09 décembre 2007

Famille, pauvreté et école

Vous le savez, et n'en déplaise à tous les «ogues» de l'éducation, il est utopique de vouloir contrer le décrochage scolaire en réformant l'école sans s'intéresser à des phénomènes extérieurs à celle-ci.
Par exemple, quand l'économie va bien, le décrochage est parfois plus élevé dans certaines régions parce que les jeunes décident d'entrer plus tôt dans le marché de l'emploi. À l'inverse, quand l'économie est au ralenti, les jeunes restent davantage sur les bancs de l'école en se disant qu'ils doivent avoir une meilleure formation s'ils veulent percer dans le monde du travail.

Un autre facteur relié au décrochage est bien sûr la famille, les conditions socio-économiques de cette dernière et l'héritage affectif transmis à l'enfant.

Ce matin, il vous faut absoluement lire cet excellent texte d'Elma Elkouri publié dans La Presse à propos du docteur Julien. Je vous en recopie un extrait.

Le pédiatre a souvent dit que la pauvreté dans Hochelaga lui semblait pire que celle qu'il a côtoyée en Afrique ou dans le Grand Nord. "Malgré tous les problèmes, les enfants que j'ai vus là-bas étaient heureux. Ils riaient avec les adultes. Ils couraient partout. Les adultes surveillaient. Il y avait cette notion du village. Alors que dans Hochelaga, je ne voyais pas ces sourires. Je ne voyais pas d'adultes qui s'occupaient d'eux. La vraie pauvreté, c'est la pauvreté des enfants qu'on ne regarde pas".

Cette pauvreté est aussi bien différente de celle observée dans les familles immigrantes de Côte-des-Neiges, où l'enfant est roi, malgré tout, note-t-il. "L'enfant à Côte-des-Neiges a de l'espace, il peut colorier les murs, il peut être un enfant. Dans Hochelaga, les enfants se font mettre dehors. Il ne faut pas qu'ils rentrent trop tôt le soir parce qu'il y a du monde à la maison. Ils traînent. Cette misère-là, je ne l'ai pas vue ailleurs." Même pas dans les favelas du Brésil et de l'Argentine qu'il a visitées l'an dernier, dit-il. "Là aussi, j'ai vu des enfants de bonne humeur, rire, participer à la vie avec les adultes. Et pourtant, il n'y a pas plus pauvre que ça. Ils vont ramasser du carton la nuit pour survivre. J'y ai visité des petites entreprises sociales. Des mères qui se mettent ensemble pour faire du pain. Et les enfants participent et ont du fun. Je n'ai pas vu ça dans Hochelaga..."

Cette pauvreté, je l'ai vue aussi dans des banlieues riches ou j'enseigne. Mais comme elle est couverte de richesses matérielles, elle est moins poignante, moins médiatique, moins touchante.

Bien sûr, je crois fermement que les condition socio-économique dans lesquels est élevé un enfant sont importantes, bien qu'il ne faille pas généraliser. Mais la véritable pauvreté, c'est celle du coeur, celle qui mène à la détresse humaine.

Que fait l'école sur ce plan? Que fait notre société? Que fait notre gouvernement? On se vote des réformes, bien sûr. On fait la charité une fois par année. Mais ou est l'essentiel? Ou est le soutien à la la famille? aux parents? à l'enfant? à l'élève? à l'enseignant?

Parlez-moi de «paradigme de l'apprentissage», je vous parlerai de manger. Parlez-moi de «dictée», je vous parlerai d'amour. Parlez-moi d'«orthophonistes», je vous parlerai de travailleurs sociaux. Parlez-moi d'«aimer l'école», je vous parlerai tout d'abord d'aimer la vie.

J'ai mes utopies. Et je les préfère à bien d'autres. Elles me semblent, à tort ou à raison, plus réalistes et plus efficaces.
En lien avec cette détresse humaine, cette nouvelle sur le site de Radio-Canada:
Le Service de police de la Ville de Montréal fait appel au public pour retrouver le jeune Olivier Cyr, 13 ans, disparu depuis mardi dernier. L'adolescent avait l'habitude de fréquenter la station de métro Outremont.
Selon ses parents, Olivier Cyr avait des problèmes de comportement depuis le début de l'année scolaire, et venait d'être suspendu, mardi. Il pourrait aussi être sous l'influence de la drogue.
Et pourquoi pas, cette série de textes du Journal de Montréal sur les efforts de la DPJ pour aider les jeunes qui lui sont confiés (ici, ici, ici et ici).

42 commentaires:

Nullus a dit…

Super!Vraiment super! Très bon. On met le doigt sur le bobo. Beaucoup à dire là-dessus. J'sais pas par où commencer...

Lud. a dit…

Je me sens tout à fait concernée par l'article. J'ai passé mon primaire au Brésil, mais j'ai frequenté une école secondaire dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. L'école, cotée parmi les dix plus pires du classement québécois de la revue L'actualité. Je n'ai jamais habité de favela, au Brésil. Mais je vois exactement de quoi vous parlez. Je connais. J'ai vu de mes yeux vu. C'est vrai que pour certains le sourire demeure malgré les épreuves, c'est dans la nature Brésilienne. C'est par contre loin d'être le cas de tous ces enfants. Plusieurs sont sous l'emprise de la drogue (ou ils en consomment ou ils font partie du réseau des gangs de rue, ou le deux...). Il est vrai, aussi, que les enfants de ce quartier défavorisé de Montréal est problématique. à 7 ans, les clés au cou, il y a un problème quelque part. Mais l'école, du moins celle où je faisais partie, fait quelque chose. Les profs jouent plus que leur rôle de prof. Ils enseignent la vie, soutiennent, conseillent. Unpeu comme un travailleur social l'aurait fait. ils ont su faire preuve (durant mon passage de 5 ans dans cet établissement)d'humanité, mais plus encore: de courage. Le courage d'aider ces ados et de ne pas fermer les yeux sur des réalités trop moches. je les remercie du fond du coeur d'être devenus aujourd'hui des amis, ces profs là. Il y en a qui connaissent mieux leurs élèves que les parents ne connaissent ces mêmes enfants. C'est vrai que c'est triste... Mais sans le savoir,les profs en font beaucoup. Plus qu'ils ne le pensent... encore faut-il qu'ils acquièrent la confiance de leurs élèves... une fois le canal ouvert, la communication peut avoir lieu.je dirais que c'est ce canal l'étape la plus difficile... mais après, on en sort gagnant. À coup sûr!

Je tien aussi à dire, que dans cette même école,la travailleuse sociale a aidé beaucoup de jeunes. De même que les projets jeunesse (comme trip ou projet 80) qui organisent des activités ou qui offent simplement un local où les jeunes peuvent s'exprimer ou parler de tout et de rien avec les intervenants. Ce sont des lieux magiques qui permettent le developpement de projets de toutes sortes... ces projet aindent plusieurs à oublier la réalité du retour à la maison. Car oui, pour les enfants de ce quartier, l'école, c'est un peu comme un refuge...

Vous excuserez ce flot de paroles... je pense et j'y repense et ça sort tout seul...

au plaisir de vous relire bientôt,

Lud.

Une Peste! a dit…

À défaut d'enseigner pour-de-vrai ;-), ces derniers temps je "bénévole" une journée par semaine avec des grands gars de centre d'accueil. Des multi-pokés. Je ne vous raconte pas. Vous n'avez qu'a aller lire les articles en référence à la fin du texte de Prof Masqué pour avoir une idée de ce qu'on lit/voit dans les yeux de ces grands-là.

Ce qui revient clairement. Je le lis et même je le constate - ayant le nez dessus - c'est l'invisibilité de ces enfants. Ils ne semblent exister que pour entrer dans les statistiques. Ils sont oubliés de ceux qui auraient dũ les aimer si fort.

Taper dans la face d'un enfant c'est une horreur. L'abuser, le violenter et le violer tout autant.
Ne pas reconnaître son existence, ne pas l'entendre, ne pas le voir .. c'est grave aussi.

J'ai un petit gars qui devient tellement high lorsqu'on lui reconnait ne serait-ce qu'un minuscule talent..qu'il se lance partout. Un chien fou. J'ai toujours encouragé généreusement les jeunes que je cotoie: mon fils, mes élèves et ces jeunes-là. Mais avec lui, je dois choisir mes mots, le moment ET l'endroit où je ferai mon compliment\encouragement, au risque qu'il se désorganise et que son euphorie (c'est le mot) fasse tout débouler. C'est triste et pas qu'un peu.

Quelqu'un me disait l'autre jour, en parlant de cet enfant: il n'a personne dans la vie, ce môme.

Hein? Quoi? Pas de papa? Pas de maman? Pas de grands-parents? De tantine? De parrain? De soeur? RIEN. Il a 15 ans et il est tout seul dans la vie. Il a 15 ans et il n'est plus l'enfant de personne.

Il me vire à l'envers votre texte, Prof Masqué.

La Mère à Boire a dit…

Je ne parlerai pas de la misère des pauvres d'Hochelaga-Maisonneuve. Elle est évidente, cette misère. Et elle est voyante. Pauvreté, alcool, drogues, violence, sexualité débridée et malsaine, vandalisme. Ça saute aux yeux, cette misère.

Moi, celle qui me scandalise le plus ces temps-ci, c'est la misère des enfants de bonne famille, de bons quartiers, de bons revenus, de bonne éducation.

Il y a des femmes qui sont de plus en plus responsables, et de plus en plus froides et distantes. Il y a des enfants qui ont un besoin fou d'une mère qui soit vraiment mère, maternante.

Mais ça, c'est vu, par notre élite intellectuelle chiante, comme un affreux et innommable recul pour la cause des fâmes.

Je crois que notre monde se déshumanise de plus en plus. Je crois qu'il y a probablement plus d'humanité dans certains pays archi-pauvres que dans certains quartiers cossus du Québec.

Et la déshumanisation, au Québec, pour moi, je la vois dans le nombre grandissant de mères qui ne sont plus maternantes. Des mères qui mènent la barraque, et qui gèrent parfaitement le foyer. Mais qui ne maternent plus leurs touts-petits. Brrrrrr. Réchauffement de la planète? Refroidissement des coeurs!

Le professeur masqué a dit…

Nullus: ben, commencez! On verra après!

Lud: je comprends parfaitement ce que vous écrivez. J'ai étudié dans une bonne école publique: un peu de drogue, un peu de violence, beaucoup de discipline. Parfois trop. Mais les profs nous aimaient et on le sentait. C'est cet héritage que j'essaie de transmettre à mes élèves.

Pour Hochelaga, je ne connais pas ou peu. Mais je connais des profs humains, qui ont deux gros mois de vacances (un mois et demi en fait)... et qui les méritent!

Peste: ce qui me vire à l'envers, c'est vous. Vite: envoyez une demande d'emploi dans mon école, bâtard! Je ne vous connais que de façon virtuelle, mais de savoir que vous faites du bénévolat comme ça, vous avez tout mon respect! Vous valez cent fois mieux que bien des «ogues» que je connais et qui ne peuvent en dire autant.

La mère à boire: et les pères? Ces souvent absents qui veulent être des amis, ces incapables de montrer leurs sentiments, ces «je-ne-veux-pas-faire -de-la-discipline»? Plusieurs femmes reprochent aux hommes d'être trop roses. Ça me fait sourire. Des pères roses. je ne sais pas. Le féminisme a bouleversé bien des choses. certaines pour le mieux. sauf que la famille ne semble aps encore avoir atteint un seuil d'efficacité, de sérénité. Je ne sais pas. Je lance ça comme ça. Et je suis parent, ne l'oublions pas.

souimi a dit…

J'ai fait mon premier stage dans Hochelaga-Maisonneuve, dans une 6e année. J'habitais ce secteur et il était pratique pour moi d'y travailler. Sauf que moi, je demeurais en haut de Sherbrooke et non pas en bas. J'ai fait mon stage en bas. Je sortais de ma vie aisée bourgeoise, élevée dans la ouate et le coton. J'ai connu, en bas, toute une réalité. J'en ai encore les larmes aux yeux. Dans cette grosse école de la rue Adam, les parents volaient le chocolat vendu pour la classe-neige. Ou bien, ils le mangeaient. Les enfants braillaient. Nous sommes tous partis pour La Perdrière des Laurentides. Certains jeunes n'avaient pas d'habit de neige, ils avaient un sac vert qui servait de valise. Nous avons eu un fun noir à l'auberge. Les voir faire du ski, glisser.... Les voir sortir de Montréal.... Leurs yeux... Aux repas, les enfants dévoraient, mangeaient 3 ou 4 fois le macaroni offert, de peur d'en manquer. C'était hallucinant.

Lorsque je suis partie, à la fin de mon stage, les élèves étaient tous assis en cercle dans la classe, ils avaient fait une fondue au chocolat, chaque élève avait apporté un fruit et comme cadeau, il y avait cette tasse et cette soucoupe que je possède toujours.

J'ai adoré travailler dans ce milieu défavorisé et j'y retournerais. Je ne peux pas dire pourquoi au juste. Ça ne se décrit pas, ça se vit. Je le ferai à ma retraite, lorsque les ponts ne seront plus un problème. J'irai, c'est certain, là, sur la rue Adam.

Nullus a dit…

Moi quand je lis «lud» et «une peste», je me demande où ils sont ces profs et ces travailleurs sociaux si super. À lire les témoignages des intervenants de la DPJ, ça me fait un peu oublier tous ceux qui ne cadrent pas avec cette description d'intervenant parce que, ne l'oublions surtout pas, ils ne sont pas tous ainsi...

Lorsque mon fils commençait sa maternelle, j'ai appris que j'avais un cancer, ça fait environ 8 ans. Je suis monoparentale, pas grand famille, je venais de finir mon Cegep (retour aux études) et j'avais fait une session d'université par formation à distance. Évidemment que les choses ont commencé à aller mal.

Tout ce que je peux dire, c'est que ce que j'ai vécu, c'est de l'intervention sauvage qui a fait beaucoup plus de mal que de bien et qui fait que je me méfie de tout ce qui s'appelle prof, intervenant, CLSC et DPJ. Un vrai traumatisme.

Quand le Professeur Masqué s'interroge sur ce qu'on peut faire en tant que prof ou parent ou intervenant, etc. je pourrais suggérer de ne faire aucune intervention sauvage, sinon on perd la confiance du parent et ça a des répercussions sur l'enfant.

Je ne connais pas les «cas lourds», je ne peux rien suggérer pour ces cas-là par manque de connaissance. Mais pour ce qui est des cas fréquents de misère dûe à la pauvreté ou à la maladie, je connais un peu.

Quand on est dépassé par les évènements, on a besoin de support et de compréhension. Pourquoi est-ce qu'on se fait rentrer dedans par les profs et les intervenants dans ces moments-là!? On n'a pas besoin de se faire culpabiliser, on culpabilise assez comme ça sans qu'il y ait raison, c'est pas toujours de notre faute! Je culpabilisais tellement, que j'ai même penser à le donner en adoption tellement je ne voulais pas lui faire vivre la suite! Mais je n'ai pas pu, évidemment, que je l'abandonne aurait été pire. C'est grave ce que je dis là. Et croyez-le ou non, c'est la première fois que je le dis!! Je suis en train de faire une thérapie ou quoi?

J'ai fini par tomber sur une intervenante VRAIMENT compétente. Cela m'a réconcilié un peu avec tout ce qui s'appelle «intervenant». JAMAIS une insinuation de culpabilisation, TOUJOURS respectueuse envers moi, mes valeurs, mon vécu: une amie (qui m'a toujours vouvoyé et appelé Madame: ça gardait la juste distance professionnelle). Si je suis capable de venir discuter ici aujourd'hui, avec des profs, c'est sûrement grâce à elle parce que je sais qu'il y a du bon monde dans le tas.

En tant que parent: faut pas faire l'autruche quand on voit que ça dérape: prenons le risque de demander de l'aide, on a une chance sur cinq de tomber sur quelqu'un de compétent, mais faut essayer jusqu'à ce qu'on tombe sur la bonne personne. Courage. Mais allez-y avant qu'on ne vienne...

Mon fils a quatorze ans maintenant, depuis quelques mois, ça dérape, je me sens dépassée: j'appelle mon ex-intervenante d'il y a plusieurs années, je lui demande si elle connaît des ressources externes qui pourrait m'aider, j'ai l'impression que je ne vois plus clair, je ne sais plus si je suis trop ou pas assez sévère. Sachant comment je suis méfiante et sans diplomatie quand on «m'attaque», je sais qu'elle va m'enligner au bon endroit. Et je ne serais pas étonné qu'elle les avise et les mette au courant de «la façon de m'aborder» :-))

Ça c'est du bon travail parent-intervenant: discret et efficace. L'enfant n'en ressortira pas traumatisé pour le reste de sa vie.
(Dans mon cas, c'est un peu tard, mais l'important c'est de continuer à avancer «vers le soleil».)

Euh, combien je vous dois?

Le professeur masqué a dit…

Souimi: une demande d'emploi chez nous pour vous aussi? On dirait un autre monde, une autre réalité pour le petit gars qui a été élevé dans le chic quartier d'Ahuntsic (à l'époque).

Pour ma part, j'irais travailler avec le père Pop. je ne sais pas pourquoi, question peut-être de donner une deuxième, une troisième, une ième chance à des jeunes qui ne l'ont pas facile.

Nullus: parfois, il faut chercher un peu pour trouver. C'est un peu pareil chez nous et puis il y a des incompatibilités. Par exemple, il y a des cas que je n'envoyais pas à certains professionnels. On court-circuitait les choses parce que c'était mieux ainsi.

Sauf qu'il y a les conventions collectives et les directions d'école... Tel élève débute avec tel travailleur scolaire en secondaire un, mais il doit changer d'intervenant en trois parce que la direction l'a affecté à une tâche précise.

On parle beaucoup de famille et de parents sur ce blogue ces temps-ci. Au fond, je pense qu'il y a des parents plus lucides que d'autres et qui n'hésitent pas à se remettre en question et à agir même s'ils n'en ont pas envie.

la marâtre a dit…

Un petit exemple personnel de ces familles aisées pour qui les enfants n'existent pas...

Un de mes cousins, un enfant la clé dans la cou, gâté, avec tous les jouets qu'il voulait, toute la nourriture nécessaire a déjà dit à un de mes oncles:

"C'est pas d'un frigidaire que j'ai de besoin, c'est d'un père."

La misère n'est pas que matérielle :(

Une femme libre a dit…

Je pense que le témoignage poignant de Nullus envoie un message clair. Ce dont un parent en difficulté a le moins besoin pour se remettre sur le piton c'est de se les faire remettre sur le nez ses difficultés, de se faire dire qu'il n'en fait pas assez, qu'il ne "réussit" pas son enfant (quelle horreur, ce discours! je n'en reviens pas). Un peu d'ouverture et de compréhension ne fait pas de tort. Des deux bords évidemment. Opposer les profs aux parents est une grave erreur selon moi. Un dérapage. Tout comme la compétition du parent le plus parfait, le plus méritant, celui qui non seulement fait de son mieux mais réussit en plus! Misère.

La vraie vérité, c'est qu'on n'est parfait ni comme parent ni comme prof. Et qu'on ne réussit pas tout. Et que parfois on a des interventions pour le moins inadéquates et avec nos enfants et avec nos élèves. Mais ça, on ne le raconte pas nécessairement sur un blogue mais on le vit tous à un moment ou à un autre.

La Mère à Boire a dit…

Nullus, de mon côté, la culpabilité n'a jamais été repoussée intégralement. Je la considère comme un très efficace signal d'alarme. Si je me sens coupable de quelque chose, si on réussit à me faire culpabiliser, je vais toujours aller gratter le bobo pour mieux comprendre. Le repli face à la culpabilité et à la culpabilisation, je ne le comprends pas. C'est très à la mode de donner mauvaise presse à la culpabilité, de nos jours. C'est un de nous nouveaux tabous, au Québec. C'était juste un commentaire.

J'ai connu la quasi-monoparentalité moi aussi, pendant 3 ans. Je dis "quasi", parce que le père était présent dans la vie de son fils, mais archi pesant sur moi. Et ne m'a jamais donné un sous avant que notre fils ait atteint l'âge de 8 ans... Et j'ai demandé de l'aide moi aussi. Par contre, la culpabilité, je m'en suis toujours servie au lieu de la repousser comme la peste. Elle me sert.

Prof Masqué: alors là, évidemment! les pères aussi! Les hommes sont en bonne voie d'"emasculation".

Ça n'a aucune valeur scientifique ce que je vais dire... mais les petits garçons élevés par des pères roses ont des difficultés évidentes, que les parents sont incapables de comprendre tellement ils sont convaincus d'être du "bon bord de la vertu" avec leur parentage soft-rose...

Des mères moins maternantes et des pères roses-bonbons. Ouf. Pauvres enfants. Passe-Montagne aime les papillons...

Une Peste! a dit…

Nullus,
Je comprends mieux à la lecture de ce que vous racontez pourquoi notre "accrochage" de l'autre jour.

Vous êtes à vif et heurtée de par une expérience passée désagréable, d'autant qu'actuellement votre petiot semble vouloir partir en spirale .. et moi je côtoie des ti-gars qu'on a laissé tombés. Je travaille avec des enfants dont les parents ne se présentent pas aux rencontres scolaires, ne s'intéressent pas à leur vie scolaire ou ne sont juste pas là pour ces mignons qu'ils ont mis au monde. Pour l'heure, ma brûlure à moi, c'est cela.

Il est tout à votre honneur d'ouvrir la porte ainsi. Il est tout à votre honneur de continuer à le (sou)tenir par la peau du cou. Même lorsque vraiment, il vous pompe l'air ;-))! Je vous souhaite de croiser la route des personnes qui sauront vous épauler. Des humain(e)s comme vous l'êtes et comme je le suis (même Prof Masqué!;-): avec leurs histoires, leurs expériences et leurs écratignures personelles. Mais. Des humain(e)s qui n'ont pas le don de double-vue. Faut aider les autres à nous aider.

Sur ce. Je vais aller préparer mon c.v. afin de l'envoyer à l'école secondaire (gulp!) du Prof Masqué. Ils en mangent deux au petit dejeuner des profounettes du primaire comme mouha. Gla, gla, gla. ;-DD

Prof Masqué,
Merci du compliment ainsi que merci de l'offre mais .. je blague en disant que je vais préparer mon c.v. Je suis trop .. pas assez .. enfin, j'aurais trop peur pour aller au secondaire. Ils sont si grands! ;-)))

Nullus a dit…

J'avais dit que j'avais beaucoup de choses à dire là-dessus... permettez encore un petit peu?

Il y a des choses où on se sent vraiment impuissant, malgré toute notre bonne volonté. Encore en tant que parent ayant vécu «une passe» de misère de pauvreté et de maladie, on est impuissant devant le montant du chèque qu'on reçoit, ne l'oublions pas. On ne peut pas toujours faire de miracle avec rien... Tout le temps qu'on passe à essayer «de patcher les trous» et de faire avec rien, fait qu'il ne nous reste plus beaucoup d'énergie et parfois, il est vrai, on peut s'y perdre et «oublier» qu'il y a encore plus important: le temps, l'amour et l'attention envers notre enfant vaut bien des repas. Faut savoir équilibrer les besoins, malgré le stress et les obligations, ce qui n'est pas toujours évident et parfois il est bon qu'un oeil extérieur nous «réenligne» un peu. Mais ceci ne s'applique pas qu'«aux pauvres», les bien nantis ont également beaucoup de stress et d'obligations. Je crois que c'est l'art d'être parent.

L'environnement. Lorsque j'étais jeune, il y avait des enfants partout dans notre quartier résidentiel, des cousins-cousines aussi. Vas jouer dehors? Pas de problème, je vais bien m'amuser!

En logement, ça ne court pas nécessairement les rues les petits voisins-voisines et quand on n'a pas de cousins-cousines, c'est pas pareil toute cette histoire de «Va jouer dehors». Le parc est à un coin de rue, mais il n'y a personne. Jusqu'à quel âge est-ce que je dois faire une sortie quotidienne avec mon enfant? La maison des Jeunes est à trois quarts d'heure, une heure de marche et pas d'auto ni de transport en commun (je suis en région). Là-dessus, on se sent un peu impuissant. Les loisirs de groupe ne sont pas tous accessibles, soit par le prix, soit par la distance.
On voudrait bien par contre.

Lorsque j'étais jeune, provenant d'un milieu aisé, aucun problème de loisir : ski, camps de vacances l'été, Wildwood, pas de problème.

Où je veux en venir, c'est qu'il y a des choses où on se sent vraiment impuissant et on aimerait bien que les «institutions» le reconnaissent.

Pour terminer: le primaire.
Quand l'enfant arrive avec son devoir à faire où il doit faire un dessin de sa maison, lorsqu'il vit en logement, il se sent gêné et il commence à sentir «sa différence».
Lorsqu'on invite les parents pour qu'ils leur parlent de leur profession et que l'enfant n'a qu'un parent et, pire encore, qui ne travaille pas... c'est vraiment discriminatoire. Il y a de ces détails qui, selon moi, devraient changer si l'on veut faire en sorte que les pauvres ne se sentent pas «rejets» dès l'entrée scolaire. Avant l'école, l'enfant se sent bien et après, ça change on dirait! On veut enseigner le respect de la différence, mais on enseigne qu'il faut vivre dans une maison, avoir deux parents dont au moins un travaille pour être «normal». C'est peut-être l'idéal, mais dans la vraie vie, il y a maintenant beaucoup trop de réalités différentes pour continuer à présenter la «normalité» de cette façon.

Des petits détails comme ça qui fait que ça finit par peser et, peut-être, faire une différence.

La Mère à Boire a dit…

Oh la....

Nullus, je ne suis pas d'accord avec vous, là:

"Quand l'enfant arrive avec son devoir à faire où il doit faire un dessin de sa maison, lorsqu'il vit en logement, il se sent gêné et il commence à sentir «sa différence."

et

"Lorsqu'on invite les parents pour qu'ils leur parlent de leur profession et que l'enfant n'a qu'un parent et, pire encore, qui ne travaille pas... c'est vraiment discriminatoire. "

Désolée, mais pour moi, ça tomberait dans les accomodements complètement déraisonnables.

Quand j'étais petite, j'étais pauvre. Archi pauvre. Du genre à recevoir un panier de Noël, à avoir des vêtements moches, à faire rire d'elle, du genre à n'avoir jamais les souliers de la bonne marque, ni les jouets que tout le monde voulait. Du genre à avoir déjà vu tout ce qui était notre "chez-nous" sur le trottoir, forcés à déménager pour faute de paiement de loyer. Du genre à se faire couper l'électricité et à devoir manger de la nourriture cuite sur un brûleur de camping pendant plusieurs semaines. Du genre à avoir un noeud dans la gorge quand je devais demander 4$ à ma mère pour une activité scolaire. Du genre à se torcher avec le bottin téléphonique parce qu'on a plus de papier de toilette. Du genre à tout ça. C'est tout vrai.

Et quand on devait écrire un texte sur ce qu'on avait fait en vacances. Et quand on devait raconter ce qu'on avait fait dans le temps des fêtes. Et quand on devait dire à la classe ce qu'on avait reçu de ce salopard de père Noel. Et quand on devait écrire "que fait ton papa comme travail?". Tout ça, et bien plus, tout ça a été source de souffrances quand j'étais petite.

Mais c'était MA réalité. C'était MA vie. Même si on avait tout fait pour m'éviter de vivre ces moments de gêne-là, est-ce que ça m'aurait vraiment aidée? Fallait-il que je m'imagine être comme tous les autres alors que je ne l'étais pas?

N'est-il pas beaucoup plus utile d'apprendre à vivre avec sa réalité?

Mon fils aîné est différent de la plupart de ses amis. C'est-à-dire que lui, ses parents sont séparés. Dans son école, son cas est minoritaire. Dans son groupe d'amis, il est le seul. Alors quoi, on doit éviter de parler de la notion de famille à l'école? Pour lui?

Pas du tout. Je crois que ces moments-là où il souffre un peu à l'intérieur de ne pas être comme les autres, ces moments-là le construisent, le renforcent, lui font conscientiser des tas de choses. Le mettent face à sa réalité, lui permettent de l'apprivoiser. Moi, ça m'a déjà tordu le coeur de le voir souffrir, mais jamais je me serais permis d'aller recommander à l'enseignante de changer le thème d'un de ses projets.

La différence oui, pas de problème! Il faut apprendre à vivre et à accepter les différences. Soit! Alors que celui qui est différent commence à le faire, lui en premier, avant de donner des leçons sur la tolérance aux autres. Ce que je veux dire, c'est que mon fils doit tolérer sa propre différence, lui! Lui, d'abord! Si on est obligé d'éviter le sujet pour ne pas le froisser, c'est qu'il est bien loin d'avoir accepté sa différence!

Tolérer les différences, ça ne veut pas dire "effacer les différences".

Mon fils sait pertinemment qu'il n'a pas droit à l'idéal familial. Mais il a maintenant 10 ans, et il est tout à fait conscient de sa réalité, et fait son bonheur dans cette réalité. Il est fort.

Une Peste! a dit…

Nullus,
Que l'on se ressemble. :-)

J'ai connu aussi. La monoparentalité, la maladie, l'appartement, l'impression de ne pas avoir de référence nul part. Je pense que cela fait de moi une meilleure personne.

Ceci dit. Ne croyez pas que les enseignants .." mais on enseigne qu'il faut vivre dans une maison, avoir deux parents dont au moins un travail pour être «normal»" ... svp, svp, svp. Si je pouvais vous convaincre que les profs font vraiment attention à respecter le cadre référentiel de leurs élèves. On les aime vraiment nos petiots. On l'aime vraiment votre petiot.

Rien de pire que de lire la peine dans le regard d'un de nos petits.

Nullus a dit…

Je viens d'arriver et je vois que mon dernier message est tout en bas, alors que je l'avais commencé juste après «le professeur masqué» et avant «la marâtre».

«Une femme libre» souligne l'opposition qui est souvent présente entre les profs et les parents. J'ai lu à quelque part sur ce blog qu'en première, les parents s'impliquent et qu'en quatrième, on ne les voit plus. Ce n'est pas nécessairement parce que la vie scolaire de leurs jeunes ne les intéressent plus.

J'ai été secrétaire du conseil d'établissement une année. J'avais l'impression qu'on ne faisait que voter des budgets et des trucs sans grand intérêt ( pour moi en tout cas). Mais je sentais clairement que je n'étais «qu'un parent». C'était très désagréable comme sensation...

J'ai cessé d'aller aux rencontres parents-enseignants à cause des événements dont je vous ai fait part précédemment.

Plus tard, secondaireI, j'y retourne, laissant le passé dans le garde-robe. Il faut bien finir par tourner la page. Et bien là, l'enseignante de français m'a fait une pique sur le fait que mon fils allait jouer sur les jeux d'ordinateur de l'école sur l'heure du midi. Et je vous jure qu'elle avait vraiment un air hautain et je l'ai trouvé vachement effrontée. Vous offrez des jeux d'ordi sur l'heure du midi et vous venez me reprochez qu'il y passe une demi-heure le midi! C'est quoi cette «remarque» qui serait supposée me faire réagir? Ôtez-les les jeux d'ordi, je ne vais pas me mettre à le suivre sur son heure du midi!

Ce fut ma dernière tentative. Je n'y vais plus pantoute. Finito. Emmenez-moi le bulletin et on va faire avec.

Comme le dit également «une femme libre», il est certain et normal, je crois, qu'on se pause tous des questions à un moment ou à un autre. Par exemple, j'ai atterri sur ce blogue en faisant une recherche sur «ados bottes d'hiver en classe». Je me demandais comment les parents «deal» avec des ados qui ne mettent pas leurs chaussures l'hiver parce que la case est trop petite et le passage aussi: ils se font trop bousculer.
Je n'ai pas trouvé ma réponse mais j'ai décidé que, tant qu'à se promener en grosse botte d'hiver pendant une journée et revenir bas et bottes détrempées... il valait probablement mieux qu'il passe ses 15 minutes pour se rendre et attendre l'autobus, en chaussure. En passant, est-ce également votre solution? :-)

«La mère à boire» parle de la culpabilité. Je crois quand même qu'il y a une différence entre le sentiment de culpabilité qui est un genre de demande intérieure «d'examen de conscience» et le sentiment de culpabilité de ne pas être à la hauteur parce qu'on est en plein traitement pour un cancer et qu'on en arrache, ne pouvant même plus faire un coin de rue sans avoir envie de pis...

La culpabilisation est également un moyen très facile soit pour un manipulateur ou une manipulatrice, soit pour n'importe qui qui se sent impuissant devant le malheur d'un autre... ce que j'ai également connu. Les ami(e)s, les parents se sentent impuissants devant notre impuissance et ils nous culpabilisent à défaut de pouvoir changer quoi que ce soit. On dirait qu'ils ne sentent plus concernés ensuite...

«La peste», je suis heureuse qu'on se comprenne un peu mieux:-)
Je crois qu'on s'est peut-être chacun touché sa corde sensible!

C'est tout de même bon d'être capable de se parler!

Bon je poste ce message juste après celui de ... Nullus, tiens!

Eille Nullus, en passant, «lâche pas la patate»! :-))

Nullus a dit…

@Professeur Masqué:

Vous avez tout à fait raison sur le fait qu'il arrive qu'il y ait des incompatibilités. Même ma super intervenante a déjà demandé de passer un dossier à une autre parce qu'elle sentait qu'il y avait vraiment une incompatibilité. Donc, ce n'est pas seulement une question de compétence, mais aussi de compatibilité entre les personnes concernées.

Lud. a dit…

La vanité dans le détail.

Je viens de me relire et de lire tous ces commentaires qui enrichissent profondement ce débat (le vôtre)... et je constate tristement à quel point j'ai écrit ça trop vite et que c'est peu compréhensible tellement il y a de fautes d'orthographe. Je tiens à préciser (peut-être par vanité) que je me pardonne moi-même ces fautes en me disant qu'après tout, le français est ma quatrième langue! Voilà je tenais à le partager. Mais je ne pense pas que ce soit une excuse pour faire des fautes... on cherche toujours à s'améliorer, n'est-ce pas?

Dans un autre ordre d'idée, maintenant, j'aimerais vous remercier (en particulier le prof masqué et la souimi) d'être là et de vous exprimer librement sur un sujet qui m'a toujours passionnée, l'éducation. Je vous lis (presque)religieusement et avec beaucoup de plaisir.

Aussi, j'aimerais annoncer (dans un aveu qui peut-être ne vous intéressera point)que depuis peu j'ai découvert ma voie. En fait, je viens de l'accepter. Je voudrais, à mon tour devenir professeur. J'ai eu la chance d'être élève et étudiante de professeurs fantastiques qui ont su croire en moi et m'ouvrir les portes des nombreuses passions qui m'occupent aujourd'hui. J'aimerais, à mon tour, pouvoir en faire autant pour d'autres jeunes.

Mon hésitation, cependant, est entre deux programmes. Le secondaire (univers social), que je connais bien pour l'avoir fait ici ou le primaire (que j'ai connu trop peu). C'est dans cette optique que j'ai décidé de retrouver un prof que j'ai connu durant mon court passage au primaire, ici au QC. (J'ai fait les 6 derniers mois de la sixième avec lui). C'est avec beaucoup de générosité qu'il m'a invitée à aller dans sa classe, voir comment cela se passait. Comme les élèves m'ont adorée (et qu'il m'a trouvée douée), il me permet de créer un projet et de le réaliser avec ces jeunes (à commencer en janvier et qui durera jusqu'à la fin de l'année). J'ai très hâte de commencer cela pour voir ce que ça va donner. J'espère que ce projet pourra préciser mon choix davantage.

J'en ai discuté énormément autour de moi (notamment avec des profs qui sont devenus des amis), mais les avis sont extrêmement partagés. J'aime beaucoup de côté «échange» que permet le secondaire, et le plus ample évantail de sujets que l'on peut aborder avec des jeunes plus âgés. Cependant, je découvre avec un réel plaisir la magie de l'enfance (en 4ème année, surtout). Non pas que je ne la connaisse pas (je travaille en garderie)... mais je la découvre autrement, chez de petits êtres qui sont déjà capables d'exprimer des pensées plus articulées qu'à 4 ans...

Tout cela pour vous demander, si cela vous intéresse, de partager avec moi (et avec tous vos lecteurs) votre parcours à vous, ce que vous en pensez (car j'imagine que vous êtes bien d'origine Québécoise et que vous connaissez bien le système dans lequel vous avez évolué et dans lequel vous évoluez toujours en tant que professeur), ce que vous me conseilleriez, etc.

Voilà, je me suis à nouveau lancée. J'espère que cela ne vous embête pas trop, cette tirade. Apparement, je ne suis pas la seule chez qui vous provoquiez un tel état.

Sur ce, je vous dis à bientôt! (en espérant trouver dans les prochains jours une réponse qui me sera destinée...) :)

Le professeur masqué a dit…

Nullus: les messages sont publiés dans l'ordre dans lequel ils sont envoyés. Malheureusement parfois...

Une réflexion comme ça: le MELS investit 4 milliards par année pour les enfants en difficulté d'apprentissage. Est-ce que ça paraît vraiment?

Une Peste! a dit…

Hors sujet.

Nullus,
Les casiers liliputiens du secondaire, c'était le questionnement tout le temps: je le laisse geler des pieds ou je lui impose de se casser la tête chaque matin, chaque soir pour récupérer ses bottes.

Chez Yellow, ils ont des chaussures pour jeunes hommes hip hip tendance ;-P .. des baskets de skate .. hivernisés!! Chauds et imperméables .

Y a a même avec des rebords camo(uflage), de sordides têtes de mort comme ils les aiment. J'ai dit au mien que je trouvais cela un peu déplacé et pas vraiment joli. Gnak, gnak, gnak.

Il est allé pronto les acheter. Il a les pieds au chaud et il a du style. M'man est contente de son subterfuge.

Je suis une peste poudevrai, ouais. ;-D

La Mère à Boire a dit…

Lud.: mon fils est justement en 4e année!

La Mère à Boire a dit…

Nullus. Mon fils est en 4e année. J'ai été sur le Conseil d'établissement de son école quand il était en 1re et 2e année. J'ai cessé en 3e année parce que j'avais l'impression que ça ne servait pas à grand chose, et que franchement, je ne vois pas ce que l'on pouvait bien apporter aux professeurs qui s'en tiraient très bien sans nous. Et je ne dis pas ça avec mépris pour eux, mais plutôt avec la sincère impression que le conseil d'établissement est une manière d'enlever du pouvoir aux professeurs, ce que je n'aime pas du tout. Ce sont des professionnels, et j'aimerais bien qu'on le reconnaisse. Je ne suis pas toujours d'accord avec ce que fait l'enseignante de mon fils, mais je me mêle de mes affaires et je la laisse faire son travail. Les parents envahissants m'énervent. Les emmerdeurs du genre à exiger que la dictée soit le vendredi au lieu du jeudi m'énervent.

Je me suis jointe à L'OPP: Organisme de participation des parents. Là, on fait une job de parent qui n'a rien à voir avec ce qui se passe en classe. Ca me va.

On participe à la levée de fonds, et on donne un coup de main pour organiser des fêtes, des activités spéciales, etc. L'an dernier, par exemple, je suis allée surveiller la cour d'école durant la fête de fin d'année. D'autres mères sont allées faire une fête pour Noel. Cette année, je propose que l'on revampe et regarnisse la bibliothèque scolaire.

Et je vais à toutes les rencontres parents-élèves. Toutes.

Nullus a dit…

La mère à boire, vous dites:

Nullus, je ne suis pas d'accord avec vous, là:

"Quand l'enfant arrive avec son devoir à faire où il doit faire un dessin de sa maison, lorsqu'il vit en logement, il se sent gêné et il commence à sentir «sa différence."

et

"Lorsqu'on invite les parents pour qu'ils leur parlent de leur profession et que l'enfant n'a qu'un parent et, pire encore, qui ne travaille pas... c'est vraiment discriminatoire. "

Désolée, mais pour moi, ça tomberait dans les accomodements complètement déraisonnables.


On change bien le cours de religion pour celui de culture religieuse, est-ce un accomodement raisonnable? Vous m'avez dit que ce n'est pas pour leur inculquer une croyance, mais pour qu'ils ne soient pas incultes et j'ai approuvé.

Si on leur demandait de dessiner UNE maison ou LA maison de leur rêve, ça éviterait ce genre de situation à mon avis.

Il est certain que l'enfant devient de plus en plus conscient de «sa» réalité en s'intégrant avec les autres parce qu'on se compare. Il ne peut passer à côté. Mais pourquoi faire par exprès pour aller mettre sa vie privée devant sa classe? A-t-on besoin de pousser jusque là?

De la même façon, on peut présenter des professions sans aller «fouiner» dans la vie privée des enfants. Des fois ça me donne l'impression qu'on fait tout pour en savoir plus sur l'environnement de l'enfant: c'est l'enquête.

Ce que ça fait d'éviter ça, c'est que ça évite des moments d'humiliation. Que vous en soyiez ressorti «plus forte», tant mieux madame la mère à boire. Moi, mon fils ne l'accepte pas trop trop sa différence. Mais je suppose que je n'ai pas bien fait mon travail de mère? Je continue à penser que ce n'est pas nécessaire de pousser jusque là pour atteindre le but d'où veut en venir l'enseignante.

J'ai beaucoup de difficulté à accepter cette mentalité en lui donnant comme excuse que «ça le rend plus fort». La vie offre ce genre d'occasion en masse. Tant qu'à ça, laissons les pauvres pauvres, ça va les rendre plus forts?

Vous l'avez dit que ça vous blessait et je sais que ça blesse aussi les autres.

Non, je ne comprends pas ça. Je me dresse comme un mur entre cette façon de faire et l'éducation primaire.

@ Professeur Masqué

Je ne faisais pas un reproche, c'était juste pour «situer» le moment de mon intervention.

Je ne sais pas si ça paraît tellement les milliards investit, mais probablement que ça paraîtrait si on les enlevait!!

Nullus a dit…

@une peste:

Je suis convaincue que beaucoup de professeurs sont compétents, font attention, font de leur mieux et AIMENT véritablement les enfants.

En quatrième année, un oral fut filmé par l'enseignante de mon fils. Lorsque je l'ai vu, j'ai failli le garder et aller le porter droit au directeur de la commission scolaire. Mais j'ai eu peur que mon fils se fasse culpabiliser et qu'il ait de la me... parce que tous les enfants avaient bien hâte de voir ce vidéo à la maison, avec leurs parents.

Erreur. J'aurais du le garder parce qu'on n'a jamais pu remettre la main dessus après la plainte que j'ai fait à la Commission Scolaire... d'ailleurs, ils n'ont même pas demandé à le voir!!!

Pendant l'oral de mon fils, l'enseignante l'a coupé après environ 30 secondes et lui a dit:

«Arrête, c'est trop ennuyant, on va aller le lire à la place».

Imaginez! Je sais que mon fils a travaillé fort sur son oral et l'avait pratiqué. Il était gêné et mal à l'aise, COMME BIEN D'AUTRES SUR CE MÊME FILM.

En plus, il était le seul à être cadré tout croche, un peu plus et elle le faisait sortir du cadre du film. C'était d'une évidence à faire pleurer.

Mais vous savez quoi? Il y en a qui utilise ces façons de faire lorsqu'ils n'ont pas un parent dans leur coeur. Cette enseignante ÉTAIT une amie avec qui j'ai habité dans ma jeunesse, on s'est retrouvé plus tard, très heureuses et tout aussi amie. Elle m'a même donnée tout son stock de bébés lorsque j'ai accouché. Mais lorsqu'elle a vu que mon fils avait quelques difficultés en classe, on s'est pogné. Et voilà la bitcherie qu'elle a fait: se venger par l'entremise de mon fils... qu'elle est supposée tant vouloir protéger.

Nous sommes des humains et avons des réactions parfois étranges, avouons-le.

Lorsqu'une enseignante fait une bêtise, on essaie d'étouffer l'affaire dans l'oeuf et toute la gang se tient.

Bon, je sais que je chiâle pas mal, ce doit être une accumulation de frustrations. Désolé. Je suis consciente que c'est la même chose de votre bord, ce ne doit pas être facile de «dealer» avec toutes sortes de parents et d'enfants.

Merci encore une fois pour cette porte ouverte à la discussion.

Le professeur masqué a dit…

Lud: vaut mieux tard que jamais. Voici un lien qui répondre à votre question. Une sympathique initiative de Dobby.

http://une-etoile-parmi-tant-dautres.blogspot.com/2007/07/messages-des-tagus.html

La Mère à Boire a dit…

"Moi, mon fils ne l'accepte pas trop trop sa différence."

Ça, ce n'est pas la faute de l'école.

Si pour chaque difficulté de votre fils vous pointez l'école du doigt, ouvertement, et devant lui en plus, eh bien non, je ne crois pas que ça va l'aider à devenir plus fort!

Personnellement, je crois que l'on aidera personne à aimer l'école si pour cela, on doit éviter de parler de ce qui est personnel aux enfants et aux adolescents. Ils appellent ça la pédagogie du vécu, si je ne m'abuse. Vous voulez qu'on tabouise tout ce qui est trop personnel parce que ça risque de mettre dans le malaise un élève de la classe? Et pourquoi tous les autres se priveraient pour lui?

Encore une fois, vous voulez un accomodement pour le cas très particulier de votre enfant. Ça ressemble pour moi à du nivellement par le bas, désolée.

Dans un exercice comme celui de dessiner sa maison, ou encore dans l'exercice qui consiste à parler de sa famille, il y a des tas d'enfants qui vivront un moment de partage agréable avec leurs confrères, en classe. Mais parce qu'il y en a UN qui n'a pas accepté sa situation particulière, il faudrait changer l'approche? et priver tous les autres? Pourquoi?

Je crois que c'est pénaliser l'ensemble de la classe, et qu'en plus, ça n'aide pas du tout le jeune qui est concerné.

La Mère à Boire a dit…

"Vous l'avez dit que ça vous blessait et je sais que ça blesse aussi les autres."

Et alors? le problème est-il le sujet de discussion en classe? ou le fait que ça blesse?

Si mon enfant était sérieusement blessé par une situation de ce genre dans sa classe, c'est pas contre l'école que je me dresserais! J'essaierais de renforcer mon fils, et de lui faire voir ce qu'il y a de riche à sa vie à lui.

Et franchement, il n'est encore qu'en 4e année, mais je pense qu'il est pas mal plus solide, intérieurement, que beaucoup de ses copains. Je ne vais pas m'en plaindre! j'ai fait mon gros possible pour qu'il en soit ainsi.

Nullus a dit…

@ une peste:

Gnak, Gnak, Gnak, vous êtes pas mal vite! ;-)

@la mère à boire

Vous dites:

Encore une fois, vous voulez un accomodement pour le cas très particulier de votre enfant. Ça ressemble pour moi à du nivellement par le bas, désolée.

Si j'avais les statistiques en main, je ne crois pas que vous pourriez dire: le cas très particulier de votre enfant.

À 6 ans, demander à un enfant d'accepter cette situation particulière, d'être hors norme, c'est comme un enfant noir qui réalise qu'on interdit de le faire entrer dans un restaurant parce qu'il est noir. Les temps ont un peu changé, heureusement.

Ce que «fait l'enseignante de mon fils», c'est de mes affaires, désolé moi aussi.

Il est dur de ne pas faire «devant lui» quand ils font tout «devant nous, donc lui aussi».

Nos points de vue sont irréconciliables et je préjérerais que l'on s'en tienne là avant que le Professeur Masqué ait à censurer nos commentaires.

Merci. Je suis fermée à toute autre discussion de votre part. Je sais, je vous entend déjà dire: on n'ira pas loin avec ça. Vous avez tout à fait raison.

Ou non, c'est ma propre conscience qui me dit on n'ira pas loin avec ça peut-être? Peu importe, c'est le cas et je ne culpabiliserai pas.

Lud. a dit…

Le professeur masqué @ merci pour le lien... je vais voir tout de suite! Mais ce n'est pas tard... j'ai à peine 20 ans!

à bientôt!

La mère à boire @ reste à savoir s'il va à l'école où je vivrai mon aventure!! ;)

Safwan a dit…

La pauvreté du coeur... Ça me fait penser à un élève à qui j'enseigne depuis deux ans (il y a deux ans et cette année). Il y a justement deux ans, il m'avait confié que ses parents n'étaient jamais là pour lui, qu'il devait toujours s'organiser seul, qu'il était hors de question qu'il puisse leur demander de l'aide. Il est dans un programme enrichi. On pourrait avoir le préjugé de penser que ses parents s'en occupent, et pourtant... C'est triste, d'autant plus que ce jeune aurait besoin d'aide. De plus, il souffre d'une maladie qui lui nuit parfois en classe. Il y a aussi les parents où l'un des deux travaille le jour et l'autre, le soir; le jeune ne voit jamais ni l'un ni l'autre. Ne pas se sentir désiré dans le monde des adultes, de «ses» adultes (les parents), de sentir qu'on les dérange, se savoir rejeté, c'est dévastateur, destructeur.

Le professeur masqué a dit…

Nullus et la mère à boire: je pense que vous êtes assez civilisées pour ne pas avoir besoin de médiateur. On jase, on apprend un peu de vue différent. Dans le fond, vos positions ne sont pas peut-être si irréconciliables que cela. Elles sont peut-être complémentaires.

Les enseignants doivent peut-être tenir compte de certaines réalités et sensibilités, mais les parents doivent peut-être s'assurer que leur enfant soit conscient du monde qui les entoure.

Je devine aussi que les réalité de Nullus (milieu urbain) et de La mère à boire sont quand même différentes.

La Mère à Boire a dit…

Eh bien, j'ai comme l'impression de comprendre où sont les difficultés, moi.

Et ça n'a pas grand chose à voir avec l'école!

Oui, à 6 ans, un enfant peut apprendre à accepter sa différence et sa réalité.

Je considère qu'un enfant qui a beaucoup de mal à accepter sa différence, c'est un enfant mal accompagné dans l'acceptation de cette différence. Mal accompagné par ses parents, principalement.

Si j'ai souffert, petite, d'être embarrassée par les questions concernant mes vacances, ma maison, ou ma famille, c'est parce que mes parents n'ont pas su me préparer à faire face à ces situations-là.

J'ai donc remédié aux lacunes de mes parents avec mon propre fils, et franchement, le résultat est probant.

Nullus a dit…

@ la mère à boire

Il me semblait bien que vous en remettriez une grosse couche.

Je n'ai JAMAIS dit que je ne l'aide pas à accepter cette situation et je lui ai même montré que cela ne lui enlève aucune chance dans la vie: il y a bien assez d'exemples pour ça, et même dans un environnement proche. Même dans ma famille. Je dédramatise la situation, mais je ne la dédramatise pas en ce qui concerne ma façon de voir les choses envers l'éducation lorsque je viens sur un blogue qui parle de ça et lorsque j'en discute avec certaines personnes en particulier.

Il sait que je suis un parent hors norme et il sait également que je l'assume. Il sait que je prends à coeur certaines causes et que nous avons même gagné des procès et fait avancer les choses dans notre propre vie et notre propre municipalité par des actions précises que j'ai faits.

Je n'ai également jamais «monté au barricade» devant cette situation précise (les maisons à dessiner et tout le tralala), devant lui. Il sait que certains des mes idéaux sont différents et il arrive que je donne mon opinion devant lui. Et je l'incite FORTEMENT à passer par-dessus ces détails puisque nous vivons en société et qu'on ne peut pas tout changer du jour au lendemain. Il y a des façons de faire, dans les institutions, où il faut apprendre à vivre avec et ne pas lâcher parce que plus on continue nos études, plus cela nous donne la chance de ne plus être sous l'emprise de certaines contraintes, mais qu'il y en aura toujours.

Dans votre commentaire, vous suppposez savoir d'où vient le problème et vous me pointez du doigt directement. Et, comme je l'ai déjà dit à une autre, il vous manque trop d'informations pour poser un jugement adéquat.

On dirait que vous vous prenez pour la mère parfaite et que vous me dites quoi faire... eille, dégonfle un peu la mère à boire.

Tant que vous ferez des suppositions qui culpabilise une personne en particulier par les bribes d'information que vous obtenez, ça ne sert à rien de discuter. Wouf! Grrrr! Bark!

Une femme libre a dit…
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La Mère à Boire a dit…

Une femme libre: "La vraie vérité, c'est qu'on n'est parfait ni comme parent ni comme prof. Et qu'on ne réussit pas tout. Et que parfois on a des interventions pour le moins inadéquates et avec nos enfants et avec nos élèves."

Oui, c'est vrai. Tout cela est vrai!

Mon absolue conviction est que l'écrasante majorité des difficultés auxquelles devra faire face un adulte trouvent leur source, leur explication, dans le vécu familial, et dans les circonstances de la vie en milieu familial, à la petite enfance et à l'enfance.

Certaines de ces difficultés origines de circonstances qui sont hors du contrôle des parents. La maladie, les accidents, les agressions de l'extérieur. Mais même l'impact de ces circonstances hors du contrôle des parents est déterminé par le vécu familial. Si une difficulté extérieure est terriblement difficile à surmonter, c'est qu'on l'aura mal préparé à faire face aux difficultés de la vie.

Je ne me ferai pas d'amis avec ce que je dis là. Et en plus, je sais que c'est parfaitement politiquement incorrect d'insinuer que tout, ou presque, origine des parents et du milieu familial. C'est pourtant mon intime conviction.

La première étape, et probablement la plus importante, c'est l'introspection honnête, brutale, sans faux-fuyant.

Nullus a dit…

Sur ce, je vous dis également «au revoir» à tous. Merci Professeur Masqué pour ce lieu de rencontre et de partage. Ce n'est pas que je me défile, mais je dois retourner à mes occupations et mes projets. Ça demande quand même du temps ces discussions-là! Il est bon d'en faire cependant.
Merci encore une fois et bonne continuité.

Je vous laisse sur une petite réflexion:

Un enfant unique se suicide dans une famille pauvre ou hors norme.
(Cas connu)

Un enfant se suicide dans une famille où il y en a cinq autres qui semblent être heureux et qui ont trouvé leur place et sont parfaitement fonctionnels.(Cas connu)

Dans la première famille: on culpabilise les parents.

Dans la deuxième famille... je vous laisse deviner.

Il faut quand même admettre que chaque individu a la possibilité de réagir différemment aux événements et ça fait partie de la nature humaine.

On peut essayer de prévenir, de guérir, mais en dernier ressort, c'est l'individu qui décide. Il est des natures plus fragiles que d'autres et oui, portons-y toute notre attention et non, on ne peut s'empêcher de vivre à cause de cela.
Je crois que c'est là un débat qui n'en finira jamais.

La Mère à Boire a dit…

"Un enfant se suicide dans une famille où il y en a cinq autres qui semblent être heureux et qui ont trouvé leur place et sont parfaitement fonctionnels.(Cas connu)"

Dans la première famille: on culpabilise les parents.

Dans la deuxième famille... je vous laisse deviner.

Eh bien tout le monde sauf moi. Parce que la deuxième famille, même si la dynamique parentale a bien fonctionné sur 4 enfants, ils se sont clairement plantés pour le 5e.

Tout le monde dit toujours que chaque individu est différent, unique. Eh bien les parents qui ont 5 enfants à élever, ont 5 individus différents à élever. S'ils appliquent leur parentage comme une recette fixée, sans s'ajuster aux besoins particuliers de l'un des enfants, ils risquent de se planter comme ça aura été le cas dans cette famille-là.

Plus fragile, oui. Au point de se suicider? Papa, maman, wake up.

Une femme libre a dit…

Bon, ça y est, les parents des adolescents qui se suicident sont aussi responsables de ce drame! Il faut vraiment peu connaître la dynamique des suicides adolescents pour proférer une telle énormité. Je tiens à dire que je ne suis pas d'accord avec cette affirmation gratuite. Pas trop nécessaire de me répondre en mille copies pour prouver votre point. On le sait que vous avez toujours raison.

La Mère à Boire a dit…

"Une femme libre", pour moi, il y a énormément d'hypocrisie dans tout ce qui concerne le suicide. La vérité, c'est qu'on ne veut pas la voir, cette vérité. Parce qu'un suicide, c'est un drame dans une famille, et qu'on ne veut pas tourner le fer dans la plaie de ces familles-là. Mais pour éviter de blesser ces gens-là, on risque d'éviter de sauver quelques victimes de leur éventuel suicide en cherchant à vraiment comprendre! Parce qu'on ne veut pas dire les choses telles qu'elles sont. C'est complètement inacceptable, socialement, de dire cette vérité-là: "Vous avez été incompétent à faire de votre enfant un être solide intérieurement. "

L'énormité, pour moi, c'est de refuser de dire qu'il y a un lien entre les parents, et le suicide de leur enfant.

C'est trop intolérable, comme idée.

Alors on va dire que c'est à cause de la société, de l'amour, d'un problème hormonal...

Qu'est-ce qui vient en premier: l'oeuf, ou la poule?

La Mère à Boire a dit…

Une femme libre, vous dites:
"Il faut vraiment peu connaître la dynamique des suicides adolescents pour proférer une telle énormité."

Et vous la connaissez, vous, cette "dynamique"?

Si on la connaissait si bien, on ne serait pas face à un problème aussi criant de suicides, au Québec.

La Mère à Boire a dit…

De toute façon, au Québec, on se croit très "hot", très progressiste, très moderne, très ouverts.

La vérité c'est qu'il y a autant, sinon plus de tabous aujourd'hui qu'il n'y en avait à l'époque de Duplessis.

Il y a des notions qui sont inacceptables, et sur lesquelles on ne s'arrête même pas trois secondes pour réfléchir tellement elles sont inacceptables. L'un de ces tabous tenaces, c'est la responsabilité parentale. Non, c'est refusé, rejeté, inacceptable, et on ne se penchera même pas sérieusement sur la question. C'est "non", un point c'est tout.

Ça me fait penser au Doc Mailloux et à son scandale à Tout le Monde en parle. L'important, ce n'était pas d'analyser et de comprendre ce qu'il avait dit. L'important, c'était qu'on était une société ben trop gentille pour même commencer à réfléchir à une telle idée.

On est vraiment une société de tueurs d'intelligence.

PapaThème a dit…

Vous parlez de la DPJ.. c,est justement MA SPÉCIALITÉ...
Voyez par vous même...

http://papatheme.positifforum.com/forum.htm