mois. Tes élèves pouvaient bien t'adorer de les sauver d'un système qui ne fonctionnait pas.

Et pas étonnant que tu aies fait un bonne déprime...

Je salue ton sens du devoir, mais bon humainement je ne pourrais pas donner cette énergie...

Anonyme a dit…

Quand je lis des commentaires comme celui d'unautreprof sur les directions d'école, j'enrage! Ce que je constate, c'est que les directions d'école oublient trop rapidement la réalité dans laquelle elles ont baigné avant d'accéder à leur nouveau poste.Les directions d'école(j'en ai quand même eu de très bonnes cependant)commencent comme des anciens profs,mais deviennent bien vite des gestionnaires qui se comportent comme de futurs cadres de la commission scolaire. Exit l'aspect humain.

bibco a dit…

Je n'ai plus l'énergie pour travailler 45 heures semaine comme l'an passé. Fini les projets spéciaux, les corrections se font beaucoup en classe pendant que les enfants font des ateliers qui peuvent être fait de façon autonome.
Je m'en tire avec deux ou trois heures de correction par semaine et ma journée commence à 8h00 et se termine à 16h30.
J'escamote, je ne fais pas tout ce que je veux, mais au moins je me dis que cet été je ne serai pas couché et inerte pendant 2 mois. Ma semaine est remplie de réunions pour des comités qui me puent au nez, de rendez-vous de spécialistes et de parents pour mes élèves en difficulté atypiques et je n'ai pas le temps de tout faire, mais tant qu'on fera tout le boulot qu'on nous ajoute et qu'on acceptera l'admistration bidon qui nous est infligée, rien ne changera. Alors je consigne tout ce que je fais dans ma semaine et voilà. Qu'on vienne me reparler de mon horaire, il est conforme.

Joel a dit…

Je suis un gestionnaire depuis 5 ans dans une école secondaire...Je suis enseignant de français de formation...Ceci dit, la plupart des directions sont conscients de la réalité des enseignants de français...Je constate même que la situation semble se généraliser pour plusieurs domaines de formation d'ailleurs... Cependant, si je puis me permettre, avec le renouveau pédagogique, les enseignants de français pourrait préconiser des situations d'écritures moins complexes pour travailler la grammaire et la syntaxe et ce, pour les élèves présentant de sérieux problèmes en écriture...Vous le savez peut-être, si les traces que vous avez accumulées pour vos élèves qui vont bien à ce niveau (je sais...vous allez me dire qu'ils ne sont pas si nombreux que ça....) sont suffisantes, il faut éviter de se surcharger outre mesure avec des évaluations pour l'ensemble des élèves...Je trouve que nos enseignants en font parfois trop à ce niveau...Déjà que c'est un mal nécessaire par moment...

Ju a dit…

Moi, c'est une heure perdue de sommeil... parce que je me suis couchée trop tard pour cause de correction!