03 septembre 2008

Les profs et l'utilisation de la force physique - la suite

Le Journal de Montréal revient sur ce sujet aujourd'hui avec deux textes.

Le premier, celui de Richard Martineau, cite l'exemple d'un jeune, expulsé 22 fois au cours des quatre derniers mois, et qu'un enseignant excédé a finalement pris par le cou.

Dans un deuxième texte, intitulé «Les enseignants bien formés», le secrétaire général de la Commission scolaire de Laval, Jean-Pierre Archambault, affirme que le personnel enseignant reçoit une formation adéquate quant à la façon de se comporter devant des événements violents.: «Même les surveillants du midi reçoivent cette formation. Mais vous savez, nous avons 44 000 élèves. Il y a des journées meilleures que d'autres.» Peut-être à Laval... mais, dans ma CS, j'ai un grand doute. Le titre de l'article est peu exagéré, quant à moi.

Enfin, je signale ce troisième texte dont je cite quelques passages en pensant à ce que j'écrivais dans un billet précédent. Denis Jeffrey, professeur à la faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, a analysé près de 300 jugements québécois et canadiens dans le cas d'accusations portées contre des enseignants: «Les juges sont de plus en plus sévères envers les enseignants, il semble en fait qu'on s'acharne sur eux. On leur demande d'avoir une moralité encore plus élevée que les politiciens, les curés, les avocats et les notaires. En plus, on s'attend à ce qu'ils soient irréprochables en tout temps, même dans leur vie privée, en vacances, partout : on ne tolère plus rien. (...) Un juge a même statué qu'un prof se trouvant dans un bar et repérant un élève qu'il sait avoir moins de 18 ans devrait le signaler au gérant pour qu'il soit expulsé. On demande à l'enseignant de faire davantage que le parent.»

M. Jeffrey note que les enseignants, tout comme les parents, n'apprennent pas comment intervenir physiquement. «On agit souvent sans pouvoir réfléchir, avec les moyens du bord, parce que l'intervention se fait rapidement. C'est d'autant plus difficile pour les enseignants qu'ils doivent composer avec des élèves plus difficiles, qu'on a intégrés dans les classes normales alors qu'ils étaient autrefois regroupés dans des classes spéciales.»

Et vous, vous en pensez quoi?

7 commentaires:

Stagiaire a dit…

Hummmm

Je ne suis pas "intégrée" officiellement à la CS de Laval (je ne suis que suppléante, je termine mon BAC cette année), mais à ma connaissance, il n'y a pas de formation particulière comme décrit...

Sylvain a dit…

J'en pense que les enseignants, dans notre société de rectitude politique qui frôle souvent la caricature, doivent être une sorte de superhéros plus catholiques que le pape...

On peut-tu juste être humain de fois ???

bobbiwatson a dit…

Encore une fois on demande aux profs d'être parfaits, de savoir se contrôler dans des situations critiques et de savoir contrôler celles-ci parfaitement? Même si on vous donne une excellente formation, vous n'aurez pas à l'utiliser souvent. Et c'est justement parce que "ce n'est pas souvent" que l'impulsivité s'installe en situation de crise.

Catherine a dit…

Ça fait 5 ans que je travaille à la CS de Laval et jamais je n'ai eu vent de quelque formation que ce soit quant à la violence dans nos écoles. Alors aucune chance que je ne l'aie suivie! Si nous avons 3-4 réunions sur la réforme par an, nous pouvons nous compter chanceux, alors les autres formations ...

Sylvain a dit…

Ajout : portion d'émission dans la région de Québec, avec la présidente du syndicat local et le président de la CSQ. Par ici pour le visionnement.

bobbiwatson a dit…

Paul Arcand est vraiment le gars qui pose les vraies questions! Ce matin, en parlant du billet de Richard Martineau dans le JdM sur les insultes et violences subies par les profs, Arcand demande : Où sont les syndicats des profs dans ces situations-là? Que font les directions d'écoles? Voilà les VRAIES questions!

Le professeur masqué a dit…

Catherine et stagiaire: la déclaration du monsieur de Laval me semble fort présomptueuse... Mais elle fait un bon titre. Hein?

Sylvain: non, au salire qu'on nous paie, on doit être parfait.

Bobbi: ils dorment au gaz. Des profs, c'est de la chair à canon, quant à moi.