14 décembre 2010

Brouter la touffe

Voilà les termes qu'on retrouve dans un dépliant sur les pratiques sécuritaires reliées au sexe oral et remis à des élèves de deuxième secondaire de la commission scolaire Marie-Victorin. Celui-ci semble assez explicite puisqu'il explique aux filles comment faire une bonne fellation: ainsi, on indique qu'il faut «"faire attention aux dents», car «peu de gars aiment sentir les dents sur leur pénis».

Certains parents sont outrés, l'organisme qui a conçu ce dépliant affirme qu'il n'aurait pas dû être distribué de la sorte à des jeunes de 13 ans et la sexologue Julie Pelletier juge cette démarche inappropriée.

Mais qui défend cette initiative? Vous l'avez dans le mille: la commission scolaire Marie-Victorin. La même qui n'a pas hésité à clouer au pilori une enseignante pour un sondage sur les tabous sexuels. Même le directeur général de celle-ci, André Byette, ne retrouve rien à redire.

Comprenne qui pourra.

11 commentaires:

Lud. a dit…

C'est absurde! à n'y rien comprendre!!!

Profquifesse a dit…

Très franchement, ça commence presque à être drôle. C'est un dépliant qui a dû passer par la peau des dents.

Anonyme a dit…

M. Byette a même osé dire quelque chose comme "si ce n'était pas pour distribuer dans l'école, pourquoi nous l'avoir envoyé?" J'imagine que l'organisme avait joint une lettre dans l'envoi des dépliants.
Est-ce que M. Byette aurait quelques difficultés à lire un texte?

Question ..............

J a dit…

Belle hypocrisie quand on sait que les jeunes, à partir de 10 ans, taperont le mot «pipe» sur Google et qu'ils apprendront les vraies affaires de toute façon. En fait, non, justement. Ils vont les apprendre à l'extrême et hors contexte (amour, respect, consentement et tout le tralala)... et c'est pas toujours beau à voir. Dans mon temps, on le faisait déjà au primaire et Internet venait à peine d'exister.

Dime of Wealth a dit…

« Belle hypocrisie quand on sait que les jeunes, à partir de 10 ans,»

Les jeunes ???? Tous comme cela. C'est beau les généralisations.

Des jeunes, ceux que vous connaissez sans doute. De toute façon c'est pas parce que quelques enfants (même la majorité disons, ce dont je doute) font quelques choses que l'école doit avoir les mêmes intérêts. Ah, le culte de l'enfant roi qui décide de ce dont on parlera.

Sinon le deux poids deux mesures est facile à comprendre : il condamne l'enseignante parce que elle a pris la décision, il ne condamne pas le dépliant parce que la décision vient de la direction ou de la commission scolaire. Il défend ce à quoi il appartient, pas la pauvre enseignante.

Il serait temps de se consacrer sur autre chose que les cours de "socialisation", d'ECR, de sexe, etc.

le neurone ectopique a dit…

Brouter la touffe, tiens donc je croyais qu'aujourd'hui l'épilation était universelle.

l'éducation permanente

imaginezautrechose a dit…

Je trouve dommage une telle vulgarisation de la sexualité, qui vire souvent à la vulgarité. Bien sûr, à l'époque à laquelle nous vivons, une certaine éducation sexuelle est de mise, mais quand même, il s'agit d'un domaine qui devrait conserver sa part de privé, de sacré. Je trouve que notre époque banalise beaucoup ce qu'est la sexualité. Que ce soit la chose la plus commune du monde, soit. Ça n'en fait pas pour autant une chose "ordinaire".

K a dit…

Choquant!

L'utilisation du mot "touffe" est du plus mauvais goût.

Le terme "brouter le tapis" est plus approprié d'autant plus qu'il est politiquement correct.

la tondeuse de gazon

J a dit…

C'est effectivement de mauvais goût, mais ce n'est qu'un cas pris hors contexte parmi d'autres. L'intention de dialoguer avec les jeunes était sans doute bonne.

Oui, je généralise, et c'était mon intention d'exagérer. Mais je sais que la majorité des enfants naviguent sur Internet. Il faut être aveugle pour penser qu'ils ne tomberont pas, un jour ou l'autre, sur des images choquantes.

«Il serait temps de se consacrer sur autre chose que les cours de "socialisation", d'ECR, de sexe, etc.»

Quand on sait que les ITS augmentent de façon dramatique chez les jeunes depuis quelques années? (http://www.phac-aspc.gc.ca/std-mts/report/sti-its2008/03-fra.php)

Le Belge de passage a dit…

« C'est effectivement de mauvais goût, mais ce n'est qu'un cas pris hors contexte parmi d'autres. L'intention de dialoguer avec les jeunes était sans doute bonne. »

J'adooooooore. Si québécois !

Quel dialogue ? Le dépliant ne dialogue pas et en plus il est imposé.

Qui décide ? Les parents ou des fonctionnaires ? Quel dialogue là ?

Anonyme a dit…

Je vois mal en quoi ce que je dis est «si» québécois, mais bon, je ne suis pas ici pour partir en guerre.

Je ne parlais pas d'un dialogue, justement, je parlais d'une intention de dialoguer. C'est cette intention qui était valable, pas le résultat concret (le dépliant). Nuance.

Qui décide? Les parents n'ont pas l'habitude de choisir la matière qui est vue en classe. Sinon, on n'en finirait pas! Ce sont donc les spécialistes de l'éducation qui le font. Mais ce sont des êtres humains qui commettent des erreurs, comme tout le monde.

C'est mon opinion, et je ne veux pas polluer ce blogue simplement pour prouver mon point. Je n'y tiens pas tant.

J