Ainsi, le nombre de tolérances permettant à des individus non qualifiés d'enseigner aurait explosé, passant de 1 054 à 2 345 en deux ans. Quelle surprise! Pour moi qui voulais rédiger un billet sur la valorisation de la profession d'enseignant, voilà un signe clair - au-delà du fait que nous soyons d'éternels chiâleux - que cette profession est en perte de vitesse chez les jeunes!
Si je reviendrai sur les causes de ce phénomène, selon moi, permettez que je parle un peu de ce texte paru dans La Presse sous le clavier de Marie Allard.
Tout d'abord, la pénurie actuelle d'enseignants dure depuis 1995 avec le programme de mises à la retraite anticipée offert par le gouvernement Bouchard. Ce programme visait à économiser des sous en renouvelant le personnel enseignant avec le départ des vieux trop coûteux et l'embauhe de jeunes plus économiques.
Résultat: plus de 8 000 enseignants ont fui le réseau de l'éducation, un chiffre que même le MELS n'avait pas anticipé. A l'époque, les universités affirmaient être capables de répondre à la demande, disaient-elles... Depuis 10 ans, notre charmant ministère qualifie cette crise de passagère et estime qu'elle devrait se résorber sous peu.
Si je reviendrai sur les causes de ce phénomène, selon moi, permettez que je parle un peu de ce texte paru dans La Presse sous le clavier de Marie Allard.
Tout d'abord, la pénurie actuelle d'enseignants dure depuis 1995 avec le programme de mises à la retraite anticipée offert par le gouvernement Bouchard. Ce programme visait à économiser des sous en renouvelant le personnel enseignant avec le départ des vieux trop coûteux et l'embauhe de jeunes plus économiques.
Résultat: plus de 8 000 enseignants ont fui le réseau de l'éducation, un chiffre que même le MELS n'avait pas anticipé. A l'époque, les universités affirmaient être capables de répondre à la demande, disaient-elles... Depuis 10 ans, notre charmant ministère qualifie cette crise de passagère et estime qu'elle devrait se résorber sous peu.
Qu'a fait le monde de l'éducation pour résoudre cette crise? Pas grand chose, à mon avis.
Le fait que le bac en enseignant dure quatre ans au lieu de trois comme précédemment est une aberration en soi. À l'époque, on justifiait cette année supplémentaire par l'ajout d'une deuxième matière à enseigner par des profs qu'on voulait plus polyvalents dans l'esprit de la réforme à venir. Ironiquement, quand on s'est aperçu que l'étudiant universitaire recevait moins de cours de concentration dans chaque matière qu'avec le bac précédent, on est revenu en arrière tout en laissant le bac à quatre ans en ajoutant des stages en classe.
Puisqu'on parle du bac en enseignement, que celui-ci dure quatre années est unique, à ma connaissance. De plus, le fait que les stages en milieu scolaire ne soient pas rémuncérés constitue aussi un grave handicap. Le futur enseignant devra donc travailler comme enseignant de jour, corriger de soir et être assez riche pour ne pas avoir à cumuler un autre boulot pour subvenir à ses besoins. Quand on connait la réalité des jeunes d'aujourd'hui et leur habitude de consommation, on voit à quel point ce scénario est peu possible.
Dans plusieurs autres programmes universitaires, ces formations sur le terrain sont payées. Les plus cyniques disent que cette pratique est une initiation au métier: beaucoup d'heures et des conditions de travail moches...
Le jeune désireux de devenir enseignant doit donc vraiment le désirer en s'engageant dans une formation longue (inutilement longue, devrais-je dire) et être capables de jeûner de longues périodes.
Oh, bien sûr! Il existe ce qu'on appelle des passerelles qui permettent à des étudiants qualifiés dans la matière à enseigner d'obtenir une formation leur permettant d'être légalement qualifiés. Mais vous êtes-vous déjà renseigné sur cette option?
Un jeune collègue a tenté. J'ai bien dit «tenté». Il a renoncé après une semaine tellement cela ressemblait aux Douze travaux d'Astérix. Le peu qu'il a su l'a aussi découragé. Il aurait fallu qu'il suive des cours le soir pendant près de deux ou trois ans. Cela, en plus de travailler! Père de deux enfants, il préfère la suppléance, tout aussi payante et moins lourde côté correction.
À ce sujet, je vais tenter de savoir combien de futurs enseignants ont opté pour ces passerelles.

