27 janvier 2009

Indemnités de départ dans les CS

Ce texte a été placé dans le cahier Économie de La Presse. Sur le site Internet de ce quotidien, il faut chercher un peu pour le trouver. Mais ce qu'il nous révèle est intéressant.

Ainsi, s'il démissionne, un directeur général ou son adjoint d'une commission scolaire peut recevoir «à une indemnité de départ égale à un mois de traitement par année de service à l'emploi de la commission scolaire jusqu'à concurrence de six mois.»

Vous avez bien compris: s'il démissionne. La prime qu"il peut recevoir varie alors de 31 400$ à 78 100$. Pour une démission. Un acte volontaire.

Faut-il s'en scandaliser quand on apprend que les fonctionnaires fédéraux, cadres comme syndiqués, ont droit au même traitement? Oui, un peu quand même.

Normand Lapointe, directeur de l'Association des directeurs généraux de commissions scolaires du Québec (ADIGECS), justifie ce traitement en affirmant qu'un DG évolue dans un environnement politique et qu'il peut être poussé à démissionner s'il ne plait pas à la nouvelle équipe de commissaire élus: «Un directeur qui n'a plus la confiance du conseil d'administration peut être incité à démissionner. Son départ est volontaire, mais jusqu'à quel point?»

Environnement politique? Moi qui croyais que tout ce beau monde travaillait dans les meilleurs intérêts des élèves? Moi qui croyais que quelqu'un qu'on poussait à la démission avait des recours autres?

Dans ses recherches, le journaliste de La Presse a aussi découvert que les dirigeants de cégep ne bénéficient pas d'une telle indemnité s'ils quittent leurs fonctions volontairement.

Pour Réjean Parent, président de la CSQ, «Une personne qui quitte devrait avoir les mêmes droits, qu'elle soit enseignante ou cadre. Il ne devrait pas y a voir d'indemnité à moins que le départ solutionne un problème de surplus de personnel.»

Donc, dans le monde bienheureux de l'éducation, nos DG et leurs adjoints jouissent d'un privilège certain. Qu'on se comprenne bien: le DG et ses adjoints font un bon travail chez nous.

Mais, pour ma part, des enseignants qui changent d'école sous la pression d'une nouvelle direction d'école, j'en ai connu. Des enseignants qui prennent leur retraite aussi. L'environnement politique, on le retrouve jusque dans nos classes avec les projets d'école, les Renouveaux ésotériques et j'en passe.

En cinq ans, mon école a connu quatre directeurs différents, quatre visions de l'éducation. La grille-matières qui est reliée au projet de l'école a connu autant de remaniements. Et tant pis pour les enseignants qui ne fitaient pas dans le décor. On les a bousculés comme du bétail syndiqué au rythme des lubbies pédagogiques de certains.

Ce n'est pas que je sois jaloux. Non. Je ne suis pas jaloux. J'ai simplement compris ou se trouvent les avantages financiers à travailler en éducation. En haut. Dans la sphère directionnelle et politique. Avec le bar et les comptes de dépenses.

Et pendant tout ce temps, on manque de dictionnaires dans nos classes et de services pour nos jeunes. Au lieu de faire la chasse aux BS, on devrait remettre en question un peu les avantages de certains qui s'apparentent à des welfare bums.

Mais ce n’est pas grave : on fait des surplus dans les CS parce qu’elles sont bien gérées.

6 commentaires:

bobbiwatson a dit…

L'argent attire l'argent! ... Plus tu en gagnes, plus t'en as et plus t'en auras quand tu partiras.
Si on changeait toutes les primes de départ en dons de dictionnaires aux écoles secondaires, tu serais plus que comblé cher Prof Masqué ;)

garamond335 a dit…

Une prime, si tu pars de ton «supposé» plein gré, est justifiable; mais une prime parce que tu t'es trouvé un vraie belle job ailleurs, au double du salaire, NON....

Le professeur masqué a dit…

Il n'y a pas déjà ce qu'on appelle le 4% quand on quitte un emploi? Ici , on parle d'un 12% de départ. Pourquoi?

bobbiwatson a dit…

Le 4% est légiféré. Le 12% est un accomodement non raisonnable. Je vois mal un travailleur au salaire minimum demander 12% à son employeur lors de son départ. Il devra, lui, se contenter du 4% réglementaire.
Deux poids deux mesures.

Jonathan Livingston a dit…

Warren Buffett, un personnage parmi ces grands dirigeants, aurait dit qu’un Conseil d’administration qui voudrait remettre en cause la rémunération du patron que ce serait comme un invité qui « roterait de manière sonore lors d’un dîner huppé ».
Ça décrit un peu la mentalité des dirigeants. Bref, on a maintenant des entreprises en faillite qui ont donné des salaires de joueurs de hochey à de parfaits connards fraudeurs autorisés de ce système.

Évidemment, on peut être sarcastique, mais on peut aussi exiger plus de justice.

Ceux qui ont approché un peu les structures comme les CA savent aussi que ce monde est occupé par des réseaux, des gangs qui font parties de plusieurs CA. Entre eux, ils décident de leurs conditions de travail, ce qui est assez différent de la confrontation des intérêts des employés à ceux du patronat...

Ensuite, ces gens «réseautant», habitués des gestions, des directions et des chambres de commerce, sont aussi des gouvernements. On sait tous que les gouvernements décernent des crédits et des sous ici et là à la tonne... C'est avantageux d'avoir des liens politiques. On déverse des milliards en ce moment... j'aimerais bien être un petit oiseau...

Leurs privilèges sont odieux et injustes et leur justification des soporifiques pour endormir le peuple...

Ces gens n'ont pas intérêt à éduquer quiconque...

Du pain et des jeux, la formule n'a pas changé...

Le professeur masqué a dit…

Jonathan: sous les beaux discours, on n'a pas loin à gratter pour que l'«hommerie» de certains resorte,