11 février 2009

Pourquoi le réforme ne marche pas? (ajout)

Un texte de La Presse nous apprendra demain que seulement 47% des profs du primaire de la CSDM appliquent totalement la réforme. De grâce, ne justifiez pas ce pourcentage en invoquant qu'on l'implante progressivement. Ça fait cinq ans qu'on a fini de l'implanter au primaire!
Reste à savoir si les profs ne l'appliquent pas parce qu'ils croient qu'elle ne marche pas ou bien qu'elle ne marche pas parce que les profs ne l'appliquent pas.
Combien on parie que les adeptes du Renouveau vont invoquer la deuxième hypothèse?
Qoui qu'il soit, la réforme est le programme de formation obligatoire au Québec. Les profs qui ne l'appliquent pas ne peuvent le faire en invoquant l'autonomie professionnelle. Ils sont donc en pleine désobéissance civile. Des genres de Gandhi de l'éducation ou, selon certains, des ensiegnants qui refusent d'assumer un statut de professionnels et qui ne relèvent pas les nouveaux défis de leur profession?


Tiens, lu dans La Presse cette semaine:

L'application partielle de la réforme - seuls 47% des enseignants du primaire la mettent totalement en oeuvre selon la CSDM - n'a pas étonné un prof qui a contacté La Presse. «On est plusieurs dans ce bain: pleins de bonne volonté, voulant l'appliquer, mais sur le terrain, c'est une évidence que de larges aspects sont juste impossibles à appliquer», a-t-il témoigné.

9 commentaires:

Prof malgré tout a dit…

Totalement... Tout est dans ce mot.

Les statistiques, c'est les p'tits copains du sophisme.

Jean M. a dit…

J'en ai marre du mot "obligatoire" dans l'enseignement, comme cette régime pédagogique est obligatoire, ce cours nul en histoire ou ecr est obligatoire, l'enseigner est obligatoire (plus d'article 20 à la LIP), le renouveau pédagogique est obligatoire, etc.

Marre du monopole de l'éducation.

Renée-Claude a dit…

En tout cas, à l'école de mes enfants, il y a toujours eu des dictées, les "projets" sont occasionnels, le PIA n'est jamais avant le mois de décembre et mon fils reprend (difficilement sa 6è année.
Facile de faire des associations qui soulèvent le fait que la réforme n'est pas appliquée à 100 %.
Mais est-elle réellement applicable ? C'est ce que je me demande depuis le début.

YoUx a dit…

Les profs à l'université sont même pas foutus de l'appliquer eux même la réforme, encore moins de l'expliquer.
Alors j'ai beau faire partie de la génération des profs sur le bord d'.entrer dans une école, on est pas plus former pour l'appliquer cette ridicule réforme.
Fait intéressant : ce sont les profs qui n'ont pas mis les pieds depuis plusieurs années dans les classes primaires et secondaires qui semblent appuyer la réforme le plus fortement.

Anonyme a dit…

Parce que le socio-constructivisme est une fraude intellectuelle pour commencer qu'on a imposé à la culture scolaire.

J. Livingston

Étienne a dit…

Qu'est-ce à dire M. Livingston que le socioconstructivisme est une fraude intellectuelle?

Le constructivisme propose une vision de la connaissance où cette dernière est construite par les sujets plutôt que découverte. En sous-entendant qu'elle était découverte, on signifiait qu'il n'y avait qu'un monde, qu'une vérité par rapport à l'interprétation des phénomènes. Ainsi, l'enseignant n'avait donc même pas lui-même à connaitre les rouages des principes qu'il enseignait : il pouvait donc se contenter répéter et les apprenants, eux, n'avaient qu'à apprendre par coeur, l'autorité (quelle qu'elle soit ) se chargeait de définir ce qui était vrai.

Le constructivisme, en opposition au positivisme stipule qu'il y a autant de mondes que de sujets, que les représentations du monde ne peuvent donc qu'être «construites». Quant préfixe «socio» du terme, il sert à nous rappeler l'influence du milieu, l'importance du contexte et des interactions avec les pairs dans cette construction.

Est-ce une vision dépassée? Peut-être. La réforme dénature-t-elle cette théorie? Sans doute.

Par contre, dire du socioconstructivisme, que c'est de la fraude, sans donner de justification, c'est un peu arbitraire.

Le professeur masqué a dit…

PMT: les chiffres, on peut leur faire dire bien des choses. Mais le chiffre intéressant, c'est le budget supplémentaire pour implanter la réforme dans mon école: 0.

Jean M. : le monopole évite les dérives qu'on voit dans les écoles relgieuses, par exemple. Le problème, c'est quand on impose une façon d'enseigner unique à tous els enseignants.

Renée: moi aussi.

Youx: les profs à l'université sont souvent des cordonniers mal chaussés, quant à moi.

Jonathan et Étienne: beau sujet de discussion en perspective. On attend la suite.

Jonathan Livingston a dit…

Étienne, une simple recherche google nous fournit dans le premier lien cette formidable définition:

« Le socioconstructivisme qui s'ancre au constructivisme met l'accent sur le rôle des interactions sociales multiples dans la construction des savoirs. Les auteurs parlent de processus interpsychiques et de processus intrapsychiques plutôt que de processus uniquement intrapsychiques. Des auteurs, dont Brown et Campione (1995) soulignent alors l'aspect culturel des savoirs, c'est-à-dire qu'ils sont le fruit des échanges et qu'ils sont partagés. Ainsi, la culture est perçue comme filtre socio-cognitif qui permet de donner du sens à la réalité. »

Puisqu'il faut bien préciser de quoi l'on parle...

Bref, je traduirai très simplement ce construit théorique en une chose assez banale: confronter ses conceptions avec son prochain, ce que je fais en ce moment avec vous, cher Étienne...

Ne voyez-vous pas qu'exprimé ainsi, confronter ses conceptions supposent d'abord une étape préalable. Et qu'il est assez ridicule de vouloir le faire avec un enfant et sur bien des questions avec un adolescent...Je vous réfère donc aux textes de Madame Régine Pierre disponible sur le site de Stoppons la réforme. La plupart de ses textes vous montreront que le constructivisme et le socio-constructivisme sont des théories issues de la psychologie et non de l'éducation. Ce sont des théories contestées, des paradigmes de recherches mêmes, pourraient-on dire, et non des approches largement admises comme la théorie de l'évolution, par exemple. On a fait suivre tout un système scolaire un nouveau paradigme sans grande assise, voilà la fraude. On a voulu faire des enseignants des animateurs pédagogiques, des facilitateurs, bref, gommer le pouvoir des enseignants instituteurs et intellectuels dans la transmission nécessaire de la culture pour toute société voulant survivre dans le temps: la formation du citoyen. L'école est chaque jour un peu plus une cours de récré permanente où la plupart des adultes qui y vivent doivent endurer un climat bruyant tout à fait incompatible avec l'apprentissage. Voilà les conséquences d'une attitude pédagogique tout à fait contestable. Je veux bien accepter l'arbitraire de mon jugement, mais il faudrait parler des processus d'évaluation qu'on nous a imposé pour camoufler l'inconsistance d'intégration des connaissances de ces approches. Le jugement arbitraire et subjectif est devenu la norme. Si j'étais un tantinet mesquin, je suggérerai que le gouvernement a maquillé une simulation d'éducation en une approche révolutionnaire de l'éducation, mais je m'en garderai...

Ce qui est frauduleux dans le socio-constructivisme ministériel, je me suis peut-être évidemment mal exprimé, c'est qu'on en ait fait une approche, devant être enseignée mur à mur et à tous âges, de l'éducation appuyée par des experts de l'éducation et un large consensus du monde de l'enseignement tel qu'on peut le lire dans nos admirables programmes que nous n'enseignons pas complètement à 47%.

Lenigmatique a dit…

Pardons, mais puisque la réforme est tout juste sous moi, j'aimerais en connaitre les raisons de son apparition. C'est vrai, quand je regarde cela dans mon établissement scolaire, je remarques que bien des choses sont totalement... comment dire... stupide.

Enfin, j'ai cru comprendre qu'il fallait passer soit les Mathématiques, soit le Français, ou encore, dans d'autre cas, soit ceci, soit cela, donc il faut passer la moitié des choses pour réussir son année? L'art plastique obligatoire (??) pour pouvoir réussir son année scolaire, enfin, au secondaire... J'ai pas vraiment compris le but ! Puis, comment ils vont faire pour avoir leur Diplôme d'étude Secondaire, surtout s'ils ont toujours eu le Français de bon, mais pas leur mathématique, sachant que, du moins, pour ma part, les deux matières sont obligatoire...

Il y a des côtés positifs à cette réforme, bien sûr, je peux le concéder, oui c'est vrai, une partie de l'éducation offert a ce petit côté plus, enfin, mais la façon dont le tout fut, c'est l'échec qui se pointe du nez... comme l'a démontrer les statistiques exprimer, je crois.

Et puis, le mélange de la dernière réforme (celle où je suis, Dieu merci) et cette nouvelle (...) serait pour le mieux, si quelqu'un réussit à créer un régime qui soutient les bons côtés de chaque... non?