16 février 2008

Les maths en pleine confusion

Vous vous souvenez de mon billet sur les mathématiques au secondaire. Une journaliste de La Presse, Isabelle Hachey, a creusé le dossier pour en faire ressortir les points suivants (ici et ici).

Le programme se divise en trois séquences qui ne sont pas basées sur le résultats des élèves, mais leurs intérêts personnels. Fini les 416, 426 et 436! Résultat: on risque de se retrouver avec des groupes hétérogènes ou l'élève très faible côtoyera l'élève très fort.

Certaines écoles, généralement petites ou en régions éloignées, ne pourront ou voudront pas offrir toutes les séquences. «Elles sont si différentes les unes des autres qu'on ne pourra les regrouper dans une même classe, comme on le fait actuellement avec les cours de maths 426 et 436», explique la présidente de la FSE, Johanne Fortier. «Que vont faire les élèves si la séquence qui les intéresse n'est pas offerte par leur école? Vont-ils être forcés de déménager, ou de se tourner vers des écoles privées?», demande Éric Dion, président du Syndicat de l'enseignement de Grand Portage, dans le Bas-Saint-Laurent.

Le MELS n'a toujours pas indiqué quels cours seront des préalables pour accéder aux différents programmes collégiaux.

Un dernier point: je vous rappelle que la réforme a vu son implantation reporté de deux ans au secondaire, si j'ai bonne mémoire. C'était à la demande des profs, ces mécréants qui voulaient la saboter et qui boycottaient les ateliers de formation, entendait-on ici et là.

Saboter? Boycotter? Pas utile. Le MELS, même avec deux ans de plus pour se préparer, se charge très bien de faire le travail tout seul.

4 commentaires:

Zed Blog a dit…

Cela donne en tout cas un sens aux mots suivants :

1. errer, un magnifique verbe du premier groupe, dont plusieurs exemples éloquents de conjugaison figurent au rang des priorités ministérielles

2. ineptie(s), substantif féminin, porté vers le pluriel, poursuivi avec détermination et utilisé avec brio dans le cadre de postulats gouvernementaux qui semblent n’avoir jamais été testés sur les animaux

3. impossible nombreux sont celles et ceux qui se demandent s’il ne faudrait pas ouvrir une brèche dans l’interdiction de ce mot par l’Office québécois de la langue française.

J’ai lu les articles, très clairs, très intéressants. Encore une fois, il semble que l’idée à la base ne soit pas carrément mauvaise. Mais on ne tient aucun compte du comment, quand ce n’est pas carrément l’imposition de n’importe quoi (ce qui ne semble pas, au niveau conceptuel, le cas ici). Je propose une recherche au sujet du mot improvisation

Je n’ai pu m’empêcher de cliquer sur le lien concernant l’enseignement religieux. Chapeau aux étudiants et étudiantes qui ne démontrent envers ce n’importe quoi armé d’un retour en arrière, aucun intérêt. La partie des bébés boumeurs qui regrettent, finalement, leurs si belles valeurs, on les retient, ceux-là.

Je leur ferais bien, pour ma part, jouer l’âne et le bœuf dans la prochaine crèche qu’ils mettront sous le sapin qu’ils tentent de nous passer. Mais j'aime trop les animaux. Allons-y pour les personnages humains, nettement plus débiles.

Bon dimanche, Professeur masqué, Zed ;-)

bobbiwatson a dit…

Le MELS n'est pas seulement composé de baby boomers qui regrettent ce qui existait à leur époque!

Les cours de maths qui seront offerts posent problème dans les écoles, parce que le MELS ne peut pas dire quel sera (ou quels seront) le(s) pré-requis pour accéder au cégep.

L'autre question que se posent les écoles est à savoir si il y aura du matériel pédagogique pertinent pour ces trois volets. Et, non seulement pertinent, mais à temps !!!!

à suivre .............

Zed Blog a dit…

Bobbiwatson,

Certains bébés boumeurs : je parlais des cours d'histoire de religion. Pour le reste, oui, j'avais bien saisi. Les articles sont très clairs.

Zed ;-)

Safwan a dit…

Selon une réunion que j'ai eue avec ma directrice adjointe vendredi dernier, les écoles de notre commission scolaire ont décidé de sélectionner les élèves entrant dans les séquences à partir de leur résultats scolaires. La séquence SN (sciences naturelles, je crois) demande une note de 75% selon les recommandations de notre c.s.(la proposition de mon école: 80% ou recommandation de l'enseignant) et l'autre séquence, CST, je crois (nous ne dispensons pas la troisième), est pour les autres élèves.
Lorsque j'étais élève au secondaire, nous n'étions que deux groupes dans chaque niveau dans une petite école d'environ 300 élèves (cinquiène année primaire à quatrième secondaire). On arrivait à donner mathématiques 416 et 436 et les groupes n'étaient pas débalancés.
Je vois un problème dans le fait que les écoles sont seules à déterminer les critères d'admission dans ces séquences. Il y aura du magasinage très bientôt. Un parent veut que son enfant fasse SN malgré qu'il n'a pas les capacités? Il l'enverra dans une école qui exige une moyenne moins haute qu'ailleurs ou, carrément, qui n'exige rien du tout. Des problèmes en vue surtout que le choix de séquence est pour deux ans. Je m'explique. On choisit en 4 et on continue en 5 l'année suivante dans la même séquence. Les passages d'une séquence à une autre (les ponts) se font au prix fort de cours d'été assez longs, dispendieux et intensifs. Tout un casse-tête, ces séquences!