28 octobre 2007

Dictée: les politiciens arrivent!

Je vous ai déjà parlé des mythes de la réforme. Vous savez: ces légendes urbaines dont on n'arrête pas de dire que j'exagère ou qu'elles sont fausses. Par exemple, de cette direction d'école qui interdisait à un enseignant de demander à ses élèves de lire le même livre parce que la réforme l'interdisait.

Aujourd'hui, j'en rajoute un peu.

Je vous parlerai de cette direction d'école qui a dit que je ne devrais pas faire de test objectif dans mes classes parce que cette pratique ne respecte pas la réforme.

Je vous parlerai de ces conseillers pédagogiques qui ne veulent rien entendre, même de manière occasionnelle, de l'enseignement systématique et magistral de la grammaire parce que cette pratique ne respecte pas la réforme. Ils veulent un enseignement uniquement contextualisé. Point à la ligne.

Je vous parlerai de cette direction avec qui il faut se battre pour prévoir des périodes d'examens conventionnels (uniques, individuels, uniformes et standards) parce que cette pratique ne respecte pas la réforme.

Je pourrais aussi vous parler de cette commission scolaire ou la dictée serait interdite parce que cette pratique ne respecte pas la réforme.

Des mythes...

Mais au rythme ou l'on découvre que ces mythes, aussi absurdes soient-ils, sont vrais, il ne faudra pas s'étonner du fait que le pouvoir politique s'en mêle et s'enmêle... Déjà, la ministre Courchesne, comme certains de mes collègues d'ailleurs, croyait que la réforme de l'orthographe était relié au Renouveau pédagogique.
Et ne vous surprenez pas que la réforme redevienne un enjeu politique de premier plan. Déjà, ce midi, sur les ondes de Corus, le premier ministre Charest parlait de la réforme de madame Marois.

L'arrivée en force des politiciens dans ce débat pédagogique est triste, mais peu surprenant, Sous le règne paisible du ministre Fournier, les décideurs scolaires avaient les coudées franches et n'en ont pas toujours fait un éclairage éclairé et stratégique. Au lieu de tenir compte des remarques de certains opposants, même des plus mous d'ailleurs, leur rigidité jumelée avec l'âpreté féroce des anti-réformes a mené tout ce débat dans un cul-de-sac. Tout est une question d'équilibre.

Maintenant, à quand Jean Charest donnant la dictée dans ma classe? Déjà, notre premier ministre a indiqué que son gouvernement «va agir dès cet automne pour qu'il y ait un retour en force de la dictée dans les écoles du Québec». Selon lui, «on a un peu délaissé la dictée dans les dernières années (...) alors qu'à son avis, ça demeure un des meilleurs moyens pour apprendre à écrire sans faute».

5 commentaires:

Hortensia a dit…

T'exagères!

Blague à part, je ne saisis pas cette fixation sur la dictée. Comme si cela allait régler quoi que ce soit...

Safwan a dit…

Moi, j'en donne quand ça me chante, «nouveau» programme de français de 1995 ou pas, Réforme ou pas. Je dois avoir un côté «rebelle» (saisir ici toute l'ironie de mon propos: disons qu'il y a pas mal plus «rebelle» que ça comme geste). Ça aide pour l'orthographe, mais ce n'est quand même pas ça qui va régler toutes les lacunes en français. Ce n'est qu'un outil parmi d'autres. On est parti là-dessus. On aime ça, au Québec, les solutions miracles à la va-vite. Les médias aiment ça, eux-autres aussi...

Le Professeur Carbure a dit…

Gloups !

Je découvre ce blog en venant d'un autre (Classique).

Je sentais bien l'étrangeté du propos à la lecture de cet article, pourtant,je croyais lire les états d'âme d'un prof bien de chez moi.

Tout est donc semblable à des milliers de kilomètres d'ici (la France). Cette façon d'imposer des méthodes là où seule une méthode personnelle peut marcher.

Que faire quand le pouvoir impose ses dogmes ?

"Je crains l'homme d'un seul livre"

bobbiwatson a dit…

La dictée et l'analyse grammaticale sont, d'après moi, des moyens efficaces pour former des jeunes solides en français. Il n'y a pas de honte à revenir aux "anciennes méthodes" : elles ont prouvé leur efficacité. Le laxisme n'a jamais rien donné : nous en avons actuellement la preuve. La syntaxe et la ponctuation font partie du GBS (gros bon sens). Si les solutions modernes ne donnent pas de résultats il serait bon qu'on jette un coup d'oeil aux résultats engendrés par les "vieilles" méthodes : ils sont probants.

Mazz a dit…

C'est triste de voir que tant de personnes croient que la réforme est synonyme de l'absence d'examens objectifs et formels, de dictées et de rigueur.

C'est déprimant.

- Mazzaroth