08 octobre 2007

Les jeunes filles baisent tôt: la faute des enseignants?

Je ne sais pas. Je lis ce texte et j'ai comme un malaise.

Ainsi, selon une étude effectuée par Mara Brendgen, enseignante de psychologie à l'Université du Québec à Montréal, les enfants, principalement les filles, seraient davantage portés à avoir des rapports sexuels avant 14 ans s'ils ont été victimes de violence verbale de la part d'enseignants. Mon Dieu! Et moi qui n'arrive même pas à leur faire corriger leurs textes!

Je vous invite à lire cet article et à me faire part de vos commentaires. En passant, ou est l'influence des parents dans ce processus? Je ne sais pas, mais il aurait été intéressant de la mesurer plus précisément. Je ne doute pas de l'influence négative des commentaires pouvant être émis par certains enseignants, sauf que je suis perplexe quant à la validité d'un tel lien avec la sexualité des jeunes.

14 commentaires:

Hortensia a dit…

C'est franchement douteux comme étude. Dans l'article, il y a trop peu d'informations sur la méthodologie utilisée. Entre autres, il est écrit:
"Selon l'universitaire, entre 10 et 15 pour cent des enfants font régulièrement l'objet d'agressions verbales de la part d'enseignants, et le même pourcentage d'enfants sont victimes de rejet de la part de leurs semblables."
Qu'entend-t-on par "agression verbale"?
Je ne doute pas que certains profs en arrivent là, mais 15%?! Vraiment?!
Comment ont-ils mesuré ça?
Bizarre... et dérangeant. On a un peu l'impression qu'on cherche à mettre tout et n'importe quoi sur le dos des profs, peu importe la manière à prendre pour y arriver.

Par ailleurs, que les jeunes qui ont une faible estime d'eux-mêmes se garochent dans à peu près n'importe quoi, y compris des relations sexuelles précoces, il me semble que c'est connu depuis longtemps. C'est le B-A-BA de la psychologie.

Phil a dit…

Je crois qu'il peut effectivement exister un lien statistique entre les deux variables étudiées. Par contre, rien ne permet de conclure qu'un comportement est la cause directe de l'autre.
N'est-il pas plus simple de croire que les jeunes filles qui présentent ces caractéristiques comportementales sont plus susceptibles de manifester des problèmes de discipline en classe ou à l'école, entraînant du fait même, des interventions de la part des enseignants?

Un cas classique de l'oeuf ou la poule?

Je me pose également, comme Hortensia, des questions sur le sens que l'on donne à "agression verbale". Utiliser un ton sévère pour demander le silence en classe, ou pourquoi un devoir n'est pas fait, ou pourquoi l'étudiant est-il en retard pour la troisième fois consécutive, sont-ils des cas d'aggression verbale?

Le peu de reconnaissance dans la société de mon métier d'enseignant qui pourtant se complique d'année en année, et les accusations à peine déguisées comme celle véhiculée dans cet article, me désespère et me font remettre en question mon choix de carrière.

De plus en plus, en voyant la dégradation de mes conditions de travail et du système scolaire en général, le peu de respect des parents, des élèves et de la société en général pour les enseignants, je me demande pourquoi continuer?

souimi a dit…

Chasuble que nous avons le dos large! J'ai mon voyage! Franchement!
Le milieu familial est un facteur bien plus important à mon avis. Bien plus important.
J'ai vécu de la violence verbale lorsque j'étais au secondaire de la part de certains enseignants. J'étais pourtant dans un collège privé renommé, mais des fêlés de profs, il y en avait.
J'ai baisé pour la première fois à l'âge de 17 ans. Et je n'attribue nullement la faute aux détraqués de profs ou à qui que ce soit.

Prof malgré tout a dit…

Je n'ai pas encore lu l'article, mais je me demande ce qui vient avant, la poule ou l'oeuf. Bon d'accord, c'est l'oeuf, mais peu importe.

Les jeunes filles qui sont moins bien encadrées à la maison risquent plus d'avoir des écarts de comportement à l'école et par le fait même de tomber sur les nerfs des enseignants. Ça peut générer une agression verbale? Si quand on demande le silence de façon un peu plus ferme la troisième fois en 5 minutes c’est considéré comme une agression verbale, ma théorie tient le coup... (C’est une phrase ce que je viens d’écrire? Il est tard...)

La majorité des jeunes filles qui sont sexuellement actives plus tôt que la moyenne ne serait pas issue de tels milieux dysfonctionnels? Dans mon temps, c’était comme ça.

Ah... que je suis bête! Si le milieu est dysfonctionnel, c’est à cause de l’école. Comme je disais plus tôt, il est tard.

Prof malgré tout a dit…

Oups, je n'avais pas lu le commentaire de Phil. Pas vraiment la peine de publier le mien.

Le professeur masqué a dit…

Hortensia: si l'étude peut peut-être avoir de l'allure, disons que le titre peut, quant à lui, soulever des doutes.

Phil: vous traduisez exactement ma pensée. Un lien entre deux éléments ne signifie pas nécessairement qu'il y a un lien de conséquence, « qu'un comportement est la cause directe de l'autre».

«Pourquoi continuer?», demandez-vous parce qu'on aime bien les élèves. Le reste, vaut mieux oublier cela!

La souimi: chasuble que j'aime votre patois! Tout comme le soulève Phil, on peut s'interroger sur les liens que fait cette universitaire. On ne peut pas ignorer le milieu familial, à mon avis.

Le professeur masqué a dit…

PMT: oups! fatigué moi aussi.

bibco a dit…

Sioumi, avez-vous écouté les cyniques quand vous étiez jeune? Parce que " Chasuble qu'on s'amuse " me faisait crouler de rire à chaque fois. C'est avec eux que j'ai pris mon cours de sacres 101.
Bon, revenons à la réalité.
Pourrait-on dire simplement que si un enfant subit de la violence verbale de tous bords tous cotés, famille, prof, amis, lui-même, il va peut-être en effet se rebeller.
Même sans le prof il se rebellera probablement. Je trouve cet article assez limité, l'enfant agressé verbalement c'est qui?
Quel est son milieu?
Bref, on se comprend là-dessus je pense.

unautreprof a dit…

Ce qui me surprend le plus, ce n'est pas tant les résultats de cette étude, mais ce qui a mené à cette étude.

Qui s'est dit un jour : "tiens, l'enseignant de mon enfant doit avoir un lien avec sa précocité sexuelle, il a dû lui dire des choses mesquines..."???
Je suis perplexe.

En passant, mes filles de 12 ans cette année sont assez éveillée à ce niveau, je dois garder les oreilles et les yeux très ouverts.
Est-ce de ma faute?

Safwan a dit…

@ Phil et Un autre prof: je partage entièrement vos points de vue.

Mon commentaire est d'ordre méthodologique: mener une étude universitaire demande tout un protocole qui, normalement, se doit d'être rigoureux. Je me questionne sur la méthode utilisée pour mener à «bien» cette recherche. J'aimerais y avoir accès et connaître le postulat de départ, la problématique. En ce sens, je rejoins le questionnement de Un autre prof à savoir qui a bien pu s'imaginer un jour qu'il y avait peut-être un lien entre insultes de prof et sexualité précoce et, encore pire, désiré valider ou invalider cette intuition. Parce qu'il faut quand même qu'elle ait germé dans le cerveau de la chercheuse, cette hypothèse. Intrigant.

unautreprof a dit…

éveillées!

j'ai passé la journée avec le sentiment que j'avais commis, oui oui, commis une erreur!!!

La Marsouine a dit…

Est-ce que Charest, dans sa prochaine homélie du dimanche, pourrait prendre une minute pour expliquer à TOUT LE MONDE que CORRÉLATION n'implique pas NÉCESSAIREMENT un lien de cause è effet. Je prends l'exemple de mon prof poche de mon cours poche: les actes criminels ont tendance à augmenter en même temps que les ventes de crème glacée. Pourquoi? Parce que quand on vend plus de crème glacée, c'est parce qu'il fait chaud, et c'est prouvé qu'il y a plus de crimes commis là ou quand il fait chaud. Est-ce que ça signifie que c'est de la faute de la crème glacée s'il y a de la criminalité???????

Le professeur masqué a dit…

La marsouine: Homélie du dimanche: ouhahahaha!

En passant, Stephen Harper envisage une loi contre la crème glacée. Il paraît que ça ferait baisser la criminalité.

unautreprof a dit…

Je suis contre la crème glacée.

Je suis pour une loi contre cette chose immonde.