01 août 2007

Le matériel scolaire du Journal de Mouréal

Un peu comme si Safwan pouvait influencer le contenu du Journal de Mouréal, cette semaine, le distingué quotidien de la rue Frontenac y allait d'une série d'articles sur les achats reliés à la rentrée scolaire (1, 2 et 3).
Honnêtement, on ne peut pas dire que celui-ci a fait preuve d'une grande rigueur journalistique. Pour démontrer qu'il en coûtait cher aux parents, Philippe-André Piette a évalué à combien se montaient les articles scolaires demandés par quatre écoles choisies au hasard. Selon son enquête, il pourrait ainsi en coûter jusqu'à 230$ par enfant! Aux armes, citoyens! Vite, faisons la révolution!

On verra que, dans les faits, ce montant n'est pas exagéré, sauf que la façon de parvenir à celui-ci est plus que discutable.

Un certaine méconnaissance du dossier

Premièrement, le journaliste a inclus dans les quatre écoles qu'il a retenues deux collèges privés (Beaubois et Saint-Alexndre) qui ne sont pas tenus de limiter les frais exigés aux parents. Il n'est pas étonnant d'ailleurs que ce soit eux dont la facture est la plus élevée.

Deuxièmement, ce journaliste ne semble pas savoir que les écoles publiques ne peuvent pas exiger certains items des parents, par exemple les sacs à dos, les boîtes à lunch, les dictionnaires et autres ouvrages de référence. Mais, pour étayer son plaidoyer, il cite les propos d'une maman qui manifestement envoie son enfant dans une école privée, ce qui n'est pas le cas de la majorité des parents québécois : «Il faut que je prévoie 300 $ de plus pour des manuels et un autre 300 $ pour du matériel et des activités», soupire Mme Gendron.

Troisièmement, M. Piette a effectué ses achats dans un «magasin d’articles de bureau», ce qui n'est pas toujours le lieu propice aux aubaines, on en conviendra. Pas étonnant qu'il ait acheté une règle de 30 cm à 4,99 $...

Quatrièmement, M. Piette semble manifestement ignorer le coût d'un dictionnaire. En effet, pour montrer que tout coûte cher, il cite encore Mme Gendron qui se plaint du prix d'un dictionnaire: «Pour Le Petit Larousse, j’attends de voir ailleurs, ils le vendent 40 $ ici!» À ce prix, elle aurait mieux fait de l'acheter parce qu'elle faisait une bonne affaire, je crois.

Cinquièmement, nulle part, ce journaliste abordre la question des cahiers d'exercices. Pourtant, ils constituent une bonne partie de la facture reliée à la rentrée.

Des conseils mal avisés

Mais heureusement, le Journal de Mouréal prend soin de préciser à ses lecteurs qu'il est possible de déroger à ces «fameuses listes» en interviewant Charles Tanguay, de l'Union des consommateurs: . «Les enfants ne seront pas expulsés de l'école parce qu'ils n'ont pas la bonne marque de stylo.» Quel dommage! Avez-vous pensé aux manchettes qu'un pareil incident aurait faites?

Toujours pour en rajouter, M. Thibault, qui semble n'avoir jamais enseigné, «insiste sur le fait qu'il n'est pas nécessaire de suivre à la lettre les listes d'effets scolaires». Il y va d'ailleurs du judicieux conseil suivant: «Ça peut même valoir la peine d'attendre jusqu'après la rentrée, pour profiter des meilleurs spéciaux.» Fiston aura juste à poireauter en classe pendant que les autres travailleront.

Pour ma part, il aurait été intéressant d'indiquer qu'il existe des organismes communautaires qui donnent gracieusement du matériel scolaire à la rentrée, que les écoles peuvent offrir des délais pour le paiement de certains effets indispensables, etc., sauf que cela ne faisait peut-être pas assez sensationnaliste.

Un montant assez juste malgré tout

Malgré les nombreuses erreurs que recèlent les différents textes de M. Piette, il n'en demeure pas moins que le montant de 250$ auquel il parvient est assez près de la réalité si je me base sur ce que mon école exige des parents. Seulement, tant qu'à semer la tempête, peut-on être un peu plus rigoureux?

D'ailleurs, dès le lendemain, dans le courriel des lecteurs du JdeM, certains émules de Gilles Proulx n'y allaient pas de main morte. Un d'entre eux se demandait même pourquoi tout cela n'était pas gratuit comme en Ontario. Gratuit en Ontario? Quelqu'un peut-il m'indiquer si cette affirmation est vraie ou a-t-on publié n'importe quoi?

Enfin, je ne peux m'empêcher de relever que le journaliste Piette a conclu un de ses textes par la phrase moralisatrice suivante: «L’enquête éclair du Journal met en doute l’efficacité des mesures annoncées par le gouvernement Charest en novembre 2005» afin de limiter les frais exigés aux parents.

Moi, c'est son enquête dont je doute.

27 commentaires:

Safwan a dit…

Le Journal aurait dû m'envoyer faire ce reportage: j'avais déjà un bon début, comme tu l'as écrit, avec ce billet ;=P

Blague à part, souvent, je me dis que plusieurs de mes élèves feraient du meilleur boulot que certains «journalistes» (remarquez les guillemets) du Tabloïd de Montréal.

la marâtre a dit…

Le dictionnaire et le bescherelle dont il est fait question dans l'article ne sont pas des articles courants que la plupart des maisons (devraient posséder) possèdent? Et si les parents ont plusieurs enfants, à ce que je sache, le même dictionnaire peut servir à tous les enfants, puisque cela sert à la maison, l'école fournissant des dictionnaires.

Pour avoir travaillé en milieu défavorisé et favorisé (les 2 extrêmes sur l'échelle), les listes diffèrent beaucoup. Le milieu sait ce que les parents peuvent acheter. Je ne me sens pas mal d'avoir demandé 2 duotangs rouge à 33 sous, surtout quand je les vois arriver avec un duotang rouge de Spiderman à 5.99$... Pour avoir eu à payer la liste de ma classe pour ma petite personne, le tout m'aura coûté, en magasinant au Dollarama la moitié des articles, je dirais... un gros 8$, plus un 20$ au Wal Mart.

Et c'était un milieu favorisé. Bon, je n'avais pas le sac à dos tel qu'exigé sur ma liste (c'était sur ma liste dans mon école), mais pour un enfant de primaire, un sac à 20$, ça existe et ça se trouve facilement. Toujours loin des 250$.

Disons que ce journaliste a tenté de faire sensationnaliste avec quelque chose qu'il ne maîtrisait pas. La prochaine fois, je l'emmenerai magasiner avec moi. Il apprendra à dénicher des aubaines. ÇA, ce serait un scoop!

J. RAFFE a dit…

Je crois tout de même qu'il y a des pratiques à revoir, surtout dans les milieux défavorisés. Dans notre vie de tous les jours, on veut tout avoir. Cette tendance se reflète dans les listes scolaires et je trouve ça navrant... Finalement, il ne faut pas grand-chose pour apprendre, il ne faudrait pas l'oublier.

Le professeur masqué a dit…

Safwan: le métier de journaliste est ingrat. on te demande de pondre rapidement un texte. C'est juste que parfois, je ne sais pas, mais tu vérifies un peu plus avant au cas...

La marâtre: effectivement, mais avant le dictionnaire, il faut acheter le 4 roues, la X Box, la troisième télé au plasma, un e-pod, des cellulaires. Quoi d'autre?

Vous devriez nous faire ça, une billet «je magasine avec la Marâtre»! Ça pourrait être intéressant.

J.raffe: tout comme la Marâtre, je pense que les profs ont assez de bon sens pour s'ajuster, le cas échéant. Il restera toujours quelques individus sans coeur et sans conscience...

Magrah a dit…

Pour les parents qui ont plusieurs enfants, c'est vrai que la facture peut être un peu salée.

Je travaille en milieu défavorisé, et il arrive que certains élèves n'aient pas la totalité de leur effets scolaire avant octobre. Je dois, à tous les ans, fournir des cahiers canada aux élèves qui n'en ont pas encore après l'halloween.

Au cours de l'année, je référere toujours 2 ou 3 élèves au responsable la banque de cartables usagés de l'école parce que ceux-ci n'en ont qu'un ou deux pour toutes leurs matières. Et, depuis deux ans, je gruge quelques miettes dans le budget réforme pour pouvoir fournir les chemises-pochettes qui serviront de portfolio aux élèves pour les deux ans du cycle.

Les dictionnaires (français et bilingues), les bécherelles, les thesaurus et les calculatrices scientifiques sont prêtés aux élèves, soit par le billet de la bibliothèque, ou alors ils sont mis à leur disposition dans les classes. Les parents n'ont pas à fournir ça. Même les disquettes sont devenues inutiles depuis que chaque élève a un espace personnel sur le portail de notre CS.

L'an dernier, j'ai offert à une élève le cahier d'exercices dont elle avait besoin en anglais. Depuis septembre qu'elle utilisait un cahier que la maison d'édition m'avait envoyé en essai en prenant soin de ne pas écrire dedans. Rendu à la mi-novembre, voyant qu'elle commençait à être génée de venir me le demander, je lui ai dit d'écrire son nom dedans, que je lui donnais. Le problème, c'est qu'il avait été zébré par la bibliothécaire, et ça me fait penser que je n'ai toujours pas régler ça avec elle... oups! ;o)

Mooki a dit…

le JOURNALISTE Piette? Pas Philippe-André Piette? Le barman blogueur devrait se limiter à sa chronique sur les bar...

Dobby a dit…

J'allais dire la même chose que mes consoeurs, 250$ n'est pas du tout réaliste. De un, un dictionnaire peut faire, à la maison 5 ans, et même 10 ans. De plus, il est possible d'aller chercher les ouvrages de références dnas les livres usagés; même s'ils ont un an de fait, ils seront bons pour un autre 4 ans à moitiéprix.

Quant au reste, bien souvent la majorité des articles peuvent durer pour l'année d'après. Les stylos ou crayons veutres ou de bois qui ne sont pas finis par exemple. On repouse le "paiement" de ces "nouveaux" articles de manière intelligente au moins puisque fiston peut commencer à travailler dès le premier jour!
Un étui à crayon reste un étui à crayon. Si on en achète un qui semble solide, il peut faire 2,3, et même 4,5,6 ans! J'ai fait de ma première à mon secondaire un avec le même étui.
La règle, si on n'achète pas les foutus modèles mous qui une fois pliés déforment les mesures, peut durer des années, surtout si on peye un peu plus pour avoir une règle en métal, quoique le bois fait aussi (et si votre enfant la pète, pétez lui une petit crise, parce que fuat le faire, la mienne en bois a duré un bon 20 ans!)

J'arrête avec mes exemples, mais voilà. Faut savoir gérer, récupérer, et surtout acheter du bon matériel qui dure comme la marâtre le dit sur son blogue.

En tout cas, le journaliste est vraiment dans le champ, 250$..... Et les 600$, wow, où elle a pris çam la madame? Ça me coûtait ça gros max 250$ au secondaire privé pour tout: crayons, matériel spécial, livres USAGÉS. Aujourd'hui ça serait quoi, 10 ans plus tard, gros max 300$ Et encore, ce ne sont pas les fournitures scolaires qui ont le plus augmenté depuis 10 ans. Et pour les manuels, pas obligé d'avoir des neufs quand on peut avoir les "ceusses des autres" à moitié prix, et les revendre l'an d'après pour avoir un bout du budget de fait, et les écoles fournissent ce service. Pour ce qui est neuf, bien, on revend voilà!

Ness a dit…

Je ne sais pas où il a magasiné, mais visiblement il a oublié de faire les pharmacies où il y a souvent beaucoup de spéciaux. Et il y a aussi le Wal-Mart qui a parfois des bons spéciaux. L'important est de magasiner et de commencer tôt l'achat des effets scolaires.

Aussi, il n'est pas nécessaire d'acheter un nouveau dictionnaire à chaque année. Donc le 40$ pour le dictionnaire + 25$ pour la grammaire et autres, les parents ne doivent pas le payer à chaque année...

Monsieur Piette pensait faire un bon coup et il s'est planté. Too bad!!!

J'ai une amie qui enseigne en Ontario et il me semble l'avoir déjà entendu dire que le matériel scolaire de base était fourni gratuitement aux élèves. Ainsi, ils n'ont pas à acheter de crayons de plomb, effaces, stylos, etc.

Je revéréfie auprès de ma source et je vous reviens là-dessus.

Anonyme a dit…

Je viens seulement répondre à cette partie du billet: "Gratuit en Ontario? Quelqu'un peut-il m'indiquer si cette affirmation est vraie ou a-t-on publié n'importe quoi?"

Oui, effectivement, le matériel scolaire est gratuit en Ontario. On exige seulement que l'enfant apporte son coffre à crayons, et encore, s'il n'en a pas, ce n'est pas la fin du monde. Nous avons un budget, et à la fin de l'année, nous recevons des "trousses" pour chaque élève. Si les élèves dépassent ce qu'on leur donne (et ça arrive souvent, surtout avec les crayons et les gommes à effacer), nous leur en donnons tout simplement d'autres.

-enseignante de 4e année dans la capitale nationale ;)

Le professeur masqué a dit…

Youppie! On a du monde et des informations intéressantes!

Magrah: on voit que le gros bon sens s'applique. Le seul défaut est que c'est parfois l'enseignant qui en fait les frais. Une question cependant, et je ne veux pas paraître trop réactionnaire, mais souvent on dit que les parents préfèrent acheter une X-box que du matériel scolaire. Est-ce le cas?

Mookie: peut-être a-t-il compté double? (C'est une blague: je ne veux pas le voir débarquer ici et me faire une scène comme celle doit on ne doit pas prononcer le nom...)

Doobie: avec de l'imagination, il est facile de réduire cette facture. Et puis, il y a le ré-utilisable quand même.

Un point cependant: Fille masquée va à l'école privée (ce n'est pas mon choix, mais elle est heureuse dans ce milieu, alors pourquoi me battre?). Et la facture est assez salée merci. Je vous reviendrai là-dessus.

Ness: les Jean-Coutu, on les avait oubliés, ceux-là! C'est vrai qu'ils vendent souvent à perte certains items pour attirer la clientèle.

On a déjà un début de réponse pour le matériel fourni en Ontario, mais il serait intéressant de savoir très précisément ce qui est fourni et ce que les parents doivent payer.

Chère anonyme: donc, juste pour être certain de bien comprendre, l'enfant n'apporte avec lui que son coffre à crayons? On lui fourni tout le reste: cahiers d'exercices, feuilles mobiles, cartables et compagnie.

Une autre question alors (en passant merci de votre intervention sur ce blogue): est-ce que des enfants préfèrent apporter leur propre matériel malgré tout afin de se démarquer des autres, par exemple?

À tous: merci pour cet échange stimulant! On va se coucher plus «connaissants» ce soir!

Dobby a dit…

Prof, peut-être que les frais ont effectivement augmentés au privé, surtout présentement avec la réforme; je prenais en exemple mon expérience, bien qu'elle date de 10 ans.¸Donc, ça se peut que je me gourre royalement. Pour ce qui est de la papeterie de base, ce ne peux pas être plus qu'au public.

J'étais pas mal au courant des dépenses encourues; j'étais au parfum, car mes parents n'avaient pas le moyens de me garder les finances secrètes. Mon père était le suel à travailler à un salaire... pas loin de la misère (disons que on a toujours été sur le bord d'être démunis, donc on vivait comme les démunis mais sans accès aux aides des démunis). J'ai toujours appris à économiser.

Pour les manuels, je prenais toujours du usager, le plus beau et le moins cher possible.

Quant aux activités... oui elles étaient "payantes" et chèrantes, mais n'ayant tout simplement pas les moyens de m'en payer, je n'ai jamais fait de parascolaire, ni d'études dirigées, ni rien. Mes parents se sont cependant saignés à blanc pour pouvoir, avec la différence "économisée", continuer à me payer les cours de piano, avec l'accord des bonnes soeurs.

Catherine a dit…

Je vais avouer que ce sujet me touche beaucoup car c'est un millieu que je connais très bien. Pour répéter ce que je disais à safwan, j'ai travaillé pendant 7 ans dans une papeterie où la saison de la rentrée était très importante.

Comme plusieurs commentaires précédents, 230$ pour un enfant est exagéré. Dans la réalité, une liste scolaire peut se faire entre 40$ et 100$, en incluant tout le matériel à l'état neuf (tablier, crayons de bois, coffre, etc). À cela s'ajoute le montant pour les cahiers d'exercices (entre 10$ et 40$).

En ce qui concerne les ouvrages de références, rares sont les écoles qui le demandent (en ce qui concerne le primaire). Parfois l'art de conjugué est recommandé, sans plus.

Oui, certains organismes offrent une aide aux parents. Dans mon coin de pays, c'est tout simplement l'église. Elle donne un coupon nous mentionnant que la personne peut acheter les effets scolaires de leurs enfants à notre magasin et cette dernière nous rembourse.

Une "bonne" blague nous est continuellement dite lors de la rentrée:
- Après ça, on dit que c'est gratuit l'école.
Le commentaire concernant l'Ontario me fait bien rire aussi. À mon avis, les frais vont de toute manière aux contribuables... Tout ne peut pas être gratuit.

Ma petite papeterie vend aussi de la marchandise à des écoles qui font des achats regroupés. Le tout fonctionne avec des parents bénévoles. Cela permet donc aux parents de payer moins cher leur marchandise. Cela ne leur plaît pas nécessairement, parce qu'ils ont donc moins de choix. Ce système va aussi bientôt mourir de sa belle mort, car il n'y a plus de parents bénévoles pour le faire...

À mon avis, tout le monde doit y mettre son grain de sel:

Les enseignants: pour penser à l'utilité des choses à faire acheter aux enfants et à se renseigner sur ce qui existe sur le marché.

Les parents: pour s'impliquer et avoir une attitude positive. Oui, tout serait donc plus facile si quelqu'un d'autre faisait les achats à votre place. Malheureusement, c'est votre responsabilité. Alors comme le dit dobby, faites des choix judicieux.
Ce qui veut aussi dire de ne pas tout acheter ce que votre enfant vous demande.

Alors voilà, c'était ma petite tranche de vie.

Magrah a dit…

Des familles qui éprouvent de réelles difficultés financières, on en a POUR VRAI ici, mais une mauvaise gestion des avoirs financiers de la part des parents peut aussi être possible...

folle à lier, voire attachante (hé,hé) a dit…

Vous avez raison...sans doute ce journaliste avait déjà un parti "prix"...

Le professeur masqué a dit…

Magrah: Madame Masquée, qui étudie en histoire, se penche sur l'éducation donnée aux parents en matière de consommation. Me semble qu'on n'aurait pas dû arrêter...

Je veux être extrêmement prudent avec ce sujet, car il est parfois facile de blâmer les autres pour leurs malheurs (ça déculpabilise!). S'il existe de vrais cas de pauvreté, il est regrettable de constater que certains parents privilégient d'autres besoins que ceux essentiels.

Mais il y a aussi ces parents riches dont les valeurs prioritaires ne sont pas l'éducation et la persévérance.

À chacun a sa pauvreté...

Chère Folle: on peut dire, par contre, qu'il n'a pas dépensé beaucoup d'effort pour écrire un tete convenable...

lilas a dit…

Pour ma part, ma fille étant à la fin de son primaire, il nous en coûte pas plus de 50$ en début d'année, compte tenant du fait que nous n'achetons pas un nouvel étui à crayon chaque année et que parfois même nous reprenons des cahiers ayant été à peine entamés. Autrement, nous remettons un chèque de 100$ pour les manuels scolaires et sorties.

J. RAFFE a dit…

Tant qu'il y aura sur les listes de classe 20 crayons à la mine, 4 bâtons de colle format GÉANT, 3 gommes à effacer, je continuerai à dire qu'il y a des pratiques à revoir.

Anonyme a dit…

Prof Masqué :
Nous défendons aux élèves d'apporter leur matériel scolaire. Ils arrivent souvent qu'ils amènent un cartable y mettre leur agenda, de façon à décorer un peu, mais y'a parfois des enseignantes qui les renvoient à la maison. Moi, ça ne m'inquiète pas trop.

Alors, vraiment, ils amènent leur coffre, une boîte à dîner, leurs costumes d'éduc, et c'est tout.

Cartables, cahiers d'exercices, calculatrice, ressources, crayons divers... Le reste, on leur donne. Et encore, l'année passée, j'ai épuisé 3 boîtes de crayons et de gommes parce que mes élèves avaient épuisés leur 8 crayons et 2 gommes. Je n'ai pas payé pour ces matériaux... Juste pour qu'on s'entende ;)

- enseignante de 4 année, en même temps la "source" de Ness ;)

Anonyme a dit…

Encore moi:
Prof masqué, j'oubliais - les feuilles lignées aussi :P

Le professeur masqué a dit…

Lilas: il y a toujours moyen de moyenner. Mais trop souvent, les élèves foutent tout à la poubelle à la fin de l'année et les parents ne vérifient rien. J'ai chez moi des disctionnaires, des romans et des recueils de conjugaison que les surveillants de mon école ont retrouvé à la poubelle à la fin de l'année. Et je ne parle pas des calculatrices et du reste!

J.Raffe: il y a de l'exagération. 20 crayons, c'est qand même débile! Les élèves les mangent, vous croyez?

Le professeur masqué a dit…

Anonyme: et dire qu'au paie plus d'impôts au Québec! Merci de ces précisons.

Dobby a dit…

4 colles c'est exagéré franchement, il y a des profs qui voient large!! 2 gommes à effacer suffisent. amplement! 20 crayons... un peu moins exagéré par contre. Ça dépend des enfants, mais généralement ils nourrissent le taille-crayon :D.

Le professeur masqué a dit…

Anonyme: j'ai encore des questions! Je trouve cela trop hallucinant.

L'école fournit gratuitement aux élèves cartables, feuilles mobiles, crayons, cahiers d'exercices, règles, colle et tout et tout si je comprends bien.

Alors, comment ça marche? On vous remet des articles scolaires au début de l'année et vous les redistribuez aux élèves?

Qui détermine les articles à donner?

À cause de ce système, y a-t-il des profs qui ne peuvent pas exiger ce dont ils croient avoir besoin?

Que fait-on des élèves qui gaspillent intentionnellement?

Est-ce pareille au secondaire (high school)?

Anonyme a dit…

Pour répondre à tes questions... L'école fournit gratuitement aux élèves tous les articles nécessaires à l'apprentissage dans une année scolaire, gratuitement, oui.

Alors, comment ça marche? À la fin de l'année scolaire 2007, par exemple, les profs déterminent ce dont ils ont besoin pour leur salle de classe en 2008 et font des listes... Après, on tente de remplir les besoins en faisant des trousses: trousse A, trousse B, trousse C. L'enseignant commande une des trois trousses pour le nombre d'élèves qu'elle ou il aura en septembre. Et le tour est joué.

Une semaine avant la fin de l'année, nous recevont nos boîtes et nous divisons le matériel.

Quand un élève gaspille, encore là, il y a des systèmes qu'utilisent les enseignants - certains donnent tout le matériel au début et laissent les élèves s'occuper du tout, d'autres remettent les crayons un à la fois. Quand ils perdent toujours leurs trucs, soit on prête, soit on donne du nouveau matériel *remis gratuitement aux enseignants par l'entremise de la fameuse armoire à fournitures scolaires*. Je sais que certains enseignants demandent parfois aux parents d'acheter des crayons quand l'enfant perd toujours ses affaires... Mais je l'ai jamais fait (le besoin ne s'est jamais présenté) - nous devons aussi faire attention car certaines familles sont pauvres, et nous offrons aussi des collations gratuitement aux élèves à chaque matin... Sans questions... Un autre programme qui est très populaire dans un certain poucentage des écoles de la ville.

Nous avons une côtisation de 20$ que nous demandons aux élèves à chaque septembre, mais ce 20$ ne va pas entièrement à l'achat des fournitures scolaires. De plus, quand certaines familles ne peuvent payer la côtisation, nous faisons sans.

Je suis nouvelle dans le domaine depuis deux ans, et j'arrive d'une autre province ou (+accent) les choses sont très différentes. Je ne sais pas si c'est la même chose en Ontario dans les écoles secondaires ... Si ce l'est pas, ce le sera probablement bientôt.

Il est tard, j'espère que mon texte est clair :)

Anonyme a dit…

Anonyme encore - Oh oh! Beaucoup d'erreurs dans mon avant dernier message... Voilà ce qui arrive quand l'on ne pense pas à ce qu'on écrit. *joues roses* Si je pouvais faire un "edit" ;)

Anonyme a dit…

Depuis quand perdons nous notre temps à analyser à la lettre un article du JdeM, ou plutôt avons nous une dent contre le journaliste!? Vous trouvex que c'est plus moral que d'aller calculer les prix dans une multinationale américaine comme Wal-Mart ou plutôt dans une papetrie québécoise qui encourage notre économie et où les prix sont plus élevés pour bonnes raisons! Lisez-donc le protégez-vous si vous voulez des comparaisons de prix à n'en plus finir, il ne faut pas prendre des choses pour ce qu'elles ne sont pas, il s'agit d'un article, pas un banc d'essai!

Le professeur masqué a dit…

Anonyme 1 et 2: merci de vos précisions!

Anonyme 3: Le Journal de Montréal est l'un des plus lus au Québec. Quand il véhicule de l'information inexacte ou imprécise, on peut le remarquer et le noter. Il ne jouit pas d'un statut spécial qui le préserve de la critique. On ne «perd pas son temps à analyser» un texte de ce journal dans la mesure ou il est lu et influence bien des gens.

Personnellement, je ne peux avoir de dent contre un journaliste que je ne connais même pas. Je juge son travail, point à la ligne. Ainsi, mettre sur le même pied la liste d'achat d'une école publique avec celle d'une école privée est incorrect, quant à moi, parce que cette dernière n'est pas régie pas la politique gouvernementale de frais exigés aux parents. Parler d'achat de dictionnaire et de boite à lunch n'a également aucun lien avec ce qu'une école publique peut exiger des parents.

Quant à affirmer que ce texte est un article, j'ai mes réserves.

Enfin, comme je l'ai souligné, la finale de ce texte est plutôt moralisatrice et comporte un point de vue nettement éditorial: «L’enquête éclair du Journal met en doute l’efficacité des mesures annoncées par le gouvernement Charest en novembre 2005.» Or, avant de parvenir à une telle conclusion, il aurait d'abord fallu que le journaliste s'en tienne uniquement aux écoles publiques, les seules régies par cette politique. Ensuite, il aurait fallu qu'il s'intéresse qu'au coût des seuls items que l'école publique peut exiger des parents.

Enfin, je crois que la plupart des commentaires ici visait à souligner les limites de ce texte, à explorer des façons de procéder à l'achat du matériel exigé des parents et à échanger sur le matériel scolaire en général.