27 août 2010

Facebook et TECFEE: grosse surprise! (ajout)

La Presse semble s'étonner que les futurs enseignants utilisent Facebook comme façon de contourner le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE), notamment en ce qui a trait au vocabulaire.

Que quelqu'un se réveille au MELS: même les élèves de cinquième se servent de Facebook et de leur cellulaire pour déjouer l'examen de fin d'année en écriture! Mais revenons au TECFEE.

«Cet examen, c'est n'importe quoi. On n'évalue pas les compétences en français des futurs profs. Dans un de mes examens, on m'a demandé de définir épater le bourgeois et les chiens aboient, la caravane passe. On n'utilisera jamais ces expressions dans notre pratique! On m'a demandé de définir idiome, darne, indigent... On demande des définitions de mots anodins, inutilisés dans le langage», déplore Sébastien qui étudie pour devenir prof au secondaire.

Boswell! Quand on parle de niveler par le bas, en voilà un bel exemple. Si on croit qu'une chose n'est pas utile, pourquoi la connaitre? Comment savoir qu'une chose est inutile si:
1- on ne la connait pas.
2- on n'a pas encore été placé dans un contexte d'enseignement.

La réaction de ce Sébastien illustre bien le débat compétence versus connaissances. Quant à moi, un prof devrait avoir un minimum de culture dans tous les domaines: géographie, histoire, sciences, etc. De plus, un prof ne devrait pas réduire le savoir, notamment en ce qui a trait à la langue, à ce qui est minimalement «utile». Pour Sébastien, être compétent semble se résumer à une version utilitariste de la langue. «Menoum, menoum» suffit à bien des gens pour se faire comprendre dans la vie de tous les jours. Faut-il s'en contenter?

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Sur Cyberpresse, de nombreux intervenants qualifient de «tricheurs» les étudiants qui ont utilisé ce stratagème. D'autres parlent de «déshonneur» et de manque de «professionnalisme». Mais non: ils ont rien de moins qu'actualisé leurs réseaux sociaux.

Dans les faits, ce genre d'examen «fermé» fera toujours l'objet d'un certain coulage. Dans mes classes, mes groupes n'ont jamais le même test de grammaire, par exemple. Cependant, à l'ère des nouvelles technologies, le coulage peut prendre des proportions plus importantes.

Faut-il revoir ce mode d'évaluation? À mon avis, non. Il faut simplement multiplier le nombre d'examens différents jusqu'à ce que le nombre de questions à étudier rendra l'épreuve encore plus difficile. De la sorte, on s'assurera que les jeunes enseignants auront encore plus de connaissances. Ironique, non?

Continuez à enrichir le site Facebook et continuez à étudier. Vous apprendrez encore plus. Et tiens, remplissions ce site d'informations inutiles pour compliquer encore plus les choses!

Par ailleurs, je suis déçu de la réaction de la présidente de l'Association québécoise des professeurs de français (AQPF), Suzanne Richard: « À partir du moment où il y a un test de connaissance, que ce soit dans n'importe quel domaine, ce n'est pas étonnant que les étudiants tentent de mieux réussir. » Oui, mais pourraient-ils tenter de réussir plus honorablement?

22 commentaires:

Profquifesse a dit…

Des mots anodins, inutilisés dans la langage ! Comme "idiome" ! Imaginez le prof de français qui ignore le sens d'un tel mot. Et non seulement on refuse d'avouer son ignorance, mais on prend en grippe le savoir. Et on veut devenir prof. !

Mylène Kittel-Hudon a dit…

J'ai aussi lu cet article ce matin. Ce que je déplore par rapport à notre formation universitaire, c'est que nous avons beaucoup de cours de didactique et très peu concernant la matière elle-même. Et pas seulement en français. On nous montre comment enseigner... Et si on enseignait très bien ce que l'on sait très mal? Heureusement qu'on se questionne, qu'on se remet en question. Il y a six ans, afin de pouvoir m'inscrire à un cours de grammaire, j'ai dû prendre la décision de ne pas faire le test de français. C'était la seule façon de le suivre. Pour satisfaire aux exigences de l'Université, il fallait avoir un minimum de A comme note. Aujourd'hui, ce cours est facultatif. On peut le choisir, mais parmi d'autres très importants (par exemple : Difficulté d'ordre comportemental, Prévention de l'inadaptation...)Dans le même bloc se retrouvent un cours de plein air, un stage de microenseignement, etc. Voyons! Ce cours de grammaire devrait tout simplement être obligatoire. Bien sûr, j'ai dû passer le test, de toute façon, pour les commissions scolaires. Oui, le test vérifie en grande partie si nous avons bien étudié, car de toute façon, il existe des documents préparatoires très complets. Mais, il faut le voir du bon côté, il faut voir ce qu'il nous apporte comme enseignant. Qui a dit que l'université devait être facile, que faire son chemin dans la vie devait être sans embuches?

Hélène a dit…

J'abonde dans votre sens. Les commentaires de Sébastien dans l'article m'avaient également étonnée. Il m'apparaît pertinent de connaître les mots appropriés: darne, indigent , etc...ne sont pas anodins. Comment un enseignant peut-il se permettre d'avoir un bagage minimum? En tant que future enseignante en anglais langue seconde, je ferai cet examen de français cet automne. Je suis souvent étonnée d'apprendre qu'un ou une collègue ne lise pas ou n'aime pas lire... Je comprends que cet examen s'adresse à tous les futurs enseignants spécialistes ( sports,arts,musique, anglais) et que plusieurs n'ont pas d'intérêt hors de leur champ ...d'où les difficultés rencontrées dans la section vocabulaire(culture générale)?

Anonyme a dit…

Il est menoum menoum ce billet monsieur le professeur masqué!

Anonyme a dit…

Pour être tout à fait sincère, je suis exaspérée par le manque flagrant de professionnalisme de certains futurs enseignants. Les commentaires de ce Sébastien me semblent inappropriés dans la mesure où ce dernier aura à enseigner la langue de Molière dans quelques années. Je suis moi-même étudiante en éducation à l'Université de Montréal et j'ai été dans l'obligation de passer ce test. Je n'ai pas trouvé que les questions étaient insidieuses ou inutiles ; elles me paraissaient fort bien justifiées. J'ai été même très étonnée d'apprendre aujourd'hui qu'il existait une page Facebook dédiée au TECFÉE. :S Enfin, j'ai la satisfaction d'avoir réussi le test sans Facebook... Léa

lfqalv a dit…

Quand j'ai eu vent de cette controverse, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que le site de facebook n'était qu'une façon comme une autre d'apprendre ces mots et leur orthographe. Si l'étudiant l'apprend et le retient pour l'examen, quel est le problème? N'est-ce pas le but d'un examen? Tant mieux pour ceux qui n'en n'ont pas besoin, mais pour les autres, réjouissons-nous qu'ils aient été assez futés pour trouver un moyen d'apprendre accessible. J'essaie de trouver un côté négatif à tout cela, mais je nage dans le brouillard.

Le professeur masqué a dit…

Léa: pas fort, le Sébastien.

Ifqalv: Multiplions les questions d'examen et ils étudieront davantage!

Guillaume Coté a dit…

Je ne veux pas défendre le Sébastien en question, mais je pense que le test est discutable. Il s'applique a tous les professeurs, pas juste à ceux de français.

Le test est administré par des sociétés qui facturent une jolie somme a chaque tentative de le passé, elle facture également juste pour consulté sa copie corrigée. Elle ont donc intérêt a ce que les gens échouent et essaye plusieurs fois.

Le fait d'ajouter plusieurs mot de vocabulaire et expressions rares permet de faire échouer des étudiants qui ont une bonne grammaire et le réussirait autrement une première fois. Face à cette arbitraire, les étudiants essayent de se préparer comme ils peuvent, en ayant une liste des connaissances demandés.

Un professeur aura droit à des ouvrages de référence. C'est normal, surtout pour ceux qui n'enseignent pas le français, de recourir à ces ouvrages.

C'est certe recommandable que les futures professeurs aient une vaste culture générale, mais je ne crois que pas c'est pertinent de leur posé des questions de connaissances aussi poussées.

Le professeur masqué a dit…

Une darne, c'est poussé?

Anonyme a dit…

Pour ma part, je comprends que plusieurs personnes se plaignent qu'ils y en aient qui trichent en quelque sorte. Toutefois, je serais curieuse de voir si ceux qui critiquent seraient capable de réusir cet examen!

Anonyme a dit…

On demande aux enseignants d'être parfait sur tous les points. Il ce peut que le futur enseignant ne connaisse pas tous les expressions de l'examen ou autres connaissances, ça ne veut pas dire qu'il a très peu de culture. Beaucoup de gens ont une grande bouche, mais quelle note est-ce que eux ils obtiendraient?

Anonyme a dit…

Si tant de futurs enseignants échouent cet examen et qu'ils en sont indignés, c'est peut-être parce que leur propre éducation n'a jamais cru bon de leur transmettre de telles connaissances. Je suis moi-même un futur enseignant de français. J'ai passé ma production écrite de 5e secondaire haut la main, j'ai réussi chacune de mes dissertations au cégep sans jamais avoir moins de 90%, j'ai eu des résultats presque parfait l'EUF, et pourtant, je suis de ceux qui ne savent ce que «darne» veut dire! À quoi bon? J'ai 20 ans!

J'admets sans hésiter que j'ai une culture générale qui pourrait faire l'envie de plusieurs, mais pourtant, indigne de la profession enseignante que je suis, j'ignore ce que «darne» veut dire. On apprend durant tout une vie, alors je suis désolé de ne pas connaître le dictionnaire au complet...à 20 ans! Ce TECFÉE n'est qu'une mascarade...

Anonyme a dit…

Un(e) directeur(rice) d'une école Ontarienne d'immersion française m'a envoyée un email comportant 16 fautes sur 67 mots.

Olivier a dit…

Régie de la langue française... La langue française est bien plus considérée comme un art et une échelle de valeurs pour évaluer les connaissances d'une personne pour soi, la valoriser ou la dévaloriser dans son estime... L'instauration de la langue n'était pas plutôt de communiquer plus aisément et non pour impressionner les interlocuteurs... Jugé moi mais c'est mon opinion.

Anonyme a dit…

Il est injuste de dire que les futurs enseignants sont incompétents s'ils ne savent pas le dictionnaire au complet! Si on reprend le mot « indigent », je n'ai jamais eu l'occasion de lire ou entendre le mot auparavant, comment aurais-je pu connaître son existence? Et des livres, j'en ai lu des milliers pourtant.

Sinon « abhorrer »: mis seul, j'ai eu un blanc, hésitante entre sa définition et son contraire, ayant qu'en tête: « J'abhorre ce que tu me dis ». Pratique.

«Il ce peut que le futur enseignant ne connaisse pas tous les expressions de l'examen ou autres connaissances, ça ne veut pas dire qu'il a très peu de culture.»

Effectivement, cela n'a pas de lien. Étant de nature curieuse, j'ai des connaissances dans énormément de domaines et un esprit critique aiguisé. Je dois être quand même inculte pour ne pas connaître les 32 000 mots de la langue française.

Anonyme a dit…

"multiplier le nombre d'examens différents jusqu'à ce que le nombre de questions à étudier rendra l'épreuve encore plus difficile"

"Et tiens, remplissions ce site d'informations inutiles"


Il semble que de le fait de connaître la définition d'indigent n'est pas synonyme de savoir bien écrire.

Le professeur masqué a dit…

Anonyme:

Si je peux me permettre...

Je remarque que vous soulignez deux erreurs que j'ai commises dans un texte assez long alors que vous en faites deux dans un commentaire assez court.

Ainsi, pour «rendra,» l'accord se fait avec «nombre».

Par ailleurs, «Il semble que de le fait».. Oups!

À chacun son indigence.

Merci.

Anonyme a dit…

"Il semble que de le fait" est bel et bien une faute de frappe, merci de le faire remarquer. Il est évident qu'il s'agit d'une phrase modifiée à la dernière minute.

Pour ma part, je parlais plutôt du mauvais choix des temps de verbe. N'étant pas un enseignant, les erreurs me sont permises. Mais est-ce que le subjonctif du verbe rendre 3ème personne du singulier dans "n'est pas qu'il rende?

J'ai simplement souligné les deux erreurs les plus frappantes à la première lecture, mais j'aurais également pu mentionner la mauvaise négation (absence du n') dans

"ils ont rien de moins qu'actualisé leurs réseaux sociaux"

Contrairement à l'article, mon but n'était pas de critiquer et provoquer, mais de faire réaliser que le français est extrêmement complexe. Les connaissances dans un aspect comme le vocabulaire peuvent masquer des lacunes dans d'autres aspects.



Je suis entièrement d'accord que le français doit avoir une grande importance dans la formation d'un enseignant.

Cependant, basé sur les commentaires que j'ai eu sur l'examen, la méthode d'évaluation semble inappropriée. Au lieu de vérifier que les futurs enseignants savent écrire et conjuguer, on se concentre sur les exceptions les plus rares ou on donne des mots sans contextes avec des définitions similaires.

Je ne suis pas enseignant, mais je lis beaucoup, et je n'ai jamais vu le mot indigent. J'ai appris sa signification en lisant l'article (merci). Par contre, avec les ressources d'aujourd'hui, j'aurais trouvé sa signification en quelques secondes, alors que savoir conjuguer et connaître les règles de grammaire prends certainement des années à maîtriser. Est-ce que l'évaluation cible bien la matière importante?

Je me demande d'ailleurs par quelle logique tordue on peut déterminer si une personne est capable d'écrire, car il s'agit bien du "Test en français écrit", en se basant sur sa connaissance de l'expression "Etre Gros-Jean comme devant".


Inutile de répondre en soulignant les fautes dans ce texte, je suis certain qu'il y en a. Mais en même temps, je ne suis ni un enseignant, ni en train d'écrire un article pour dénoncer publiquement le fait que certains étudiants en enseignement aient des difficultés dans une matière
complètement différente de celle qu'ils vont enseigner.

Le professeur masqué a dit…

Ah bon, sur leur blogue personnel, les enseignants n'ont pas droit à l'erreur? : )

Il n'y a pas d'évaluation parfaite. En même temps, on pourrait tout trouver en cherchant dans un bouquin ou sur Internet. Mesurons la débrouillardise! La question est de savoir jusqu'où l'on doit être exigeant.

Vous savez, je suis déchiré. Il me semble qu'à travers ce texte, c'est un peu une certaine culture qu'on mesure aussi.

Anonyme a dit…

Je suis d´accord avec tout ceux qui disent que ce test est bidon. Leur but est de te chercher la petite bête pour que tu échoues. Pour un professeur au secondaire, il est plus intéressant d´apprendre le langage des jeunes pour les comprendre. Donc, je suggère un test sur les nouvelles expressions qu´on entend tous les jours et qu´on n´arrive même pas à les comprendre. D´un autre côté, je pense que tous les enseignants doivent passer un test de mathématiques, sciences,... pour connaître leur niveau dans ces matières. Il faut pas oublier que les enseignants au secondaire font de la suppléance et un enseignant digne du nom devrait être capable de répondre aux questions des élèves. Pour moi, c´est de la culture générale et non pas les expressions qu´on n´a jamais entendu de notre vie.
Une autre suggestion intéressante, c´est de faire passer ce test (TECFEE) aux enseignants permanents. Le résultat sera chaud !!!!

Le professeur masqué a dit…

Anonyme: très honnêtement, votre opinion pue la frustration.

Quant à ce qui est de passer le TECFEE, vous l'avez réussi du premier coup?

Anonyme a dit…

Effectivement, le TECFEE a été réussi du premier coup et avec une très bonne note. Pour ta gouverne, je ne suis pas frustré, c'est juste que je déteste qu'on m'évalue sur des choses que je maîtrise.
Bonne chance