19 décembre 2007

Votre rétrospective 2007

D'ici quelques jours, après la tourtière et la dinde, les médias se livreront à leur rétrospective annuelle traditionnelle. Alors, avant de nous laisser conditionner par les propos des autres, je vous suggère de vous livrer à un petit exercice tout simple en répondant à la question suivante:

Quels ont été, d'après vous les cinq événements qui ont marqué l'éducation cette année 2007?


Je ne vous cacherai pas que cet exercice me sera fort utile et que vos opinions sont les bienvenues!


12 commentaires:

la marâtre a dit…

C'est moi ou les journaux s'en sont donnés à coeur joie dans le sensationnalisme-école (l'enfant dans la "cage", alouette).

Il ne faudrait pas oublier la Ministre de l'éducation qui parle en mal de notre chère réforme et de l'arrivée de VRÂ bulletins chiffrés (est-ce que mon ironie est palpable? )...

Présentement, à froid, c'est les 2 seuls éléments marquants qui me viennent en tête, car les 3 autres sont plus personnels concernant ma propre pratique... Peut-être l'occasion d'un billet plus personnel chez moi! :)

Mario Asselin a dit…

Mes choix, spontanément, sans trop réfléchir:
5- Le topo de Radio-Canada «La leçon de discrimination» qui n'a laissé personne indifférent.
4- L'entrevue de la ministre de l'Éducation (MELS) au Franc-Tireur qui a révolté les professionnels du gouvernement en éducation; les effets vont se faire sentir longtemps...
3- Les élections scolaires de novembre qui ont démontré que le statu quo n'était plus possible devant si peu d'intérêt pour notre démocratie scolaire; les effets vont venir en 2008, mais il faudra se souvenir que l'origine des secousses vient de 2007.
2- L'élection en mars de l'ADQ en tant qu'opposition officielle qui a «forcé» le gouvernement libéral à prendre des décisions sur le bulletin scolaire qui ont beaucoup secoué le vécu scolaire en général et les salles de profs, en particulier.
1- Le déploiement des ordinateurs XO du programme OLPC qui ne change pas la donne pour l'instant, mais qui n'a pas fini de bousculer les pratiques en éducation sur le plan mondial. De 2007, on dira que c'était l'an UN de l'initiative!

N.B. Si je peux me permettre un ajout: la relative vigueur de l'édublogosphère qui a pris son envol en 2007!

bobbiwatson a dit…

Le retour du bulletin chiffré a suscité de grandes controverses.
*Le cours d'éthique et culture religieuse fait de grosses vagues.
*Accomodements école : la ministre proposera une grille des accomodements raisonnables dans les écoles!
*L'importance de l'enseignement du français prend toute sa place.
*La nouvelle matière enseignée en histoire soulève des tollés d'indignation!
*Échec de la réforme en lecture au primaire (Le Devoir 30 novembre 2007) : on peut en prévoir un au secondaire.
*La problématique des devoirs : on en donne ou on n'en donne pas????

Missmath a dit…

Pas facile comme exercice.

Je dirais...

- Le retour des bulletins chiffrés et la Ministre Courchesne
- Le Colloque qui url (APOP, premier colloque en ligne)
- La première non-conférence sur l'éducation 2.0

La Marsouine a dit…

1- Mon arrivée dans le domaine de l'enseignement

2- Mon départ du domaine de l'enseignement

3- Mes commentaires sur l'éducation

4- La sortie stupide et imbécile de Mario Dumont sur le cours Éthique et culture religieuse

5- La réponse d'Alexis Wawanoloath au même élu précédemment cité.

Et je le dis en toute modestie! :P

noisettesociale a dit…

1- Le débat sur le manque de dictionnaires (et de matériel pédagogique en général) dans nos écoles et le cas pathétique des enfants qui devaient vendre des canettes pour financer l'achat de dictionnaires pour leur école. (Personnellement, j'ai trouvé que c'était du sensationnalisme de mauvais goût et que ça penchait vers la démagogie mais je pense que ça vaudrait la peine de s'y intéresser, ne serait-ce que pour se révolter du traitement de la nouvelle.)

2- Tout le débat entourant le bulletin chiffré ou non

3- La qualité de la langue et de l'enseignement en général

4- Le cours d'éthique et de culture religieuse

5- La croisade contre les devoirs et tout le débat qui a suivi par rapport aux parents qui s'impliquent de moins en moins dans l'éducation de leurs enfants et qui croient que l'école devrait tout faire pour les accommoder en autant que ça fait leur affaire, etc.

Évidemment, il y a plein d'autres trucs touchant l'éducation auxquels on a eu droit cette année mais c'est ce qui me vient pour l'instant et d'autres commentateurs ont pris soin de soulever d'autres points intéressants à ma place.

Hortensia a dit…

Tout ce qui me vient à l'esprit a déjà été relevé. J'ajouterais que, depuis quelque temps, on sent gronder un peu plus fort la colère et l'insatisfaction des enseignants de tous les niveaux par rapport à leurs conditions de travail et devant la mauvaise foi du gouvernement et de l'opinion publique à leur égard.

Dis donc, je suis curieuse: à quoi cet exercice te sera-t-il utile?

Safwan a dit…

Idem que Mario Asselin pour les points 1 à 4. J'ajoute le retour de la dictée comme panacée à la piètre qualité du français de nos heun' ;-P

Jean-Pierre Proulx a dit…

À Mme Hortensia qui évoque "la mauvaise foi" de l'opinion publique à l'égard des enseignants.

Menant depuis 15 ans des travaux sur l'opinion publique en éducation, je peux vous dire que les sondages révèlent de façon constante que plus de 90% des Québécois font confiance aux enseignants soit dans une proportion à peu près égale à celles qu'ils accordent aux médecins, aux infirmiès, aux policiers et aux pompiers.

En réalité, les études montrent qu'ici comme en Europe, les enseignants ont d'eux-mêmes une image plus négative que celle que s'en fait l'opinion publique. Mystère!

En revanche, le public fait peu confiance (35%) environ aux journalistes et aux syndicats.

Pour en savoir plus long sur l'opinion publique et l'éducation, télécharger Opinéduq http://opineduq.scedu.umontreal.ca/

Hortensia a dit…

Monsieur Proulx
Je connais ces chiffres, mais, en tout respect, ils me rendent sceptique malgré tout. Je ne sens pas qu'ils correspondent à ce que je vois et entends dans la réalité. J'ai l'impression que si on pose la question au gens de manière théorique, les réponses correspondent effectivement aux chiffres. Par contre, dans les faits, il me semble que, dans les médias et dans l'opinion publique en général, on cherche sans arrêt des poux aux profs. Cela dit, peut-être mon impression est-elle faussée par une hypersensibilité toute personnelle sur le sujet et par le très mauvais souvenir de nos dernières négociations où nous nous sommes faits bâillonner de la manière que vous savez. Il ne s'est pas trouvé bien des gens pour s'en indigner, mais bon, cela est un autre sujet.
Merci d'avoir pris le temps de m'écrire. Je vais sûrement aller fouiner sur le site dont vous me donner l'adresse.

Jean-Pierre Proulx a dit…

À Mme Hortensia,

Grand merci pour votre commentaire fort pertinent. Il me suggère les réflexions suivantes:

1- Il est fort possible que les enseignants renvoient deux images auprès du public: a) celle qui s'installe ou s'est installée à partir de l'expérience individuelle de la relation maître-élève ou encore de la relation parent-maître-élève; b) celle qui se construit à partir de l'image médiatique, à travers les reportages, les éditoriaux, les lettres aux lecteurs, etc.

Il est probable que la statistique positive que je citais dans mon commentaire provienne de l'expérience individuelle et qui suscite la confiance. Vos impressions reposent sans doute sur la seconde. Cette dernière n'est pas que le résultat de l'écriture des méchants journalistes (je le fus au Devoir pendant 17 ans!) mais découle aussi des faits rapportés. En période de négociations en particulier, les faits hérissent parfois.

Prenons un exemple classique: le boycott des sorties culturelles décidés par vos collègues du primaire et du secondaire. Quand on souhaite que les enseignants soient des "passeurs culturels" (Inchauspé), la contradiction frappe en plein front! Ma fille qui enseigne les arts plastiques, n'a pas vraiment apprécié. Si on avait recommandé le boycott des bibliothèques, je ne suis pas sûr que vous auriez apprécié!

2) Il faut faire attention par ailleurs à nos impressions médiatiques. L'esprit humain a tendance à se forger des impressions à partir d'un nombre de cas insuffisants pour être significatif au plan statistique. Donc, il faut parfois se faire critique de ses propres impressions. Je ne connais malheureusement pas d'étude sur l'image de la profession enseignante (qui est aussi la mienne depuis 16 ans) dans les médias.

3- Je change de sujet. Je viens de découvrir votre carnet. Que d'humanité dans vos propos. Toutes mes félicitations.

Pour ma part, je sévis sur le blogue du Réseau pour l'avancement de l'éducation au Québec (RAEQ) http://recit.org/raeq/

On s'y prend très au sérieux!

Nous sommes à 1h55 de Noêl. Je vous souhaite ainsi qu'aux lecteurs de ce carnet, un Joyeux Noël.

Jean-Pierre Proulx

Le professeur masqué a dit…

La marâtre; il n'y a pas de quoi à faire une première page avec un prof qui se dévoue pour ses élèves. On le paie pour cela. Par contre, un téléphone de parent et bang! on a un reportage!

M. Asselin: j'ai pensé à l'aspect TIC, mais je ne crois pas que le phénomène soit assez répandu dans toutes les écoles, malheureusement.

Bobbi: le débat entourant l'histoire date de 2006. Quant aux accommodements, les choses sont plutôt calmes dans les écoles, règle générale.

Miss math: un peu comme je l'écrivais à M. Asselin, les tics n'ont pas volé la vedette cette année. Il n'est pas dit qu'il y a des mouvements de fond, des tendances qui commencent à se manisfester.

Noisette: ons e rejoint pas mal dans nos visions des choses. Par contre, le débat sur le matériel est assez présent au cours des dernières années, ce qui est désespérant en soi.

Hortensia: je vous répondrai sur une adresse personnelle.

Safwan: pour moi, la dictée avec l'ADQ et son influence sur le débat politique.

M. Proulx (et Hortensia): vos chiffres sont assez justes. Une partie de la mauvaise estime de soi des enseignants peut s'expliquer parce qu'ils sont des êtres sensibles et dévoués qui supportent mal qu'on les critique au lieu de les appuyer dans leur mission un peu folle qui consiste à enseigner dans un système d'éducation assez mal en point.

Un autre aspect est bien sûr tout ce discours gouvernemental dévalorisant quant arrive la négociation d'un contrat de travail... On y a goûter pas à peu prè depuis quelques années. Quand ton patron te dévalorise, ça t'affecte.