07 décembre 2007

La CSDM et le français

La semaine dernière, la CSDM (Commission scolaire de Montréal) annonçait qu'elle entendait développer un plan d'action pour améliorer le français de ses élèves. On ne peut pas être contre la vertu, il faut l'avouer. Ce matin, Le Devoir publiait une lettre de la président de cette commission scolaire qui expliquait le bien-fondé de cette démarche.

Permettez-moi tout d'abord de soulever que celle-ci illustre bien comment le système d'éducation au Québec fonctionne de façon.

Premièrement, la CSDM veut se doter d'un plan d'action sur le français alors que le MELS devrait publier le sien sous peu. Il y a sûrement des particularité régionales dont il faut tenir compte dans le cas de Montréal, mais n'a-t-on pas là un exemple patent de manque de coordination entre les différents intervenants scolaires? Est-ce moi qui comprend mal ou est-on en train de redoubler une même démarche? Oh bien sûr, Mme De Courcy prend bien soin de montrer qu'elle n'est pas à la traîne en écrivant: «D'ailleurs, bien avant que ne s'engage le récent débat sur l'apprentissage du français au Québec, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) s'affairait à préparer un important projet: mobiliser ses enseignants autour de la qualité du français.»

Mais peut-on sourire quand ce débat date de toujours et a commencé à reconnaître de la vigueur dans l'actualité il y a plus de deux ans? Peut-on sourire quand le MELS, lui, est déjà en mode écoute depuis plus d'un an?

Deuxièmement, après tout le blablabla du début de sa lettre (quand on en est rendu à mentionner Orsenna, c'est parce qu'on est loin du plancher des classes), Mme De Courcy explique que «Ce débat appartient à ceux qui enseignent le français et qui font l'école. Il est temps qu'ils aient la parole et qu'ils occupent l'avant-scène. On a vu trop de ces gens qui méconnaissent l'école s'improviser experts sans apporter quoi que ce soit de concret ou, minimalement, de constructif. Pour faire évoluer l'apprentissage du français, tous devront conjuguer leurs efforts.»

Chasuble! Mais ce qu"il en faut du temps à un décideur de l'éducation pour se rendre compte d'une telle évidence!

Bon, j'arrête ici de me moquer doucement parce que le reste de la lettre de Mme de Courcy est véritablement porteuse d'espoir quant à certaines perceptions qu'elle a de la situation actuelle. J'en cite un large extrait:

«À titre d'exemple, que faire pour les nombreux élèves du primaire qui perdent leurs repères une fois entrés au secondaire? Peut-on penser organiser des sessions conjointes de travail avec des enseignants du dernier cycle du primaire et du premier cycle du secondaire afin de faciliter la transition? Mettre sur pied des activités institutionnelles de promotion et d'amélioration du français oral et écrit? Donner accès à plus de dictionnaires et de grammaires? Jumeler des bibliothèques scolaires, des bibliothèques municipales et des bibliothèques virtuelles?

Créer un groupe de travail rapprochant les cégeps et la CSDM afin de trouver des moyens de réduire les écarts en français observés à l'arrivée au collégial? Réfléchir sur la formation initiale des enseignants à l'université? Ce sont autant de discussions qui ont présentement cours à la CSDM pour élaborer des modèles prometteurs ou conserver des moyens qui ont fait leurs preuves, comme la dictée... »

Intéressant. Très intéressant. C'est à suivre.

4 commentaires:

Hortensia a dit…

Aucun rapport avec le propos de ton billet, mais, as-tu résolu le mystère de l'anglicisation de l'interface de Blogger?

souimi a dit…

Je lis votre billet, Prof Masqué, et je ris sous cape. Il y a environ 15 ans, j'étais "le lien" entre le primaire et le secondaire. Je donnais des ateliers pour que les élèves vivent cette transition en douceur. C'était dans une commission scolaire anglo.
Puis là, je vois qu'on croit inventer la roue en proposant la même chasuble d'idée. Je souris...
Vous savez, j'ai eu une discussion particulièrement intéressante avec ma directrice de niveau cette semaine. Je lui ai dit que j'avais toujours refusé des postes en administration scolaire ou bien comme "conseillère pédagogique"(juste le titre me fait cramper), parce que j'avais toute la patience de l'univers avec les jeunes mais que je n'en avais aucune avec les adultes....

WOW! Transition primaire-secondaire. WOW! On vient d'inventer la roue....ppppffff.....

bobbiwatson a dit…

Madame De Courcy a de très bonnes idées. Trop bonnes peut-être!!! C'est bien beau de faire des efforts pour le français dans nos écoles : mais il faut en avoir les moyens. Le pont cordé entre la 6e année et le secondaire ne devrait pas être pensé : il devrait déjà être là.
Espérons que la ministre Courchesne entendra Madame De Courcy malgré le fait qu'elle (la ministre) s'attaque actuellement au décrochage scolaire chez les autochtones et veut proposer un guide des accomodements raisonnables dans les écoles.
Notre ministre est vraiment TRÈS occupée. Souhaitons qu'elle saura prendre position rapidement.

montrean a dit…

Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!

Merci à l'avance!

CENTRE-VILLE DE MONTREAL

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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos

Déjà un demi-millier d'infractions possibles à la loi 101!

www.imperatif-francais.org/.../montreal-anglais.html