06 août 2012

Le PLQ: 100$ pour la rentrée scolaire et aide aux devoirs accrue (re-ajout)

Deux promesses du parti libéral du Québec (PLQ) aujourd'hui:
  1. les parents d’élèves qui fréquentent une école primaire publique pourront compter, dès la rentrée de 2013, sur une aide financière de 100 $, non imposable, par enfant pour l’achat d’articles scolaires.  [...] La rentrée scolaire est un moment important pour les enfants et leurs parents. Elle peut aussi être un fardeau financier considérable lorsque vient le temps de faire l’achat du matériel nécessaire. C’est pourquoi nous voulons permettre aux parents québécois de souffler un peu en leur offrant une aide financière directe.
  2. le PLQ s’engage à doubler son financement afin de permettre le développement de programmes plus flexibles, plus compatibles avec les horaires de travail des parents. Il offrira également un accès accru et un nouveau service de soutien en périodes d’examen.
 Radio-Canada explique que la première promesse, «chiffrée à 45 millions de dollars, toucherait les parents de 450 000 enfants, sans égard aux revenus.» La seconde ferait doubler «l'enveloppe budgétaire de ce programme de 20 à 40 millions de dollars.»

 S'il m'est difficile d'écrire à propos du deuxième engagement, le premier m'interpelle davantage.

Tout d'abord, pourquoi restreindre cette aide financière au niveau primaire? En effet, le décrochage scolaire frappe aussi au secondaire à ce que je sache. De plus, certains parents d'enfants au secondaire ont tout aussi besoin de souffler financièrement que ceux du primaire.

Ensuite, pourquoi cette mesure est-elle universelle? Ne serait-il pas préférable d'aider tous les parents - que les enfants aillent au primaire ou au secondaire - dont les revenus sont modestes que d'envoyer un chèque de 100$ à des parents gagnant plus de 100 000$ et dont les enfants sont inscrits à une école primaire privée?

Un dernier élément (et là, c'est juste une idée) : si on applique cette mesure de façon universelle, n'aurait-il pas été plus simple que les écoles primaires achètent pour 100$ de matériel scolaire pour chaque enfant et le distribue en début d'année? Combien en coutera-t-il pour administrer l'envoi des chèques? Combien économiserait-on en achetant en grande quantité? De plus, on éliminerait les tracas des achats de liste scolaire, d'élèves sans matériel et ainsi de suite.

On parle donc ici d'une mesure intéressante, mais mal ciblée et incomplète.


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 Diantre, la Fondation maman Dion partage à peu près l'idée exprimée ici! je vais finir par penser que je sais penser.

CAQ et la culture dans nos écoles

La Coalition Avenir Québec promet d'augmenter de «50 millions de dollars les budgets en milieu scolaire dédiés aux arts et à la culture. [...] La Coalition augmentera les sorties culturelles des jeunes dans les écoles.»

Existe-t-il vraiment des budgets en milieu scolaire dédiés exclusivement aux arts et à la culture? Si oui, ce n'est pas directement les écoles qui les administrent. Pour un budget relatif à une sortie, c'est généralement le coût du transport scolaire qui est subventionné, je crois. Je vérifierai et reviendrai l'ajouter ici, à moins que vous partagiez des informations avec moi.

Quoi qu'il en soit, le montant proposé par la CAQ est-il réaliste? La réponse est oui. Il y avait 887 541 élèves de niveau primaire et secondaire au Québec prévus pour la rentrée en 2011. 50 millions $ divisés par ce nombre donne un montant de 56,34$ par élève, un montant suffisant pour au moins une sortie culturelle, peut-être deux.

Cependant, une partie importante de ce budget risque de ne pas se retrouver dans les poches du milieu culturel québécois. C'est en effet le transport par autobus qui coute le plus cher dans une sortie culturelle.

Il n'est pas dit non plus qu'il y aura une augmentation importante des sorties culturelles des élèves québécois. Actuellement, que ce soit légal ou pas, ce sorties sont souvent payées en tout ou en partie par les parents. Avec cette promesse, l'apport monétaire des parents ne sera plus nécessaire, mais le nombre de sorties risque de demeurer le même.

Voilà!






03 août 2012

PQ et décrochage scolaire: nettement insuffisant (ajout)

Le Parti québécois a fait part hier de ses engagements en ce qui a trait à «la réussite et à la persévérance scolaires». On note que la formation de Mme Marois intègre le vocabulaire indigeste du MELS mais aussi des ministres libéraux de l'Éducation en omettant ici l'expression «décrochage scolaire».

Si les médias n'ont retenu que deux des mesures proposées par le PQ, elles sont dans les faits au nombre de huit. Allons-y doucement avec une critique de certaines de celles-ci.

Embauche de 600 professionnels d'ici 2015

Trois faits. Premièrement, il existe environ  2800 écoles primaires et secondaires publiques au Québec. Si ces professionnels n'étaient affectés qu'aux quelque 350 établissements secondaires qu'on retrouve dans notre province, cela constituerait l'ajout de 1,7 individu par école en 2015. Imaginez s’il fallait diviser le nombre des nouvelles embauches par 2800! S’agit-il, pour chaque école, d’un apport suffisant pour faire une différence notable? Qu’il soit permis d’en douter. Deuxièmement, de quelle sorte de professionnels parle-t-on? La question a son importance parce que, dans certains domaines d'emploi, il existe des pénuries importantes. Troisièmement, sait-on au PQ que bien des professionnels ne veulent plus oeuvrer en éducation, car les conditions salariales et de travail sont nettement insuffisantes par rapport à la pratique privée? Bonne chance alors pour trouver ces 600 nouveaux professionnels!

Analysera la pertinence d’implanter dans les milieux défavorisés la maternelle quatre ans à temps plein, tout en s’assurant qu’une concertation étroite s’établisse entre les CPE et l’école afin que les enfants reçoivent dès leur entrée scolaire les services appropriés à leurs besoins
Certains médias ont rapporté que le PQ implantera la maternelle à quatre ans sur une base volontaire. Ici, on lit: «analyser la pertinence...» Une nuance importante.

Il demeure néanmoins que cette idée est pleine de sens. Les enfants de milieu défavorisé ont souvent un retard dès l'entrée au primaire parce qu'ils n'ont pas été assez stimulés dans leur milieu familial. La création des CPE, qui devait remédier à cette problématique, n'a pas tenu toutes ses promesses. Mme Marois, qui en a été l'instigatrice, devrait d'ailleurs se questionner davantage à ce sujet. Quoi qu'il en soit, l'école aura ainsi plus de temps pour s'occuper des enfants qui ne sont suffisamment stimulés à la maison avant l'entrée en première année.

Pour ceux qui tiqueraient sur la base volontaire de cette inscription, on m'a indiqué qu'en très grande majorité, les parents inscrivent leur enfant en maternelle même si celle-ci est volontaire. On est en droit de penser qu'il en sera de même pour la maternelle à quatre ans.

Par contre, cette mesure risque de se heurter à de nombreux écueils. Dans plusieurs régions du Québec, les écoles primaires débordent. Où accueillera-t-on alors cette nouvelle clientèle? A-t-on prévu des budgets supplémentaires pour de nouveaux aménagements? De même, quels services ces enfants recevront quand on sait qu'actuellement, les commissions scolaires, pour équilibrer leur budget, coupent comme jamais dans les services aux élèves?

Encouragera fortement la mobilisation de tous les secteurs de la société dans la lutte au décrochage scolaire. Déjà, les régions du Québec sont mobilisées grâce aux instances régionales de concertation sur la persévérance scolaire et la réussite éducative. Des journées de la persévérance se tiennent dans chaque région en février, dont le symbole est le ruban blanc et vert. Le Parti Québécois continuera d’appuyer ces initiatives.

Blablablabla. Et je suis poli.

Renforcera l'autonomie des établissements afin de faire en sorte que les directions d’écoles soient des leaders pédagogiques dans leur milieu et les premiers intervenants dans la réussite et la persévérance des élèves.

On comprend que cette mesure est une réponse au programme de la CAQ, mais comment se traduira cet engagement dans la réalité?

Améliorera la qualité des cours de français au primaire et bonifiera les outils pédagogiques des enseignants

On sait tous que la maitrise du français est une condition essentielle à la réussite scolaire.  Mais encore une fois, comment se traduira cette mesure dans la réalité? Consacrera-t-on plus de temps à l'enseignement du français? Donnera-t-on plus de formation aux enseignants du primaire pour enseigner cette langue?

Offrira à tout jeune déscolarisé de 16 à 18 ans une solution de formation ou d’apprentissage

Blablablabla. Une bonne idée, mais concrètement?

Mettra rapidement en place pour les cinq prochaines années un nouveau plan d’action en matière d’éducation des adultes et de formation continue, le dernier plan étant échu depuis 2007

Une excellente idée. On doit savoir ce que l'on fait comme actions dans ce domaine et se fixer des buts à atteindre. Mais les risques de rester au niveau du blablabla sont grands, comme d'habitude.

Favorisera les liens entre les carrefours jeunesse-emploi et le réseau de l’éducation dans une logique de lutte au décrochage scolaire

Blablablabla. Une bonne idée, mais concrètement?

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Ce que dénotent les engagements du parti québécois, c'est l'absence d'une bonne compréhension du phénomène du décrochage scolaire au Québec. On est prêt à consacrer annuellement 20 millions $ à la création d'une maternelle à quatre ans et 30 millions (estimation) pour l'ajout de 600 professionnels sans savoir réellement comment fonctionne cette problématique et quelles sont les mesures les plus efficaces pour le contrer. Il est incompréhensible que cette formation politique ne s'engage pas à investir en recherche sur ce phénomène. Pourquoi embaucher 600 professionnels qui appliqueront des plasters dans un système scolaire incohérent? Dans les faits, on dépense en action sans réfléchir à la portée de celles-ci. Pourtant, il existe au moins une chaire de recherche sur le décrochage scolaire au Québec. Pourquoi ne pas lui donner un coup de pouce?

De plus, comme le Parti québécois ne veut pas s'aliéner des votes, période électorale oblige, on remarquera l'absence de mesures courageuse dans son programme politique. En Ontario, par exemple, on a décidé d'affirmer l'importance sociale des études. Ainsi, un jeune ne peut détenir un permis de conduire s'il n'a pas l'équivalent d'un DES ou une formation menant à un emploi. Au Québec, on a tellement peur du mot «contrainte» qu'on laisse à tous les jeunes la liberté de gâcher leur avenir et à leurs parents de ne pas avoir à s'en soucier.

De façon plus générale, le PQ y va d'un ensemble de mesures contre le décrochage scolaire, mais ne propose pas un véritable plan d'action contre celui-ci. Il ne se fixe aucun objectif de réduction, aucune cible. Il promet des mesures parfois concrètes, mais il ne s'engage pas à atteindre des résultats quantifiés et précis. Devant une telle problématique aux conséquences sociales dramatiques, on est en droit de demander davantage à une formation politique qui entend gouverner le Québec et dont la chef a déjà été ministre de l'Éducation. Ce n'est pas comme si cette situation était nouvelle.

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Ajout: Oups! J'ai oublié de noter qu'il n'y avait pas un mot sur les écoles-passerelles et l'enseignement intensif de l'anglais en sixième année du primaire dans le programme du PQ. 


La campagne masquée

Après moult réflexions, j'ai décidé de la façon dont j'allais aborder l'actuelle campagne électorale. Comme certains partis distillent au goutte-à-goutte leur programme en matière d'éducation, il est impossible pour moi de commenter immédiatement l'ensemble des positions de chaque parti. J'irai donc au jour le jour en me permettant une analyse final quelques jours avant le vote du 4 septembre.

Voilà!

01 août 2012

C'est un départ!

Ça fait longtemps que les Québécois l'attendaient. Pour certains, ça sera une source d'angoisse. Pour d'autres, une promesse de libération.

Ouaip, aujourd'hui, j'ai entendu ma première mention commerciale reliée à la... rentrée scolaire!


31 juillet 2012

Pour attirer des hommes en enseignement

Une certaine formation politique, la Coalition Avenir Québec, a promis à maintes reprises d'augmenter le salaire des enseignants de 20% pour attirer davantage de candidats masculins dans ce domaine en invoquant le fait que les hommes sont généralement plus intéressés par un travail offrant un salaire élevé que les femmes. La chose est documentée de façon générale, pas un grand débat à faire là. Je reviendrai sous peu sur cette promesse pour montrer qu'elle a été à toutes fins pratiques complètement vidée de sa substance.

Puis-je souligner un autre facteur rebutant quand vient le temps de considérer effectuer des études en enseignement? Le fait que les stages que les étudiants universitaires doivent compléter soient non rémunérés. Dans plusieurs autres emplois du secteur public, les individus en formation sur un lieu de travail sont rétribués, mais pas en enseignement. Pourtant, un stagiaire va effectuer le même travail que l'enseignant qu'il «remplace»: planification, correction, etc., ce qui lui laisse peu de temps pour un travail à temps partiel durant ses stages.

Avec l'augmentation des frais de scolarité, l'allongement du bac à quatre ans, un jeune homme y pensera à deux fois avant de choisir l'enseignement.

Vous comprendrez également mon étonnement quand j'ai lu ces propos dans La Presse:

«C'est très différent d'une faculté à l'autre, explique André Raymond, directeur du service de placement de l'Université Laval. Certaines exigent que le stage soit rémunéré, d'autres non. Ça dépend aussi du marché de l'emploi. Dans un secteur où il y a plus de concurrence entre les finissants et moins d'offres d'emploi, les départements acceptent davantage de stages non rémunérés, sinon ils risquent de se retrouver sans stages.» Inversement, les secteurs souffrant d'une pénurie de main-d'oeuvre payeront volontiers leurs stagiaires.»

 Moi qui pensais qu'on manquait d'enseignants au Québec!

Un jour, j'expliquais à un universitaire pourquoi son stage n'était pas rémunéré: «Ça fait partie de ton initiation au travail d'enseignant. Tu vas comprendre qu'il n'y a pas de lien entre ta paie et ta job.»

29 juillet 2012

CAQ: confier des ministères à des lobbies? (ajout)

Selon toute vraisemblance, étant donné que les sondages ne sont pas trop catastrophiques, Gaétan Barrette, actuel président des médecins spécialistes du Québec, devrait annoncer qu'il sera candidat pour la Coalition Avenir Québec cette semaine. L'homme est ambitieux et opportuniste, il ne faut pas se le cacher. Ça tombe bien: s'il est élu, il serait également pressenti pour être ministre de la Santé.

Quant à moi, cette situation soulève de nombreuses interrogations.

Tout d'abord, comment M. Barrette pourra-t-il être un ministre juste et neutre quand il a passé les dernières années à défendre bec et ongles la cause des médecins spécialistes? Il s'est fait de solides ennemis dans le réseau de la santé. L'homme divise au lieu de rallier. Tout à coup, du jour au lendemain,  il serait nommé à la tête du ministère de la Santé et n'aurait aucun préjugé favorable à l'égard de ses confrères. C'est un peu comme si on nommait la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot, une infirmière, au même poste. Là, on crierait à l'influence des syndicats sur l'appareil gouvernemental, croyez-moi. Qui est M. Barrette sinon qu'un syndicaliste de médecins?

Par ailleurs, M. Barrette est au coeur d'un litige actuellement en ce qui a trait à sa pratique. En effet,  La Presse révélait le 7 juin dernier que «l'hôpital Maisonneuve-Rosemont vient de demander au Collège des médecins de l'aider à trouver un expert capable de réévaluer les radiographies de 31 patients du Dr Barrette, afin de déterminer s'il y a lieu d'évaluer sa pratique médicale.» Je ne dis pas qu'il ait commis les erreurs qu'on lui attribue. M. Barrette estime d'ailleurs que toute cette situation est un «coup monté» relié à une situation problématique à l'hôpital en question. Simplement, sa situation actuelle risque de causer de sérieux maux de tête à ceux qui auront à juger sa pratique. Et imaginez si on venait à la conclusion que le ministre de la Santé a fait preuve d'incompétence ou de négligence dans certains dossiers? Délicat.

J'oubliais aussi que M. Barrette, ainsi que le Dr Frédéric Desjardins, président de l'Association des radiologistes du Québec (ARQ),  sera cité à propos en septembre prochain pour lobbyisme illégal auprès du gouvernement.  «Les deux radiologistes, toujours actifs dans la profession, ont déjà reconnu les faits reprochés sous quatre chefs d'accusation, mais ils entendent plaider non coupable et veulent contester la loi stipulant qu'il faut s'enregistrer pour exercer du lobbying», explique La Presse. Encore délicat. 

On pourrait aussi soulever le cas de Chantal Longpré, ancienne présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement (FQDE). Mme Longpré veut donner plus de pouvoirs aux écoles et aux directions d'école. Le contraire serait surprenant étant donné les fonctions qu'elle a occupées.  Mais n'a-t-on pas là un autre dirigeant de corporation qui pourrait être à la tête d'un ministère? La verra-t-on critiquer ses anciens collègues?

Ne croyez cependant pas que je compare Mme Longpré à M. Barrette. Elle est moins ambitieuse et opportuniste que ce médecin spécialiste. Elle a accompagné fidèlement et loyalement le chef de la CAQ, François Legault, dès les débuts de son aventure politique. Je l'ai entendue plus souvent parler du bien-être et de la réussite des élèves que M. Barrette a parlé des patients québécois. Mais une interrogation demeure: aura-t-elle le recul nécessaire à une fonction ministérielle? Je n'en suis pas convaincu.

On pourra toujours me rétorquer que d'éminents syndicalistes ont été élus et nommés ministres dans les différents gouvernements du Parti québécois. De mémoire, ils n'ont jamais occupé de fonctions rattachées directement à leur passé syndical. Guy Chevrette, enseignant et  premier vice-président de la CSQ, n'a jamais été ministre de l'Éducation. François Gendron a été militant syndical, sans plus. Monique Simard, anciennement de la CSN, n'a fait que passer.

Bref, les possibles nominations de ces deux individus à des ministères reliés directement à leurs anciennes fonctions m'interpellent.

26 juillet 2012

Il faut bien commencer quelque part


Parfois, il faut savoir lâcher prise. Cesser de se battre. Ne plus vouloir ce que la vie ne nous donnera pas. Trouver son bonheur ailleurs. C’est malheureusement ce que je dois apprendre avec Fille masquée.

Court rappel : 

Prof masqué s’est reproduit il y a de cela 21 ans. Une dernière nuit d’amour avant une rupture mutuellement décidée. Un dernier coup avant la route.  Et manifestement, la preuve que le condom n’est pas à 100% efficace.

PM ne voulait pas de cette enfant. Plus correctement, il ne désirait pas que son ex devienne la mère de son enfant. La nuance est de taille quand on y pense. Une position logique dans la mesure où il  croyait quitter pour toujours cette femme avec qui il ne serait jamais heureux. Et puis, venant d’une famille dysfonctionnelle, pourquoi reproduire ce qui lui avait fait tant de mal?

Après de nombreuses tergiversations, PM a reconnu sa paternité parce qu’il estimait que chaque enfant a droit à ses parents. Mais voilà: chaque père n’a pas toujours droit à ses enfants. Dans les faits, sa paternité a été peu reconnue. Et il n’a pas toujours compris comment la faire reconnaître.

Cette absence statuesque et statutaire est d’autant plus grande que Prof masqué est un enseignant qui côtoie des jeunes dix mois par année. Il est une figure d’autorité, parfois trop paternelle.  Chaque jour d’école, il agit en bon père de famille alors que, le reste du temps, il n’est rien de cela.  Aussi, il a parfois l’impression d’être un imposteur dans une mauvaise comédie. Et chaque bon coup qu’il fait lui rappelle ce qu’il n’a pas réussi avec sa propre fille.

Aujourd’hui, les contacts avec Fille masquée sont quasi inexistants. La figure paternelle n’a ni autorité ni légitimité. Quelques repas au restaurant. Sans plus. Pas de projet. Vide.

Le dernier épisode de cette saga est survenu quand PM a demandé à sa fille de passer deux journées avec lui cet été. Sa réponse l’a complètement dévasté : une telle éventualité était impossible, car elle est débordée avec son travail, ses sorties avec sa mère, sa grand-mère et ses amis.

Demande refusée donc. Aucun appel. Aucune écoute. Aucune autre réponse quand on lui signale l’incongruité de la chose. Dix jours de silence avant un modeste échange de 20 mots sur FB.

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Tout être humain est construit sur des bases comme la famille. Celle où l’on est né. Celle que l’on construit. Je n’ai pas choisi celle où je suis né, mais j’essaie de mieux l’apprécier même si c’est parfois difficile. J’ai choisi par défaut une autre «famille» où je n’existe manifestement pas. Ironiquement, pendant les années où j’essayais de me positionner comme père, j’ai fui l’engagement ailleurs s’il menait à une éventuelle paternité.  À tort. J’avais peur. Peur que ce que j’ai connu une fois se répète alors qu’ailleurs aurait pu être une source de bonheur.

Aujourd’hui, je regarde autour de moi et je trouve ma vie passablement vide et absurde. Une maison en banlieue, une voiture presque neuve, un travail où je réussis bien même si je vivrai toujours, je crois, des difficultés à être intégré dans une équipe de travail, de bonnes habiletés de communication, une culture générale assez vaste, quelques amis, pas assez d’amis; tout cela ne suffit pas à donner un sens à mon existence. J’ai peut-être tort de me définir ainsi par rapport aux relations avec les autres. Mais quel sens peut-on avoir dans le néant?

J'ai une meilleure santé aussi. Un corps qui ne me torture plus. Mais un corps qui manque de vie et d'âme.

Je ne blâme pas les gens actuellement autour de moi ou ceux que j’ai connus. Je ne blâme pas la vie. J’ai fait des mauvais choix.  J’ai subi les mauvais choix de certaines personnes autour de moi. Je n’ai pas toujours su comment réagir. Trop souvent, je me suis emprisonné dans des relations où je cherchais à être utile pour espérer être apprécié. J’ai eu peur de placer mes limites, de peur d’être rejeté, et je suis souvent devenu ainsi jetable ou négligeable.

Une chose égoïste que j’ai comprise – mais est-ce une bonne chose? - est qu'on croit que nos enfants confèrent un sens à notre vie parce qu’ils constituent en quelque sorte une œuvre qui va nous survivre. Ils font de nous des êtres immortels. Je me demandais toujours pourquoi certaines personnes âgées de mon entourage conservaient leurs économies pour leurs enfants. Oui, il y a bien sûr cette mentalité économe qui appartient à une autre époque. Mais on retrouve aussi cette volonté de léguer un héritage à ceux qui vont leur survivre et d’ainsi donner un sens à leur vie. De vaincre en quelque sorte la mort.

Avec Fille masquée, il n’y a pas de vie partagée, pas de vie prolongée. Que la mort. Déjà. Sans victoire. La mort dans l’âme.

On pourra toujours me répondre que le temps arrangera les choses, que ma fille est encore jeune.  Je sais : la vie est courte et le temps est long, comme je dis souvent. Mais l’espoir me tue et ma vérité est ailleurs.

Elle est dans la compréhension que vivre pour soi n’est pas synonyme d’égoïsme ou de manque de respect des autres. Par contre,  pour faire les bons choix pour soi, il faut aussi savoir s’aimer. Et là, on revient au handicap de la famille première… et de la deuxième.

Savoir s’aimer est possiblement l’apprentissage le plus difficile d’une vie. Quand on ne s’aime pas, on vivote ou on veut mourir. Et une partie de moi aime trop la vie pour désirer la mort, même si ce genre de pensées survient encore quand je suis en détresse.

Vous l’ai-je dit : j’aime le gout du vinsanto et du cigare. Quand je m’installe devant la maison ou quelque part devant un beau paysage, verre à la main et cigare aux lèvres, je m’abandonne et les yeux grand ouverts, je laisse la vie entrer en moi. 

Je fume et bois beaucoup pour chasser les mauvaises pensées. Oh! n'ayez crainte: je ne suis jamais saoul et j'ai toujours bonne haleine. Il faut bien commencer quelque part. Modestement. Malgré la souffrance qui me tenaille encore. La sagesse est un processus ardu.

22 juillet 2012

Twitter: les twits et les pros (ajout)

Depuis quelques semaines, on parle d'une éventuelle campagne électorale au Québec, mais aussi de l'impact qu'auront les nouvelles technologies de l'information et des communications sur celle-ci, dont évidemment Twitter.

Deux événements sont venus alimenter ce débat: un commentaire supposément sexiste écrit par le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, à l'effet que les femmes accorderaient moins d'importance au salaire dans le cadre du choix d'un emploi et un échange accusant les souverainistes d'être racistes de la part de Kamal G. Lutfi, candidat de la même formation politique dans Chomedey et démis le 22 juillet de ses fonctions à la suite de ses propos controversés. D'ailleurs, le lendemain, le «loose cannon» de Laval tirait cette fois sur son ancien chef, affirmant que celui-ci lui aurait confié que «quand il était au PQ il y avait effectivement des séparatistes RACISTES».

Réglons tout de suite deux choses: la première est que M. Legault n'est pas sexiste et que ses propos - au demeurant très défendables - s'appuient entre autres sur une étude de l'OCDE. Qui plus est, son intervention sur Twitter a été rapportée par certains intervenants de façon hors contexte, comme ce pourrait être le cas pour n'importe quel commentaire émis oralement ou à l'écrit, soi-dit en passant. Twitter n'est donc pas en cause ici. La deuxième est que M. Lufti a tenu des récriminations qu'il aurait pu transmettre oralement ou par le biais d'un courriel. Certains pyromanes n'ont pas besoin de Twitter pour se brûler. 

Si l'on résume les propos de divers commentateurs, Twitter serait donc un piège pour les politiciens et il conviendrait qu'ils ne l'utilisent pas pour plusieurs raisons

Tout d'abord, Twitter ne permettrait pas de développer une pensée approfondie à cause de la longueur des messages que l'on peut émettre grâce à celui-ci. Pourtant, si je veux, je peux tweeter la Bible au complet par le biais de ce média. Ça serait long, mais possible. En fait, le présent texte pourrait être transmis par le biais de Twitter. On peut aussi greffer des liens à un message, au besoin, pour appuyer ou illustrer notre pensée. Enfin, il est possible de spécifier que le tweet que l'on a émis est le premier d'une série de dix, par exemple (1/10) ou utiliser twitlonger.

Oui, il est vrai que Twitter est conçu pour émettre préférablement des messages courts, d'où les risques de raccourcis dangereux. Mais un message court ne signifie pas nécessairement qu'il soit superficiel. Je pense à toutes ces citations de George Bernard Shaw, de Woody Allen ou de Cioran. Elles ont peu de caractères, ce qui n'enlève en rien de leur profondeur et de leur sagesse.

Mais voilà: nos politiciens ne sont pas tous des Churchill et ne savent pas tous manier le verbe avec autant d'intelligence et d'esprit de concision. Il est bien connu d'ailleurs qu'ils écrivent rarement leurs discours politiques. Également, autrefois, peu d'hommes politiques voyaient leurs propos diffusés de façon aussi importante alors qu'aujourd'hui, même le dernier des candidats d'un troisième parti peut envoyer ses écrits dans la sphère publique à l'aide d'un simple cellulaire. On le constate très bien dans le cas de Kamal G. Lutfi.

Et puis, il y a le caractère instantané de Twitter qui peut jouer de vilains tours au politicien intempestif. Doit-on toujours réagir publiquement dans la seconde à une situation? Je ne crois pas. Il m'arrive de prendre deux ou trois jours avant de réagir sur ce blogue à certains événements. Mais aujourd'hui, le politicien qui n'occupe pas immédiatement l'espace public est désavantagé par rapport à un concurrent. Le jeu en vaut-elle la chandelle?

Une autre difficulté avec Twitter réside aussi dans son caractère interactif qui permet difficilement d'installer un dialogue, contrairement à la fonction clavardage de MSN ou Facebook. On y va davantage au mode «Un Tweet, une réponse.» L'usager est, en quelque sorte, conditionné à produire des «one liners», un peu comme un humoriste, et à attendre une éventuelle réaction. Ici, ce n'est pas la longueur des tweets qui limite la réflexion, mais leur caractère même qui nuit à l'approfondissement de la pensée.  Par ailleurs, chaque réaction est autant d'occasions de faire dévier le propos de l'autre. À ce sujet, je comprends mal que l'on parle de «tweet fight» au moindre échange suivi comme ce fut le cas avec François Legault, chef de la CAQ, et Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec. Mais il faut dire qu'au Québec, un échange entre deux individus ayant des points de vue opposés est immédiatement associé à une engueulade...

Si Twitter peut être un instrument de communication efficace, il permet aussi de montrer publiquement que certains de ses utilisateurs politiques sont simplement des cons ou des individus très malhabiles en ce qui à trait à leur façon de s'exprimer à l'écrit . L'homme politique traditionnel doué d'une grande éloquence à l'oral et qui s'appuie sur une bonne équipe de rédacteurs ne correspond plus aux exigences qu'on a envers le politicien 2.0. Cette nouvelle ère des communications est bien plus exigeante que celle que l'on a précédemment connue.

Rappelons-nous d'ailleurs de ce moment historique où Jean Lesage, alors premier ministre du Québec, avait battu à plate couture le leader unioniste Daniel Johson lors du premier débat des chefs télévisé en 1962 sur les ondes de Radio-Canada. Plus que les talents de tribun du chef libéral, c'est le brio avec lequel on avait amené cet homme politique à bien utiliser ce nouveau média qu'était la télévision à l'époque qui aura permis à Jean Lesage de terrasser son adversaire.

19 juillet 2012

La Loi 78 et le «droit» à l'éducation

S'il y a un conflit où je n'ai pas voulu y tremper le bout du pied, c'est celui des frais de scolarité. Mes positions me feraient haïr par tous les participants au débat entourant celui-ci. Alors, je préfère généralement me retenir.

Je ferai exception aujourd'hui à propos d'un commentaire du premier ministre du Québec, M. Jean Charest, en réaction à l'avis de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPJ). Sur Radio-Canada, on peut lire:

De passage à Paspébiac, en Gaspésie, le premier ministre Jean Charest a défendu la loi spéciale, affirmant qu'elle a été adoptée pour « protéger les Québécois et s'assurer que les étudiants puissent étudier ». « Le droit à l'éducation c'est sacré », a-t-il dit.

 Tout d'abord, il faut savoir qu'il n'existe pas formellement de droit à l'éducation dans la Charte québécoise des droits et Libertés. La seule référence qui y est faite est à l'article 40 qui se lit comme suit:


40. Toute personne a droit, dans la mesure et suivant les normes prévues par la loi, à l'instruction publique gratuite.

Or, il faut savoir que, selon de nombreux spécialistes, la portée de cet article se limite aux niveaux primaire et secondaire. On est loin de l'éducation universitaire.

Qui plus est, il existe une certaine hiérarchisation dans les droits, ce qui fait que certains ont préséance sur d'autres, et les libertés de conscience, d'opinion, d'expression, de réunion pacifique et d'association, violées par la Loi 78 selon la CDPJ, sont  comme plus importantes dans cette liste, disons...

Donc, on pourrait affirmer que notre premier ministre tout comme les leaders étudiants sont dans l'erreur quand ils invoquent ce fameux droit à l'éducation.  Il est d'ailleurs ironique de constater que ces deux adversaires politiques invoquent le même droit inexistant pour justifier des positions aussi opposées.

Mais, petit bémol, à moins que je ne me trompe, le Canada (auquel appartient le Québec) a signé  en 1966 le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels où l'on peut lire à l'article 13c :

13c l'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité;
 
C'est bête, mais comme j'aimerais entendre les ti-namis du Conseil supérieur de l'éducation à ce propos. Ils me semblent bien tranquilles depuis quelque temps. Et pourtant, n'est-ce pas un de leurs rôles de se prononcer sur ce sujet? Ne devraient-ils intervenir plus spécifiquement sur cet article 2.2 et la notion de «droit» à l'éducation?